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Silvertomb › Edge of Existence

cd • 9 titres • 40:36 min

  • 1Insomnia / Sunrise
  • 2Love You Without No Lies
  • 3So True
  • 4Not Your Savior
  • 5One of You
  • 6Right of Passage / Crossing Over
  • 7Eulogy / Requiem
  • 8Sleeping on Nails and Wine
  • 9Waiting

informations

line up

Kenny Hickey (chant, guitare), Johnny Kelly (batterie), Joseph James (guitares), Aaron Joos (claviers, guitares), Hank Hell (basse)

chronique

Silvertomb n'est pas juste un "projet avec deux anciens de Type O Negative (n'incluant pas Josh Silver)", non... C'est surtout un grand-huit d'album 90's plein de flamboyance, qui sent le cambouis et le tombeau, les étincelles et le gouffre, et suinte le talent brut de Kenny Hickey, ce guitariste-chanteur fabuleux qui vécut dans l'ombre de Peter Steele. Avis aux nostalgiques irrécupérables de cette décennie, dans son aspect le plus acide et sucré. Gros Up au lanceur d'alerte Satan Owes Us Money qui a déniché cette perle improbable, à son éclosion. Une vraie corne d'abondance, ce Silvertomb, ouais... Le dialogue entre les morts et les vivants semble encore vachement fertile de ce côté-ci de Brooklyn. Et l'écho des années fastes peut faire encore frissonner, à l'ère du tout-blasé. Avant de reprendre goût à la musique, l'instigateur principal en a bavé pendant dix ans environ, confié dans le deuil du Géant Vert (qui a loupé le featuring avec Korn avant de clamser, c'est chié). Il fallu surmonter une dépression majeure, pour accoucher de ce plasma d'émotions noir profond/arc-en-ciel en inter-pénétration totale... La gestation fut rude, on s'en doute. Mais le résultat est d'une aisance fantastique, et fusionne tout plein de parfums passés avec un naturel déconcertant. L'expression qui me vient à l'esprit à chaque passage de Edge of Existence : "Être dans son élément". C'est l'effet qu'inspire cet album de survivants à Peter Steele. Le réveil de l'appétit rock après le long tunnel, et la communion avec leurs amours de jeunesse, de musiciens sur le retour refusant d'être rincés et plongeant tête baissée dans le bain primordial. Bouillonnant. Les choses simples, ressenties à leur maximum. L'existence goûtée à donf comme un beau solo de guitare électrique... Bordel, même si ce Silvertomb m'a causé direct - en fait dès que j'ai découvert sa pochette "Monster Magnet doom" - y avait au début une gêne, un arrière-goût too much, un peu comme si je buvais du sirop de pamplemousse pur tout en portant des lunettes 3D old school rouge & bleu. C'est bien en le réécoutant en boucle jour après nuit, que j'ai réalisé combien cette saloperie collait aux neurones. Aller direct pour un périple hard rock alterno-doom enrichi en glucose, qui déborde de tubes voraces. Un chant fluoréblouissant comme ce logo de zine SF, limite toxique quelque part entre Ozzy Osbourne et Perry Farrell (même si c'est réducteur car Kenny Hickey a une voix aussi unique/mutante que les frontmen des grands groupes grunge !), des guitares qui dégoulinent à ne plus savoir quelle émotion barbouiller, riffant entre le caveau et la voûte céleste, des solos déchirants en veux-tu en-voilà (pure saveur goth-metal !), une batterie qui choppe les comètes par la queue, et moult sons violacés-mentholés en cascade qu'on a plus qu'à recueillir langue pendante... Umami. Flashy-Dark. Avec du petit passage "piano de manoir" réminiscence de Type O, sans excès. On sait plus trop où donner de l'oreille, ça roucoule des mécaniques dans le cimetière sous une pluie de météores, ça mélodie-qui-réjouit, ça beugle et ça chouine dans tous les sens. Et ça gave de refrains à chanter sous la douche ou la corde... C'est morbide autant que motard, ça brame avec langueur. Et ça vous colle comme le symbiote du comics. Amalgame venimeux de tout plein de saveurs de grands groupes connus, que je laisse au lecteur-auditeur le soin de savourer en feux d'artifice bigarrés. Énergie vitale débordante ou fatalisme macabre, échappée cosmique ou spleen abattu : ils sont tous unis dans ce beau magma, semblable à celui dans lequel le T-800 s'est laissé engloutir en dressant son pouce victorieux. Edge of Existence est rien moins qu'un classique des nineties, qui a simplement attendu l'année nineteen pour jaillir. Comme s'il avait été cryogénisé ou mis en cave pendant ving-cinq ans, attendant d'exploser de toutes ses saveurs chez les vieux gars confits dans leurs goûts musicaux, et la solitude d'une piaule rance, au milieu des reliquats de leur adolescence... Les flammes de la vie et l'angoisse de la mort, 2-en-1, en jéroboam Sironimo.

Chef-d'œuvre
      
Publiée le mardi 17 mars 2020

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Note moyenne        12 votes

commentaires

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born to gulo › Envoyez un message privé à born to gulo

Celle-là, elle est pas ordinaire.

avatar Raven › Envoyez un message privé à Raven

"Su i ciiide... SU I CIIIDE..." 😍

avatar Raven › Envoyez un message privé à Raven

Dans la vie il y a le vert de Peter, mais il y a aussi le violet de Hickey.

Demonaz Vikernes › Envoyez un message privé à Demonaz Vikernes

D'abord Seventh Void (toujours pas écouté argh) puis Silvertomb ; Le loulou nous revient avec un nouveau projet, visiblement incapable de faire dans la durée. Dommage, celui-là était vraiment bien

Demonaz Vikernes › Envoyez un message privé à Demonaz Vikernes

L'année 2019 a été plus riche et surprenante qu'il n'y parait. Mais s'il ne fallait retenir qu'une seule chose, ça serait sans aucun doute cet album de Silvertomb, Edge of Existence. Un album immédiat mais se révélant avec les écoutes en même temps. Ce truc est incroyable.