Vous êtes ici › Les groupes / artistesMManic Street Preachers › The holy bible

Manic Street Preachers › The holy bible

cd • 13 titres

  • 1Yes
  • 2IfWhiteAmericaToldTheTruthForOneDayIt'sWorldWouldFallApart
  • 3Of walking abortion
  • 4She's suffering
  • 5Archives of pain
  • 6Revol
  • 74st 7lb
  • 8Mausoleum
  • 9Faster
  • 10This is yesterday
  • 11Die in the summertime
  • 12The intense humming of evil
  • 13P.C.P.

informations

line up

James Dean Bradfield (chant, guitare), Richey Edwards (guitare), Nicky Wire (basse), Sean Moore (batterie)

chronique

Niveau pochette, ma favorite des Manic Street Preachers est ‘Generation terrorists’, c’est mon côté goth; niveau album, mon favori est ‘The holy bible’, c’est aussi mon côté goth. Non pas que les Gallois se soient mis au style mais c’est avec leur troisième opus qu’ils s’en approcheront un tant soit peu. De l’aveu même du combo, ils avaient eu l’impression de rater le coche et d’avoir été un peu trop instrumentalisés sur le disque précédent et souhaitaient retrouver leurs racines britanniques. Traduction: bye bye les influences grunge et fusion, on en revient à quelque chose de plus carré, plus proche des débuts sans nier l’évolution accomplie. Autre élément de taille (sans mauvais jeu de mot) jouant un rôle dans l’aspect torturé de ‘The holy bible’, le guitariste Richey Edwards (celui-là même qui s’était tailladé ‘4real’ sur le bras) va de plus en plus mal. Alcoolisme, crises d’angoisse, dépression, scarification, le pauvre mec est à bout. Il s’agit d’ailleurs du dernier enregistrement sur lequel il figurera. Moins d’un an plus tard, le premier février 1995, il disparait d’un coup. A l’instar d’Alain Kan en France, nulle trace de corps, nul indice quant à son sort même si son état mental ne permet guère d’être optimiste. Toujours est-il que les trois lascars donneront une sacré leçon d’amitié suite à cette tragédie. Bien entendu, ils songent à se séparer mais c’est la famille du disparu qui les enjoint de poursuivre l’aventure en sa mémoire. Jusqu’à sa déclaration officielle de décès (faute d’information) en 2008, le groupe continuera à lui verser une part de royalties sur un compte ouvert spécialement, dresse un micro pour lui à chaque concert et ne l’a jamais remplacé puisqu’il poursuivra sous forme de trio. Pourtant Edwards n’était pas un musicien spécialement doué, il mimait même son jeu de gratte lors des premières scènes (roadie des Manic Street Preachers, il sera finalement intégré comme quatrième membre); c’est niveau visuel et paroles que son apport est considérable. ‘The holy Bible’ sous cet aspect est quasiment au trois quarts de sa plume, couplé à la volonté de revenir aux influences primales (Gang of Four, Siouxsie and the Banshees, P.I.L.), rien d’étonnant à ce que le disque sonne ouvertement noir. Niveau enregistrement, le groupe ne se laissera pas entuber par la maison de disques, optera pour un petit studio de Cardiff et vivra l’enregistrement comme un processus quasi ascétique coupant les musiciens de toute vie sociale durant quatre semaines. Mais niveau musique ? Essayez d’imaginer P.I.L. et Magazine jouant du Smashing Pumpkins après avoir écouté Killing Joke et vous aurez un début d’idée. Niveau vocal, finies les tonalité aiguës et forcées du disque précédent, le timbre rageur, grave, de James Dean Bradfield fait mouche. Les guitares font nettement moins dans le riffing et privilégient les tourbillons torturés, idem pour la rythmique moins cognante et plus tribale. Quelques restes punk confirment à quel point l’atmosphère du disque est sur le fil. Bien que Edwards n’ait que peu participé directement aux enregistrements, paralysé par la dépression, l’insomnie, son aura de mal-être transpire de partout, comme si ses textes contaminaient la musique, comme si les trois autres tentaient d’y opposer leur propre force pour le soutenir. ‘The holy bible’ est un disque fort aux excellentes mélodies, à la noirceur sale et rageuse; l’option moins heavy des guitare permet à la basse de mieux tirer son épingle du jeu et les atmosphères glauques collent à merveille (pour preuve le torturé, limite rock indus, ‘The intense humming of evil’). Pour beaucoup, ‘The holy bible’ (titre choisi par Edwards bien évidemment) a tout du testament d’un homme explorant sa propre auto-destruction au travers du prisme social et politique de l’époque. Un combo poussé dans ses retranchements peut frapper fort, la preuve !

Très bon
      
Publiée le samedi 1 février 2025

Dans le même esprit, Shelleyan vous recommande...

dernières écoutes

Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "The holy bible" en ce moment.

tags

Connectez-vous pour ajouter un tag sur "The holy bible".

notes

Note moyenne        8 votes

commentaires

Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "The holy bible".

avatar Raven Envoyez un message privé à Raven

C'est un son glam-punk, c'est l'odeur de l'Angleterre... Ou plutôt, de la gale.

nowyouknow Envoyez un message privé à nowyouknow

Je réécoute le premier morceau et j'essaie de caractériser le truc, ce serait comme une mauvaise reverb délavante qui uniformiserait l'ensemble dans le terne-confus, surtout quand ça s'agite un peu, donc souvent. C'est dommage. Mais je suis quand même en train d'accrocher, c'est... Vivant.

Message édité le 03-05-2025 à 00:18 par nowyouknow

nowyouknow Envoyez un message privé à nowyouknow

Je sais pas, j'ai l'impression de chercher un excellent whisky dans un mélange avec de l'eau gazeuse ou de regarder Blade Runner avec des lunettes absolument dégueulasses. Il y a clairement une intensité, le chanteur est bon plein de vitalité, il harengue et il y a un peu de hargne derrière tout ça, c'est du bon boulot mais putain au casque c'est vilain. Pas vilain qui colle à la musique comme Darkthrone ou White Light/White Heat. Peut-être que ça pète mieux sur des enceintes mais je mise quand même sur un mix papi prout assez malheureux pour un disque qui en a à dire et balancer. J'imagine que je dois exagérer...

Message édité le 03-05-2025 à 00:09 par nowyouknow

avatar Raven Envoyez un message privé à Raven

Oui... et ça contribue à son charme, vénéneux et pisseux...

nowyouknow Envoyez un message privé à nowyouknow

C'est très bien tout ça mais l'album a un son dégueulasse non? Un côté brouillon/terne qui me rappelle certains Suede des 90's en pire