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Bombori › Prayground
- 2015 • Indie Native MWDC-193 • 1 CD
cd • 8 titres • 45:35 min
- 1Prayground3:33
- 2Land8:49
- 3Helios5:57
- 4Interlude1:25
- 5Egungun5:04
- 6VLS5:35
- 7Black Mountain8:51
- 8Echo6:22
informations
Enregistré, mixé et masterisé par Yui Kimijima ux studios Tsubame et Ryigoku Monten Hall.
line up
Etaq (basse), Hikari (Hikari Lightning) (batterie, pads, métal, cris), FXM (guitare, électronique), ALT (guitare, danse), TOPGalaxy (voix, batterie, bruits), VJ Hamaro (VJ, cameraman)
chronique
Bombori a dû bouffer de la nuit. Gong – le disque précédent – crachait de la lumière, au point que ça en devenait parfois inconfortable, même douloureux, si on montait le son autant que ça y invitait, si on fixait trop longtemps son rayonnement superbe. Le trip était déjà fort – trop, à s'y exposer innocemment, sans doute. Mais là, c'est encore autre chose. Le jour s'est brisé, oui – tout s'est occulté, d'un coup. Le froid saisit, coupe, enserre. Cependant on respire – c'est comme si cette soudaine tombée avait délesté l'air, assaini son espace. On ne voit plus rien à portée de bras – mais les éclairs au loin, les lueurs sur la voûte du ciel, par-dessus celle des arbres, se dessinent et disparaissent avec précision, instantanés, nets, piqués. Furtifs mais concrets, définis presque à l'excès. Presque ?
Prayground est un basculement. Qui s'opère d'ailleurs complètement sur un morceau commun – du précédent disque à celui-là, j'entends. Land – qui se dévêt ici, oui, de son aura, de son enveloppe solaire, éblouissante. Qui mord – gerçure et pointes. Qui déchire ce noir opaque qu'en même temps elle génère. La Terre. Est basse. Est dure. Vous engloutira, si vous dédaignez la crémation. Vous en arrachez ce qui vous fait vivre – tout ou partie de ce que vous ingérez pour vous maintenir. Le terrain de jeu – le terrain de prédation, dit le jeu de mots que me semble être ce titre de disque. Mais qui chasse ? Ou quoi ? Vous ? … À quel bout de quoi vous tenez vous, à cet instant de l'écoute ?
Prayground est encore tripé, oui – psychédélique à l'excès, débordant, dégorgeant de ça. Un morceau, encore, parle du Soleil – Helios. Mais c'est une puissance – absente, dangereuse, évoquée dans l'enceinte close. L'Ombre... Enveloppe, protège, avale tout. Une pesanteur, aussi – physique, des riffs, de la frappe des batteries (il y en a deux), de la production – s'amorce. L'album d'après – We Are Cured, Fuck You – y plongera tête la première (et en allures carrément sludge). Ici, elle fait tension – poussée, attraction où se tient un équilibre instable. Quelque chose point qui s'incarnera plus tard encore, aussi – quand le groupe (ou une grande partie de ses membres) se nouera en une autre entité, nommée Granule. Une étrangeté – multiple et tenace – de forme. Ici, c'en sont les premières touches – qui s'accrochent avant de se développer. Pourtant, Prayground n'a rien d'un brouillon – comme tous les disques de ces gens, sous ce nom là ou un autre, il est inconfondable, sa propre mesure, son propre complexe, nourri de bien des choses, precisément conscient de ses limites et maître de son, de ses extensions.
Comme tous les Bombori, Prayground a disparu à un moment, par volonté de ses auteurs et sans qu'ils énoncent de raison, des circulations, des circuits officiels. Plus de vidéos sur les plateformes, plus de bandcamp sous ce nom – celui, donc, de Granule, s'y substituant. Comme tous les Bombori, il ressurgit et disparaît ailleurs, se retrouve par d'autres voies. Il est bon de s'y risquer. Quand on y a goûté, c'est presque une soulagement de pouvoir y retourner – on se dit en tout cas, à minima, « c'était quand-même dommage ». Black Mountain, par exemple, sur celui-là : c'était une perte sensible, de ne plus pouvoir l'entendre. Ça m'a frappé autant qu'avant, de la retrouver. Chargée, flottante et lourde, groove lâché et substance dense, surface, épaisseur innervées. Certainement celle qui dès le début m'a le plus complètement emporté. Après...
Après, j'ai embrassé, rapatrié tout le reste. Le stock. Maintenant, j'ai tout ça sous la main, versions physiques ou non. Rien ne s'est amenuisé. Le jour baisse à nouveau, et la flotte tombe depuis des heures, sa température penche, petit à petit, vers celle du givre. Je me souviens d'un clip, pour un morceau tiré de ce disque – était-ce Land, justement, ou Echo, ou un autre ? ... Je ne suis plus sûr – je crois que ça fait partie des traces d'eux pour de bon effacées. En voyant ça, toujours, je m'étais dit « wah... ils vrillent ». Les vrilles, ça fore, ça entre, ça perce de quoi faire entrer l'air – décidément. Ça produit des réseaux, parfois, où tout peut voyager.
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Dioneo
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C'te version (encore plus) cramée de Land, dediou... Pas pour rien, chez eux, les deux batteries !
