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Psychic TV › Dreams less sweet

cd • 19 titres

  • 1Hymn 23
  • 2The orchids
  • 3Botanica
  • 4Iron glove
  • 5Always is always
  • 6White nights
  • 7Finale
  • 8Eleusis
  • 9Medmenham
  • 10Ancient lights
  • 11Proof on survival
  • 12Eden 1
  • 13Eden 2
  • 14Eden 3
  • 15Clouds without water
  • 16Black moon
  • 17Silver and gold
  • 18In the nursery
  • 19Circle

informations

Enregistré à divers endroits intérieurs et extérieurs en utilisant les principes de l'holophonie de Zuccarelli et pas de micro. Les vocaux de 'Iron glove' ont été enregistrés à San Francisco par téléphone.

line up

Genesis P-Orridge (chant, basse, synthé, violon, clochettes tibétaines, os tibétains, batterie), Paula P-Orridge (batterie, percussions, vibraphone), Alex Fergusson (guitare, cloches, voix, tambourin), Geff Rushton (basse, os tibétains, cloches tibétaines), Peter Christopherson (synthé, loops, orgue, voix, cloches)

Musiciens additionnels : David Tibet (clochettes, bol chantant, os tibétains), David Powel (tuba), Andy Calard, Bill Stokes (trompette), Chris Redgate, Jessica Ilbert (cor anglais, hautbois), Simon Limbrick (marimba, percussions, caisse claire), Monte Cazzaza (voix au téléphone), Mark Harris (contreténor, flûte), Micky Groome (vocaux), Steve Broughton (orgue Hammond), Bob Breen (vocaux), Dennis Guiver, Mr Sebastian (voix), Andrew Poppy (synthé)

chronique

Sablons le champagne et sortons les petits fours, c’est un record pour moi: je vais coller cinq boules à un album dont je me suis débarrassé à trois reprises ! La quatrième aura été la bonne, ouf. A ma décharge, ce second album de Psychic TV est pour le moins déstabilisant et difficile d’accès si on n’a pas avalé la bonne pilule qui nous fera rapetisser pour trouver la clef minuscule dissimulée derrière le champignon nain en plein milieu du pâturage. Je m’égare et ne suis pas en train de vous dire qu’il faut se droguer pour apprécier ce disque, c’est juste un préambule parce que, aussi rébarbative que soit cette méthode, il va falloir opter pour la visite guidée tant l’objet regorge de bizarreries diverses et variées. Comme plus tard avec ‘Allegory and self’ mais de manière plus brute, le collectif va tromper son monde en débutant par des morceaux finalement plutôt accessibles et mélodieux. ‘Orchids’ sonne en effet pop, psychédélique grâce au hautbois (bien que l’auditeur attentif décèle un léger aspect décalé un peu chelou). Très vite, les pendules sont remises à l’heure avec ‘Botanica’, court interlude composé de percussions métalliques sèches, parfaite introduction à ‘Iron glove’ composé d’une discussion téléphonique en arrière-plan sur lit ambient limite néoclassique. L’a capella ‘Always is always’ (Charles Manson étant crédité comme compositeur) nous plonge sans crier gare dans une atmosphère religieuse de chœur liturgique. Les plus faibles auront déjà rebroussé chemin ; dommage, ils manqueront le magnifique ‘White nights’ fortement inspiré par les Beatles ou/et les Beach Boys, un chant de Noël à l’orgue avec chœurs sixties. Les plus forts se demandent si le lapin P-Orridge n’est pas au final un imposteur et une lavette. Qu’ils se rassurent, la suite mêle orchestre foldingue et grognements de chiens, une forme de version indus du ‘Sergent Pepper’ stoppant net pour ne laisser que des bruissements, craquements dont on ne sait trop comment ils sont produits. Sans crier gare, voilà ‘Eleusis’, sorte d’a capella mystique sur lequel s’agitent des clochettes tibétaines… Private joke pour annoncer le protagoniste suivant, David Tibet ? Lors d’un cours interlude, il souffle dans des os, frotte des bols, secoue des clochettes…Les plus courageux ont le corps à moitié engagé dans la mini porte qui conduit à la salle du trésor, on est en plein univers Virgin prunes, basse, cris en arrière-plan, traversées de bruits bizarres (klaxon, cuivres, orgue jouet). Un léger sentiment de claustrophobie peut survenir, la pièce suivante étant constituée de bruits étouffés, raclements, comme si quelqu’un était coincé sous terre…Et ça dure deux minutes ! Histoire de réveiller les morts, une intro composée de sonneries de téléphone pour lancer un morceau bien glauque avec basse lourde, guitares pleurantes angoissantes sur lequel le tatoueur et pionnier du piercing Mr Sebastian pose sa voix. Là, le parallèle avec Current 93, Virgin Prunes, est des plus pertinents confirmant une forme de communauté créative de l’époque. ‘Eden 2’ enchaîne avec des chants masculins religieux tandis que les aboiements sont de retour pour le volet 3, plus violent avec ses percussions, ses guitares expérimentales méchantes. Ceux qui ont tenu le coup ne sont pas loin d’avoir trouvé le Saint-Graal. De l’indus, du pur, du old school, torturé, méchant, noir…Cessant soudain pour un ‘Clouds without water’ primesautier (version Psychic TV bien entendu, avec des cuivres et des vents troublants). ‘Black moon’ ? Des chants d’oiseaux et une petite mélodie au piano, un chant mélodique à la Beatles (mais avec paroles bien bizarres), quelque chose de proche de ce que pratiquera Current 93 plus de dix ans après. D’ailleurs, David revient jouer des instruments tibétains avant ‘In the nursery’, la chanson la plus longue du disque et l’une des meilleures: percussions glauques comme frottées, bruits tordus, tension sonore, Genesis P-Orridge scandant avec un timbre inquiétant, sans cesse menacé d’être étouffés sous les bruits, avec un final proche de la folie. On eut pu stopper là. Psychic TV ont décidé d’ajouter encore une courte pièce avec une flûte tremblotante mélancolique, comme une déformation de l’innocence résumée par l’album, sa pochette… Coller cinq boules, disais-je ? Non, six ! Cet opus est un chef-d’œuvre, l’un des plus à même d’illustrer les principes de la ‘Psychick Bible’ (les 23 sigils notamment), une œuvre justement à écouter dans son entièreté tant il est délicat d’isoler une pièce des autres… Elle m’aura coûté du temps et de l’argent en ventes et rachats mais le jeu en valait sacrément la chandelle.

Chef-d'œuvre
      
Publiée le jeudi 1 octobre 2020

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Note moyenne        8 votes

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Indusfreak Envoyez un message privé à Indusfreak

A la réécoute avant de tomber dans les bras de Morphée, je le trouve délicieusement désuet et suranné mais dans le bon sens du terme, et en même temps très moderne, on pourrait dire postmoderne avec son utilisation pionnière du système holophonique, ses collages sonores et son côté hybride. Quand même très expé aussi finalement, plus que dans mon souvenir, indus forcément, et un peu flippant par moment avec ces grognements de chien (?) ou autres animaux indéfinissables, peut-être Gen lui-même, qui sait...

Message édité le 10-06-2026 à 10:39 par Indusfreak

Indusfreak Envoyez un message privé à Indusfreak

Je vais me le réécouter bientôt celui-ci. J'avais eu un peu de mal à la première écoute, dérouté par le côté soft et les influences psyché post-TG qui peuvent paraître sans saveur avec la mue de Genesis P-Orridge dans son nouveau groupe. Par la suite, j'avais écouté la version de Force the Hand of Chance rééditée avec quelques morceaux en plus, bien expérimentaux et presque dark-ambient que j'avais nettement mieux appréciée. Impatient de me replonger dans celui-ci à la lumière de ce premier album.

Message édité le 09-06-2026 à 16:53 par Indusfreak

ProgPsychIndus Envoyez un message privé à ProgPsychIndus

je dis 6 pour un ovni comme celui là , la qualité des compositions , l'originalité , rien que pour "The Orchids" et sa beauté.

avatar nicola Envoyez un message privé à nicola

Cinq boules ou six boules ?

avatar dariev stands Envoyez un message privé à dariev stands

C'ui-ci, faut vraiment faire le poirier en l'écoutant, pour le coup. Nu. En faisant des rituels de Magick sexuelle d'Aleister Crowley (cette pochette impayable). Le candide "The Orchids" (il manque le 3ème velvet au canapé en recommandation!) paraît d'une perversité terrible une fois qu'on est paumé dans l'une des chausses-trappes qui suit. Preuve que nul besoin de doubles-albums pour bâtir un labyrinthe. Avec le piège Twin-Peaksien "Proof On Survival", où l'impression d'être enterré vivant est mieux rendue que dans Kill Bill, sans Miramax derrière mais avec beaucoup de DROOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOGUES. La note oscille entre le 3 et le 6 chez moi, en clignotant façon naine blanche. Ovni inclassable entre tous (et le genre "psychédélique" se justifie aussi, même si d'une façon inattendue et déboussolante).