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Wire › A Bell Is A Cup (Until It Is Struck)

cd • 10 titres • 44:11 min

  • 1Silk Skin Paws
  • 2The Finest Drops
  • 3The Queen Of Ur And The King Of Um
  • 4Free Falling Divisions
  • 5It's A Boy
  • 6Boiling Boy
  • 7Kidney Bingos
  • 8Come Back In Two Halves
  • 9Follow The Locust
  • 10A Public Place

informations

Bonus version CD : 11/ The Queen Of Ur And The King Of Um (Alternative Version) - 12/ Pieta - 13/ Over Theirs (Live)- 14/ Drill (Live)

line up

Edvard Graham Lewis, Colin Newman, Bruce Gilbert, Robert Gotobed

chronique

new wave / cold wave / pop / 'y a quelque chose qui cloche

Cas épineux que celui de Wire. Il faut que je me triture les méninges pour décrire leur musique, alors qu'elle semble simple. Sans mentionner que j'ai dû passer outre leur aura, guère excitante, de groupe post-punk sibyllin préféré des critiques de la presse spécialisée. Ce côté "groupe intéressant", qui du coup neutralise l'envie de s'y intéresser, subsistant éventuellement après confrontation avec leurs pochettes abstraites/minimalistes... Ou juste avec leur nom, propice à tous les sous-textes et ramifications. Quoiqu'il en soit, pour commencer avec Wire, on peut très bien éluder leur trilogie "post-punk art contemporain" initiale, et choisir de les aborder par leur versant le plus bigarré et pop, incarné par la mutation "romantique" The Ideal Copy / A Bell is A Cup... Ce dernier passant comme l'un des Wire les plus consensuels, mais étant, derrière ses airs "New Wire" partant à l'assaut des clubs, l'un des plus atypiques, cultivant les ambiances équivoques et les mystères glacés ("Everybody loves the mystery...") Toujours avec cette rigueur clinique, signature, et des paroles insolites/non-sensiques (ou alors juste débiles, mais je doute qu'ils le soient)... Une approche à la fois directe et biaisée. Bizarre, pour faire simple. N'oublions pas que c'est l'intriguant Colin Newman qui a contribué à l'étrangeté d'un certain If I Die I Die, et à la singulière ambiance de l'album recommandé sous cette chro... et que c'est une chanson de ce type qu'un certain Buffalo Bill (d'un film culte qui n'est pas un western), écoute et fredonne - avant "Au-Revoir Chevaux" - en faisant de la couture tout nu sans réagir aux cris qui émanent de son sous-sol... Bref pour être propice au loufoque et à l'interlope, c'est pas le dernier de la classe, le Colin. Et A Bell is a Cup est, malgré sa clarté pop, une de ses plus étranges bestioles, album-frère presque siamois de son album solo It Seems, sorti au même moment. Singulièrement ordinaire... Ordinaire par ses rythmiques accrocheuses et ses guitares cristallines qui cavalent gaiement, singulier par les collages de sons greffés dessus, puisant autant dans l'expé que la muzak. Et puis capable de vriller sans prévenir, comme sur le final noise d'un "It's a Boy", puis d'enchaîner comme si de rien n'était juste après dans une ambiance sautillante et pastorale ("Boiling Boy") un peu comme si on passait de Big Black à Étienne Daho ("Kidney Bingos" n'aurait pas dépareillé chez les Jeunes Gens Mödernes) ! Le chant a toujours ce quelque chose de résigné, mielleux-détaché, avec même des envies de crooner à la Scott Walker sur "Follow the Locust" (même si on est pas au niveau d'extravagance d'une "Ambitious" sur la Copie Idéale). Et puis il y a toujours cette absolue Précision. Wire restent ces musiciens mécaniques et maniaques, et ici font dans le laboratoire poético-intello pour tubes louches. Ou semblant de tubes, parce que Wire est trop raide et cérébral, et toujours dans l'ambivalence calculée évoquée plus haut. Même déguisée en naïveté, même quand la musique fait taper du pied, la pop de Wire a le poids des cerveaux qui l'ont pensée. Elle semble encapsulée dans une angoisse sourde, latente. Son mélange d'absurde et de mélancolie finement nimbée de paranoïa a un goût de reviens-y assez coriace... Et même si A Bell is a Cup a tous les airs de ces albums 80's cajoleurs, ceux dont la mystique madeleine réveille en moi des nostalgies enfouies (comme tout album new wave digne de ce nom se doit de le faire, j'imagine), je sais, je sens, que c'est un leurre, une manipulation... Jusqu'au final, dont l'ambiance sordide n'aurait pas fait tâche sur un Tétines Noires de l'époque. Wire a, on le sait depuis 154, ce côté "sub-gothique". Leur longue pause durant la première moitié des années 80 a comme qui dirait laissé le temps à Colin Newman de fleurir en solo... pour mieux ré-infuser dans son groupe. Entre-temps sont arrivés New Order, les Smiths, Depeche Mode, a-ha, mais aussi Virgin Prunes, And Also The Trees, The Legendary Pink Dots. Wire ont à coup sûr écouté plusieurs de ces gens - qui les avaient eux-mêmes écoutés avant - et semblent les recracher froidement, comme les psychopathes tièdes et guindés qu'ils sont. Et surtout fort oniriquement, et kafkaïquement... Un album - un groupe - d'une extrême ambiguïté.

Très bon
      
Publiée le mercredi 16 janvier 2019

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commentaires

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avatar Dioneo Envoyez un message privé à Dioneo

Ah ! You're Melcome, alors ! (Ce qui est marrant c'est que du coup tu connais bien plus complétement leur discographie que moi, désormais, du coup).

avatar Raven Envoyez un message privé à Raven

Passage à cinq. Ce disque a gagné ses galons avec les réécoutes. C'est simplement un de leurs meilleurs. Mais un peu comme une lame de fond dans leur discographie. Il est d'une tiédeur obsédante, assez à l'image du gris-mauve de sa pochette, teinte inhabituelle... et sa profonde étrangeté infuse avec les années, ces chansons pop années 80 façon Wire ressemblent certes à plein de groupes (cités) mais d'abord à eux-mêmes. Strates de sons et trucs en biais. Il est beaucoup plus soyeux mais il a une vraie cohérence réécouté après le Wire de la trilogie, qui contenait déjà dès Pink Flag de la pop. Tout se tient, très bien.

J'en profite pour faire un bigueupe au collègue Dioneo. Il a contribué par ses coms ci-dessous à me faire persévérer sur le cas Wire - et je pensais pas que mon "To be continued" irait aussi loin, mais ça a été plutôt fructueux, on va dire, donc, simplement : Werci.

ProgPsychIndus Envoyez un message privé à ProgPsychIndus

Wire j'y suis venue sûr le tard, ces gars avaient quand même un potentiel incroyable a leurs débuts, "It's Beginning To And Back Again" est leur dernier grand album, après ils sont partis en sucette électro .... C'est triste. "The idéal copy" est aussi très bon.

Message édité le 18-03-2025 à 02:07 par Progpsychindus

avatar Dioneo Envoyez un message privé à Dioneo

@mangetout : oui, ton message étend le truc mais c'était bien l'idée des miens aussi - je trouve que c'est plus "aigu" dans les périodes/secteurs new wave/post punk etc. mais c'est un angle qui "marche" bien avant, avec diverses modalités dans ce que ça entraîne question mise en scène, moyens etc. (Magma ça compte pas... Ils sont d'ailleurs - comme Howard Philip, du coup on sait pas s'ils sont au naturel ou en pleine théorie post-zorgoïde).

avatar (N°6) Envoyez un message privé à (N°6)

Et encore, Creedence c'était quand même un californien qui s'est dit, "Hey, je vais inventer le swamp-rock en me faisant passer pour un redneck de Louisiane.", donc là aussi, c'est de la réinterprétation.