Forums de discussions

Vous êtes ici › Forums de discussionsL'école des fans › Tout droit vers la post-musique ?

Recherche dans les forums


Sujet ou corps des messages :    Auteurs :    


Tout droit vers la post-musique ?

Message
GrahamBondSwing › mardi 13 avril 2021 - 10:19

Vous avez peut-être vu passer cette news au sujet de l'éditeur Gallimard qui se retrouve à rejeter tous les manuscrits qu'il reçoit car dans l'incapacitié technique de les lire. Trop d'écrivains et trop peu de lecteurs... Au tout début des années 2000, je faisais déjà le même constat pour la musique : "tout le monde fait de la musique, et plus personne n'écoute".
Par association d'idées, j'ai été recherché un email de 2012, que j'avais envoyé un pote un soir de spleen... pratiquement sans retouche :

La jeunesse occidentale a radicalement changé ses habitudes depuis le début des années 2000 dans la consommation de la musique populaire. La facilité déconcertante avec laquelle il est devenu possible d'obtenir de la musique gratuitement avec Internet a changé à tout jamais l'industrie du disque et une nouvelle ère a déjà commencé. D'une manière assez logique finalement, cela a eu aussi une conséquence directe sur la création musicale qui, coïncidence ou non, commençait à touner un peu en rond et avait un mal fou à proposer de nouveaux mouvements forts. 1945-2005 : soixante ans de modes musicales qui ont été une source formidable de cultures, de contre-cultures, d'inspiration, génération après génération. Economiquement, c'est certainement la musique Rock qui a dominé ces décennies, notamment en proposant très tôt des artistes élevés au rang d'icônes, de mythes générationnels, avec son cortège d'hystérie collective (Elvis Presley, Beatles). Le Rock représente aussi une forme de musique dont les acteurs ont très vite saisi le besoin de renouvellement musical incessant, et pas seulement musical. Mais voilà, hier, une mode musicale fédérait tout une génération d'ados en besoin de repères, aujourd'hui, il n'y a plus de nouveau style, mais le sentiment d'avoir affaire à toutes une série de petites chapelles, hyper stéréotypées et très sectorisées (par âge, sexe, niveau social et intellectuel). Cela est un peu étrange pour quelqu'un de ma génération qui a connu de son vivant, la jackson-mania, l'émergence du grunge et le phénomène Nirvana, le passage du 33t au CD (à 120 Francs l'unité ! A ce prix là, je vous assure, qu'on le réécoutait tous les jours le CD), les records de vente de certains groupes et les coffrets de CD ultra-luxueux qu'on allait juste regarder pour le plaisir des yeux chez le disquaires. Bref, c'est un peu étrange disais-je, de se retrouvait ainsi aujourd'hui, sans supports, à écouter de la musique gratuitement sur Spotify... On peut comprendre que la passion y perd... Le coeur dit non quand la tête dit oui : objectivement, je me dis que l'accès à toute la musique qui me plait, gratuitement, et vraiment tout ce dont j'ai toujours rêvé et qu'après tout, je n'allais pas pleurer si le batteur de Metallica, ne pourrait pas se payer une douzième Porsche et une nouvelle toile de maître pour décorer sa villa du quartier chic de Malibu. Et pourtant, j'ai cette drôle de sensation, que la musique était meilleure lorsqu'elle était chère. Marilyn Manson a chanté Rock is Dead en 1998 (comme bien d'autres avant lui et certainement après) et là je crois qu'on y est. C'est cuit. Soyons réalistes, il est impossible d'associer les années 2000 ou 2010 avec un nouveau style musical. Tout s'est fait avant : Jazz, Rock, Pop, Psyché, Ska, Punk, Reggae, Dance, World, Electro, House, Techno, Rap, Thrash, J'en passe et des meilleures...

Message
GrahamBondSwing › mardi 13 avril 2021 - 10:19

Suite :
Evidemment, tous ces styles existent toujours aujourd'hui, en tentant de s'inspirer les uns les autres pour des cocktails plus ou moins réussis, mais quelques signes montrent qu'on se dirige petit à petit dans des impasses pour de nombreux artistes. Exemples : les reformations foireures de vieilles légendes qui espèrent juste renflouer leurs caisses (vides à cause de la dope, bien souvent), les productions inécoutables de certains artistes "extremes" (certains groupes de Harsh Noise poussent parfois un peu trop loin l'imitation du bruit que fait une chaudronnerie en surproduction, dans l'électro ont a aussi un nombre incalculable de disques sans queue ni tête). Je constate également que de nombreux chanteurs ou chanteuses tentent des reconversions dans le cinéma après seulement 2 ou 3 albums. Il faut se rendre à l'évidence, tout style artistique finit inéluctablement par décliner (la musique classique et le jazz sont également, depuis déjà un certain nombre d'années dans une impasse flagrante), il n'y a pas de raison que les styles musicaux de la deuxième partie du XX siècle fassent exceptions, quelque soit l'impact qu'ils ont pu avoir et le rôle qu'ils ont pu jouer à un moment donné. Nous sommes certainement nombreux à s'être demandés un jour si toutes les plus belles mélodies avait déjà été écrites et tout amoureux de la musique est un sorte de chasseur, parti dans une quête sans fin de nouvelles perles. Il parait évident qu'au fur et à mesure des découvertes et avec le temps l'amateur de musique tend à être de plus en plus blasé. Afin d'illustrer, on peut prendre l'exemple de la recherche de l'idéal féminin : physiquement, toutes les femmes ont deux yeux, un nez, une bouche des cheveux... Les variations semblent limitées et pourtant, on va de surprises en surprises (Kate Moss, Claudia Schiffer, Cindy Crawford, Emily Ratajkowski, Adriana Lima...). On en arrive à se dire que cela ne s'arrêtera jamais et pourtant, en vieillissant on commence à confondre certains visages, c'est le signe qu'on commence à être blasé (et aussi qu'on a vu beaucoup, beaucoup, beaucoup de visages). Bref, revenons à nos moutons, c'est au même âge qu'on commence à trouver beaucoup de ressemblances entre les nouvelles productions et d'autres plus anciennes. Les plagiats ne sont pas une nouvelle chose mais, ça tourne parfois au grotesque : la dernière coqueluche de la planète "fashion" c'est une chanteuse qui s'apelle Lana Del Rey et c'est une catastrophe. Cette nana, sortie nulle part a fait l'objet d'un buzz hystérique sur Internet avec le pompage d'une jolie mélodie (un peu flaibarde quand même) d'un obscur groupe Grecque (l'écoute sur You Tube est accablante). La fille s'est fait refaire complètement le visage à même pas trente ans, s'habille rétro, susurre quelques paroles sans émotion et a appelé son album Born to Die. Le coup marketing c'est de surfer sur la vague des divas qui meurent jeunes (comprendre Amy Winehouse) : c'est déguelasse sur le principe, sans aucune subtilité et avec une ambition artistique très limité. Sinon, il y a Lady Gaga qui a repris le flambeau de Britney Spears, qui elle-même l'avait pris à Madonna, et il faut lui reconnaître une certaine ambition et un sens du visuel soigné. Mais le problème c'est qu'en 3 ou 4 ans Madonna avait déjà sorti assez de tubes pour faire un Best Of qui se tienne tandis que je ne sais siffler d'une chanson et demi de Lady Gaga sous la douche ("Poker Face" date d'il y a 4 ans). Allez, je m'arrête là, sinon je vais avoir l'impression d'écrire un livre

Alors, d'accord ? Pas d'accord ? Des artistes récents mainstream qui vous donne des raisons d'espérer ? Billie Eilish ?

Message
luapluap › mardi 13 avril 2021 - 11:09

Le temps que tu passes à débattre, écrire des pavés pour savoir si la musique ça vaut encore le coup : passe-le à chercher de la bonne musique, t'auras ta réponse.

Message
Wotzenknecht › mardi 13 avril 2021 - 12:26
avatar

Oui, et arrête aussi de philosopher sur les femmes, si possible.

Message
Warsaw › mardi 13 avril 2021 - 13:32

Schopenhauer avait dit que la musique pourrait exister même sans le Monde. Donc elle arrivera bien à survivre sans le CD à 120 balles...

Message
Procrastin › mardi 13 avril 2021 - 15:00

Microbe 666 a posté un article de france culture intéressant dans "vous écoutez comment là" qui arrive à la conclusion inverse de ton postulat de la disparition de la zik en tant que produit à cause de la dématérialisation (si j'ai bien compris une partie de ton postulat?).

Pour ça, "hyper stéréotypées et très sectorisées (par âge, sexe, niveau social et intellectuel)" tant qu'à être dans du doigt mouillé je trouve que c'est le contraire : ya plus besoin d'être co-opté par une troupe de personnes arborant les bons codes et postures pour justifier d'un intérêt pour tel ou tel style, avec ses rites à la con, ses idéologies etc (ce qui était mine de rien le cas de quand j'étais ado) ; pour le niveau social le pognon est moins déterminant si tu ne fétichise pas l'objet ; et pour le niveau intellectuel j'ai jamais trop compris d'ou vient le rapport que les gens font entre zik et intelligence : éducation à la limite, mais intelligence... La zik reste principalement une affaire de ressenti quand même. Amha la clef c'est encore la curiosité, et ajd le net la facilite grandement.

Et puis ya du nouveau en terme de style mais on devient vite trop vieux con pour pouvoir leur reconnaitre des qualités (au hasard, le nightcore). Blague à part, ya quand même beaucoup de choses qui tendent au syncrétisme, en musique comme ailleurs. C'est pas toujours heureux mais ya quand même des perles dans le tas. Et bon, les styles c'est quoi? c'est souvent un jean-journal qui a attribué une étiquette à des trucs qui se ressemblent plus ou moins vaguement avec des critères de lieu et/ou de génération en commun... Ceux qui en parlent rangent les gens qui en font dans des cases pour étiqueter le produit.

(Tout mon blabla de bistro mériterait moults nuances mais j'ai pas envie de faire plus d'efforts, il fait beau, je vais faire des semis.)

Message
Dioneo › mardi 13 avril 2021 - 15:28
avatar

Sérieux Procrastin... Tu fabriques des camions ???

Hum... Et sinon j'ai rien d'intelligent à dire sur le sujet du ci-présent sujet. Je crois que le "tout est fini tout a été dit c'était mieux avant maintenant y'a que des mélanges en moins ben de redites de quand j'avais pas la flemme et toutes mes dents/cheveux/belles années devant moi etc. ...", ça m'a toujours gonflé, en fait. Ça ne veut certainement pas dire qu'il faut s'interdire toute critique de "la modernité" ou du "post modernisme" ou quoi hein mais... Voilà, comme dit par d'autres plus haut, tout le temps passé à se lamenter... Bah c'en est autant de "mort", pour le coup, alors autant le prendre à faire un peu autre chose, non ?

Message
Dun23 › mardi 13 avril 2021 - 16:01

Bah, dire c'était mieux avant ou rien ne se créé vraiment de nos jours, ou je ne suis pas capable de siffler un titre de Lady Gaga (ou les fameux Despacito et en bande organisée, les titres sont arrivés jusqu'à chez moi, pas la musique, parce que je m'y refuse) en comparant avec les chansons entendues dans sa jeunesse, c'est assez symptomatique du: on prend cher quand on vieillit. Ça veut pas dire que dans 20 ans, t'auras pas des couillons pour te dire qu'aujourd'hui, c'était l'époque où on faisait encore de la bonne musique en prenant Ed Sheeran ou pire, Jul pour exemples.
Le fait que oui, effectivement, à l'heure actuelle, ça pompe beaucoup dans le passé, ça parait flagrant, certainement parce qu'on vit à l'ère hyperconnectée, et pourtant, t'as les Beatles qui ont pompé des idées à Chuck Berry, voire carrément reproduit une ligne de basse sur I saw her standing there ou Gainsbourg qui te "sample" Dvorak sur Initials B.B.
Je reste persuadé qu'il y a toujours des artistes intéressants et novateurs (cf: King Gizzard & The Lizard Wizard). Et oui, ils sont certainement durs à trouver mais cela a toujours été le cas, il me semble. Et ce n'est effectivement pas certain que cela nous plaise, à nous, les désormais vieux cons...

Message
GrahamBondSwing › mardi 13 avril 2021 - 21:53

Ca doit être de l'avoine le semis de Procrastin, j'ai reçu la moisson en pleine face...
Bilan :
Pour : 0
Contre : 6
Bon ça veut dire que cette convergence "Styles qui s'essouflent même si c'est subjectif" + "Démat" + "tout gratos" + "Lana Del Rey ou x ou y", n'est qu'un concours de circonstance malheureux et que mes conclusions de X-er assumé sont foireuses. Pas encore écouté le truc de france culture, mais ça m'intéresse. J'ajouterai que j'ai une foi inébranlable dans l'underground pour produire de l'underground de qualité jusqu'à la fin des temps. Déçu que l'analogie entre la musique et le musée imaginaire des bombasses n'ait pas trouvé son public : c'était au moins du 17/20 au bac de français.
Bonne deuxième mi-temps !

Message
Klarinetthor › mercredi 14 avril 2021 - 01:09
avatar

Bah j'ai l'impression que tu soulèves des problèmes qui te sont particuliers - même si comme le remarque fort justement Dioneo on peut avoir l'impression de lire souvent des discours du type du tien. Et que tu trouveras plein de choses passionantes à en tirer, qui diront des choses sur GrahamBondSwing plus que sur l'"état actuel" de la musique. Trouve la brèche que tu veux explorer et tu reconsidéras ce que tu pensais figé. Les considérations sur la mort de la musique et lady gaga vs l'autotune vs madonna te paraitront lointains.

Perso là où j'ai l'impression de devenir un vieux con c'est quand je m'aperçois que je pense de plus en plus souvent au fait qu'il me sera physiquement impossible d'avoir le temps d'écouter, voir et lire la totalité de ce qui m'intéresse déjà à l'heure actuelle. En particulier en lecture, mais également en films. Et pourtant je continue de passer la moitié de mes journées à écouter de la musique... Peu importe l'état de la musique actuelle ou ce que le Mainstream propulse et promeut, il n'y a jamais eu autant de musique accessible. Peu importe qu'elle soit d'hier ou d'aujourdhui, finalement l'enregistrement fait qu'elle est mise au même plan temporel que la musique diégétique de ta vie.

Allez je retourne à Bergson tiens, en parlant de temporalité.

Message
Damodafoca › mercredi 14 avril 2021 - 11:23

Chaque nouveau grand courant correspond aussi à une nouveauté technologique. Et à partir de là, on peut recouper les deux. L'électricité a amené le rock, et le MIDI (pour aller vite) a amener la musique électronique (je mets dans le même panier la techno et le rap). Ceux qui s'interrogent sur les avancées des instruments et de la techniques sont assez d'accord pour dire que désormais, les prochaines évolutions auront plus à voir avec les interfaces même qu'avec les instruments.

Je pense qu'il y a une question de perception. Tu déclines des sous genres qui se ressemblent tous (techno, house / reggae, rock, ska) mais c'est clairement une question de génération. Si on s'en tient au grandes familles, le punk vient du rock et c'est lui le grand phénomène. Donc le dernier grand mouvement (ie. électronique) date des années 80 (en gros). c'est pas si vieux.

A l'inverse, on pourrait aussi voir que tu as zappé le dubstep, qui a été éphémère mais important : le voilà ton mouvement des années 2000-10. Et j'imagine que dans 10 ou 30 ans, on regardera la "pop urbaine"comme un objet à part entière...

Message
GrahamBondSwing › mercredi 14 avril 2021 - 15:57

Intéressant cette histoire Dubstep... j'ai même envie de généraliser en disant que c'est au niveau rythmique qu'il y a eu le plus de nouveautés ces dernières années (je parle toujours du versant mainstream/commercial de la musique), ou disons plus modestement que c'est un des éléments majeurs dans l'évolution récente. Ca me fait penser à une vidéo de Florent Garcia (Youtubeur vulgarisateur musical avec un esprit de synthèse de ouf) qui parlait de ces petits décalages qu'on a de plus en plus dans les productions rap/pop urbaine : ajout d'un temps ou d'un demi-temps par-ci par-là, ce qui pouvait être à l'origine (si on remonte à quelques années en arrière) perçu comme non-intentionnel mais qui est devenu maintenant un élément stylistique dont le but est d'obtenir cet effet de flottement qu'on pourrait presque qualifier de "free".
Concernant la Pop Urbaine, je ne sais pas si comme le dit Damoda, on en parlera comme un style à part entière ou bien alors si on y fera référence comme un son identifiable, un peu comme on reconnaît aujourd'hui les sons caractéristiques des années 80.

Message
Gouzi › mercredi 14 avril 2021 - 20:40

Le dubstep c'est resté assez localisé en GB , non ? Bon, il y a eu notamment High Tone par ici mais c'est quand même resté assez anonyme.

Alors quelques constantes quand même depuis la fin des années 90, concernant la scène rock au sens large puisque je suppose que c'est un peu à cette scène que fait allusion Grahambond lorsqu'il parle de « musique populaire » .

Désertation du rock par les masses populaires ( une musique de vieux m'avait dit il y a une dizaine d'année un petit con qui écoutait entre autre High Tone ) qui se sont orienté vers le rap , l'électro, la techno ( on ne citera pas la dance vu que ça ne date pas d'hier) .

Pas de mouvement au sens musique et état d'esprit allant de pair, autrement dit au sens culturel du terme ( même si l'absence de culture peut prendre un sens culturel vu que c'est à se demander si on est pas un peu arrivé à la fin d'un cycle culturel en occident, après avoir franchi les portes de la mondialisation, fin des idéaux religieux , politiques, familiaux etc effet certainement accentué par le net et la mise en correspondance globale).

Le rock , en tant qu'essai d'affirmation de la jeunesse post ancien monde 1945 ( guerres récurrentes entre pays européens ) a été confirmé, puis en quelque sorte infirmé via Curtis, Kobain, Cantat et le combat s'est orienté coté rap d'une part, puis a été anéanti coté électro-tecno hédonisme à tout crin, prolongement de l'individualisme du leader du groupe ( de rock) vers son propre anénantissement , c'est-à dire vers sa continuité logique, l'individualisme de l'auditeur seul face à la musique.

Je suis d'accord avec Graham dans un sens : il s'est passé un truc coté musique populaire, le rock ne faisant plus peur à personne, la jeunesse de la jeunesse du rock étant devenue les adultes voire les vieux d'aujourd'hui, les jeunes n'étant donc plus les esclaves d'une culture parentale travail-famille-patrie reproductive. La revendication s'étant notamment orientée cotée anciennes colonies en quête d'identité et d'affirmation et la pop en suivant plus l'évolution culturelle vu qu'il n'y a plus d'évolution culturelle dans la continuité du siècle des lumières mais une involution , une absorption dans une mondialisation désormais dominée par la Chine.

Tiens, on en arrive finalement au nightcore plèbe iscité par Procastrin ( " Et puis ya du nouveau en terme de style mais on devient vite trop vieux con pour pouvoir leur reconnaitre des qualités (au hasard, le nightcore.Blague à part ..."). https://www.youtube.com/watch?v=Vdygd64Hv_I Refaire du neuf avec du vieux sommes nous condamné à cela ?

Pas sûr, le gros problème étant , à mon petit avis , que les point de repères ont explosé et qu'en conséquence nous manquons d'assise . Ce qui devrait-être propice à la création ? Pas forcément parceque justement, manque d'assise donc repli vers le passé. Bah faisons confiance à l'instinct de survie, il en a vu d'autre. Tant qu'il y aura de l'intelligence et du cœur, ça donnera toujours quelques trucs accrocheurs ( ou pas) https://www.youtube.com/watch?v=yibg8Hph9bM

Et se souviendre que les fachos c'est toujours les autres.

Message
Procrastin › mercredi 14 avril 2021 - 23:11

(putain de re déco avant post, je re en condensé)

Plèbe et Masses, voilà de vilains mots... ( même si l'absence de culture peut prendre un sens culturel vu que c'est à se demander si on est pas un peu arrivé à la fin d'un cycle culturel en occident, après avoir franchi les portes de la mondialisation, fin des idéaux religieux , politiques, familiaux etc effet certainement accentué par le net et la mise en correspondance globale). Bouzi, ton postulat me semble tout à fait post-moderne du coup. Je ne vois pas trop ce que viens faire le terme facho dans la discussion, tu parlerais pas plutôt de réac?

Pour revenir au nightcore (qui m'insupporte aussi), les jeunes mecs qui en écoutaient avec qui j'ai un peu échangé étaient aussi des musiciens qui faisaient du drone, de l'ambiant et du noise ; donc dans une approche (au moins) sensorielle assez extrémiste. Je n'ai pas l’impression que ce soit vraiment ou seulement une démarche de réappropriation générationnelle mais plutôt une sorte de radicalisation, de subversion des codes matraqués "des ainés" (et aux ainés) - parce que le fond de la culture de masses ( pas celle que les classes populaires choisissent donc, mais celle qui est préparée pour elles) est désormais bien visible et donc conscient chez ceux qui arrivent.

Il y a un coté assez ludiquement nihiliste dans le nightcore, kawaii mais brutal, coté qui cache et/ou exacerbe un peu la crise de sens qui frappe tout le monde de plein fouet. Et beaucoup de colère et de dépression aussi, comme dans la culture troll qui à une inclinaison à tout antagoniser (culture troll qui vient en fait de notre génération) et qui est malheureusement un des ponts générationnels les plus prégnant. Pour revenir purement à la zik les jeunes zikos sus-mentionnés étaient tous à donf sur ça, un truc syncrétique (syncrétin?) avec un fond bien punk. Pas ma came du tout, mais intéressant.

Par contre j'ai plutôt l'impression (toujours au doigt mouillé hein) que les jeunes risquent d'être bien plus radical et innovant que ce que notre génération suppute, notamment par esprit de synthèse ; et pas seulement au niveau culturel(et tant mieux). Bon, pour ça faudrait qu'on/ils soit/ient un peu moins docile et flippé avec les mesures "sanitaires". Quelle jeunesse de merde pour eux sinon...

Ah et puis tiens, dans les trucs nouveaux ya aussi eu les sorties de Pc music chroniquées ici, la synthwave le vaporwave... (que des trucs que je ne connais que très vaguement par ailleurs, mais ya des trucs plaisants dans la synthwave).

Message
nicola › jeudi 15 avril 2021 - 10:46

Et après la post-musique, c’est la post-post-musique ? On va écouter les oiseaux et les bruits de la ville ?

Message
GrahamBondSwing › jeudi 15 avril 2021 - 11:39

Eh bien ça se remplit ! Intéressant tout ça...

Message
Damodafoca › vendredi 16 avril 2021 - 11:31

Ça ne tient pas que du rythme. Enfin à mon sens. (je reviens sur le dubstep). Je trouve que ça a redonné un nouvel élan à la musique électronique. Ça a redonné de la vigueur à une électronique plus sombre, et ça a permis indirectement à un tas d'artistes et de label d'émerger. Avant le dubstep, la musique électronique du début des années 2000 était très marqué par un côté hyper festif. y avait même ce sous mouvement fluo kids, et des artistes "dandy" (tiga). Avec le dubstep, y a un aspect plus sombre qui est revenu, qui avait un peu disparu avec l'explosion de la techno fin 90, début 2000. Ça a permis l'émergence de gens comme Shackleton, Raime, Blackest ever Black, Prurient, Modern Love, Andy Stott, Burial, Raster Noton de se faire une place plus importante. Tout ça est à mon sens assez indirecte mais bien présent. Si tu vas voir ce que met en avant aujourd'hui une distro assez importante en terme d'influence aujourd'hui comme Boomkat, tout découle de ça.

Si on cherche des sous genre dans le rock, les années 2000 ont quand même vu l'explosion d'un nouveau black metal, plus élégant, plus acceptable. On peut aussi voir les groupes de metalcore et de post black (c'est assez lié). Le post hardcore a été un très gros trucs vers 2005. le funeral Doom aussi. tout ça a été assez furtif, mais n'oublions pas que le punk c'est un mouvement qui a été vraiment vivace pendant 5 ans. Le drone et les musiques expe de ce type ont aussi complètement explosé. Certes, Earth a sorti son deuxième album au début des annes 90, mais la scène qui a suivi a vraiment émergé vers 2005.

la Trap c'est quand même un truc très actuel. Et important. Le son restera. Idem pour l'auto tune. Idem pour toute la scène chill hop et lo-fi hip hop. Tu écoutes des mecs qui en font (et en plus c'est hyper intéressant car le modèle économique est complètement inédit et autonome) y a zéro culture. Les mecs vendent des millions de streams et ne connaissent pas Jay Dilla. Mais si on veut, aussi, ça reste des dérivés de Sugar Hill Gang...

Mais je pense vraiment que ce qui te marque à ton adolescence et ta "jeune adulterie" (sic) est crucial et te donne un regard particulier. L'impression de ne rien voir de marquant passé ton époque de découverte a existé avant et se répercute chez d'autres. On dira que le post rock est un mouvement important, des plus vieux te diront que ce n'est que du Can remis au gout du jour. On ne voit pas le truc de Lady gaga ou de la pop urbaine, mais peut-être que ces artistes auront apporté des choses à cette génération qu'elle même ne retrouvera pas dans 20 ans. Je vois beaucoup de gens, qui aujourd'hui vénèrent Isis ou Cult Of Luna. Quand c'est apparu au début des années 2000, c'étaient des groupes qui laissaient assez perplexe des gens qui avaient connus Breach et Neurosis. Les gens qui ont 25-30 ans, pour eux, c'est intouchable.

Sinon, Rick Beato vient de sortir une vidéo sur les 20 outils qui ont changé la musique. C'est vrai que le format a aussi pas mal changé la donne. Le CD a permis les albums et morceaux plus longs, le streaming favorise dans l'autre sens les morceaux plus courts. On voit que des grands artistes comme NIN, Autechre, Massive Attack, s'affranchissent du format album et vont dans tous les sens depuis 5 ans. Ça aussi c'est important je pense.

Message
Gouzi › vendredi 16 avril 2021 - 13:01

"Si on cherche des sous genre dans le rock, les années 2000 ont quand même vu l'explosion d'un nouveau black metal, plus élégant, plus acceptable. On peut aussi voir les groupes de metalcore et de post black (c'est assez lié). Le post hardcore a été un très gros trucs vers 2005. le funeral Doom aussi."

ça ne concerne guère que la sphère métal et si la sphère rock est concernée, ce serait surtout dans le fait d'avoir été phagocitée par cette dernière. D'ailleurs on peut même faire remonter le phénomène à la seconde moitié des années 90, alors que le rock commençait lentement mais surement à s'éteindre en terme de renouvellement, avec l'émergence du néo-métal ou encore du métal gothique ( dans la continuité du doom death mais pas que comme en témoigna le virage momentané, à cette époque, d'un groupe comme Kreator ).

Message
Damodafoca › vendredi 16 avril 2021 - 14:17

J'ai essayé de taper large mais forcément j'ai pas pu être complet. Donc oui, j'ai rien cité de purement rock, mais pour moi, tout cela revient à la même racine... Si il faut aller chercher des chapelles en tout genre, le rock a eu quand même un gros passage rock en jean trop serré avec un son assez identifiable (strokes, libertines, white stripes, Franz Ferdinand, artic mokeys, bloc party...) qui, même avec une approche un peu rétro ("retour a un rock simple et direct") est quand même très largement un produit de son temps qui en porte les stigmates aujourd'hui à l'écoute.

Par rapport à ce que tu dis sur l'arrivée du néo et autre, je pense que la décennie 90 est typique des fusions et de l'émergence de l'indépendance (à mettre en opposition au rock fm et au hard rock de stade) et que tout ça découle des Pixies et Nirvana dans un deuxième temps. A partir de là, tu as le néo, la fusion, mais aussi des groupes comme Tortoise (qui vient faire le mélange du rock allemand, de l'électronique expé anglaise etc...), du ska (no doubt, sublime), l'indé à gros son (nada surf, cranberries) ou même des groupes big beat (appolo 440, Crystal method...) qui ont tous un fond d'esprit commun. Mais ça reste des circonvolutions autour du rock.

Message
CeluiDuDehors › mardi 27 avril 2021 - 22:31

La fin annoncée du support physique et la prolifération de contenu enregistré mettent peut être fin - enfin? - à l'obsession de vouloir absolument créer et chercher du nouveau comme fin en soi. Le commun des mortels n'aura jamais assez de temps pour "consommer" ce répertoire moderne déjà existant sans en avoir seulement effleuré que la surface. Au final, ces 100 années de musique enregistrée sont déjà en soi une anomalie dans notre rapport à la musique, et cela va peut être redonner une plus grande place à la performance, à l'interprétation, et à la pratique musicale, avec peut être un aspect social plus marqué, comme dans le bon vieu temps au final, la boucle est bouclée !