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Eric Dolphy › Out to lunch !
informations
Van Gelder Studio, Englewood Cliffs, New Jersey, USA, fin 1963
Il s'agit du pressage cartonné japonais 24 bit à tirage limité
line up
Richard Davis (contrebasse), Eric Dolphy (flûte, clarinette, saxophone alto), Freddie Hubbard (trompette), Bobby Hutcherson (vibraphone), Tony Williams (batterie)
chronique
Nous sommes en 1964, et le label jazz Blue Note, habitué jusqu'ici aux disques à l'esthétique bop et hard bop qui en ont fait sa renommée, se voit infiltré par un vent nouveau. Le jazz modal, représenté par l'emblématique "Kind of Blue" de Miles Davis, et l'assise que prend un mouvement aussi controversé que le free jazz, vont avoir des répercussions considérables sur les productions du label. Cet unique album d'Éric Dolphy, publié de son vivant sur le label américain, est peut-être l'étendard de ce nouveau courant. Un tel niveau de sophistication n'avait jamais été atteint dans le catalogue Blue Note ; "Out to Lunch !" est de ces albums qui ne cessent de révéler leurs richesses après chaque écoute. Fidèle allié dans le quintette de Charles Mingus, déterminant aux côtés de John Coltrane lors de ses prestations au Village Vanguard de 1961, Éric Dolphy se démarque de la pléiade des jeunes artistes de la scène jazz, affichant une démarche ouvertement avant-gardiste, le premier à emmener la flûte au delà des territoires bop et se concentrant sur la clarinette qui, de paire avec le saxophone alto, vont être sa marque de fabrique. Son jeu abstrait et passionné trouve une réponse adéquate dans les échos surréalistes d'un superbe vibraphone qui partage avec lui le haut de l'affiche. Avant qu'il ne disparaisse en juin de la même année, Dolphy semble avoir réalisé avec ce disque la synthèse de tous les genres existants ; "Hat and Beard" est un hommage évident à Thelonious Monk où son jeu sur les dissonances laisse entrevoir sa faculté d'assimilation. C'est d'ailleurs faire preuve d'une grande intelligence que de confier le rôle tenu par le vibraphoniste Milt Jackson aux côtés de Monk à Bobby Hutcherson. Les grands passages abondent ("Gazzelloni" ou la plage titre) et tout le monde s'en donne à cœur joie ; le petit prodige de la batterie, Tony Williams, tente d'être le plus abstrait possible et s'amuse comme un fou en compagnie de Richard Davis, qui n'hésite pas à malmener sa contrebasse à coup d'archets. Une musique qui demande beaucoup de l'auditeur peut-être frileux avec ce genre de grammaire, mais qui lui rendra au centuple.
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notes
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commentaires
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- jacques d. › Envoyez un message privé à jacques d.
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Je ne connaissais pas "the quest" et donc pas non plus ce "warm canto", précurseur en effet du "conférence of the birds" d'Holland, en mieux même oserais-je dire, en plus sobre en tout cas. Mezzo voce.
- Reflection › Envoyez un message privé à Reflection
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Par contre celui-ci fonctionne toujours autant ! Une singularité et une fraîcheur conservée avec ce côté "cubisme coloré" (impression que ça me fait). Le "Out there" est aussi très bon (les seuls disques que j'ai de Eric Dolphy en leader).
- gregdu62 › Envoyez un message privé à gregdu62
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"Warm canto", une pépite en effet (!) et suprenant Dolphy.
- Coltranophile › Envoyez un message privé à Coltranophile
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Juste avant "The Quest", il y a le "Where?" de Ron Carter, avec une équipe assez proche sans Booker Ervin. Sur "The Quest", il y a ce "Warm Canto" absolument magique, à mon sens, qui est assez à part dans l'oeuvre de Dolphy même. Cela préfigure presque le "Conference of the Birds" de Dave Holland. Et pour qui veut aller jeter une oreille à "Interplay" de Bill Evans, enregistré un an après, j'ai toujours trouvé une parenté étrange entre les deux.
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dimegoat
› Envoyez un message privé à dimegoat
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Serene apparaît notamment sur le tout dernier enregistrement de Dolphy, à Paris, mais avec une basse classique. Je ne crois pas que l'ensemble ait fait l'objet d'une sortie officielle mais il y a des boots. Il vaut le coup, ne serait-ce que pour l'inédit Springtime, merveilleux titre sombrex.
