Vous êtes ici › Les groupes / artistes › S › Serpent Cobra › Anatomy of Abuses
Serpent Cobra › Anatomy of Abuses
- 2020 • Interstellar Smoke Records #ISR014 • 1 LP 33 tours
- 2020 • Blazing Hatred Records (pas de cote) • 1 LP 33 tours
- 2020 • Stoner Witch Records SWR016 • 1 K7 audio
lp/cd/k7 • 8 titres • 33:55 min
- 1Master of It All3:50
- 2General Discomfort3:44
- 3Rulers of Hell3:45
- 4Screams from the Coffin5:16
- 5Lord High Executioner4:01
- 6Dear Satan4:33
- 7Serpent Eyes2:40
- 8Anatomy of Abuses6:03
informations
Enregistré en septembre et octobre 2019 par Anibal Rodriguez et Joaquín Amaduzzi à Santa Fe, Argentine.
Artwork : Emmanuel Leonhardt (a.k.a. Desordenador).
line up
Fleshripper (Carolina Dusau) (basse, voix), Brainblaster (Emanuel Acosta) (guitare), Skullcrasher (Ezequiel León) (batterie)
chronique
Serpent Cobra... Au début j'ai trouvé ça nul. Plutôt : j'ai été interloqué par la fierté avec laquelle ces trois-là – une chanteuse/bassiste, un guitariste, un batteur – se vautraient dans les... Clichés ? Les codes de genres ? Les évidences, disons. Imagerie SM/Exploitation, cuir, bottes et cravache – singulièrement il semble que ce soit assez récurent dans ces scènes là, chez eux (en Argentine... précisons qu'ici ça reste soft de ce côté des choses, d'autres se complaisent carrément dans le porno volontiers cracra, semble-t-il, dans un même registre) ; riffs doom, heavy, simplement voire bêtement rock, répétés, déclinés à l'envi ; kick lourd et cymbales crissantes ; voix haute et souvent flangée, parfois en couches superposées d'harmonies sinistres, inflexions crânes ; solos dégoulinants gavés d'acide, lubrifiés au cambouis ... Et puis bien-sûr, thématiques attendues : Satan et Son Gang (de motard.es, à coup sûr), Ses Exécuteurs des Hautes et Basses Œuvres, Lui le Maître-d'Ici-Bas blablabla … Avec tout ça, un son garage, granuleux, piqueté, délavé, usé, craquant aux pliures.
Le truc c'est qu'à y revenir, j'ai vite cessé de rechigner. Le truc c'est que ça prend ! Pourquoi ? Sans doute en partie pour le côté parfaitement assumé de la chose – la ringardise, l'amour de la crasse, l'ardente passion pour le « pire » de la littérature pulp, du cinéma Z (ce sample au début de Screams from the Coffin, ah ah !), pour le mauvais goût fait art. Le truc c'est que c'est contagieux, cette saleté ! Et puis que ça groove massivement, aussi, sous son allure pataude, grossière. Le truc... C'est que c'est drôle, enfin ! Pas comme une parodie énième degrés, un machin « méta » mais justement, comme l'une de ces bobines pleines de gags dégueulasses, gores, glissés entre les péripéties qu'on voit arriver cinq éviscérations, trois séances/séquences de croix de Saint-André, huit décapitations au taille-haie à l'avance. C'est frais autant que vermoulu, décomposé – c'est fraîchement pourri, moisi au pinceau plus fin qu'on aurait d'abord cru, dosé pile pour que tous les fumets, fragrances, arômes infusent et s'échappent jusqu'à nous – chairs, sueurs et autres fluides, fumées, rouilles, sous-bois et friches indus mal-famés... Tout est à point. C'est une question de présence, aussi – elle et ils en font des tonnes mais finalement pas plus, allez, au hasard, que Jucifer sur scène, attitude rock'n'roll graillonneuse et too-much brandie, en guise de manifeste, et c'est sans doute ça qui marche. Ça et un certain sens de la compo – qui n'invente pas le faux sang chaud mais tape aux récepteurs habitués, assez fort, assez sourdement/aveuglément pour que ça passe. C'est ramenard, oui, nettement... C'est le jeu, c'est pour ça, comme ça que ça prend.
Puis aussi, il y a ce dernier morceau – Anatomy of Abuses – qui ouvre un poil l'éventail. Le truc qui partant d'un doom aussi monobloc, rôdé que le reste, dérape soudain dans une accélération thrash/black, punkoïde, complètement abrutie, puis bascule à nouveau dans un hard-rock dépenaillé, les paupières collées, balançant cette fois sans retenue tout son catalogue de samples crétins, en guise d'au-revoir, de bonne-route-et-à-la-prochaine-fois. Ça se conclut d'ailleurs sur la menace/promesse d'une probable sorcière ou goule, qui nous assure (en roulant absurdement les r) qu'au fond de n'importe quel enfer, « elles » nous retrouveront, que nous voilà, à jamais maudits... La visite s'achève ainsi – le décor carton-pâte tiendra le coup, c'est certain, jusqu'à la prochaine fois. C'est du solide – du moment qu'on ne cherche pas à s'y installer, à y habiter, à y trouver une profondeur au-delà du moment de frisson facile, de la bonne tranche de divertissement qui poisse et laisse les doigts sales. Plaisir coupable, alors ? Non... Même pas – de toute façon pour ma part, je n'ai jamais vraiment trouvé de sens à cette expression. Plaisir spécial peut-être bien, spécialisé, saisonnier, aussi, où l'on ne cherchera pas l'illumination, une transcendance de quoi que ce soit. C'est une joie d'ici-bas, qu'on ne reniera pas une fois la salle rallumée – qu'on ne « vendra » à personne comme davantage que ce bon moment pour public averti, insoucieux des chefs-d’œuvre, qui n'y vient pas pour ça.
Dans le même esprit, Dioneo vous recommande...
dernières écoutes
-
Dioneo
›
Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "Anatomy of Abuses" en ce moment.
Connectez-vous pour ajouter un tag sur "Anatomy of Abuses".
notes
Note moyenne 1 vote
commentaires
Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "Anatomy of Abuses".
