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Alain Kan › Et Gary Cooper s'éloigna dans le désert...
- 1975 • Les Disques Motors MT44026 • 1 LP 33 tours
lp • 9 titres
- 1Blaky
- 2Une espèce de Lolita...toute verte
- 3Le premier bébé de Lady Star Lune
- 4Café-Cafard
- 5Pas si facile l'ami [reprise de Ron Davies via David Bowie]
- 6Hollywood suicide
- 7Nadine, Jimmy et moi
- 8Go go dancer
- 9Falling in love again
extraits vidéo
informations
line up
Alain Kan (chant), Laurent Thibault (basse, percussions), Roby Finkel (claviers), Jean-Pierre Carron (guitares, percussions), Dave Montgomery (batterie)
Musiciens additionnels : Serge Derrien (guitare, flûte), Jean-Yves Ar Floch (claviers), Popov (batterie), Dan Ar BRaz (guitare), Dingo (aboiements)
chronique
Ce 14 avril 1990, plusieurs témoins affirmeront l'avoir aperçu sur un quai de métro parisien; ce sera la dernière fois, plus la moindre nouvelle, le plus petit signe de vie depuis. Baisser de rideau mystérieux et inexpliqué à l'image du personnage, électron libre avant-gardiste et incompris du paysage musical français. Bien des qualificatifs siéraient à Alain Kan: dandy glamour, premier punk de l'Hexagone, David Bowie français...Pourtant lorsque le beau-frère de Christophe sort ses premiers EPs entre 1963 et 1964 (aucune composition de sa plume, reprises de succès américains), personne ne se méfie de ce crooner variété sans le moindre relief artistique. Au retour de son service militaire, sa personnalité change. Après avoir rencontré Dani, Barbara ou Serge Gainsbourg, le jeune homme se tourne vers le cabaret, se façonne un personnage vaguement androgyne, certains textes se mettent à aborder ouvertement le thème de l'homosexualité. Musicalement, quelques singles mais ce n'est pas encore le nirvana, le ton reste trop pop même si l'ensemble se débride. La découverte de Roxy Music et surtout de David Bowie sera la dernière étincelle qui mettra le feu aux poudres comme en témoigne ce premier album sorti en 1975. Inutile de chercher la moindre explication à son titre, autant s'engouffrer directement dans la musique. Surprise, 'Blaky' débute comme un disco groovy avec les premières paroles chantées sur un ton de fausset à la Bee Gees, mais vite Kan interprète un second rôle d'une voix plus masculine et l'on comprend vite le propos: une dispute dans un couple où Blaky, vieux macho violent, meurt d'une crise cardiaque en tentant de violer sa femme. Celle-ci, visiblement pas très maligne, s'en réjouit et imagine son futur...Petite histoire cruelle, truffée d'un humour noir qui ne fait que débuter comme en témoigne 'Une espèce de petite Lolita toute verte', plus sombre, sorte de spoken word sur fond de blues rock hypnotique qui se termine en orgie cauchemardesque où le personnage 'et ses 2000 soeurs' se jettent sur le chanteur pour le dévorer. Celui-ci hurle, les insulte ('Salopes, laissez-moi !') jusqu'au chaos final. 'Le premier bébé de Lady Star Lune', magnifique titre, est un clin d'oeil évident à David Bowie et Ziggy Stardust; le ton est plus glam, décadent. 'Café Cafard', plutôt moyen dans ses textes, ne vaut que par l'interprétation ambiguë et un peu folle de Kan et l'on glissera vite vers 'Pas si facile l'ami' inspirée de 'It ain't easy' de Bowie (encore !) où notre chanteur fait mouche de magistrale façon. Le plus beau arrive alors, 'Hollywood suicide', longue pièce mélancolique de plus de huit minutes, nocturne et pluvieuse, avec des accents progressifs sur le final où la mort emportant le personnage est évoquée uniquement par la musique, notamment de belles plages de flûtes et des accords de guitare sèche s'emballant tandis qu'un piano maladif se mêle à la batterie. Une réussite ! Plus classique et funky mais sulfureux en diable de par ses paroles contant la bisexualité et l'amour à trois, 'Nadine, Jimmy et moi' vaudra des ennuis avec la censure radiophonique, très probablement en raison des gémissements plus qu'explicites sur le final. Provocation évidente mais tendre et non dénuée d'un certain humour alors pourquoi ne pas en rajouter une couche ? Voici donc 'Go go dancer' hommage boogie rock à un strip-teaser avec évocations décomplexée ('Ton vieux jeans moule tes cuisses, tes lèvres gonflent, je suis au supplice') sur laquelle Alain Kan mène une fois encore le bal d'une voix charismatique et décadente à souhait. Dédicace à l'Alcazar de Paris, la reprise de 'Falling in love gain' qui clôt ce disque témoigne de l'aspect le plus avant-gardiste de l'artiste...A capella avec accent anglais volontairement catastrophique, elle glisse ensuite vers une valse ivre sur laquelle se greffe un piano désaccordé et des aboiements...Baisser de rideau, on envoie balader le chapeau claque, histoire de roter sa dernière gorgée de champagne avant de jeter la coupe par dessus son épaule...La France de 1975 n'était pas prête, elle ne le sera jamais. 4,5/6
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Shelleyan
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'L'enfant veuf', le roman jamais publié de Alain Kan est sorti l'an dernier... A l'image du personnage, avec cette citation de dos de couverture: 'Je parle tout seul. Je crois même que je hurle'... Et effectivement, Alain Kan était tout sauf un Bowie du pauvre !
Message édité le 26-03-2025 à 20:03 par Shelleyan
- Richard › Envoyez un message privé à Richard
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Merci à vous pour ce déterrage de chros. J'étais passé totalement à travers à l'époque. Je viens de voir 'Star ou Rien' ( ce Bowie du pauvre, c'est gênant) mais à l'aune des albums chroniqués par Shelleyan, j'ai nettement l'impression que Kan vaut mieux qu'un Ziggy version Wish. Sa trajectoire des plus singulières a de quoi susciter la curiosité. A creuser donc.
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Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
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Oui oui, je disais ça surtout pour mes propres pavés, hein !
- Horn Abboth › Envoyez un message privé à Horn Abboth
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j'ai juste évoqué le docu hein, qui n'est pas un HS en soi. Mais effectivement les digressions sur le fait de savoir si KZ est un bon ou mauvais journaliste on s'en tape.
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Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
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Mais on part encore en HS, sur Karl Zéro qui n'est pas l'objet de cette chro, déso pour ça !
Pour en revenir (par la bande), donc : oui, pour ma part je crois que j'avais découvert Khan - via les chros d'ici - un moment avant de voir le truc de Karl Zéro. Sans doute que ça ne m'avait pas disposé pareil que toi (Horn), pas d'effet "dans la foulée" de mon côté, quoi !
Message édité le 26-03-2025 à 12:07 par dioneo
