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Iron Maiden › The Soundhouse tapes

ep • 3 titres • 11:31 min

  • 1Iron Maiden04:03
  • 2Invasion03:09
  • 3Prowler04:19

informations

Enregistré les 30 et 31 décembre 1978 aux Spaceward Studios

line up

Paul Di'Anno (chant), Steve Harris (basse), Dave Murray (guitares), Doug Sampson (batterie), Paul Cairns (guitares)

chronique

rock / hard rock / up the irons!

Il fallait s'y attendre, à bouffer la vie par les deux bouts, Paul Di'Anno n'allait pas vivre vieux. C'est déjà un miracle qu'il ait atteint 66 ans, toujours en tournée jusqu'au bout même sur un fauteuil roulant, à chanter ces standards qu'il aura co-écrits avec Steve Harris. Paul aura vécu 1000 vies, toujours dans les excès en restant authentique et sans jouer de rôle. Il ne sera resté que quelques années dans Iron Maiden mais son influence a été capitale en participant aux deux premiers albums de la Vierge de Fer. Steve Harris était trop ambitieux pour le style de vie de Paul qui ne pouvait pas s'astreindre à une hygiène de vie compatible avec cette ambition. Il est parti du groupe aussi vite que la renommée du groupe ne s'accentuait. Cependant, il est important de pointer du doigt l'influence déterminante qu'a eu le chanteur sur les débuts du groupe. Iron Maiden a commencé au milieu des années 70 et a connu un nombre très important de musiciens différents. A l'époque, le groupe était plutôt porté sur le hard rock 70's. Paul Di'Anno y a apporté sa touche punk que l'on entend parfaitement sur "Iron Maiden" et "Killers". Il représente ce chaînon manquant entre le hard rock 70's de leurs débuts et ce qui deviendra par la suite LE heavy metal épique et si fabuleux qui suivra avec Bruce Dickinson. La carrière discographique du groupe commence d'ailleurs avec Paul, sur ce 45 tours, les fameuses "Soundhouse tapes", éditées à seulement 5.000 exemplaires, vite épuisées. Enregistrées en toute fin 1978, en autoproduction, Iron Maiden propose déjà une musique incisive où on sent que le groupe veut proposer son propre style. Bien évidemment, compte-tenu des moyens d'enregistrement, comparé au premier album, les trois morceaux (dont deux se retrouveront justement sur ce premier album) manquent cruellement de mordant, "Iron Maiden" est toute en retenue, presque groovy dans sa rythmique. Clive Burr dépoussiérera cela un an plus tard avec son style bien plus tranchant et énergique. Là, il y a un côté quasi-dansant, incluant même quelques chœurs sur "Invasion". Pourtant, concernant "Iron Maiden" et "Prowler", les structures des morceaux ne subiront que très peu de changement sur les versions finales. Avec le recul, c'est intéressant de se (re-)plonger dans ces débuts, à mi-chemin entre les vestiges des années 70 et ce que sera le hard rock pur et dur de la période Paul Di'Anno dans ces deux premières années de professionnalisation avec EMI. Même s'il garde un côté presque chantant et mélodique, Paul commence déjà par moments à se lâcher et à être ce chanteur mi-punk mi-rock, symbole du leader loubard qui fait peur avec toute la panoplie qui va avec, cheveux hirsutes, dégaine provocante incluant veste en cuir, clous et torse nu. Niveau son de guitare, on n'est pas encore dans la production agressive et puissante où les chevaux sont lâchés, mais déjà le groupe montre tout son potentiel. On est ici dans un son un peu trop gentil, là où on sent que les musiciens voudraient plutôt que ça parte avec force et énergie mais qu'il leur manque encore l'expérience et la maturité pour se déchaîner en studio. On entend ce manque d'expérience et cette envie de faire un enregistrement qui tient la route, avec des morceaux maîtrisés, bien cadrés et structurés. Et quand on connaît les morceaux sur le premier album, on n'a qu'une envie, c'est d'entendre le groupe se lâcher totalement, devenir fou et sortir ce heavy metal qui changera à jamais la face de la musique hard rock ! Là, on a vraiment les démos de ce qui deviendra un premier album de légende. Sans être fabuleux, ce 45-tours montre une facette historique unique de la formation, comme jamais elle ne sonnera par la suite, un Iron Maiden encore très influencé par les années 70, pas encore bien assuré mais déjà avec l'envie de conquérir le monde. Les débuts d'une légende. Merci Paul d'y avoir contribué avec panache et énergie !

Bon
      
Publiée le lundi 21 octobre 2024

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