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The Cemetary Girlz › L'envol du corbeau

cd • 6 titres

  • 1The wanderer
  • 2Echoes of my tears
  • 3Eternal night
  • 4Faded roses
  • 5L'envol du corbeau
  • 6The last kiss

extraits vidéo

informations

https://thecemetarygirlz.bandcamp.com/music

line up

Alien S. Pagan (chant, guitare, synthé), Diva+Re (batterie, synthé, guitare additionnelle), SiouxSide (basse, synthés)

Musiciens additionnels : Ombra (violon)

chronique

Dix ans d’attente pour ce troisième d’opus mais dire qu’elle en valait la peine est un doux euphémisme. Tout le monde est unanime et il y a de quoi, ‘L’envol du corbeau’ est non seulement le meilleur opus des Cemetary Girlz mais également un excellent album tout court. Pour la première fois, le groupe est 100% droit dans ses bottes, totalement au clair dans ses intentions, conférant une cohérence indéboulonnable à un disque pourtant riche et varié, il ne sonne plus comme 'inspiré par', il est lui-même de A à Z. Premier élément à mentionner: les progrès de la voix qui sont hallucinants, Alien S. Pagan est désormais un chanteur mûr n’ayant plus besoin de se retrancher derrière des effets, des jeux de répons; ses lignes sont profondes, emplies d’émotions justes. Deuxièmement, les structures des morceaux elles-mêmes. Six chansons ? Oui, car elles tournent en moyenne autour des six minutes, voir plus. Les Français ont pris des risques, travaillé une composition recherchée qui sans sonner progressive pour autant voit les chansons se développer, partir en crescendo, se casser, repartir, interroger, accélérer, sans pour autant nier une trame mélodique prenante, bouleversante même. Ce que le combo a perdu d’énergie batcave infuse à son deathrock une profondeur poétique digne des plus grands. Dès les nappes mélancoliques du début de ‘The Wanderer’, on sent que l’on s’engage dans un voyage qui ne s’annonce pas des plus joyeux et pourtant, une forme de sérénité tranquille irradie. ‘L’envol du corbeau’ n’est pas un disque torturé au sens violent du terme, il est au contraire extrêmement guidant dans un questionnement existentiel douloureux, à la fois intime et universel; sa noirceur fait couler des larmes mais des larmes qui soulagent. Cela ne lui dénie pourtant pas une vitalité noire et combattive, l’excellent ‘Echoes of my tears’ que les fans du Christian Death (même niveau chant, sans que cela ne sonne forcé, bien au contraire) de ‘Catastrophe Ballet’ et ‘Ashes’ adoreront. Idem pour ‘Eternal night’ extrême riche dans sa construction, profondément émouvant malgré une vraie pugnacité électrique équilibrée d’une touche mystique apportée par un clavier pertinent. Ajoutons à ce stade que les instrumentations ont beaucoup évolué depuis les débuts, la rythmique accomplit un travail remarquable tout au long de l’album, nettement plus dense, les lignes de guitare elles-aussi ont beaucoup gagné en maturité, quant aux arrangements, ils sont excellents, toujours 100& à propos, dans les accélérations, les breaks, les pauses tristes, les instants tribaux, les ajouts de clavier. Hé, les goths à chapeaux qui ne jurent que par les Fields of the Nephilim, ne partez pas ! Ecoutez seulement l’intro de ‘Eternal night’, ses notes cristallines égarées dans le matin d’hiver, je suis certain que la tristesse grise de la chanson vous gagnera à vous en faire frissonner (c’est valable pour tout le monde en fait, même si vous n’avez pas de couvre-chef). Avec le titre éponyme, les Cemetary Girlz signent leur pièce la plus ambitieuse qui s’écoulera sur plus de huit minutes sans lassitude. C’est la vase exprimée par Lycia, la froideur cosmique des Fields of the Nephilim qui se croisent en un mélange agissant en élixir poétique pour plonger à l’intérieur de soi, circuler dans ses propres veines pour y apprivoiser le givre de la marche inéluctable vers le temps qui passe, l’exorciser et la relâcher vers le ciel pour y créer de la lumière. Sur le ‘The last kiss’ final, le chant se retire quelque peu au mixage, comme si l’humain se dissolvait dans la création, fusionnait avec elle, complétant l’impression de ‘L’envol du corbeau’; la musique ralentit, s’éteint, comme une chandelle dont la mèche est consommée… Un disque que celles et ceux l’ayant acquis remettront dans la platine ou le lecteur cd un bon nombre de fois, ce mois-ci, cette année-ci, cette décennie-ci… Un futur classique en quelque sorte. 5,5/6

Très bon
      
Publiée le samedi 29 avril 2023

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Note moyenne        7 votes

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Richard Envoyez un message privé à Richard

Pas de doute possible : cet album est grand.

Richard Envoyez un message privé à Richard

Mais qu'il est bon cet album ! Que de progrès et d'ouverture ! La musique gothique dans ce qu'elle a de plus sincère et attractive n'a pas encore dit son dernier mot. Assurément déjà un classique.