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Tricky › Nearly God
- 1996 • 4th & Broadway DPCD 1001 • 1 CD
cd • 10 titres
- 1Tattoo5:30 [reprise de Siouxsie and the Banshees]
- 2Poems6:54
- 3Together now3:09
- 4Keep you mouth shut6:01
- 5Be the prophet4:55
- 6Make a change6:00
- 7Black coffee4:50 [reprise de Sarah Vaughan]
- 8Bubbles3:25
- 9I sing for you6:21
- 10Yoga4:32
extraits vidéo
informations
Londres, Angleterre, 1995
Sorti sous l'alias Nearly God.
line up
Tricky (production, chant), Björk (chant 4, 10), Neneh Cherry (chant 3), Cath Coffey (chant 9), Terry Hall (chant 2, 8), Alison Moyet (chant 6), Martina Topley-Bird (chant 2, 6, 7), Ian Capple (programmations)
chronique
A peine sorti de l'expérience Massive Attack, Tricky rencontre le succès international avec son premier album "Maxinquaye". Le contrat qui le lie à Island permet à ce dernier de sortir un album par an sous un autre nom, et ce Nearly God en est le premier exemple. Réalisé comme un exutoire à sa gloire toute récente, l'artiste anglais dresse un tableau noir, fait de cauchemars tourmentés et d'ambiances hautement dépressives ("Be The Prophet") à la tétanisante beauté. Le puissant pouvoir d'attraction du disque repose sur la faculté de Tricky à gérer avec brio les interventions vocales de ses collaborateurs ponctuels, de Terry Hall, sur le bouleversant "Poems", sans nul doute un des plus beaux titres des années quatre-vingt dix (allez, hop !), à Cath Coffey, sur le brumeux "I Sing for You". C'eut été un chef-d'oeuvre impérissable si l'album ne s'était pas dynamité tout seul de l'intérieur avec, en plein milieu de parcours, les roucoulades insupportables d'Alison Moyet (Yazoo) sur "Make a Change". D'ailleurs, un conseil ; passez systématiquement cette chanson lors de l'écoute de ce disque et vous comprendrez ce que je veux dire. Quitte à donner mon avis (puisqu'après tout, je suis là pour ça), c'est avec ce mystérieux "Nearly God" que Tricky a pris tout son sens, toute sa dimension en tant qu'artiste. Architecte d'un univers boîteux et paranoïaque ("Keep Your Mouth Shut"), les chansons présentées ici véhiculent toutes un sentiment de malaise et d'étrangeté aux contours claustrophobiques ("Tatoo" et son violon meutri), propres à damner un saint.
Dans le même esprit, Progmonster vous recommande...
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notes
Note moyenne 16 votes
commentaires
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- Richard › Envoyez un message privé à Richard
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Scarlet - Bangster dans la place ! Je ne sais pas si les Banshees sont les précurseurs du trip-hop avec 'Tattoo', mais une chose demeure certaine, les Londoniens n'ont jamais eu peur de prendre des chemins sinueux plutôt que de confortables et rectilignes autoroutes. Ce qui demeure assez déroutant sur cette face-B de 'Dear Prudence', c'est qu'aux arpèges lumineux et subtiles de Robert Smith présents sur la reprise des Beatles vient s'opposer toute la moiteur de 'Tattoo'. Deux faces, deux ambiances. Ce grand écart permanent, le plus souvent réussi d'ailleurs, est le sel des Banshees. Ceci les rend d'autant plus précieux !
Message édité le 03-07-2025 à 18:47 par Richard
- Damodafoca › Envoyez un message privé à Damodafoca
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Je te trouve dur ! Pourtant j'aime pas forcément les inrocks, mais ne pas décortiquer chaque sample et chaque "influence" même pour des pros ne me semble pas être criminel. Après, faut aussi savoir être humble et maintenir une porture raisonnable.
- Scarlet › Envoyez un message privé à Scarlet
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https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/pop-etc/portishead-3456731
A l'occasion des 16 ans de Dummy, France Inter avait proposé une spéciale animée par Vally en 2010. Elle y parle de la genèse du trip-hop à Bristol avec à ses côtés deux invités, deux journalistes David Sanson et Pascal Bertin (les Inrocks). Elle évoque avec eux les musiques de films des 60s et la technique du sample, l'usage de boucles, le hip-hop et elle précise que Portishead a bénéficié des recherches de Massive Attack et Tricky. Et puis elle les prend au dépourvu en leur passant un morceau de 1983 qui sonne hip-hop, dit-elle, "on entend une vraie similarité avec le trip hop" . Tricky l'a repris et sample. Le 1er invité David Sanson botte en touche et ne répond même pas en essayant d'analyser les caractéristiques sonores et musicales de ce titre de 1983 et le second Pascal Bertin dit oui ca s'entend, c'est fou. On est en 2010 ces deux journalistes sensés être des docteurs ès rock - spécialistes du trip-hop, n'avaient même pas eu l'idée de checker les crédits des compositions du disque de Tricky, Nearly God. Et donc encore moins d'écouter la version originale du morceau que Tricky avait mis en ouverture de son second album. Le morceau en question s'appelle Tattoo du groupe Siouxsie and the Banshees. Ces hipsters du bal de la lose, disent qu'ils ont basé leur émission en relisant le dictionnaire du rock de Michka Assayas (ex-rock'n'folk). Évidemment ce titre proto-trip-hop de 1983, précurseur du genre bien avant que Blue Lines ne sorte, est soigneusement omis. Il est évident que si New Order (ou the Cure, the Smiths, Depeche Mode) avaientt composé, arrangé, produit, un morceau pré -trip-hop de studio comme Tattoo, les journalistes auraient pondu des couches et des couches d'articles. Le livret de Nearly God précise pourtant que le titre 1 est signé Sioux/Severin/Budgie. Mais voilà, Siouxsie and the Banshees ont été tellement cloués au pilori par les Thénardier - ayatollahs du bon goût de la presse rock FR, ceci n'a jamais été porté à la connaissance de leurs lecteurs, ignares du rock consentants. Je n'accabble pas les gens qui ont chroniqué et commenté ce disque car ils ne sont pas professionnels et ne se font pas passer pour des geeks mélomanes experts. Finalement, en 2024, radio France et FIP publient un vinyl sur le trip-hop simplement intitulé Trip-Hop et la version originale de Tattoo y figure royalement. Quand Nearly God et Mezzanine étaient sortis, j'en avais profité pour faire écouter la version originale de Tattoo en blind test à des amateurs de musique pas comme les autres et à chaque fois la réponse était, c'est un inédit de Portishead avec une autre chanteuse ? ou c'est un morceau de Massive Attack avec une nouvelle chanteuse ? Finalement le magazine anglais Uncut reconnaitra aussi l'influence seulement en 2023., soit près de trente ans après la sortie de Nearly God.
- nowyouknow › Envoyez un message privé à nowyouknow
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Pas forcément subjugué au départ et puis ce minimalisme un peu plombé distille son truc. C'est pas grand chose, des boucles et quelques vocalises par dessus mais le charme et la force du premier album opère ici de la même manière, il y a a de l'épaisseur, c'est juste vu d'un autre angle. Peut être aussi ce qu'on appelle un disque à ambiance (Arff, le démarrage Tattoo / Poems (ma préférée)... Tricky, une des rares propositions trip-hop intéressantes et celui-ci est le meilleur avec le premier pour moi, bien que le suivant au moins soit encore assez bon. Ma version a 12 titres (deux reprises paresseuses et Depeche Mode et Slick Rick qui s'intègrent mal au disque mais ont le mérite d'être là).
Message édité le 22-03-2023 à 08:04 par nowyouknow
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Raven
› Envoyez un message privé à Raven
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"Poems" je décroche toujours pas. Et pourquoi faire ? Tiens, cadeau. Tu me mets ça ce soir après avoir allumé une bougie et de l'encens (ou autre), tu t'enfonces dans ton sacco, et tu te reprends toute une époque fanée depuis un bail dans les esgourdes et les mirettes... Ces gens respiraient la santé, c'est évident... Progmonster avait collé ça dans une de ses radios en 2006 ou 2007, j'ai tenté d'user le mp3 jusqu'au bout du bout, en solitaire ou en soirées (parfois glauques) et je continue à être fasciné par ce titre dans lequel je me noie et infuse comme un petit sachet de lipton, même si tout le disque n'est pas dans cette ambiance ; un des morceaux créés pour être mis en "heavy rotation" comme on dit là-bas. Oui, c'est sensuel.
