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Trouble › Trouble

cd • 10 titres • 42:17 min

  • 1At the End of My Daze
  • 2The Wolf
  • 3Psychotic Reaction
  • 4A Sinner's Fame
  • 5The Misery Shows (Act II)
  • 6R.I.P.
  • 7Black Shapes of Doom
  • 8Heaven on My Mind
  • 9E.N.D.
  • 10All Is Forgiven

informations

1989. Produit par Rick Rubin.

line up

Eric Wagner (chant), Bruce Franklin (guitares), Rick Wartell (guitares), Ron Holzner (basse), Barry Stern (batterie) - guest: Jeff Olson (claviers)

chronique

heavy metal / doom metal / rock / doom traditionnel / heavy metal

La recette proposée ici par Trouble, ainsi que sur l’intégralité de leur discographie – et c’est une évidence à laquelle vous vous attendez tous - a déjà été donnée par Black Sabbath sur leurs six premiers albums. Voilà, comme ça c’est dit. Ces bravaches sont arrivés avec quinze ans de retard, un peu born to lose en quelque sorte, eux aussi. Mais ces types savent quand même y faire, ne nous y trompons pas. Trouble, c’est la mentalité des seventies avec le son des eighties, un aspect chevelu très prononcé, et des références on ne peut plus faciles et redondantes… le groupe se situe au carrefour de Black Sabbath, Steppenwolf et du Judas Priest de Sin After Sin. Le point fort de la petite tribu sonne immédiatement aux oreilles : la voix d’Eric Wagner, puissante et pleine de vie, suffisamment aiguë pour rappeler le bon souvenir du vieux Ozzy, suffisamment couillue pour s’en démarquer. Pour le reste, faut pas s’attendre à un miracle. Ayant bâti l’essentiel de leur carrière sur les riffs de la bande à Iommi et les parties solistiques toutes en accélérations et décélérations du heavy metal, ainsi qu’une nostalgie tenace pour Cream, les quatre lascars ont injecté une dose non négligeable de ringardise dans leur doom, au point d’apparaître, fatalement, comme un de ces groupes ancrés dans leur petites recettes prévisibles, dans leurs gimmicks, mettant l’imagination au placard au profit d’une recherche du riff groovy et de la mélodie accrocheuse. Psalm 9 et Run To The Light furent sans doute les disques les plus marqués par cette approche nostalgique et sans recul, métissant tout ce que les lascars apprécient à tour de bras et non sans un certain charme, avec une pointe de psychédélisme. À partir de 1990, il est de coutume de dire que Trouble, passant aux mains de Rick Rubin, modifia un peu sa recette. Mouais. Malgré ce prétendu « virage artistique », leur album éponyme ne change pas grand chose à la donne, et si j’ai choisi celui-ci c’est aussi parce qu’il porte leur nom, c’est symbolique en quelque sorte (cherchez pas, en fait ça m’arrange surtout parce que ce disque est considéré comme l’un de leurs meilleurs et que je tiens à ce que ce que mon opinion soit claire). Sur ce disque, je serai bien en peine de dégoter un titre qui m’ait réellement tapé dans l’oreille. De but en blanc, je citerai bien « The Wolf » et son orgue, « E.N.D. », urgente et marquée par ce petit jeu percussif délectable, « R.I.P. » donc l’intro restera dans les mémoires (ou pas) : un riff dense et possédé, juste avant que la machine ne s’emballe pour une succession de parties mélodiques, de breaks… et « The Misery Shows », ballade légèrement protéiforme qui passe par quelques stades progressifs pour parvenir à ses fins : blues rock, parties de guitare sèche à la Lynyrd Skynyrd, petits refrains mélodieux aériens. En dehors de ces trois-quatre titres, rien qui ne me laissera de souvenir impérissable. Riffs saccadés. Riffs plombés. Riffs saccadés. Riffs plombés. Solo heavy. Riffs saccadés. Riffs plombés. Solo heavy. Riffs saccadés… En gros, Trouble nous ressort à travers son faux prisme déformant ce qu’on a entendu mille fois dans mille formations du genre. La noirceur, c’est aussi ce qui manque ici, et c’est flagrant… Les cinq chevelus effectuent quelque chose de simple et d’enjoué, groovy et sabbathien à mort donc (je dois avouer qu’en fumant son clope avec la gueule de bois ça peut le faire) volontiers pétri de références bibliques (ça je m’en fout complètement par exemple) mais rien qui ne soit suffisamment sombre ou possédé pour me faire décoller. Trouble de Trouble est un disque sage, le disque d’un groupe à gimmicks éculés, un groupe touchant, mais décidément trop sympathique pour que je lui accorde un intérêt plus que superficiel. Rien à foutre de la légende, les gars. Malgré un feeling évident et cette nostalgie qui vit dans les mains et dans la voix, Trouble ne convainc pas outre-mesure, et cette recette se répétera inlassablement, avec quelques rares curiosités (sur Manic Frustration, par exemple). Pas d’inquiétude, fans et autres doomsters revêches, je vous éviterai la torture de chroniquer les autres disques de la bande. Quoique...

Moyen
      
Publiée le lundi 26 novembre 2007

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Note moyenne        8 votes

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CeluiDuDehors Envoyez un message privé à CeluiDuDehors

De la soupe comme ça, j'en veux plus!

avatar Marco Envoyez un message privé à Marco

Au contraire, un grand cru !

Splashing harlequinbrain Envoyez un message privé à Splashing harlequinbrain

De la soupe tiède. Les deux premiers sont bien meilleurs et précurseurs.

Giboulou Envoyez un message privé à Giboulou

Rip Eric Wagner. J'adorais son timbre. Allez, pour la peine, je m'envoie 'Mary Agnes' de son projet Lid. 'I can hear the grass grow' qu'il disait. Six pieds sous terre, ce sera désormais possible...

avatar torquemada Envoyez un message privé à torquemada

« RIP », « Requiem »… il y en a pléthore chez Trouble !