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Coil › ANS

cd 1 • 3 titres • a

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cd 2 • 2 titres • b

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cd 3 • 2 titres • c

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dvd • 4 titres

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  • 3Untitled 15:41
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informations

Enregistré sur l'unique synthétiseur optique ANS. L'historique ainsi qu'un bref descriptif du fonctionnement de l'ANS est inclut dans le livret. Il est aussi stipulé que ledit était en piteux état, le coût de réparation d'un tel appareil étant probablement au-delà des considérations de l'Université de Moscou où il réside. Stanislav Kreichi est remercié personnellement pour avoir sauvé l'ANS de la déchetterie et avoir veillé sur la machine durant des décennies.

Les 100 premières box ont été vendues avec une lithographie de chaque plaque jouée (4 au total) Box 3 CD + DVD (visuels abstraits de Peter Christopherson)

line up

Ivan Pavlov, John Balance, Ossian Brown, Peter Christopherson, Thighpaulsandra

chronique

J'ai repoussé cette chronique suffisamment longtemps pour qu'elle soit exhumée par Chris parmi les mystérieuses chros fantômes du site, l'air de dire "c'est à quelqu'un, ça ?". Mea culpa, mais il faut bien admettre que ce ANS est une véritable bizarrerie, même pour Coil. 

On parle parfois de musiques expérimentales à tort et à travers. ANS est entièrement le fruit d'une expérimentation autour d'un instrument unique au monde, le synthétiseur du même nom développé dans les années 50 à Moscou alors en pleine course technologique contre l'Occident. Un certain Yevgeny Murzin, ingénieur de profession, a voulu créer une machine permettant la translation d'image (donc de lumière, via piste optique) en son, et inversement. La question des ondes était cruciale dans son travail puisqu'il développait des détecteurs anti-aériens et autres instruments militaires soniques. Ce synthétiseur était son projet personnel par lequel il réglait des questions techniques de précision et il lui aura fallu vingt ans de bouteille avant d'avoir accès à une équipe de développement. Si l'idée d'associer lumière et son est loin d'être nouvelle et, pour une raison qu'il faudrait approfondir, assez russe (Blavatsky, est-ce encore toi ?), c'est la première fois qu'elle se fait mécaniquement et non pas par association théorique (tel le clavier-lumière de Scriabine, auquel le synthétiseur rend hommage: A.lexander N.ikolayevich S.criabin) voire purement métaphorique (Čiurlionis).

Il n'y a qu'un seul ANS dans le monde, de la taille d'une armoire à trois portes. Il faut se faire inviter par le conservatoire de Moscou pour y accéder, autant dire que ce n'est plus demain la veille. Ce sont surtout des compositeurs russes qui y ont eu accès, notamment Schnittke et Artemiev, ce dernier ayant réalisé la BO de Solaris en 1972, sans-doute l'utilisation la plus connue du ANS. Ces grincements métalliques, résonnants, ces gazouillis stridents sont tous nés de quelques lignes et points sur une plaque de verre, "lus" et retranscrits en sons cosmiques... Parmi les occidentaux chanceux nous comptons notamment Adi Newton de Clock DVA, Svein Egil Hatlevik ainsi que la petite nébuleuse autour de Ivan Pavlov (CoH) dont Alva Noto et, on y arrive, Coil.

Mes anglais -que j'aime tant par ailleurs- se trouvent un peu petits devant cette machine techno-mystique. Cinq types qui s'affairent avec le peu de temps que le conservatoire leur accorde à tracer des lignes et symboles, en solo puis en tandem, avant de les nourrir au golem mécanique en attendant sa réponse d'outre-espace. Le résultat est sinon stochastique, du moins hautement expérimental. C'est surtout très long et très uniforme. Ces lignes et symboles qui forment littéralement la partition sont généreusement fournies avec l'édition limitée à 100 exemplaires du coffret et faisant un joli quadriptyque occulte pour mes murs. C'est le résultat sonore qu'il me peine un peu à juger. Les drones de Times Machines prouvent si besoin était que Coil maîtrise pleinement les contraintes stylistiques du son pur. J'entends ici du Eliane Radigue sans la pensée d'Eliane, avec une pointe de résonance métallique typique de chez Roland Kayn. Peut-être que le troisième CD fonctionne un peu mieux, si tant est que les enregistrements soient chronologiques et qu'ils aient eu le temps de s'adapter. Peut-être. Artemiev partait avec une longueur d'avance pour ses compositions optiques, ayant eu le temps de pratiquer cette machine impraticable des décennies auparavant. Reste cet objet témoignant d'un immense respect de la part de Coil pour les excentriques et visionnaires du monde.

Moyen
      
Publiée le mercredi 19 février 2025

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Code-12 Envoyez un message privé à Code-12

Je viens de finir une première écoute.

C'est effectivement assez aride. Mais il y a des moments d'une grande beauté de par les harmonies étranges et le côté crystallin du son.

Par contre, il y a une caractéristique qui me gêne vraiment. Je trouve que le spectre sonore est quand même très orienté sur les sons très aigus. Résultat, il y a tout du long de l'écoute, des hautes fréquences continuelles. Et j'avoue que cela me gâche l'écoute et me fatigue (au sens physique du terme) : on est à la limite de la torture sur 1 heure d'écoute. Mais ce n'est peut-être qu'un ressenti très personnel.

avatar Wotzenknecht Envoyez un message privé à Wotzenknecht

Belle trouvaille ! Cold Spring vient aussi de sortir une compile similaire

https://coldspring.co.uk/csr307cd

Pielle Envoyez un message privé à Pielle

Il existe une compilation de morceaux de différents musiciens russes qui ont composés pour l'ANS : Electroshock Presents Electroacoustic Music Volume IV • Archive Tapes Synthesizer ANS 1964-1971

Bon c'est assez aride et difficile à écouter personnellement mais intéressant historiquement parlant.

Message édité le 18-03-2025 à 09:35 par pielle

avatar Wotzenknecht Envoyez un message privé à Wotzenknecht

Il s'agit des deux morceaux de T.A.G.C. sur l'excellente compile Deepnet de 1996, confirmé par le booklet.

nicola > la machine est aujourd'hui désuète et son entretien très lourd (rien que la partie "dessin" se faisait avec un mastic spécial sur plaques intercalées) il n'y a aucune justification d'en reconstruire une, surtout que la translation son - image est déjà largement faisable (cf les délires spectrographiques de Aphex Twin et Vsnares). Par contre il existe une version software qui a l'air fascinante à défaut de réellement servir à quelque chose https://bedroomproducersblog.com/2013/09/23/virtual-ans/

ProgPsychIndus Envoyez un message privé à ProgPsychIndus

Je ne serais te dire Cyberghost, Adi Newton a utilisé des sons de l' ANS pour TAGC et Clock DVA pour certains morceaux , il faudrait que je me replonge dans les livrets de ces CD ... Peut être que Wotzenknecht les a en mémoire ce n'est pas mon cas. Ce qui est sûr c'est que les disques de TAGC regorgent d'expérimentations sur différents synthés et que le résultats est toujours époustouflant pour moi. Adi Newton comme Coil maîtrise son sujet mais dans un style différent. TAGC c'est le côté ambiant et Clock DVA le côté plus électro de sa musique.

Message édité le 20-02-2025 à 04:15 par Progpsychindus