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Killing Joke › Pandemonium
- 1994 • Butterfly recordings DE 7243 8 398142 7 • 1 CD
cd • 10 titres
- 1Pandemonium
- 2Exorcism
- 3Millenium
- 4Communion
- 5Black moon
- 6Labyrinth
- 7Jana
- 8Whiteout
- 9Pleasures of the flesh
- 10Mathematics of chaos
informations
Produit par Youth. Mixé par Ron St-Germain. « Various invocations at : York street studio (Auckland, new-zeland) ; The king’s chamber, great pyarid (cairo, egypt) ; Hani Mehana studios (golden music centre) et Emi studios (soulet hob-cairo-egytp) ; Butterfly studios, Townhouse studios & Metropolis studios, London. »
line up
Musiciens additionnels : Hossam Ramzy (percussions), Musiciens invités Said El Artist (percussions) ; Aboud abdel al (violon) ; Kowala in cairo by Ibrahim Kowala ; Matt Austin & Paddy Free (programmations).
chronique
« Pandemonium » est une ville… Jaz Coleman et ses complices nous la montrent, dressées de guitares lourdes, de mélodies sombres, de textures techno et indus omniprésentes qui tissent leur toile et multiplient les épaisseurs, les matériaux, murs de sons, des patterns en boucle à la répétitivité technoïde et hypnotisante lors de morceaux de pur martelage sophistiqués (Exorcism, Whiteout, Mathematics…), et aux couches sonores successives, jusqu’au sabbat inévitable… hantée par la voix tour à tour humaine ou titanesque du seigneur Coleman… enfin, c’est une ville totalement imprégnée et grouillante des violons, percussions, flûtes et harmonies orientales que le très cultivé et passionné Jaz a ramenés de ses voyages musicologiques en Égypte. Durant sa remarquable carrière, Killing Joke a pratiqué la noise inaudible, la new-wave… « Pandemonium » n’oublie rien et frappe fort… la ville nous impressionne, nous saisit, nous engloutit. La densité sonore particulière vient des synthés, boîtes à rythmes, arrangements égyptiens sophistiqués, et de guitares qui jouent autant du riff lourd que des harmoniques saturées et stridentes, « traitées » à l’indus. À travers les chants parfois lointains et lugubres du clavier, nocturne, dans l’effet dramatique des mélodies, des arrangements tout en travail de sons et superpositions en arabesques, Killing Joke continue d’élever sa musique de sa dimension gothique, qui s’incarne toute entière dans le merveilleux «Black moon», hard-gothic aux accords fascinants et synthé de nuit pure. Techno-indus : avec des pièces telles « Whiteout » à la progression sonore magnifique et à la violence électronique répétitive et plurielle, le maître Killing Joke faisait passer, avant l’heure, les Prodigy à venir pour des potes à Alphaville. Coleman gueule et tousse, il crache, il chante ou nous balance sa voix redoutable de bûcheron mort vivant. Lourd et mid-tempo, lignes droites à pleine vitesse, invocations… et il y a toujours en arrière-plan la richesse insoupçonnée d’une partition orientale complexe, qui nous évoque bien moins les déserts merveilleux, que les rues étroites et surpeuplées d’une casbah labyrinthique et mal famée. « Pandemonium » fourmille, mais un seul dieu l’habite… de la dark-wave nostalgique transfigurée en refrain de désespoir de «Jana» à la cérémonie sacrificielle et nocturne de « Communion », fleuve noir de guitares, percussions en transe, violons et ney incantatoires, la voix de Jaz Coleman nous cloue le bec et nous saisit à la gorge par la profondeur incroyable de son larynx de fou furieux. Qu’il s’adonne à cette voix soudainement noire, démente… et l’on voit alors se dresser le prêtre aux yeux hallucinés qui s’apprête à toutes les épouvantes au nom d’un culte obscur… dans lequel la densité ambiante nous a plongé malgré nous. « Labyrinth », ou une vision de la démence mélodique, voix extrême et stridences de guitares, lead de clavier oriental déconstruit et hypnotisant. Ce monde est sombre, pesant, prégnant, sordide et éprouvant, il est aussi riche et bigarré, constitué de premiers plans et de soupçons lointains, silhouettes fugitives, fond de cour, ruelles, et de 50 matières et sons. Les lumières y sont multiples et filtrées, atténuées ou directes : un moucharabieh musical à travers lequel les effets sont démultipliés, affinés, enrichis et transformés. Du métal lourd, mais déjà très arrangé de « Pandemonium » jusqu’à la techno-indus-noisy purement transe de « Mathematics of chaos », cet album est une très grande réussite. Une multitude d’influences, une expérience, une carrière, une approche, une passion et à l’arrivée une seule vision grandiose et chaotique du son et du noir. Toute une ville, dense et belle, étroite, immense et sordide : Pandemonium.
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Note moyenne 63 votes
commentaires
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zugal21 › Envoyez un message privé à zugal21
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Si tout était du même tonneau que la première moitié, cela aurait été, ici, 6 boules.
- Dane › Envoyez un message privé à Dane
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Cet enchainement de morceaux, quand même...
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nicola › Envoyez un message privé à nicola
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Pareil que soulsmaster lors de ma première écoute il y a une trentaine d’années. Après avoir écouté et digéré la quasi totalité du reste de leur discographie, il passe mieux.
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surimi-sans-mayo › Envoyez un message privé à surimi-sans-mayo
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@soulsmaster : Non non, tu es juste normalement constitué. Cet album serait leur Songs for the Deaf (soit : un blockbuster un poil surestimé) si le titre n'était pas déjà pris par l'éponyme de 2003 (Dave Grohl oblige). Je recommande Extremities si tu veux du rocailleux et de l'orageux. Aussi Fire Dances pour le vaudou et Night Time pour la communion.
- soulsmaster › Envoyez un message privé à soulsmaster
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Je continue ma découverte du groupe complétement dans le désordre - ce qui explique peut-être ce qui va suivre - mais après KJ 1980, Absolute et Hosannas, diantre, celui-ci me passe au-dessus la plupart du temps. Où alors c'est l'humeur qui n'y est pas...
Message édité le 15-01-2026 à 22:46 par soulsmaster
