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Séries télé

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Raven › mercredi 11 novembre 2020 - 23:15
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J'ai lâché Justified et je me suis plongé - vieux motard ? - dans Mad Men, série que je prenais par préjugé pour de la pure tapisserie vintage-réac lors de sa diffusion.

Comme l'analyse bien Rastignac : ça fume. Beaucoup, beaucoup, beaucoup... Et partout. On y respire un air moins pur qu'en plein Droit de Réponse avec Gainsbarre bordel. Et ça boit presque autant, en devisant sur l'alcool ("votre génération ne sait pas boire, la notre boit parce que c'est bon") et le tabac (très belle genèse du slogan Lucky Strike au passage), et... Les femmes. Ou plutôt : les gonzesses. Qui avec le tabac et l'alcool forment une sorte de triangle thématique, avec la publicité (et en creux le capitalisme) à l'intersection des médianes. Elles sont traitées comme des boniches dans à peu près la moitié des scènes, comme un bout de viande dans l'autre moitié, et la série insiste bien dessus, et encore, et encore, années 60, condition des femmes, de façon aussi subtile que dans un Mel Gibson... D'ailleurs, au point où j'en suis (moitié de première saison) ce n'est pas sans me rappeler un mélange de What Women Want (1ère partie surtout, quand Mel est en mode full connard, mais pour le job des personnages aussi) et... OSS 117 ? J'oubliais les noirs et les juifs... Ah et American Psycho ? Y a un côté American Psycho aussi, ouais... tous ces costumes impeccables et ces cheveux soigneusement gominés, c'est quand même glaçant.

M'bref c'est assez cosy et ça se déguste tranquillement, cette merde !

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merci pour le fusil... › jeudi 12 novembre 2020 - 09:44
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Regardé distraitement par dessus l'épaule de madame. Tu vas te rendre compte au fil des saisons que la tendance s'inverse complétement et qu'on tient non pas un truc réac enfumé mais bien une série pour femmes, avec des scènes lourdes et moralisatrices dénoncant le vilain machisme et la toute aussi vilaine société de consommation, ainsi que d'innombrables coucheries et engueulades interminables -permettant de remplir d'étiques intrigues. Et je te passe tous les moments Oui-Ouiesques où le scénariste a allumé des feux de forêt pour signaler qu'il "déconstruisait" son personnage principal. N'est pas Hubert Selby Jr qui veut.

J'ai souvenir, en revanche, d'un passage très drôle incluant du LSD.

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Rastignac › jeudi 12 novembre 2020 - 10:14
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la scène où le héros se pinte la gueule alors qu'il est censé "bricoler" pour la maison... la scène des hare krisna en transe... la découverte du slogan "hippie" pour coca cola... y a tellement de flash nawak dans ce film de trouze heures... j'ai pas vraiment scotché sur les histoires de femmes, je pense qu'ils ont voulu juste brosser ce moment de début d'émancipation morale à partir des années 60, la réalité du boulot féminin, son évolution. La nana du héros est d'une cruchoterie abyssale, et pourtant au fond du trou arrivera quand même à mettre à l'amende notre beau gominé qui n'est (depuis le début) que l'expression de son boulot : de l'enfumage, du blabla, rien que du vent (et de la fumée et du liquide).

ps sur justified : il est vraiment bon Olyphant dans Deadwood, parce que le rôle lui allait comme un gant : un gros bourrin naïf, ultra raide pas souple, qui a comme seul argument les coups de poing dans la tronche, qui se fait entourlouper par le premier escroc ou la première femme venue... Par contre dans l'épisode final dix ans plus tard, il a pris trois camions dans la gueule, il semble ultra fatigué, et là ça marchait moyen le côté raide comme une corde de potence...

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allobroge › jeudi 12 novembre 2020 - 22:44

Ah Madmen la grande classe, clopes, whiskies et petites pépées non stop et c'est vrai que cela a un petit coté American psycho ( quel film ) coté look. Par contre l'épopée de l'insuportable Blondin et ses trycicles est un vrai nanard, une bouse intersidérale !

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(N°6) › lundi 16 novembre 2020 - 17:15
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La série documentaire Wild Wild Country (2018), produite pour Netflix à propos d'une histoire totalement dingue, l'installation de la communauté du gourou Bhagwan Shree Rajneesh, connu depuis sous le nom de Osho, dans la montagne de l'Oregon au début des années 80 et les troubles causés dans toute la région.

C'est objectivement super bien fait et l'histoire est tellement improbable que c'en est vraiment prenant. Ça ouvre plein de questionnements sur une multitude de questions sans avoir à appuyer dessus (sur les aspirations de la génération des baby boomers riches à plus de spiritualité, l'héritage tout pété des hippies, sur le phénomène de colonisation d'un territoire grâce à une puissance économique, sur la nature d'un culte et son rapport avec le capitalisme voir le discours marketing etc...) et c'est rempli de personnages assez incroyables, le plus marquant étant bien sûr Ma Anand Sheela, secrétaire de Rajneesh, hyper intelligente, déterminée, provocatrice... et présentant clairement des tendances sociopathiques (aucun remord alors qu'elle est quand même responsable de l'empoisonnement de la ville d'à côté à la salmonelle, de plusieurs tentatives/projets d'assassinats sur des élus/membre du culte entre autres joyeusetés). Le gros point fort c'est l'incroyable richesse des archives d'époque utilisées. Ahh, ces cohortes de chevelus Rashneeshiens en dégradés de mauves et roses portant fièrement des... euh... AK47 pour se "défendre" contre les méchants autochtones. Cette bonne bouille de Bhagwan en permanence en namasté, arborant un sourire de nounouille et un regard qui ne cligne jamais (c'était un maitre hypnotiseur), genre Père Fouras bling-bling (17 Rolls Royce quand même, vazy même Booba il peut pas test)...

Le petit souci quand même c'est que le docu, à force de vouloir ménager la chèvre et le chou pour des raisons de "neutralité" (et de construction spectaculaire), passe à côté d'un bon nombre d'éléments factuels qui condamnent beaucoup plus fermement la secte d'Osho (des détails sont dispo dans divers articles ici et là). On a tendance à épouser trop le point de vue de chaque intervenant, avec renfort de force musique emphatique omniprésente et effets spectaculaires de toute sorte (encore une fois, toujours très bien foutus). Donc y a une petite confusion quand même au final sur la réelle portée des évènements et la nature vraiment sectaire du culte (en laissant trop d'ambivalence sur Osho et par la même chargeant Sheela, qui par ailleurs sera quand même filmée avec grande complaisance dans la conclusion), même si globalement c'est pas possible de passer à côté du fait que c'était vraiment pas très clair tout ça. Bref, c'est pas du Marcel Ophuls ni du Barbet Schroeder (qui eux aussi laissent s'exprimer les témoins sans avoir à commenter mais n'oublient jamais leur point de vue).

Ceci étant dit et toute réserve faite, ça reste vraiment une très bonne série documentaire, objectivement passionnante à suivre jusqu'à la fin grâce à ce (trop) grand sens de l'efficacité. Et quelle putain d'histoire.

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Dioneo › jeudi 19 novembre 2020 - 14:24
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En ce moment :

Santa Clarita Diet

Sheila Hammond (Drew Barrymore), agent immobilier très tranquille qui bosse en duo avec son mari Joel (Timothy Olyphant), et mère tout aussi raisonnable de leur unique fille, Abby (Liv Hewson) fait un malaise (euphémisme) pendant une visite. Elle tombe dans les pommes et quand elle se réveille tout va bien à un détail près : elle est morte. En tout cas son cœur ne bat plus, et elle se rend vite compte que son sang s'est épaissi en une espèce de gel (et ne coule plus, donc). A part ça, sa libido est ultra-boostée, et elle déborde globalement d'une énergie qu'on ne lui connaissait pas/plus. Vénèr dans son taf, elle incite aussi ses voisines et voisins à faire tout comme leur intuition leur dit - acheter une range-rover, se taper son crush mari ou pas... - parce que "on a qu'une vie" (oh oh oh). Ah oui, puis aussi : maintenant pour se nourrir, elle n'a pas le choix, il lui faut MANGER DES GENS.

C'est bien cracra-gore - entre étalage de tripes, croq'apéro à base d'orteils et décalitres de dégueuli verdâtre - et aussi souvent très drôle... Un vrai plaisir de voir la Drew en quadra posée voire planplan qui redevient "gourmande" à tous les sens du terme (dont un inédit donc). Là où j'en suis (deuxième épisode de la saison 2) on n'a pas vraiment d'explication sur "ce qui l'a rendue comme ça". Le ton casse-gueule qui "fusionne" (ou greffe, confronte, soude blablabla) sitcom familiale niaiseuse et pochade cradingue façon Peter Jackson des débuts se rôde vite, et ça devient rapidement plus que cette routine-là. Le jeu entres les deux époux, qui se rendent vite compte qu'ils ne pourront pas faire autrement et passent de "comment on va éviter de tuer des gens" à "qui et comment on peut tuer ''éthiquement'" est super bien mené. Globalement, les persos sont bien cool, écrits finement malgré le côté grosse farce et gros traits de certains (la fille ado rebelle mais qui aime sa famille, elle est juste un peu gênée - et son humour noir, parfois assez tordu, claque bien... Le nerd de service, Eric (Skyler Gisondo), fils de la voisine et beau-fils du voisin qui déteste son beau-père est bien cool aussi, dans sa geekitude soudain balancée "expertise en morts-vivants et autres bidules paranormaux"...).

Ça mêle assez bien absurde et "logique mécanique" et outre le plaisir, donc (douteux ?) de voir la Drew en train de bouffer les tripes d'un mec encore chaudes à même le corps du gars, façon lionne dans un docu national géo, ça donne un vent de "fraîcheur" à la thématique, sans sombrer dans la grosse caricature/huitième degrés.

(Et puis y'a même Sarah Palmer - enfin, Grace Zabriskie - en (personnage secondaire de) "baka" serbe pète-sec et décalée, qui m'a bien fait marrer aussi ! (J'ai pas percuté tout de suite que c'était elle, même - tellement ça me semblait improbable).

A la votre donc.

Et bon appétit.

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Rastignac › jeudi 19 novembre 2020 - 15:02
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ça m'a l'air bien zarb cette série de goinfreur ! faut voir comment ils vont ficeler la suite et fin d'un truc pareil...

Sur le docu sur Osho, j'avais essayé de regarder, je crois que j'ai vu que le début, ça m'a gonflé le montage, la musique, etc. Et puis j'apprenais pas grand chose de ce qu'on peut lire déjà ne serait-ce que sur wikipédia.

c'est devenu tellement l'archétype du maitre mégasyncrétique qui en profite pour palper un max en racontant juste ce que les gens veulent entendre ! le délire avec les ouate milles rolls, c'était le pompon. Le mec répondait en substance : "ben quoi, y a pas de mal à profiter". il a écrit plein de bouquins qu'on retrouve encore aujourd'hui en librairie...

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Dioneo › jeudi 19 novembre 2020 - 15:14
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Oui, pour Santa Clarita : je suis curieux de voir comment ils vont s'en sortir avec ça. En début de saison 2 où j'en suis, donc, "l'intrigue" s'épaissit un peu, ça se diversifie, il y a de nouveaux perso (Ramona... curieux de voir, donc, où ça va avec elle). Ça s'écarte un peu du "famille mignonne qui se retrouve en plein joyeux trip gore" de la première saison. Et tant mieux. (En espérant, oui, que ça va pas faire PLOF). Ah oui, les épisodes sont assez courts, aussi (moins de 30 minutes), ça rend la descente assez fluide. (GLOU).

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(N°6) › jeudi 19 novembre 2020 - 15:24
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@Rasti : bah c'est la "trop" grande efficacité dont je parlais (le côté Netflix), mais ceci dit, la richesse des archives fait que c'est tellement hallucinant à voir l'histoire se développer jusqu'à un point d'absurde total (le recrutement des SDF dans tout le pays pour peser sur les élections, l'empoisonnement à la salmonelle de la ville d'à côté, toutes les apparitions de Ma Anand Sheela !). Ça m'a bien obsédé. Aujourd'hui la fondation Osho c'est Big Business mais je pense que c'est sans doute un peu plus "clean", ils font tourner la franchise quoi. Ça ou Starbuck...

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Rastignac › jeudi 19 novembre 2020 - 15:57
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je me souviens aussi (pour ce qui est du plus glauque, empoisonnement des eaux, etc.) que le gars a joué la carte "manson" (ou le pimp si on veut), c'est à dire de s'entourer de psychopathes complètement dévoués qui vont faire le sale boulot pour qu'il passe tranquilou entre les gouttes. sauf qu'osho s'est pas fait choper lui.

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(N°6) › jeudi 19 novembre 2020 - 16:12
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Ah c'est sûr qu'une fois que Sheela prend la fuite, Osho lui colle tout sur le dos, OKLM. Après c'est difficile de savoir le degré de responsabilité des uns et des autres, vu qu'ils étaient tous quand même bien entamés, Sheela a quand même tenté de faire assassiner le propre médecin de Osho (en lui faisant planter une seringue empoisonnée dans le cul par une de ses lieutenants !), qu'elle suspectait de le tenir sous emprise et de vouloir le pousser au suicide. Bah Osho ils l'ont chopé et l'ont viré pour fraude à l'immigration quoi, faute de mieux...

Mais les autorités étaient complètement à la masse, ils ont rien compris à ce qui se passait vraiment. Et puis y a ceux qui criaient au racisme, alors que la communauté c'était 95% de bon crackers globalement plutôt riches voir très riches (la nouvelle secrétaire après le départ de Sheela, c'est la femme du producteur du Parrain !!!), sans compter que la communauté avait déjà eu les mêmes problèmes en Inde (qu'ils ont du fuir pour fraude fiscale).