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Alain Bashung › En amont
informations
Produit par Edith Fambuena.
line up
Alain Bashung (chant), Dominique A (guitare acoustique), Edith Fambuena (arrangements, guitares, basse, harmonica, programmation), Armand Méliès (guitares, basse, harmonica, programmation), Raphaël (guitare, basse, programmation), Doriand (choeurs), Vivien Boucher (basse), Alexis Anérilles (choeurs, bugle), Tatiana Mladenovitch (tambourin), Guilhem Valayé (guitare acoustique), Marie Lalonde (guitare acoustique)
chronique
Contrairement à bien d’autres, Chloé Mons n’a jamais exploité les fonds de tiroirs de son défunt chanteur de mari, c’est tout à son honneur. À part la reprise de L’homme à la tête de chou, projet entamé en grande part de son vivant, plus rien de Bashung ne filtrera avant quasiment dix ans suivant son décès. Sélectionnés avec soin, arrangés dans un esprit de fidélité respectueuse, sans chercher à faire trop forte impression, par Edith Fambuena, une des architectes principales de Fantaisie Militaire, voici donc onze titres jugés assez aboutis pour mériter une sortie digne. « Toi qui n’est plus là, c’est comme si tu y étais, plus immortel que moi, mais je te suis de près », Bashung ne pouvait pas décemment chanter ça alors que le crabe le rongeait lentement. Trop difficile. Quel dommage d’ailleurs, ce texte de Dominique A, un des héritiers légitimes du grand Alain lui avait écrit là une très belle chanson qui aurait apporté un peu plus d’éclat à un dernier album (alors considéré de transition par l’intéressé) en demi-teinte. La faute a des auteurs pour ma part pas tous à la hauteur du bonhomme (ou bien c’est juste que j’ai jamais pu saquer Gaëtan Roussel, j’ai encore des PTSD des singles de Louise Attaque en rotation lourde). Bashung n’avait pas encore recommencé à travailler avec son meilleur ami Jean Fauque, hélas, reste donc des textes écrits par quelques figures de la « nouvelle chanson française », le nantais cryptique lui donnant, en plus du morceau phare, un « Seul le chien » marqué par son lyrisme dramatique bien particulier, hanté par la mort, presque encore sous forme de démo à guitare rythmique, une aridité qui sied finalement bien à Bashung chantant du Dominique A. On y retrouve aussi Armand Mélies, de ceux qui faisaient malgré tout briller par moment Bleu pétrole, sur « Les rêves de vétéran », dont le texte comme la production insidieusement grave renvoient justement à la période Fantaisie Militaire. Car forcément et d’autant plus, le bonheur de ré-entendre la voix de Bashung se lie de douce-amertume, à un passé plus beau où il était encore là, plus fortement sur celle-ci qu’ailleurs. Mélies avait bien saisi, « Les arcanes » fait aussi vriller l’esprit vers des souvenirs beaux et torturés, on y retrouve la voix, et la voie d’alors. C’est douloureux, un peu.
Si tout n’est pas de ce niveau, la guitare orientale des « Salines », composée et réalisée par Raphaël, trouve également une véritable élégance mélancolique qui ne dépare pas le personnage de sa superbe, alors que « La mariée des roseaux », co-écrit avec certain Doriand inconnu à mon bataillon personnel, s’installe dans une certaine langueur sensuelle, la guitare de Fambuena prenant ici des échos Chattertoniens. Tiens, et puis Daniel Darc était dans le coin aussi, je croisais parfois sa silhouette voutée dans mon quartier lors de mes années parisiennes, pour un texte à la cruauté un peu pathétique, ou la tristesse de voir l’être aimé s’affranchir, une de ces amoures un peu toxiques, alors qu’on sanglote sur les larmes de l’autre qui ne coulent plus. Et puis de toute façon, entendre Bashung à nouveau, ça n’est pas rien, peut-être justement parce que Chloé a bien veillé à ce que ne filtre que ce qui vaille vraiment le coup. Même des chansons plus simples comme « Montevideo » (dont on ne donnera pas l’auteur pour ne pas provoquer un affreux biais de confirmation négatif avant son écoute) ou le blues nauséeux du « Beau déluge » sont bien dignes de lui. Le travail de Fambuena n’y est pas pour rien, tant il effleure la grandeur du bonhomme avec une humilité qui force le respect. Pas de grands tralalas, même pour cette fermeture (définitive ?) d’album au texte un peu mystique. Les souvenirs, vivre avec ou sans. Tous ces échos qui consolent et font mal. On ne fait jamais totalement son deuil.
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Note moyenne 6 votes
commentaires
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- soulsmaster › Envoyez un message privé à soulsmaster
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Je le découvre là. Pour un disque posthume - avec toutes les craintes légitimes inhérentes à ce genre de projet - je le trouve très agréable. Je redoutais un peu l'effet "compilation d'inédits rafistolée", mais pas du tout.
- nowyouknow › Envoyez un message privé à nowyouknow
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"Pour mettre Lauzanne à Paris???"... Je sais plus quel abruti avait cru entendre ça mais j'y pense à chaque fois. Un peu comme "Tel Perceval" ruiné par mes visionnages de Kaamelott. Pas simple.
- SEN › Envoyez un message privé à SEN
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Les rêves de vétéran, un beau déluge... y'a des pépites dans ce disque !
- nowyouknow › Envoyez un message privé à nowyouknow
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Cet album je l'ai un picoré mais assez volontairement je ne me suis jamais vraiment plongé dedans, comme si je voulais me le garder en réserve. Immortels oui bien sûr, mais le titre qui clôt l'album est vraiment superbe. Bizarrement j'ai un gros faible pour "Elle ma dit les mêmes mots", le texte c'est du Daniel Darc caricatural (comme d'hab) mais j'aime beaucoup : "J't’aimais tellement mieux quand t'allais mal...", ce genre d'entame me plait et le refrain me fait toujours un petit quelque chose.
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Raven
› Envoyez un message privé à Raven
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Elle me fout trop les boules c't'entame. Comme un Lego ça passe mais là le Babash post mortem je passe mon tour.
