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Sodom › In The Sign of Evil
- 1985 • Devil's game 60-2120 • 1 LP 33 tours
cd • 5 titres • 19:13 min
- 1Outbreak of evil04:48
- 2Sepulchral voice04:31
- 3Blasphemer03:05
- 4Witching metal03:13
- 5Burst command til war03:36
informations
line up
Tom Angelripper (chant, basse), Grave Violator (guitares), Witchhunter (batterie)
chronique
Au niveau des précurseurs du metal extrême, il faut bien avouer que Sodom a eu son rôle à jouer dans l'avènement du black metal. Comme il se doit, le groupe commence par sortir des démos cassette avant de présenter un premier enregistrement sorti sur un véritable label. Et cet enregistrement, c'est cet EP de moins de 20 minutes, "In the sign of evil", qui va poser les bases du styles Sodom. On ne peut pas vraiment dire que les allemands soient très raffinés. Au programme ici 5 titres de metal ultra-primaires influencés directement par Venom et Motörhead, en version très répétitif (écoutez "Burst command 'til war"). L'influence de Venom est évidente, on retrouve la même atmosphère sombre, démoniaque, bordélique ainsi que le même chant. En ajoutant en plus Bathory et Hellhammer, Sodom est le quatrième pilier des débuts du black metal old-school. Alors, c'est plutôt mal joué : Witchhunter, à la batterie, a du mal à bien garder le rythme, les breaks sont hasardeux, mais ça reste dans l'esprit. Ce qui fait la patte de Sodom à leurs débuts réside dans les riffs très rapides, joués à l'infini, et dans leur style à mi-chemin entre black metal démoniaque et thrash metal allemand. C'est un peu comme ça que je définirais Sodom. Les titres sont redondants, mais cela fait partie du charme du groupe, amenant l'auditeur dans une sorte de transe black metal. Il n'y a que très peu de variations, peu de changements de parties. Le niveau technique est proche du néant. Les vocaux de Tom Angelripper sont ultra-arrachés, peu maîtrisés et si proche de ceux de Cronos de Venom. Au-delà même du style joué, ce qui fait que ce "In the sign of evil" est devenu un EP culte, au même titre qu'"Apocalyptic raids" des suisses d'Hellhammer, c'est dans la qualité des morceaux interprétés et de leurs riffs. "Outbreak of evil", "Blasphemer" et "Burst command 'til war" sont devenus des classiques indémodables des débuts d'un genre qui aura tout de même bien évolué depuis. La suite de leur carrière sera plus portée sur le thrash metal allemand avec des titres un peu plus recherchés et des changements de rythmes. Mais ici, cela reste rapide, démoniaque et primaire !
chronique
L'éclair qui ouvre et referme... le cri le plus brut de la Terre... le grondement premier des guitares primitives, puis leur stridulation primale... les claquements du fouet, dans l'écho du fin fond du trou du cul des âges... le batteur survolté, aux fraises et c'est un régal... le chant outre-guttural, bramant pour secouer des squelettes... et cette ambiance tellurique de chez chtonienne. Tom Angelripper a eu une vision. C'est indéniable. Et son amateurisme juvénile ne l'a en rien déforcée - peut-être même que du contraire ! On peut dire ce qu'on veut sur le rudimentaire extrême de sa musique, ou son côté simple suiveur de Venom et donc de Motörhead : son groupe a toujours incarné ce qui se faisait de plus ambiancé en thrash. Sodom a sublimé - osons le mot - le metal dans ce qu'il a de plus caverneux, belliqueux. Ce truc d'une musique underground, destinée à une minorité de gens ayant une sensibilité particulière à la violence sonore et aux tee-shirts. Merde : le gars Angelripper s'auto-chronique même en titre de morceau, avec cette "Sepulchral Voice" aux premières secondes très sabbathiennes (doom), évoluant vers un bourrinage en règle, prodigieusement roboratif ! L'équivalent basaltique d'un "MOUHAHAH". La Satisfaction pure, sous forme ferreuse et glaireuse. Une boule d'énergie fonçant tout droit dans cette dérisoire et basique violence, qui fait tout le sel du vieux metal... Les ricanements grotesques d'une "Blasphemer" sa vélocité, sa pugnacité et sa gutturale férocité, cete façon de vous gifler sèchement et à vous dégueuler dessus tous ses poils en boule dans la gorge depuis toutes ces années d'insoutenable pucelage ("Masturbate to kill myself" : on a rarement entendu plus sincère dans ce monde musical), tout ceci sans chercher à "bien sonner". Grotesque, génial. L'énergie ne débande pas, Sodom semble même chercher à grimper d'un palier sur l'électricité quasi-psychédélique de la motörheadienne en diable "Witching Metal", pour finir sur la charge définitive d'une "Burst Command Til War", sur laquelle le cri d'Angelripper est tellement difforme et déformé (presque à la "Wardance" de Killing Joke) qu'il évoque un Tchernobyl avant l'heure. C'est de l'art brut et du talent non raffiné en barre, voilà tout. Ce premier disque en court format c'est le glaive des premiers hommes devenu Durandal, c'est la vitesse transformée en vomi magique, c'est la simplicité d'une tête sur un pieu. C'est basique et c'est tant mieux. C'est une forme d'impasse du préhistorique devenu lupanar des bourrins - c'est la caverne de Platon qu'on a pas envie de quitter, parce qu'il y a de la barbaque et de la bière de première qualité. Il suffit de voir cette pochette cultissime pour comprendre qu'on est arrivé dans un monde souterrain des années 80 où la douce voix de Steph de Monac' ne parviendra jamais. Un donjon du Metal-Roi, dans lequel le métalleux confine au gothique/batcave, en fait, et pressent le monde black-metal à venir. Comme chez Destruction, mais avec une cagoule médiévale. Ce mini est maxi, il aligne les punitions en règle, avec une énergie nourrie aux hormones qui fait des merveilles. L'original matériel est devenu objet de spéculation - et on comprend que personne ne veuille s'en séparer. Grand disque, d'un groupe jadis considéré comme milieu de mêlée mais qui avait autant de caractère que Slayer, et dont l'ambiance ici n'a rien à envier aux plus hauts faits du black metal scandinave qui lui devront tellement, tels les révérés premiers Darkthrone. Il n'y a pas grand chose, mais tout est là. L'ambiance. La texture. La crasse. "La classe".
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notes
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commentaires
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- Demonaz Vikernes › Envoyez un message privé à Demonaz Vikernes
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Une boule de plus parce que j'ai grandi. N'empêche, c'est frustrant de voir avec quelle rapidité le groupe a calmé le jeu, on est loin de la fureur des démos (enfin de la première, la deuxième sonne comme de la crotte). Il y a un paquet d'excellents titres qui n'auront jamais été enregistrés pour cet EP ou le premier album, dommage...
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zugal21 › Envoyez un message privé à zugal21
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36 ans .... Et toujours aussi iveule. J'aime.
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dimegoat
› Envoyez un message privé à dimegoat
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En ce jour d'élection, j'écoute des trucs un peu sales. Ce Sodom est parfait pour racler le fond de l'écuelle neuro-mentale. A chaque break je me demande si le batteur ne va pas perdre une baguette ou tomber de son tabouret.
- Demonaz Vikernes › Envoyez un message privé à Demonaz Vikernes
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ça fait très cliché, mais il y a mauvaise prod et mauvaise prod. Ici la prod dessert les compositions à mes yeux/oreilles.
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zugal21 › Envoyez un message privé à zugal21
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@Demonaz : le son est quand même beaucoup plus propre que du Trve BM low-fi sur K7, non ?
