Vous êtes ici › Les groupes / artistesAAbigor › Time Is the Sulphur in the Veins of the Saint - An Excursion on Satan's Fragmenting Principle

Abigor › Time Is the Sulphur in the Veins of the Saint - An Excursion on Satan's Fragmenting Principle

cd • 2 titres • 38:12 min

  • 1Part I19:42
  • 2Part II18:30

informations

Conçu, composé et enregistré entre 2007 et 2009. Mixé par T.T., septembre 2009. Masterisé par Boban Milunovic au Fabrika 13.

Cet album est également sorti comme partie d'un split avec le groupe Blacklodge, édité en 2010 sur le même label.

line up

P.K. (guitare), T.T. (guitare, batterie, basse), A.R. (voix).

chronique

Avec la reformation du groupe et la publication de Fractal Possession, les fans de longue date ont dû faire leur deuil d’un certaine forme d’Abigor - enfin, quand on voit comment les gars ont fait des sauts de côté depuis leurs débuts on ne devrait quand même plus être inquiet à ce sujet, je dirais même plus : c’est ça Abigor, tu le chopes, mais en fait non, t’as rien compris, c’est ça Abigor, mais non c'est pas ça, c’est raw, mais non c’est sympho, mais c’est prog, avant-garde, non, industriel, oui c’est orthodoxe, non c’est hétérodoxe… et là, comme s’il fallait écrire une explication, nos deux P.K. et T.T. réunis sous le soleil de Qui Vous Savez (QVS), nous délivrent en compagnie de leur (très bon, polyvalent et expressif) nouveau chanteur A.R. deux longs morceaux très déclaratifs, à l’image des longs monologues d’un Dwid Hellion nous exemplifiant le vrai du faux du vrai, ou d’un Boyd Rice nous susurrant de foutre des taquets aux gens qu’on n’aime pas. Le programme, c’est encore et toujours Satan, c’est la division tout ça, et sur ce disque on va gratter dans la métaphysique qui travaille nos deux autrichiens depuis le début : le bien et le mal absolu, la liberté dans un univers vide de sens, la soumission à une hiérarchie ou un ensemble donné, l’illusion et le point de vue sur celle-ci, la grandeur et la petitesse face à l'infini supposé, enfin le dualisme, comment on le tranche ou non, comment Satan lui découpe notre réalité afin que celle-ci soit compréhensible par paliers, un Satan Prof en quelque sorte, qui nous donne des clés, un pédagogue qui sait que le monde n’est pas assimilable d’un coup pour nous pauvres mortels pris dans la serre implacable du temps et de la décrépitude. Satan guide. Satan copain. Enfin, c’est le peu que j’arrive à paner de leur longue litanie sur ce disque, un album qui regorge de petites perles progressives, de pointes de sons synthétiques non plus figuratifs comme le proposaient leurs claviers dans les années 1990 mais de plus en plus abstraits, et où le salut vient de l’angoisse instillée dans le corps de l’auditeur mais aussi par une réflexion toujours aussi tortueuse, induite par une musique zigzaguant entre les synapses, berçante par moments, tranchante souvent, avec aussi une réactivation par le groupe de la fonction d'étranglement de l'auditeur ; enfin, une musique complexe mais pas bourrative du tout. Alors c’est fort, le son général se rapprochant de groupes venant de scènes qui n’ont jamais connu les corpsepaints à savoir le hardcore chaotique, le jazz, le rock ou le metal progressif, la musique électronique dansante voire même le son lointain des petits chats clermontois qui rodent dans les plaines ! Miaou j’ai envie de dire. Sans oublier leurs racines black metal avec de forts moments guitaristiques pleins de breaks formidablement soutenus encore une fois par le fameux jeu de T.T., des incantations percées de gouttelettes de lumière scintillantes, exprimées d’une manière cohérente, ultra pro, dont on peut timidement voir les balbutiements dans le moche « Satanized » du Abigor 1.0 en fin de souffle, qui tel un Lazare vénère appelle une entreprise de démolition pour détruire son tombeau afin de reconstruire un temple encore bien de guingois mais très agréable à regarder - ici à écouter. Bien sûr leur propos pourra laisser chez moi beaucoup d’interrogations quant à leur mystique très hermétique, et les contre-sens seront difficilement évités - à commencer sans doute par le contenu de cette chronique. En tout cas, toute ignorance étant égale par ailleurs, je suis agréablement surpris par le rebond de notre Abigor, après un Fractal Possession agréable, mais dont il manquait peut-être un petit bout de je ne sais quoi pour devenir simplement cet album avec un titre tellement à rallonge que je préfère le paraphraser, ce qui est absurde, vu que la paraphrase elle-même est plus longue que le titre dont je voulais éviter la recopie. Sans doute parce que Satan m’habite maintenant, moi aussi.

Très bon
      
Publiée le mardi 1 mars 2016

Dans le même esprit, Rastignac vous recommande...

dernières écoutes

Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "Time Is the Sulphur in the Veins of the Saint - An Excursion on Satan's Fragmenting Principle" en ce moment.

tags

Connectez-vous pour ajouter un tag sur "Time Is the Sulphur in the Veins of the Saint - An Excursion on Satan's Fragmenting Principle".

notes

Note moyenne        7 votes

commentaires

Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "Time Is the Sulphur in the Veins of the Saint - An Excursion on Satan's Fragmenting Principle".

Horn Abboth Envoyez un message privé à Horn Abboth

Ce qu'ils gagnent en virtuosité, technique, et fulgurances ils le perdent en homogénéité et en ambiance. ça part dans tous les sens et on a du mal à raccrocher les wagons, on perd le fil, mais ptet c'est fait essprès. ça me fait penser à du Diapsiquir, en plus travaillé.

avatar torquemada Envoyez un message privé à torquemada

Les mêmes se sont fendus d’une relecture hallucinante d’un titre de Fas de DsO, ça sonne presque RIO à la Present.

avatar Ntnmrn Envoyez un message privé à Ntnmrn

Le meilleur Abigor de la meilleure période d'Abigor. Je découvre qu'il bénéficie d'une très belle adaptation pour piano (!), qui témoigne aussi de la finesse de la composition : https://www.youtube.com/watch?v=-sli6NnkBTo

Message édité le 30-12-2021 à 13:51 par Ntnmrn

avatar Wotzenknecht Envoyez un message privé à Wotzenknecht

Il y a beaucoup de cela chez Maitre Eckhart aussi (qui a compris Saint Augustin) ; l'idée étant qu'en laissant pousser la graine divine en soi, on laisse entrer l'éternité, donc l'intemporalité tandis que le corps reste dépendant des tribulations du monde, donc séculières ( = de leurs temps), donc sataniques.

avatar Rastignac Envoyez un message privé à Rastignac

Histoire de re-donner à lire, écouter, en NB de ton commentaire : on retrouve beaucoup les thèmes du temps dans les communications de la doctrine bouddhiste en occident (zen chez les beat, vajrayana chez Yob, chan chez euh... Houellebecq ? (j'déconne)...), cf. à ce propos les nombreuses conférences d'Alan Watts sur le sujet (univers comme réseau, interdépendance, temps et espace comme constructions sociales et culturelles, critique de la notion de "futur" et de temps non plus vu comme cyclique mais comme linéaire, (fruit des travaux de Saint Augustin, etc.);