Vous êtes ici › Les groupes / artistesDDeathprod › Treetop Drive

Deathprod › Treetop Drive

cd • 4 titres

  • 1Treetop Drive Part 1 14:52
  • 2Treetop Drive Part 2 9:35
  • 3Treetop Drive Part 3 9:31
  • 4Towboat 18:12

informations

1994

Réédité en tant que CD 2 du coffret Deathprod

line up

Helge Sten

Musiciens additionnels : Hans Magnus Ryan (violon)

chronique

Après un épais silence, une corde s'étire et émet une longue note, à l'instar de celles qui tapissent les sols de Gorecki : solennelle, calme et, par la force des choses, tragique. Puis, dans un lent mouvement cyclique, elle revient, puis encore, puis encore. Elle ne tarde pas à creuser à chaque fois un peu plus son empreinte qui telle la queue d'une comète qui s'enrichit à chaque nouveau motif d'éléments supplémentaires. La marée sonore ramène dans son ressac un peu plus des profondeurs de l'océan de textures et c'est finalement avec émerveillement que l'on se laisse porter par cette formule si simple mais si foisonnante, à la manière d'une méditation dans un jardin vert japonais que l'on regarderait pousser au rythme des saisons. Le cycle est l'élément central, plus encore que chez Nocturnal Emissions car ici la donnée de base ne disparaît jamais : elle croît. Par extension, on aura vite saisi que Helge Sten nous parle bien finalement que de mort, partout, jusqu'au sample sur 'Treetop Drive 3' ; puisque c'est elle qui clôt les cycles et en fait jaillir d'autres. La moiteur de ce dernier titre rappelle sans ciller les funèbres et troubles parades de violons du premier Amber Asylum, rien de moins, même si tout l'album est de toute manière plombée sous un ciel noir et terrible, mais soutenu par une grâce toute spirituelle. Le long et abrasif 'Towboat' reste un peu en retrait pour ses visées plus formelles et son impressionnant dédale qui s'appréhende plus viscéralement que mentalement. Il n'en procure pas moins de sensations ambivalentes : cette violente lumière qui approche est-elle vraiment celle du Néant ?

Très bon
      
Publiée le dimanche 22 août 2010

chronique

ambient / dark ambient / apocalypse

Des violons… Un seul accord. A vous couper le souffle. Ca y est. J’y suis. Tout va bien. Je suis enfin libre. Enfin sauvé. Mes blessures se referment. Et mon coeur qui alors saignait en vain ne semble plus s’agiter dans cette ombre épaisse et moite. Je ne respire plus et pourtant… je suis là. Quoique ce “là” veuille bien signifier en réalité. “Est-ce que j’existe encore?” me demandé-je presque inquiet. Mais ça n’avait plus d’importance au fond. Une larme unique d’une tristesse inimaginable coule le long de ma joue et je souris pourtant. Sans effort. En ce domaine, je ne suis “ni chasseur ni proie”. Von Magnet l’aura rêvé. Je pourrai dire que je l'aurai vécu. Le temps d’un fragment d’éternité. Je suis seul. Les ténèbres forment un voile autour de moi qui semble s’étendre jusqu’à l’horizon que je ne vois même plus. Quel soulagement! Je peux enfin me reposer.

Quand soudain retentit l’alarme que j’avais déjà oubliée. J’ouvre les yeux. En panique. Mon estomac se noue. Je serre les dents et j’essaie tant bien que mal de me rappeler la procédure. Je sors de mon lit avec un sentiment d’urgence inextinguible. Je descends les escaliers, j’ouvre la porte et je cours. Une lumière aveuglante m’étreint. Je n’aime pas vraiment ça. Parce que je sais que ce n’est pas celle de l’astre nourricier. Je sais ce qu’elle amène. Et qu’il est trop tard. Mes yeux se referment et se laissent bercer par le souffle qui m’emporte.

Je reprends connaissance. J’y suis de nouveau. Dans cet espace qui n’en est pas un. Je ne sais même plus qui je suis. J’entends une voix. Non pas celle-là. Pas celle que vous entendez sur ce disque. Elle me dit qu’elle m’aime. Qu’elle m’a toujours aimé. Je pleure à chaudes larmes. Je me brise. Je ne peux plus accepter. Je ne veux pas voir. D’ailleurs même si je le voulais, je ne pourrais plus. Un spirale se forme dans mon esprit. Elle descend. Mon âme semble tomber sans fin. “Jusqu’où?” semble crier une gorge. Et puis la spirale se fait ellipse. Toujours la même histoire. Toujours la même blessure. Pas celle de mon corps que je ne sens plus, malgré la pesanteur qui m’entraîne autour du vide, mais bien celle que je n’ai jamais pu nommer. J’arrive enfin au bout de mon voyage.

Mais la nature est cruelle. Même en dehors de son domaine. Parce que je sais qu’il est encore une chose que je dois me laisser être. J’ai mal. Mais ce n’est pas une souffrance qui n’aurait pas lieu d’être. Elle me transforme, me désintègre. Le temps s’efface et pourtant je m’étiole. Jusqu’à la lie. Jusqu’à l’absolu. Il était temps.

Très bon
      
Publiée le lundi 4 novembre 2024

dernières écoutes

Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "Treetop Drive" en ce moment.

tags

Connectez-vous pour ajouter un tag sur "Treetop Drive".

notes

Note moyenne        7 votes

commentaires

Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "Treetop Drive".

taliesin Envoyez un message privé à taliesin

Vraiment excellent cet album !