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Eiko Ishibashi › Drive My Car
- 2021 • Newhere Music NWM-005 • 1 CD
cd • 10 titres • 38:29 min
- 1Drive My Car05:04
- 2Drive My Car (Misaki)02:27
- 3Drive My Car (Cassette)02:56
- 4Drive My Car (The Important Thing Is to Work)03:08
- 5"We'll Live Through the Long, Long Days, and Through the Long Nights"03:56
- 6"We'll Live Through the Long, Long Days, and Through the Long Nights" (SAAB 900)04:54
- 7"We'll Live Through the Long, Long Days, and Through the Long Nights" (Oto)05:20
- 8Drive My Car (Kafuku)03:39
- 9Drive My Car (The Truth, No Matter What It Is, Isn't That Frightening)02:07
- 10"We'll Live Through the Long, Long Days, and Through the Long Nights" (And When Our Last Hour Comes We'll Go Quietly)04:58
informations
Sorti en CD, cassette, vinyle, en ligne. Mixé et masterisé par Jim O'Rourke (musique) Enregistré par Kadoaki Izuta, mixé par Miki Nomura (sons du film) (Hoshi To Niji Recording Studio, Atelier Eiko, Steamroom Tokyo)
Deux pistes bonus dans la version digitale : Drive My Car (Kafuku) & “We’ll live through the long, long days, and through the long nights” (different ways). Illustration par Mayo Akao.
line up
Eiko Ishibashi (piano, piano électrique Rhodes, synthétiseurs, flûte, électronique, mélodeon, vibraphone, collages)
Musiciens additionnels : Jim O'Rourke (guitare acoustique, guitare électrique, pedal steel, basse, vibraphone), Marty Holoubek (basse acoustique, basse électrique [1,2,4,8]), Tatsuhisa Yamamoto (batterie, percussions), Toshiaki Sudoh (basse électrique[5,10]), Atsuko Hatano (violon, viole)
chronique
Vite, tant que la mémoire est fraiche, et que les rayons de soleil arrivent encore à illuminer cette partie de la pièce où je pourrai réécouter cette B.O. avant la pluie annoncée par séquences de rafales de vent alors que tout repousse un peu partout… l’hiver se termine encore bien tôt, le printemps augure un été apocalyptique, mais ça n’empêche nullement l’humain de rester concentré sur autre chose, à savoir, comme dans le film de Ryūsuke Hamaguchi « Drive My Car » : le deuil, sa mise en scène, sa mise en abyme, son reflet tendu par le miroir des arts, en l’occurence le théâtre russe dans ce film, mais aussi les autres, les gens, plus ou moins proches, leur regard, ce qu’ils pensent saisir et ce qu’ils ne pourront jamais voir, malgré, une fois toutes les X années une rencontre des douleurs qui arrivent à s’embrasser devant une tombe anonyme ou un public médusé. Ce résumé aussi concis que précaire ne saurait évidemment épargner la vision de ce film de deux heures et cinquante-et-une minutes, parsemé de longues plages de musiques tristes qui peuvent paraitre au premier abord comme de la musique lounge, du jazz de bar de nuit ou de salle d’attente et qui, par la magie du dialogue des images animées et du son donnent l’occasion pour Eiko Ishibashi, collaboratrice entre autres de Merzbow ou Jim o’Rourke, de tisser une musique impressionniste, douce, mais aussi rigoureusement mélancolique, à l’image des fragments de mémoire qui peuvent assaillir la conscience quand, lorsqu’on se fade des heures de route pour bosser on se sent bien trop seul pour subir le service public radiophonique français et que le ronronnement de la Saab 900 ou de la Ford Fiesta ancre nos sensations dans un balancement au bord des précipices divers que l’on voit surgir mentalement, partout, où que le regard se porte, où chaque ombre porte sa signature, chaque visage des traits communs, une odeur dévoilant la fin de toute espérance à une réconciliation avec ceux qui sont morts ou qui nous ont laissé tomber pour aller à leur propre perte, enfermés, déclassés ou tout simplement… partis. Un film et une musique pareille ne peuvent pas vraiment laisser indifférent et c’est pour cela que l'on va se coltiner à nouveau la BO en boucle pour sentir encore une fois cette sorte de tristesse gluante s’élever, s’accrocher, qui va petit à petit être décorée par les remous de la vie et de ce que l’on en fait. Il est donc également souhaitable de laisser les notes de piano d’Eiko Ishibashi, ces plages ambient lunaires, agonisantes, ce vent dans les collines, ce silence dans la neige, ces cliquetis de plastique et de métal, ce souffle s’infiltrer dans nos oreilles pour peut-être avoir l’illusion qu’on a fait un peu de chemin, ou un aller-retour de plus…
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notes
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commentaires
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- Coltranophile › Envoyez un message privé à Coltranophile
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Film doucement intense. Ce qui est bouleversant se dessine pas à pas au fil de la narration, sans effets de manche ni hystérie. Je vais m'appesantir sur la BO qui ne m'avait pas forcément frappé.
Message édité le 24-02-2024 à 14:54 par Coltranophile
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Rastignac
› Envoyez un message privé à Rastignac
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Ce film m’a littéralement achevé. Incroyable. Tout se casse la gueule, tout s’effrite petit à petit, on se laisse engloutir comme une maison prise par un glissement de terrain au bord d’une montagne.
Message édité le 24-02-2024 à 14:30 par Rastignac
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saïmone
› Envoyez un message privé à saïmone
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Un film extraordinaire
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dariev stands
› Envoyez un message privé à dariev stands
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Eiko Ishibashi sur guts !
