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Gene Loves Jezebel › Heavenly bodies
- 2017 • Westworld Recordings WW 0108CDD • 1 CD digipack
cd • 15 titres
- 1American dreamer
- 2Wild dreamer
- 3Josephina
- 4Any anxious colour
- 5Break the chain
- 6Down
- 7In a lonely place
- 8Sweet sweet rain
- 9Rosary
- 10Heavenly body
- 11Voice in the dark
- 12Josephina
- 13Life without love
- 14Tomorrow's colours
- 15Josephina (extended version)
extraits vidéo
informations
The Wool Hall, Beckington, Somerset, Grande-Bretagne.
line up
Jay Aston (chant, guitare 12 cordes acoustique), Peter Rizzo (basse), Robert Adam (batterie, percussions, choeurs), James Stevenson (guitare, guitare sèche, mandoline, choeurs)
Musiciens additionnels : James Hallawell (orgue, piano, claviers)
chronique
La gémellité, un truc qui fascine, inquiète aussi, tant de clichés circulent sur ces jumeaux et jumelles si connecté(e)s entre eux/elles de manière quasiment surnaturelle… Pas les Aston en tout cas. Après ‘Kiss of life’, c’est à nouveau Jay qui rempile avec ses musiciens sauf que cette fois le résultat est plus probant. L’homme, totalement brouillé avec son frérot, en parle comme de leur meilleur opus mais l’impartialité n’est bien évidemment pas de mise donc prenons les choses avec recul. ‘Heavenly bodies’ est cependant bien un album solide, Jay a raison. Finalement de chanter seul lui a permis de travailler son timbre, de le mettre en avant et d’accentuer les nuances tristes que j’affectionne tant et qui étaient surtout l’apanage de Michael auparavant. Moins FM dans sa production, le skeud se rapproche davantage de ‘Discover’ et ‘House of dolls’, niveau sonorités et émotions. Toujours cet espèce de drôle de faux glam triste et peu chaleureux avec un accent légèrement porté sur le dépouillement, la sobriété, notamment sur les couplets souvent portés majoritairement par la rythmique mais pour mieux faire ressortir la beauté du cristal des guitares ou du clavier (‘Josephina’). L’album débute d’ailleurs très fort avec trois tueries emplies d’une fougue mélancolique telle que Gene loves Jezebel en ont le secret. Suit un titre très calme, quasiment acoustique sur sa première moitié et qui eût supporté largement d’être présenté ainsi. Non que l’ajout d’une batterie tranquille, de choeurs, pose problème, simplement il confère une touche lambda à la structure, évoquant Simply Red à leurs débuts (fort intéressants d’ailleurs et pas avares en tristesse). Pas d’inquiétude, ça repart merveilleusement avec ‘Break the chain’ au drôle de feeling, comme si Jay jouait avec cette tristesse dont il est si coutumier s’adressant une sorte de clin d’oeil dans le miroir en sachant que même lui ne s’y laissera pas prendre. Niveau paroles, aucun doute, ce que confirme un ‘Down’ plus héroïque qui n’est pas sans évoquer les jeunes U2. ‘In a lonley place’ s’autorise l’audace délicate et acoustique refusée à ‘Any anxious colours’ et le résultat est merveilleux. Etonnamment, j’ai comme l’impression que le combo s’est comme purgé d’une lourdeur sur l’estomac. ‘Sweet sweet rain’, ‘Rosary’ sans être des parangons de joie sonnent plus cool, je ne trouve pas de meilleurs termes, moins gris même si toujours aussi automnaux dans l’atmosphère. Un chouia trop peut-être ? Sans sonner ennuyeux, le disque commence pourtant à sonner un brin long. Ca s’écoute agréablement mais la fougue du départ s’est estompée et l’option dépouillée n’aide pas à accorder du corps aux dernières pièces pourtant plutôt correctement écrites; même le chant de Jay a perdu ses tonalités tristes. ‘Voice in the dark’ me rappelle une fois encore les débuts de Simply Red (cd que je possède) avec son tempo lent, ses choeurs, son piano mais en moins prenant, un comble ! Heureusement, sur la réédition avec bonus, les artistes se reprennent quelque peu avec ‘Life without love’, pas mauvais du tout même si pas exceptionnel. De toute façon, ouf, on arrive définitivement à la fin, avec en outro un ‘Tomorrow’s colours’ acoustique d’assez bon aloi et adapté à un final mais sans tirer des sanglots non plus. En résumé, ‘Heavenly bodies’ est un bon disque mais qui souffre de petites longueurs, qui s’en sort mais témoigne obliquement de quelques hésitations quant à la voie à suivre. Et pour cause, il faudra six ans pour accoucher du suivant avec le retour de Michael avant que n’éclate la brouille définitive, le retrait de ses parties sur ‘VII’ et le bordel juridique en résultant, Jay conservant les droits du nom pour le Royaume-Uni, Michael pour les USA. Triste.
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