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Alice In Chains › Dirt

cd • 13 titres

  • 1Them bones2:30
  • 2Dam that river3:09
  • 3Rain when I die6:01
  • 4Sickman5:29
  • 5Rooster6:15
  • 6Junkhead5:09
  • 7Dirt5:16
  • 8God smack3:50
  • 9Iron Gland0:43
  • 10Hate to feel5:16
  • 11Angry chair4:47
  • 12Down in a hole5:38
  • 13Would ?3:37

extraits vidéo

informations

One on One Studios et Eldorado Studios, USA, 2001

line up

Jerry Cantrell (chant et guitare), Sean Kinney (batterie), Layne Staley (chant, guitare), Mike Starr (basse)

chronique

Disparu quelque part dans les circonvolutions du net pour d'obscures raisons, il ne reste plus rien de la chronique élogieuse qui avait été faite au sujet de "Dirt". Si je dois donner mon avis sur ce disque - et c'est bien pourquoi je suis ici - je ne vais pas m'employer à écrire une redite, d'autant que je ne partage pas l'avis général. Quitte à être redondant, oui, en effet, "Dirt" démarre sur les chapeaux de roue avec "Them Bones" qui fait irrésistiblement monter en vous le taux d'adrénaline qu'un "Damn That River", à sa suite, ne viendra pas calmer. Si tout le monde s'accorde à saluer des compositions comme la plage titre ou celle qui referme ce chapitre ("Would ?"), il faudrait peut-être aussi signaler le très justement malade "Sickman" et l'impact immédiat qu'évoque un titre comme "God Smack". Tout ces morceaux véhiculent sans peine ce sentiment de malaise profond qui, plus qu'être représentatif de l'esprit grunge, s'efforce de crystaliser l'âme même du groupe de Layne Staley et Jerry Cantrell. Là où, à mon humble avis, s'installe la nuance (de taille) quand on compare ce "Dirt" de 1992 à leur album éponyme de 1995, c'est le manque de régularité qui handicape la présente oeuvre. "Junkhead", et les quelques titres qui mènent l'album vers sa conclusion ("Hate to Feel", "Angry Chair", "Down in a Hole"), déforcent considérablement le potentiel qui jusque là se dégageait de cette collection de douze titres. Il y en a parmi vous pour leur trouver un certain charme à ces titres. Nous sommes d'accord au moins sur un point ; les morceaux précités partagent avec le reste de leurs compositions ce côté lourd et sombre qui nous plaît temps, mais c'est au niveau de l'écriture que se situe pour moi leur faiblesse. Une baisse de régime regrettable, qui n'enlève rien à cet album, sauf qu'il pourra vite paraître monotone, voire ennuyeux ou laborieux sur sa fin, pour les non adeptes ou les non convaincus.

Moyen
      
Publiée le dimanche 19 mai 2002

chronique

Ouverture de crâne, d'entrée. Injection parfaite dans la tête, et la planète. Eros et Thanatos opèrent en symbiose, dès "Them Bones". Ce son c'est l'éclair qui tombe dans le cimetière, fracture la stèle, et réveille les morts, chevauché par les cris du Staley, cet esprit dangereux. La foudre frappe quatre fois. Elle accompagne Layne le mort-vivant, surgissant en conquérant malicieux et grimaçant, pensant fort à ses ossements. Layne-ième variation sur le memento mori... Une stupeur nauséeuse et grisante me saisit, devant l'arrivée fracassante de ce héros morbide. Quiconque goûte à Dirt, consent à finir aspiré dans son monde abrupt et sensuel, sucré-sale-hey, aspiré dans sa pochette orange magnétique. Reclus mais libre, en épave jouisseuse. La guitare magnétique de Jerry et la voix nasale et basale de Layne s'abattent en beauté. Sidération. Ce titre est un foudroiement de vie au goût de mort et aux paroles sans équivoque. Alice In Chains ne parle que de flirt avec Elle (pas le magazine pour ménagères, la top model anorexique avec sa faux, là !)

Et si Layne crâne, c'est parce qu'il cause fort avec... Et si Staley fait le mariole, c'est parce qu'il sait certaines choses ! "Tu peux essayer de comprendre l'esprit d'un toxicomane, avec tes bouquins et diplômes...", cingle-t-il, venimeux et sarcastique, sur la suave et cruelle "Junkhead", profession de foi de drogué assumé, à base de rafale de punchlines layniennes ; avant que Cantrell en incomparable guitar-hero n'y étale son solo le plus décomplexé et coloré, brut de beauté et purulent de lumière... Chaud comme le sang, chaud comme l'ami du petit déjeuner. Sinistre rictus, squelette grinçant. Certitude d'un junkie pas comme les autres, qui a sublimé son addiction par une ferveur et une sincérité qui forcent le respect. Même s'il en crèvera très salement, la leçon à en tirer s'il en faut une comme dans un Disney, c'est qu'on peut faire quelque chose de beau en touchant le fond, dérouler des dorures dans l'ordure ; mais attention, comme ils disent à la télé : "ne faites pas pareil à la maison". Même hantée, comme cet antre-ci.

Cette zone aux ondes singulièrement addictives est celle d'un hard rock/heavy metal sous un Soleil en pourrissement, arrivé au stade de floraison-fermentation parfait. Un son lourd souillé par la grâce, étincelant de vice, magnifié par ces deux voix fantastiquement entrelacées, l'une comme une petite sœur diaphane de l'autre. Ce son est une hantise. Comme les quatre notes de "Angry Chair", plus diaboliques que tous les tritons. Ce grunge est fatalité. Il est doom (et pas que pour cette "Iron Gland" en hommage au Sab'). Il est accès nauséeux, comme sur "God Smack" et sa freakitude vocale qui interloque. Peu importe ce qu'il est : quand il vient à toi, il est tout ce que tu veux entendre, ici et maintenant. Même la pseudo-scie "Rooster", ouais : si tu fais le blasé, le blues du Nam te rattrapera, en bon petit poucet tu suivras les miettes de la ballade grunge dans la jungle des fantômes, où Layne-mie n'est pas camouflé en kaki, il y cabotine même et se vautre dans sa voix comme il sait le faire, sur cet hommage du fils Cantrell à son paternel, qui est toujours comme une douce berceuse qui réveille, aux accents de désolation cosy. Délavé comme un vieux jean ou une vieille âme dans un corps jeune. Celle qui rôde partout et mène la danse de sa voix haute, ici-bas.

Pénètre la crasse. Viens goûter ce qui brille en elle. Accepte l'extase, dans la damnation. Goûte au miel de ce bas-monde. Tu n'es qu'un élément de plus dans la fourmilière des losers, mais Layne est là, il t'entend, il t'appelle, et il t'attend... Son Dirt sacro-saint à raison t'invite, s'impose à toi violemment puis s'étire, se disloque, se durcit aussi bien qu'il se liquéfie une fois bien chauffé, en tubes rock de nécromanciens. Charognes suprêmes, anges aux ailes déchiquetées. Sourires froissés de beaux gosses corrompus, qui de concert t'aspirent dans leur Stade-Nécropole. Mélodies en miel dans la crasse, grâce d'une musique entre deux mondes, qui n'admettra que soumission à sa grandeur morbide supérieure, comme la plus-fluide-tu-meurs "Would?", qui ondule comme djinn (déchiré). Un des morceaux les plus hallucinants d'Alice in Chains, final infaillible autant que l'intro est indestructible, et où leur génie confine au surnaturel absolu. Dirt déborde d'ensorcellements, de beautés empoisonnées, de morceaux vers lesquels jamais ne serais las de revenir, pour revivre encore et encore cette petite mort. Le monde des vivants est décidément un lieu bien étrange...

Chef-d'œuvre
      
Publiée le dimanche 20 avril 2025

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Note moyenne        93 votes

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born to gulo Envoyez un message privé à born to gulo

Je supportais très mal "Down in a Hole", en 92. Aujourd'hui, toute coquetterie juvénile hors de propos, elle fait un bien qui ne se refuse pas, un peu comme "Heaven Beside You". L'oxygène, dans un album d'Alice in Chains, c'est rare et précieux. Et les relents FM, ça "fait partie de leur ADN".

Message édité le 05-11-2025 à 20:17 par born to gulo

Kissthecatconcept Envoyez un message privé à Kissthecatconcept

Je mets six dragonballs, parce-que cet album, c'est une lame de fond qui emporte et vous noie. Mais tout n'est pas parfait, des riffs de junkhead et hate to feel très proches, un angry chair un peu indigent après le riff de départ, un down in a hole à la limite de la mélodie FM et sans doute un peu longuet. Mais c'est tout ou rien ici. Alors c'est tout.

cerealkiller Envoyez un message privé à cerealkiller

Perso toujours trouvé ça ultra chiant ce groupe.

coronavirus Envoyez un message privé à coronavirus

Down in a hole , meilleur titre de l'album persoent . Quand j'étais au plus mal dans ma courte vie ce morceau m'a vraiment aidé . De toute façon les chansons d'AIC hantent à vie

Message édité le 22-04-2025 à 12:46 par coronavirus

avatar torquemada Envoyez un message privé à torquemada

La réhabilitation était nécessaire, c’est fait !