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Enslaved › RIITIIR
- 2012 • Nuclear blast NB 2932-2 • 1 CD
cd 1 • 8 titres • 67:18 min
- 1Thoughts Like Hammers
- 2Death In The Eyes Of Dawn
- 3Veilburner
- 4Roots Of The Mountain
- 5Riitiir
- 6Materal
- 7Storm Of Memories
- 8Forsaken
informations
line up
Cato Bekkevold (batterie), Ivar Bjørnson (guitare, synthétiseur, effets), Grutle Kjellson (basse, voix, effets), Herbrand Larsen (chant, claviers, orgue), Ice Dale (guitare), Iver Sandøy (basse, effets, percussions)
chronique
Vaisseau Enslaved s'envole à travers l'étendue infinie des fjords, suivant l'appel des forces élémentaires dans la mélodie, mué par sa vaste expérience des ponts, des passerelles, du Bifröst, des sauts de ravin par le spirituel du guerrier-voyageur (viking), autant de bonds entre les dimensions du planant et du tellurique. Enslaved emporte dans son énième rêve-tempête, charriant ses piquants d'armure dans son mouvement gracieux, une drache d'échardes dans le sillage de son drakkar ailé. Son RIITIIR est source d'une musique animée par les éléments et les saisons, fougueuse, ferrugineuse, liquide. En perpétuel mouvement. RIITIIR s'exprime comme l'eau sous toutes ses formes, surtout vives, vivifiantes. Jusqu'à son final "synthétisaurore" traversé par un vent polaire immémorial, avant de s'évanouir dans le murmure et les brumes, portant RIITIIR plus loin que les plus lointaines berges foulées par Enslaved au cours de ses précédentes expéditions...
Ce "Forsaken" envoûteur, sublime, qui restera gravé dans ma mémoire, point d'orgue onirique ancré dans une étendue gelée infinie sous le zénith, avec ses fascinants claviers montés comme une omelette norvégienne, plus cosmiques-occultes qu'un Tangerine Goblin, qui accueillent dans un cercle supérieur de conscience, après ce long collier de charges conquérantes et de reliefs rogues... Avant ? Je ne sais pas très bien ce qui se passe avant cette révélation, sinon que c'est souvent grand, possédé ("Death In The Eyes Of Dawn", "Materal"), austère comme l'érosion des rochers, héroïque comme ceux qui les gravissent. Et que j'y grelote en ayant chaud comme quand j'ai grosse grippe, car RIITIIR bout dans le glacier, et du permafrost aux cieux. Enslaved touille rage et plénitude dans le grand chaudron, ça déborde en coulures solaires et ténébreuses, albinos et ébènes telles les teintes de ces mains peintes. Ardeur et douceur se confondent, la fureur fuit entre les doigts, un regard impavide perce le casque fendu, cherchant un repère dans l'infini, scrutant un signe à travers la canopée. Bataille féroce sous un ciel étoilé, songes qui longent le tumulte - "Les Pensées comme des Marteaux"... Et les armes sont aussi tranchantes que l'horizon est flou, comme ces guitares cinglantes dans un paysage immaculé. Des peaux tatouées par le feu et l'acier, des corps enchevêtrés dans la neige et la terre. RIITIIR est de ces albums (Enslaved est de ces groupes) qu'il semble vain de vouloir décrire avec exactitude : il se ressent avant tout, sa musique est une chose qui nous traverse. Labyrinthique, dense, protéiforme autant qu'instinctive, elle est souvent insaisissable, mais son son nous tient yeux grands ouverts, on en ressent à fond chaque crête, brèche, en palpe avec gourmandise la diaprure, tous sens en éveil maximal. Tout y semble couler, flux sans début ni fin précis, sans frontières infranchissables, expression d'un cycle naturel symbolisé par cet énigmatique palindrome runique : RIITIIЯ.
Un metal explorateur en continuel jaillissement, tressé d'embruns, de bourrasques, de visions magiques - "Tempête de Souvenirs" - de martèlement pierreux et de riffs qui vous lardent les joues comme du grésil, en même temps que d'harmonies aériennes et ultra-soyeuses dignes d'elfes naïfs... À la fois laiteux et rugueux, céleste et chthonien, tel ce sentiment "sucré-salé" provoqué par le chant new wave diaphane de la couleuvre Larsen et le râle black-metal desséché de la vipère Kjellson, entrelacés dans ce flux... On pourra y percevoir aussi bien du prog que du sympho ou power metal, qu'une rouille étincelante, pourquoi pas ici une brève clairière folklorique, dans les racines de la montagne... La confusion de toutes ces escales dans un même périple, constellé de gravats et d'astres, de lumière et de cendres. Voyage d'albâtre et d'obsidienne dans le torrent des éléments enchaînés.
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notes
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commentaires
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- soulsmaster › Envoyez un message privé à soulsmaster
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Oui le riff du dernier morceau est assez terrible, j'avoue.
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Raven
› Envoyez un message privé à Raven
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Forsaken, mec. Leur plus grand morceau.
- soulsmaster › Envoyez un message privé à soulsmaster
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A la première approche, y'a une sacrée plâtrée de riffs qui tuent, MAIS, y'a aussi une espèce de retour à quelque chose de plus (trop ?) épique, moins "rock" - plus que les précédents en tout cas - et ça ça me sied moins. MAIS (bis), je sens bien que je ne vais en rester là malgré le "défaut" précédemment pointé.
- born to gulo › Envoyez un message privé à born to gulo
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Ah ben moi c'est sur Isa (et In Times) que je la trouve insupportable.
- Fryer › Envoyez un message privé à Fryer
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Voix claire un peu insupportable et guitare flamenco too much. Pas convaincu aux premières écoutes.
