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Amon Tobin › Isam

cd • 12 titres • 49:57 min

  • 1Journeyman
  • 2Piece Of Paper
  • 3Goto 10
  • 4Surge
  • 5Lost & Found
  • 6Wooden Toy
  • 7Mass & Spring
  • 8Calculate
  • 9Kitty Cat
  • 10Bedtime Stories
  • 11Night Swim
  • 12Dropped From The Sky

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Amon Tobin

chronique

Un travail d'orfèvre, voilà le mot. L'amour de l'ornement, des enluminures, des choses tramées. La complexité des grandes théories sur une table graphique, des fractales débarrassées de leurs oripeaux, Isam est une mise en situation. Si Tron n'avait pas été une daube, il en aurait été la plus parfaite illustration : environnement lisse numérique palette de couleur aux milliards de pixels, environnement sans odeur, sans pression, sans corps. Quelques afférences du voyage visuel, toutefois (je vous invite à checker votre tube pour les performances live, qui renvoient Hollywood et James Cameron chez Aphex-lol-Twin), on se balade dans des tunnels de couleurs, sans aucune impression de vitesse. Plutôt comme un diaporama très rapide. Comme si Autechre s'était mis à la peinture, s'était débarrassé de ses velléités intello-math-quantum-fucked-up, avait séjourné dans un jeu vidéo indépendant avec Tujiko Noriko, entre deux mondes, entre Beszl et Ul Qoma, c'est un peu ça Isam, c'est l'Orciny électronique, pas du tout Kafkaïen, mais plutôt rêveur, naïf, entre deux murs tramés, des échanges évisés, des équations trop complexe regardée de biais, des beats trop évidents qui poussent à fermer les yeux, au risque de rompre. Un manga de Maasaki Yuasa, aussi, psychédélique dans ses formes dodues, dans son amour entier, son chatoiement enfantin, une succession de représentations cédants la place à une autre puis à une autre puis à une autre... une course poursuite sur les circonvolutions de son propre cortex, et sautiller sur les protubérances, à la fois une grosse montée hilare et la grosse descente des tremblements tendus et de la pensée perforée d'une overdose aux drogues douces. Isam cependant ne provoque pas la nausée, il invite à la rêverie des Studio 4°C, de Shangai Dragon, des rêves positifs devenus réalités, du refoulement efficace des fantasmes : Isam ne se danse pas (ou presque), Isam ne prend pas la tête (ou presque), Isam se joue des tours, se mord la queue, boude ; Isam n'a pas vraiment d'ambitions, il n'en a même pas la prétention : Isam est trop jeune pour ça.

Très bon
      
Publiée le mardi 1 novembre 2011

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ohmygod Envoyez un message privé à ohmygod

Ok, vous attendez pas à entendre une révolution digne du sacre du printemps (!!!) sur Goto 10 (cf le commentaire de Gros Bidon). Pour autant Amon Tobin me semble toujours injustement boudé lorsqu'il s'agit de parler des maitres de l'IDM. Avoir été signé sur Ninja Tune et être brésilien explique peut-être déjà un peu cela. Mais surtout je crois qu'on reproche à Amon Tobin d'aimer les sons "jolis" pour "faire joli". Ici, pas de distanciation ironique, pas d'intellectualisation, pas de posture désenchantée comme sur bon nombre de sorties cultes de chez Warp. Mais au-delà de ces faiblesses, il faut quand même s'incliner devant cette capacité à rendre jouissifs, efficaces, des sons qu'on entend plus souvent à l'IRCAM qu'ailleurs.

Message édité le 14-05-2026 à 20:37 par ohmygod

Gros Bidon Envoyez un message privé à Gros Bidon

Il y a un avant et un après ISAM tous genres musicaux confondus. Amon Tobin a imaginé de nouveaux sons que des générations de compositeurs de musique contemporaine n'ont jamais réussi à approcher. Goto 10 est le must du genre, l'unique révolution depuis le sacre du printemps d'Igor Stravinsky. Écorché, mécanique, distordu, violent et doux, ISAM a laissé des traces indélébiles du Jazz (Fly Superfly de Laurent de Wilde & Otisto 23) au Rock (Low - Double Négative). Impossible de ne pas s’imprégner en profondeur de cet album.

Hallu Envoyez un message privé à Hallu

Dark Jovian

avatar saïmone Envoyez un message privé à saïmone

De quel EP tu parles ??

Hallu Envoyez un message privé à Hallu

Je l'aime pas celui là, trop de bruitages, de "plic" "paf" "boum" "hop", on dirait une BD de Pif. Le dernier EP est mieux, même si c'est essentiellement de l'ambient/score. Et Foley Room est un chef d’œuvre à côté.