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Haruomi Hosono › Bon Voyage co.
cd • 10 titres • 31:50 min
- 1蝶々- San3:20
- 2香港Blues3:09 [reprise de Hoagy Carmichael]
- 3"Sayonara" The Japanese Farewell Song4:21 [reprise de Hasegawa/Morgan]
- 4Roochoo Gumbo3:02
- 5泰安洋行2:38
- 6東京 Shyness Boy2:20
- 7Black Peanuts2:26
- 8Chow Chow Dog4:47
- 9Pom Pom 蒸気1:56
- 10Exotica Lullaby3:51
informations
Crédité à Harry "The Crown" Hosono
line up
Haruomi Hosono (chant, basse, steel drum, marimba, shamisen, vibraphone, piano, orgue Hammond), Shigeru Suzuki (guitare acoustique, guitare électrique, choeurs), Eiichi Ohtaki (basse, chantn choeurs), Tatsuo Hayashi (batterie, percussions, choeurs), Hiroki Komazawa (pedal steel guitar), Hiroshi Sato (piano, clarinette), Motoya Hamaguchi (percussions), Akiko Yano (piano, choeurs), Tohru Okada (percussions, accordéon), Hiroshi Okazaki (saxophone alto), Ken Muraoka (saxophone basse), Tatsuro Yamashita (voix, choeurs), Kawada Ryukyu Dance Troupe (voix, choeurs), Chu Kosaka (choeurs), Taeko Ohnuki (choeurs), Makoto Kubota (choeurs)
chronique
Avec ses costumes parfaitement ajustés, sa petite moustache et ses grosses lunettes, Monsieur Harry, comme on l’appelle, semble venir d’un autre temps, des temps plus élégants, plus distingués. Ça cache quelque chose. Monsieur Harry, « The Crown » comme il est surnommé dans les clubs de Tokyo où il se produit, tout japonais qu’il est, aurait des origines du côté de la Nouvelle-Orléans. Ça s’entend dans le rythm & blues qu’il joue tous les soirs avec son orchestre, des types qu’on aurait vu il y a quelques années avec des coupes de hippies. Bizarre quand même. Mais quand ça joue, ça joue, même si parfois, c’est comme si Monsieur Harry dérapait sans qu’on s’en rende compte vers des interprétation volontairement comiques, décalées, d’une musique américaine qu’il a dans le sang, mais qui elle même avait ce regard un peu lointain, surplombant, sur le monde qu’elle voulait rêver. Malgré son nom, ou serait-ce juste un surnom de scène, Monsieur Harry est bien un oriental, il n’est pas dupe des arrangements "à la chinoise" (en français dans le texte) de « Hong Kong Blues », la fameuse chanson entendue dans « Le port de l’angoisse », de Hawks. Harry the Crown croone comme à New York, habillé smart comme Bogart. Harry gratte tout aussi bien du shamisen qu’il cogne du vibraphone quand il reprend « The Japanese Farewell Song », dont le titre trahit qu’elle a été composée pour une industrie du divertissement bien loin des quartiers bouillonnants de créativité de Tokyo. Harry y colle des bruits de jungle, de singes, y va de son marimba comme pour foutre le feu à une lointaine plage de toute façon exotique, d’où qu’on la regarde.
Harry rêve et entraine son auditoire avec lui dans son voyage mental, c’est l’heure de la désorientation quand on ne sait trop si on est dans un bouge de New-Orleans ou bien sur l’île d’Okinawa. Derrière son air de pas y toucher, Harry est un sacré petit bonhomme, qui à lui tout seul recrée tout un décor caribéen à coups de percussions d’ivoire, de bois et d’acier, un peu comme un tour de magie, un enchantement. Et puis avec Harry ça groove, donnez lui juste deux saxophonistes et il fera le reste, imparable « Tokyo Shyness Boy », tout juste ne peut-il s’empêcher par un son de pouet-pouet de signifier qu’il ne faut pas prendre les choses trop au sérieux. Latin dancer ou bluesman tropical, Harry porte toutes les chemises avec la même classe absolue, menant d’une main de maître languide son orchestre de cadors (non mais écoutez la merveilleuse steel guitar fifties de « Pom Pom 蒸気 »). À peine une décennie plus tôt, lui-même portait les cheveux longs et avec son groupe Happy End, il avait contribué à inventer un folk-rock à la japonaise mélodique et racé, comme il le rappelle à notre bon souvenir avec la « berceuse exotique » qui vient conclure le voyage sur des sonorités rêveuses et synthétiques. Comme si le temps se contractait soudain entre les mains agiles de Harry le magicien, les fifties et les sixties ont filé à tout vitesse, on est déjà en soixante-seize et quels sont ces nouveaux instruments électroniques et serait-il possible de continuer le voyage d’une autre façon ? Hum…. Il se trouve que Haruomi a bien quelques idées là-dessus. Des idées, il n’en manque pas.
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