Vous êtes ici › Les groupes / artistesLLuedji Luna › Um Corpo No Mundo

Luedji Luna › Um Corpo No Mundo

cd 1 • 11 titres • 00:00 min

  • 1Asas
  • 2Dentro Ali
  • 3Eu Sou Uma Árvore Bonita
  • 4Um Corpo No Mundo
  • 5Acalanto
  • 6Notícias De Salvador
  • 7Saudação Malungo
  • 8Cabô
  • 9Na Beira
  • 10Banho De Folhas
  • 11Iodo + Now Frágil

informations

Produit par Sebastian Notini

line up

non renseigné

chronique

Je fais des découvertes constamment dans la scène brésilienne actuelle. On ne peut le dire assez : depuis la fin des années 90, les choses vont crescendo, et le nombre d’artistes et de groupes passionnants à encore décuplé depuis les années 2017-2018. Surtout des artistes solos, mais pas si souvent en home-studio, et bien sûr de plus en plus de gens qui étaient invisibilisés dans l’ère pré-internet. Parce que n’ayant pas les connexions, venant d’un coin du pays trop paumé ou mal considéré, etc...

Dans cette nébuleuse, Luedji Luna était l’une des plus discètes à son arrivée, avec cet album pour ma part. Elle se posait en jeune prodige d'une MPB minimaliste, élégante et très politisée, ce qui manifestement n'avait pas suffi à la faire remarquer à l'international (à l’heure ou j’écris, 2024, on n’y est encore pas, et c’est un scandale...). Pourtant, les bonnes fées s’étaient penchées sur
Um Corpo No Mundo : le suédois Sebastian Notini (Tigana Santana, Oumou Sangaré) avait conféré un mixage et une production dépouillée très classe, et les récompenses avaient commencé à pleuvoir dès 2017.

Luna chante explicitement à propos du fait d'être une femme noire au Brésil, mais elle le fait sur une musique qu'on pourrait qualifier d'érudite, très réfléchie malgré ses coups de sang, une sorte de jazz-soul extrêmement raffiné, avec du groove et des moments de recueillement, avec des lectures de poèmes aussi, par d'autres voix que la sienne.

Cette folk rêveuse a des airs de déambulation tranquille, un après midi de soleil blanc, comme sur la pochette (où Luedji pourrait aussi bien être un jeune homme). Sans jamais ressembler, même de loin, aux mythiques Afro-Sambas de Baden Powell & De Moraes, Um Corpo No Mundo parvient à étoffer les arrangements sans pour autant se faire pop. C'est particulièrement magnifique sur "Banho De Folhas", qui annonce les splendeurs de l'album suivant, avec sa guitare électrique façon trio eletrico, et sa fine couture de notes percussives égrénées par une autre guitare, acoustique, sans doute en nylon... Luedji y semble lancée à la poursuite d'une amie ou amoureuse dans la foule urbaine de Salvador, qu'elle suit à l'odeur du patchouli, dans une quête peut-être sans fin mais enivrante. Tout le génie des musiciens est ici de laisser la chanson s'étirer en longueur, de ne rien couper de la jam finale, pour laisser la tension retomber progressivement - au brésil, les percussions sont les dernières à se taire, le corps ayant le dernier mot sur les pensées, avec toutefois le battement mélodieux et discret de la basse - laissant l'auditeur se demander s'il s'agit de retrouvailles, d'un renoncement ou d'un simple changement de focale.

L'album se referme comme il avait commencé et continué, sur la pointe des pieds, sur "Iodo + Now Fragil", où la présence d'un saxophone baryton rappelle la mélancolie blessée de Meta Meta, ce que le timbre méditatif de la voix de Luedji Luna renforce. Ingrédient qui va être indispensable pour comprendre la suite immédiate : la lumière éclatante de la prise de son, lumière bel et bien présente dans la musique.

Moyen
      
Publiée le vendredi 19 janvier 2024

Dans le même esprit, dariev stands vous recommande...

dernières écoutes

Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "Um Corpo No Mundo" en ce moment.

tags

Connectez-vous pour ajouter un tag sur "Um Corpo No Mundo".

notes

Note moyenne        1 vote

commentaires

Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "Um Corpo No Mundo".