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LES LIVRES QUE VOUS AVEZ LU.

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Dioneo › samedi 17 juillet 2021 - 19:38
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Et dans une optique pas du tout documentaire cette fois, je me suis dévalés également sans pause, de la Montréalaise Catherine Mavrikakis :

Deuils Cannibales et Mélancoliques

et

La Ballade d'Ali Baba

Faudra que je prenne un jour le temps de dire tout le bien que je pense de cette nana - de son œuvre, en tout cas, elle je ne la connais évidemment pas. De la même j'avais déjà lu Le Ciel de Bay City et Oscar De Profundis, et à chaque fois je trouve ça très fort. Ça tourne certes beaucoup autour des mêmes obsessions - funèbres - mais toujours avec une vigueur, une vitalité pas communes, bien singulières, une variété de forme qui ne donne pas du tout l'impression d'un éclectisme en dilettante, qui survolerait des figures imposées façon "esthétisme post post". J'aime beaucoup aussi son usage de l'autobiographique - qui est toujours ambigu, incertain, mais qui ne sonne jamais "autofiction" attentiste, narcissisme myope (attention, je ne dis pas que ça ne peut pas l'être d'une autre manière, narcissique, curieuse et détachée - et je ne suis pas sûr d'ailleurs que l'autrice nierait qu'il y en a là-dedans... enfin je ne sais pas mais je ne le jurerais pas quoi). D'ailleurs la "fictionnalisation", la survenue voire la nécessité de la théâtralisation, de la dramatisation dans le réel, c'est aussi un des sujets récurrents dans tout ce que j'ai lu d'elle - toujours pris sous un angle différent, avec des conséquences/selon des modalités dans ses histoires qui font que ça va aboutir sur du carrément funeste ou au contraire se muer en un motif féroce - de continuer à vivre, de ne rien lâcher envers la "plus petite" dramatisation ambiante, l'admise, la mesquine, celle qui n'est que conformation.

Vraiment, ça faisait longtemps que j'avais rien lu qui me saisisse comme ça - tout de suite et tout du long.

Message édité le 17-07-2021 à 20:13 par dioneo

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GrahamBondSwing › samedi 17 juillet 2021 - 22:40

Tous les romans de Tom Wolfe sont excellents. "Un homme, un vrai" est son deuxième, et je le trouve aussi bon que le précédent, le célèbre '"Bucher des vanités". La recette est à chaque fois la même (excepté pour "Moi, Charlotte Simmons"... Quoique), mais Tom Wolfe change bien sûr les ingrédients. On a donc une ville (Atlanta), un milieu professionnel (les richissimes promoteurs immobiliers) et comme pour le "bûcher des vanités", la question raciale et bien présente. C'est ce dernier point qui en fait un roman faisant écho à l'actualité, si on ajoute à cela l"affaire d'un supposé viol mais on est pas sûr en fait", on fait un strike. Disons le tout net, ça aurait été plus compliqué de sortir ce livre aujourd'hui, à l'époque de #MeToo et du Black lives matter. A la fin des années 90, c'était déjà assez courageux de la part de Tom Wolfe. Pour ceux qui ne le saurait pas, Tom Wolfe avait la réputation d'un auteur droitard, il n'a jamais caché avoir voté républicain, mais c'est un peu comme pour Clint Easwood : c'est une droite prête à dénoncer toutes les hypocrisies, une droite pleine d'humanisme... Bref, une droite, dont on se demande souvent si elle n'est pas à deux doigts de passer à gauche. Les hypocrisies, il les a mises à jour plus d'une fois durant sa longue carrière de journaliste (lire le "le gauchisme de parc Avenue") et ce n'est pas étonnant qu'il ait gagné le respect et l'admiration d'un Hunter S. Thompson, par exemple, confrère ("de gauche" serait un terme un peu fort pour décrire ce dernier, mais disons démocrate convaincu).

Pour revenir au courage de ce dandy sudiste adepte du Blanc sur Blanc, c'est de se mettre dans la tête de ses personnages, quelquesoit sa couleur de peau, son sexe ou ses origines sociales. Il s'agit donc, en grande partie, de montrer les petits comme les gros travers de nos contemporains, avec une ironie précise et mordante. Pas beaucoup d'oies blanches dans son histoire, mais pas d'âmes passées du côté obscur de la force non plus. On navigue souvent dans des zones grises. Alors, il y a quelques éléments de l'intrigue qui sont "un peu gros", ça serait peut-être mon seul reproche.

Ces milles pages feraient, un excellent film, ou à la limite une mini-série en 3 ou 4 épisodes, il faudrait juste trouver le réalisateur (Spike ? Tarantino pour les dialogues, à la limite?), mais toujours aucune adaptation, ni pour "Bloody Miami" (je verrai bien Michael Bay à la manoeuvre, après avoir vu "No Pain, No Gain"), ni pour "Charlotte Simmons" (Soderbergh, si tu nous lis...) non plus. Son seul roman ayant été adapté reste "le bûcher" qui se regarde tranquillou, hein, mais est bien inférieur au livre.

Eh mais, au fait, ça cause musique dans ce bouquin ? Pas tant que ça. Tom Wolfe ne pratique pas le name-dropping , il préfère inventer un rappeur répondant au nom de "Docteur Refouloir" (il faut absolument que je choppe une édition américaine) et toute une scène Country Metal qui semble avoir beaucoup de succès dans la région d'Oakland mais pas la peine googler les noms de "Pus Casserole", "Snuff Out", "The Pedophiles" ça ne donnera rien...

Message édité le 17-07-2021 à 22:45 par GrahamBondSwing

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Dioneo › lundi 19 juillet 2021 - 11:51
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Y'a eu L'Étoffe des Héros, de lui, aussi, adapté en film... Pas à proprement parler un roman c'est vrai mais sans aucun doute une "fictionisation" - sur les premiers astronautes américains... Vu ça gamin, je me souviens du film comme un truc assez épique-pompier... Apparemment y'a aussi eu une adaptation d'un "essai" (du coup je ne sais pas si ça tient également du "docudrama" ou quoi) sur un pilote NASCAR.

Ceci-dit sur le "courage" supposé du mec, j'ai quand-même l'impression qu'il était aussi, déjà au moment où il a sorti tout ça "en position de pouvoir se le permettre", non ? Je ne dis pas que ses positions étaient les plus courantes à l'époque mais bon... Par exemple "dénoncer les hypocrisies" du "gauchisme de Park Avenue" en 1970, à un moment où ladite nouvelle gauche était depuis un moment en train de bien se péter la gueule, un milieu politique dont Wolfe était sans doute peu ou prou proche n'y étant pas forcément pour rien, ou les "conservateurs" en profitant en tout cas bien pour revenir en force à ce moment là, je ne suis pas sûr que ce soit si "courageux" dans le contexte. (Quant à la tonalité "mais maintenant on peut plus rien dire avec meetoo et balck lives matter" de ton post, euh... Nan, j'aime autant pas rebondir, en fait. On va dire que t'aurais pu le dire autrement...).

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GrahamBondSwing › lundi 19 juillet 2021 - 21:25

Oui, bien sûr l'étoffe des héros ! Vu assez jeune, comme toi Dioneo, et quand plus tard j'ai appris que c'était une adaptation d'un essai de Tom Wolfe, j'étais assez surpris par rapport au style du film qui a un certain charme mais reste très académique dans la forme.

Je réponds sur "le courage" : tout est relatif, je compare pas non plus Tom Wolfe à Anna Politkovskaïa. Disons, qu'il a un côté sale gosse propre sur lui... Toujours prêt à bitcher à la sortie d'un dîner sur tous les invités qui étaient autour de la table... mais toujours avec style, c'est très important. Il a fait plein d'autres choses, mais c'est vrai que j'aime bien son côté : "Hé, je reviens du pays des riches et des puissants et j'ai quelques vacheries à vous raconter..."

Sinon, on peut tout dire, Pegasus inside ou pas, m'en fous, y a pas de lézard, mais ça m'a juste surpris de voir comment, dans ce roman, Tom Wolfe se met dans les têtes du maire et d'un avocat bien sapé, afro-américains d'Atlanta, en allant jusqu'à exprimer comment ils se positionnent "mentalement/intimement" par rapport/dans la communauté afro-américaine, en quoi ils font de cette question une force, un atout, ou bien une source de conflit intérieur. Alors je ne sais pas du tout, comment cela a été perçu au moment de la sortie du livre, mais j'imagine facilement, aujourd'hui, que quelques personnes lui balancent qu'il est vraiment mal placé pour faire ce genre de leçon de psychologie. Ce à quoi, j'ai envie de répondre : bien sûr qu'il n'est pas le mieux placé ! Mais ça fait partie de son job en tant que romancier, c'est une prise de risque qui donne toute la saveur à ce roman et qu'il faut saluer plutôt que le contraire.

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Gouzi › jeudi 16 septembre 2021 - 23:09

Pas lu mais ça vient de sortir et comme ça devrait en intéresser quelques un(e)s ici... Gothic Rock par Victor Provis ( déjà auteur d'un livre sur le shoegaze) - Gothic Rock : une anthologie en 100 albums 1979-2000 titre de l'image

Message édité le 16-09-2021 à 23:17 par gouzi

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Richard › vendredi 17 septembre 2021 - 17:31

Gothic Rock mais pas que...musiques sombres plus certainement puisqu'on y trouve aussi bien Lowlife que Death In June, Orange que Current 93. Ceci reste toutefois une belle introduction à ces sphères, les choix des albums étant plutôt larges. La préface évoque le mouvement au sens large ( pensée,influences, look), sa dernière partie les grandes familles (post-punk, death,batcave...) et au milieu ces galettes que l'on (re) découvre à travers le style habituel, alerte et précis de Provis.

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GrahamBondSwing › dimanche 3 octobre 2021 - 22:04

titre de l'image

A quelques exceptions près, je suis resté kéblo sur 3 auteurs, ces 10 dernières années : Hunter Thompson, James Ellroy et Tom Wolfe... J'ai adoré le style de chacun, tout en sachant qu'on peut trouver mieux, mais ça m'allait très bien comme ça. Pourquoi ce préambule ? Pour expliquer que Jonathan Franzen sait écrire et que j'avais un peu oublié ce que c'était... il y a des pages qui laissent vraiment sur le cul, avec cette impression que le mec est facile, il tente des trucs parfois vraiment étonnant. En dehors du style, l'histoire est géniale et comme j'y trouve dedans des éléments qui me rappellent ma vie personnelle, mon rapport à ce livre est devenu assez particulier au fur et à mesure des pages, comme si j'attendais des réponses à certaines questions et en même temps, j'ai un peu peur de découvrir la conclusion. Il me reste 200 pages et quelques à lire et malgré l'humour constant, le propos n'est pas joyeux, à ce stade je ne vois pas comment la suite de drames des premiers chapitres pourraient déboucher sur une fin optimiste. Mais je n'ai pas le choix, il faut que je continue, non seulement parce ces pages sont magnifiques mais aussi parce l'épilogue va certainement m'aider pour cette période, c'est noël dans moins de trois mois...

Sans surprise, l'auteur fait un peu de name dropping, plutôt classe d'ailleurs, on croise Greil Marcus et Stephen Malkmus sur un rooftop, par contre pour les Nomatics qui auraient été pillés par Nine Inch Nails, ça sent le fake (j'irai checker).

Message édité le 03-10-2021 à 22:05 par GrahamBondSwing

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A.Z.O.T › lundi 4 octobre 2021 - 12:21

Ah les correction... tellement bien ce livre. Il m'a convaincu de lire immédiatement tout le reste de l'oeuvre de Franzen (qui passe tout aussi bien, avec les mêmes structures de romans familiaux choraux). Les descriptions de personnages et l'intimité atteinte avec leur fonctionnement et leur manière d'être est assez dingue. Ca me fait penser que je dois me lancer dans strong motion.

Sinon de mon côté je viens de finir teranésie de Greg Egan, la traduction française est vraiment bof et les dialogues à rallonges sur les nucléotides m'ont un peu laissé froid comparé à ces autres livres. Je me lance dans The Echo Maker de Richard Powers (autre grosse découverte récente, son dernier The Overstory est un chef d'oeuvre)