Vous êtes ici › Les groupes / artistes › C › Compilations - Divers › African Scream Contest
Compilations - Divers › African Scream Contest
- 2008 • Analog Africa AACD 063 • 1 CD digipack
cd • 14 titres • 68:18 min
- 1Lokonon André & Les Volcans - Mi Kple Dogbekpo3:54
- 2Picoby Band d'Aborney - Mi Ma Kpe Dji4:06
- 3Gabo Brown & Orchestre Poly-Rythmo - It's a Vanity4:22
- 4El Rego et Ses Commandos - Se Na Min3:21
- 5Napo De Mi Amor et Ses Black Devils - Leki Santchi3:25
- 6T.P. Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou - Gbeti Madjro2:54
- 7Roger Damawuzan - Wait for Me3:19
- 8Ouinsou Corneille & Black Santiago - Vinon So Minsou4:57
- 9Orchestre Super Jheevs des Paillotes - Ye Nan Lon An3:03
- 10Tidiani Koné & Orchestre Poly-Rythmo - Djanfa Magni9:51
- 11Disafric Band - Houiou Djin Nan Zon Aklumon4:18
- 12Le Super Borgou de Parakou - Congolaise Benin Ye2:59
- 13Vincent Ahehehinnou - Ou c'est lui ou c'est moi10:06
- 14Les Volcans de la Capitale - Oya Ka Jojo7:43
informations
Compilé par Samy Ben Redjeb.
chronique
La révolution musicale des années 60-70 a irradié l’Afrique de l’Ouest avec le résultat qu’on connaît : un mélange extraordinaire de sonorités africaines, de funk et de psychédélisme. On pourrait croire davantage en retrait les plus petits pays comme le Bénin ou le Togo, évoluant dans l’ombre de l’afrobeat naissant. Pourtant, même avant cette explosion électrique, de nombreux courants se croisaient dans la République du Dahomey : au-delà des musiques d’expression populaire, on pouvait ressentir la présence de la chanson française et l’importance des rythmes cubains. La politique n’était pas loin. Quand la France comptait le Bénin comme "associé", ce dernier entretenait une relation historique avec Cuba (exemplifiée par la minorité Arará) – les affinités communistes des deux nations favorisant la mutualité de leurs échanges culturels. Dans le même temps, la communauté des Agoudas, anciens esclaves brésiliens, enrichissait un melting pot sonore qui fut fortement marqué par le highlife et le vaudou, et bien sûr par le pape de la funk, James Brown. African Scream Contest témoigne de l’étrange fusion de ces multiples influences par une sélection de titres irrésistibles qui prouvent que le Poly-Rythmo de Cotonou n’était pas le seul à faire fureur dans les seventies. Et pour cause... Comme le rappelle Samir Ben Redjeb, le Bénin bénéficiait d’un atout majeur sur ses voisins : des conditions climatiques et matérielles plus favorables qu’ailleurs au pressage de disques. Dès 1973, la société SATEL donnait à la scène béninoise un véritable rayonnement sur cette région du monde, fabriquant des vinyles pour des artistes locaux et internationaux. Malheureusement, cette effervescence ne dura qu’un temps, le pays étant bientôt rattrapé par des problèmes plus urgents. De nombreux disques finirent par être oubliés, jusqu’à l’avènement du label allemand Analog Africa et des anecdotes rocambolesques qui entourent sa chasse aux perles méconnues de la musique du continent noir. On apprend ainsi que c’est chez un vieux douanier que fut trouvé un stock mirobolant de 45 tours, témoignage d’un âge d’or passé de l’industrie du disque… envahi par les scorpions. La compilation qui nous intéresse aura nécessité le rapatriement express d’environ 3800 disques, dépoussiérés et écoutés avec amour, et la recherche assidue des ayants-droits aux côtés du regretté Mélomé Clément. Voilà pourquoi nos oreilles s’émerveillent à chaque coin de piste. C’est le groove sinueux de "Mi Kple Dogbekpo" chanté par Lokoon André qui lance les festivités avec des percussions puissantes et une sauce funk qu’on retrouve avec Gabo Brown sur "It’s a Vanity", qui inspire parfois de véritables élans de shouters évocateurs du célèbre Mister Dynamite – notamment à Roger Damawuzan. Le Tout-Puissant Orchestre Poly-Rythmo accompagne Gabo Brown avec des gimmicks guitaristiques implacables et propose sa mixture sur un autre tube court, ainsi qu’une longue escapade à l’essence afro-cubaine dont se saisissent presque à outrance Les Volcans de la Capitale sur le génial "Oya Ka Jojo". Le Discafric Band assure une part de cuisine locale, avec un solo de guitare sorti de nulle part, tandis que sur "Vinon So Minsou" Ouinsou Corneille chante en français sur un fond teinté d’afrobeat. Le psychédélisme promis par la compilation se fait entendre sur des titres comme "Leki Santchi" aux inspirations vaudou, jusqu’à la fabuleuse curiosité jouée par l’Orchestre Super Jheevs des Paillotes, "Ye Nan Lon An" – qui a dû mettre sur leur séant pas mal de curieux. Étrangement, Vincent Ahehehinnou volerait presque la vedette avec sa composition relevant du highlife, usant avec moins d’abus les pédales wah-wah pour un résultat incroyablement homogène. Un peu comme l’ensemble d’African Scream Contest, qui multiplie tant les choix éditoriaux pertinents qu’il paraît presque impossible d’imaginer meilleure compilation pour se rendre compte à quel point les artistes béninois avaient pris leur envol, seuls, jusque vers les hautes sphères de l’afro-funk.
dernières écoutes
Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "African Scream Contest" en ce moment.
Connectez-vous pour ajouter un tag sur "African Scream Contest".
notes
Note moyenne 1 vote
commentaires
Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "African Scream Contest".
- jacques d. › Envoyez un message privé à jacques d.
-
Dans le Djanfa Magni interprété par Tidiani Koné & Orchestre Poly-Rythmo, question orgue c'est plutôt entre Sun Ra et Korla Pandit.
-
Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
-
It's always the Sun...
Message édité le 28-01-2026 à 17:59 par dioneo
- Coltranophile › Envoyez un message privé à Coltranophile
-
Et heureusement qu’il y a du sax sur le Cotonou-Dahomey. Cela aurait contre-nature sinon. Et son orgue bien que Stranglers-free pourra faire penser à Sun-Ra, par moments/par contre.
-
Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
-
L'album de L'Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou sorti sur le même label (le groupe est d'ailleurs présent sur cette compile) se pose un peu là aussi, en terme - comme peur le laisser entendre leur nom - "d'inspiration rythmique" ! Bon, y'a du sax... Mais beaucoup d'orgue, aussi ! ("Les Stranglers de Cotonou"... Non, je déconne hein, pas le même orgue !)
-
Shelleyan
› Envoyez un message privé à Shelleyan
-
Je suis sorti de ma zone de confort et me suis commandé le bestiau... J'attends beaucoup de ce disque niveau inspiration rythmiques et pour le moment, je ne suis pas déçu... Un côté hypnotique, pas d'abus de cuivres... ça va le faire.
