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LES LIVRES QUE VOUS AVEZ LU.

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Dioneo › mardi 24 juillet 2018 - 12:37
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@Everlasting : Ben, le creux/artificiel, chez Mishima - ça peut saouler OK mais ça c'est une autre question, l'éternelle et simple/pas simple, celle du goût... Mais par ailleurs et en premier, comment dire... C'est nettement - AUSSI - un parti-pris ! Comme annoncé cash dans le titre d'un autre de ses bouquins - autobio-mytho, assumée, revendiquée, manifeste de son esthétique - ses personnages sont des Masques, dissimulés et exhibés-exhibos, donc, réceptacles et façades, possiblement profonds mais fabriqués etc. ... Bref, là j'ai lu ça, sinon :

Hypérion Victimaire, Martiniquais Épouvantable, de Patrick Chamoiseau.

Je ne sais pas à quel point ce bouquin en particulier est "représentatif" de l'œuvre du gars... Je soupçonne qu'assez peu ou de manière biaisée vu que c'est un un volume d'une collection bien particulière - Vendredi 13, série de romans plus ou moins policiers (Patrick Raynal semble dans le coup) avec apparemment comme "contrainte" un rapport avec cette dite supposée fatidique date. En tout cas c'est fort intrigant et ça me donne envie de creuser l'œuvre en question. La position de l'écrivain - ou du narrateur, plutôt, anonyme, censément neutre - est assez ambigüe, entre froide description des horreurs commises par le tueur (lui-même psycho glacial mais plein de discours) et nostalgie pour une culture créole disparue, noyée, dissoute dans le flot Trace TV etc., le crack, une sorcellerie de bas étage, "dévoyée", déracinée. Et finalement c'est en partie ça qui fait la richesse du livre : le vieux-moralisme des deux protagonistes "de départ", exposés dès le début est partagé par le tueur (le dénommé Hypérion Victimaire, donc) et le commandant de police Éloi Ephraïm Évariste Pilon (tenu en joue par le précédent, qui lui relate son histoire, ses crimes - et l'épisode qui tous les deux les a amenés là) ; les deux en tirent des conclusions apparemment contradictoires mais... Au fond "à part" les méthodes, l'autorité ou l'entité revendiquées (faut lire pour comprendre), les deux n'appellent-ils pas de leurs vœux une remise à zéro, un "nettoyage", un retour à l'identité "créole" ? Et qu'en dit Chamoiseau lui-même ? Eh bien... Peut-être qu'on s'en fout ! Il refuse en tout cas de se prononcer à la fin - je ne spoile pas mais la conclusion, la toute dernière phrase, peuvent surprendre - mais expose les tiraillements, le côté douloureux-de-toute-façon de cette "créolité" qui semble être son sujet, objet, motif... Et puis sacrée langue, qui fait tenir le truc et dévaler le lecteur : intense, elle aussi composite, accidentée mais exacte, lyrique parfois, brutalement pragmatique à d'autres moments quand ce n'est pas les deux à la fois. Étonnant bouquin, donc. Je ne m'attendais pas forcément à ça - l'ayant pris au rayon polars de la médiathèque, et le nom de l'auteur m'ayant auparavant plutôt évoqué, très vaguement, un "descendant" de Césaire peut-être un peu coincé dans cet "héritage". Si j'en crois ce récit là j'étais plutôt loin du compte, allez.

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saïmone › mardi 24 juillet 2018 - 16:26
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Claro > Le monde. Le pire ? Parfois ses traductions sont meilleures que les version originales... Ses traductions de Pynchon sont (de très loin) les meilleures traduction du marin (la trad' française de La Gravité est atroce). Et j'ose pas parler de Gass, Evenson et compagnie...

Pendant un temps j'achetais juste les livres traduits par lui, j'étais sûr de pas me tromper. En revanche, ses romans sont globalement assez mauvais (outre un gros problème "d'intérêt scénaristique", on dirait qu'il pastiche, je ne sais pas si c'est son inconscient ou quoi, mais ça fait "potache" involontaire et du coup c'est imbuvable)

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A.Z.O.T › mardi 24 juillet 2018 - 17:05

On est bien d'accord qu'il a traduit seulement Mason & Dixon et Contrejour du sieur Thomas ?
Je comptais m'envoyer Gravity Rainbow quand j'aurais fini les deux suscités (et laisser un peu de temps avant d'attaquer Jérusalem), j'avoue avoir des doutes sur ma capacité à le lire en anglais (j'avais tenté Vineland en VO et laissé tomber au bout de 20 pages, les phrases sont tellement alambiquées c'est un enfer de s'y retrouver (c'est aussi le cas en français remarque)). Tu conseillerais quoi ?

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A.Z.O.T › mardi 24 juillet 2018 - 17:09

Tiens je ne savais pas que c'était Claro qui avait traduit la maison des feuilles de Mark Danielewski (du coup je viens de voir qu'il était parti sur une série The familiar en 27 volumes de 880 pages chacun, quelqu'un sait ce que ça donne ?)

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saïmone › mardi 24 juillet 2018 - 17:20
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Sans doute de la merde vu les autres romans du gars...

Contre Jour est pour moi le chef d'oeuvre de Pynchon. Vente à la criée est excellent (et bien traduit, et court ! Traduit par le gars de la gravité, come quoi...!), Fonds Perdus est vraiment cool aussi ! (Nicolas Richard est un excellent traducteur aussi). Je me suis endormi sur V. Vice Caché est anecdotique, autant mater le film y'a la musique en plus ! Pour la Gravité je ne sais pas, ce livre est fou, même avec une traduction perfectible... (ce qui rend la lecture compliquée aussi faut bien le dire)

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Everlasting › mardi 24 juillet 2018 - 20:14

Dioneo:
Pour Mishima, que j'ai terminé à l'instant, je parlais surtout de la tentative de recréer la personnalité réelle de l'incendiaire. Le personnage est tout entier occupé par des considérations générales zen et d'esthétique, ce qui rend sa folie très littéraire, pleine de digressions et de questions rhétoriques. Dans son propre carcan de compréhension, Mishima essaie de rendre ce personnage possible, d'où l'impression qu'on ne colle pas tout à fait à l'incendiaire, et pas non plus à Mishima. C'est ambitieux et difficile comme entreprise, et au fond tout est allégorique dans ce bouquin, on parle de rapport au monde. Là-dessus aussi, la façon de penser japonaise, c'est un peu du Kant des fois, et pas facile à suivre (ir/résolutions de binarités etc). Tout cela dit, sur la fin je suis assez bien rentré dedans par rapport aux deux premiers tiers, et Mishima ne ménage en tout cas pas ses efforts, il y a des images prodigieuses même.

Pour Chamoiseau, j'aime énormément son écriture, pour le reste c'est un écrivain très polymorphe, dans le sens qu'il semble chercher des formats où décliner ses thèmes créoles. Solibo Magnifique est le plus proche que j'aie lu d'une enquête policière (y'a aussi l'inspecteur Pilon il me semble), c'était pas mon préféré (bien que j'aime l'idée). Chroniques des Sept Misères est déjà prodigieux dans la création d'une atmosphère martiniquaise merveilleuse, en éloge mélancolique et pittoresque de populaces qui vivent dans la débrouille, dans des rites qui disparaissent déjà. Le meilleur des trois que je peux citer, c'est incontestablement et simplement son épique Texaco.

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A.Z.O.T › mardi 24 juillet 2018 - 22:14

Bleeding edge est top en effet. L'ambiance napster - bug de l'an 2000 est extrêmement bien rendu, le mec a clairement une passion pour la description de gens mangeant au restaurant. C'est celui que j'ai trouvé le plus fluide avec inherent vice (le film m'a forcément déçu, vu qu'il fait l'impasse sur un milliard de détails). V très peu de souvenirs (à part des rats dans des égouts), mais ca commence à faire longtemps. Bien aimé vineland et ces histoires de jam jazz partouze en avion. L'entrée dans mason & dixon est assez aride, mais ca décolle à partir de l'arrivée aux usa.

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saïmone › mercredi 25 juillet 2018 - 15:50
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Mason et Dixon, je l'ai pas encore lui tiens, je l'avais oublié, il traîne chez moi depuis au moins trois ans !

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Aladdin_Sane › mercredi 25 juillet 2018 - 16:26

Tiens, La Maison des feuilles, je me rappelle avoir lu ce bouquin à l'époque de sa sortie de manière presque continue (j'étais cobaye pour un labo pharmaceutique dans un centre d'essai clinique donc je n'avais pratiquement que ça à faire). J'avais bien accroché à cette forme littéraire originale, pas sûr de relire ça un jour par contre...

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microbe666 › mercredi 25 juillet 2018 - 16:30

Ah tiens diapsiquir/cave du 18 va sortir un truc, ça me fait penser à ce topic... Donc ces 2 derniers mois :

Je suis né la même année que PSG (Grégory Protche, narrateur de Diapsiquir).

On avait parlé de Protche ici quelque part après sa lecture dans la « Cave du 18 » d'un bout de "A l'ombre des forets" de jean pierre martinet. J'avais donc regardé ce qu'il foutait, et profitant vraisemblablement de l'euphorie éditoriale d'une "coupe de foot perdue par l'argentine" publie-t-il un bouquin sur sa passion pour PSG. Je suis tombé sur une interview qui m'a convaincu de tenter (surtout que je savais à qui refiler le bouquin une fois lu ou feuilleté). Lien de l'itw : http://virage.paris/gregory-protche...

"Oui, j’y tombe avec l’adolescence, dans un truc de haine et de guerre contre le monde entier. Il n’y a qu’une seule équipe qui ressemble à la guerre contre le monde entier, c’est PSG. Moi, je ne suis pas fier d’être parisien, je suis fier d’être détesté par toute la province. C’est très différent des marseillais qui ont un truc positif dans leur sentiment d’appartenance. Il n’y a pas de truc parisien qui nous unit, les supporters de PSG. Et donc, ce qui nous unit, c’est cette détestation des autres, aussi cette nécessité de fabriquer une mythologie basée sur la défaite, les exploits qui ne servent à rien et toutes nos tares permanentes. PSG a passé son temps depuis ses débuts à acheter des mecs qui ne servent à rien. On a acheté Lucas quand même ! Van der Wiel, tous ces mecs… C’est une constante ! Je deviens donc supporter de Paris." Je ne sais trop qu'en dire, c'est un récit de vie. Je ne connais rien en foot, ça m'intéresse pas follement, mais il rend ça vivant, et puis il y a la banlieue, l'absence de père, le rejet de la nation, l’amour, la loose, et ça se lit !

Toujours donc dans cette curiosité pour Protche et Martinet (lequel, "parti de rien, a accompli une trajectoire exemplaire : il n'est arrivé nulle part." selon ses propres mots), mon dealer n’ayant pas "à l'ombre des forêts", je me suis rabattu sur "jérôme". Bon là on tient un truc un peu original, des chapitres sans paragraphes, une ponctuation réduite au minimum, pour ressembler à un long monologue fou d'un gros mateur de collégiennes et idiot volontaire, sans l’innocence. Du Dante en métaphore filée paraît-il, je ne l'ai pas toujours vu. Par contre j'y ai vu plein de Dostoïevski en miroir (et finalement du coup la même question morale qui est que si à la fin on meurt bah on fait ce qu'on veut ou pas ? Martinet y ajoute la folie - simulée ou non - et retire l’innocence).

Bergougnioux, totalement happé par "simples, magistraux et autres antidotes" qui a le même format que "le premier mot" dont rasti avait bien parlé, et que donc j'ai lu juste après. J'ai préféré "simples magistraux etc.", qui est sur les antidotes bergouniesques au fait d'être (?). Magnifique. Le premier mot j'ai été plus que séduit par toute la (grande) première moitié, et j'ai trouvé l'évolution vers l'écriture plus que laborieuse à lire, et paradoxalement, je n'ai jamais pu en lire les derniers mots (sur ma table de chevet, depuis plusieurs semaines, il me reste 3 pages à lire, que je grignotte ligne à ligne, parfois). Je ne me l'explique pas, et petit à petit je l'oublie.

L'Idiot, de Dostoïevski. Je sais meme pas s'il faut en parler. C'est toujours génial. 1100 pages en 5 ou 6 jours, j'en dormais plus.

J'ai commencé à rentrer dans Jerusalem (Alan Moore), mais le format (physique) ne me convient pas, j'y reviendrai quand j'aurai la bonne assise. Ca ressemble bien à un truc qu'on lit d'une traite aussi, en tout cas l'empathie pour la prolo-ïtude m'enjaille, c’est frais.

Robert Walser, petits textes poétiques. Magnifique. C'est de la littérature qui fait vivre (comme Fred 2 aidait à vivre). Eloge de la simplicité, en toute simplicité. Une marginalité très douce, dans laquelle on sent pourtant que l'auteur va se trouver extrait de la société. Des textes concis, précis, d'une page la plupart du temps.

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Dioneo › mercredi 25 juillet 2018 - 16:56
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Everlasting :

Oui, là-dessus on est d'accord : les personnages de Mishima - et spécialement dans Le Pavillon d'Or - ont quelque chose "d'êtres purement littéraires", substrats philosophiques agrégés, esthétiques. Mais pour moi l'hypothèse que ce soit parfaitement voulu et que la marge de "mensonge", d'artifice, avec les créatures de chair qu'ils seraient censé "décrire", lui compris (cf Confessions d'un Masque ou Le Soleil et l'Acier), soit parfaitement assumée, fasse partie de la volonté littéraire de l'auteur, me semble assez bien tenir. Je dois dire que je le lis comme ça, en tout cas, pour ma part. (La question de la réalité de ces être ou pas, du degrés d'inspiration qu'il aurait puisé ou non dans de "vrais gens de sa vraie vie" n'étant d'ailleurs à mon avis pas si importante - et dans les cas où il "parle de lui", ça fait d'autant plus partie du jeu). En passant, le film de Paul Schrader sur le gars - j'en avais causé sur le topic ciné ; le Pavillon d'Or est l'une des bases du film - est vraiment pas mal, et très axé cette distance esthétique, ce parti pris de "froid et beau mensonge", de distorsion littéraire, artistique, qui assujettit tout, sensualité, faits, la vie même de l'artiste (avec, oui, un rapport très japonais à la mort, notamment, à sa mise en scène, à sa "mise en service envers une cause" quitte à renverser ça dans son cas, à faire de la "cause impériale" une occasion de mettre en scène sa vie et sa mort, avec de plus en plus de "théâtre" à mesure qu'il vieillissait, écrivait, filmait, aussi...).

Pour Chamoiseau, j'ai prévu de creuser, de toute, au gré de mes prochains passages en médiathèque ! Et si possible d'attaquer par Texaco ou de me le garder en ligne de mire pas trop longtemps avant d'y venir, au moins.

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Everlasting › mardi 21 août 2018 - 15:32

Quelques coups de coeur estivaux
Les Dépossédés (Le Guin). Subtile plongée dans l'intérieur de l'organisation sociale, l'indépendance qui y demeure et ses traumas, et l'autre planète Urras en miroir.
Chaka (Mofolo). Écrin mythique donné à une destinée personnelle extraordinaire, toute faite de persuasion, de ruse et de brutalité
A good man is hard to find (O'Connor). Les simples gens, leur don à survivre et à mourir, à souhaiter la vérité et à tromper. Dans un sud aride et sans pitié.
Les Trois Soeurs (Chekhov). Les simples gens, leur dévalement, leur esseulement, rétrécis par l'âge, les circonstances et la futilité, malgré les petites et grandes secousses de l'amour et de l'espoir (infinis mais non partagés).

Sinon j'ai provisoirement arrêté Gravity's Rainbow après la première section, tant Pynchon m'énerve dans son délire maniaque. Je ne comprends pas non plus ce qu'il y a de drôle. Je suis d'accord avec la personne qui disait que Wallace fait tout ce que Pynchon fait, mais avec une histoire et des personnages prenants, humains et émouvants.

Et je viens de commencer:
Qui m'a l'air très intéressant. Et précurseur de Joyce, il semblerait.

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taliesin › mardi 21 août 2018 - 16:04

Je vois que l'on parle de Pynchon ! J'ai presque tout lu, me reste encore 'À contre jour'... J'avoue que la taille du truc me décourage un peu, mais bon, j'ai bien lu Mason & Dixon, alors y a pas de raison :-p

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saïmone › mercredi 22 août 2018 - 22:38
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"Je ne comprends pas non plus ce qu'il y a de drôle".

Putain, même pas le génocide des dodos ?

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Everlasting › jeudi 23 août 2018 - 14:41

Je vois bien qu'il se pense drôle, mais l'humour est souvent assez nul et tout est noyé dans sa même prose dense et onirique. Les dodos c'était plutôt dans les bons passages, et au moins c'était lisible. J'ai pas le bouquin à côté, mais il y a des extraits en ligne. Je dois dire que j'arrive pas à lire ça et à me gausser au premier degré. Et même au second en fait, parce que c'est assez tendancieux, ce portrait de cowboys saouls qui sert d'image des dégâts de la colonisation / exploitation. L'ensemble me donne surtout une impression forcée, genre je fais un chapitre rien à voir juste pour montrer que je peux parler des dodos et de Dieu en même temps. Bon, là je me souviens que j'ai bien aimé le passage du "gift of speech", en tant qu'ex-végétarien j'ai toujours pensé que jamais on ne mangerait un animal qui parle.
Le problème c'est aussi que Pynchon dit n'importe quoi, de manière sentencieuse, et pour un passage dans un slapstick ça passerait, mais non-stop pour un bouquin de 900 pages !

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mangetout › mardi 23 octobre 2018 - 16:26

En ce moment, j'me fais du classicos SF adapté au cinéma et passé à coté à l'écrit :



Fini le premier (puissant le machin quand même) et quant au deuxième, un recueil de nouvelles qui comme son nom l'indique, contient Total recall (Souvenirs à vendre), mais aussi Minority Report (Le rapport minoritaire) et Planète hurlante (Nouveau modèle, post-apo puissant avec des réflexions sur l'I.A. en... 1953, j'adore !!!). Bon comme d'hab' avec Dick, faux semblants, réalité mouvante et simulacres...

A suivre :

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WZX › mercredi 28 novembre 2018 - 23:58

Les Dépossédés, Ursula Le Guin : Je découvre que Everlasting en parlait juste au-dessus. Bien aimé également.
Une histoire de la Révolution française, Eric Hazan : Très bon bouquin, pour moi qui n'avait que de très elliptiques souvenirs. C'est concis, en mettant en lumière les relations entre phénomènes, en assumant ses partis-pris. Ca passe tout seul, ce qui est agréable pour un bouquin de plus de 400 pages sur une période dense au possible.
L'invention de Paris, Eric Hazan (encore) : Klari en causait aussi par ici. Pas tout lu, pour un non-parisien ça fait quand même beaucoup de noms de rues, quartiers, lieus à assimiler/chercher à chaque page. Mais la partie Paris la rouge...un régal ! Hazan a un talent pour souligner en peu de phrases la justesse et le génie de certain·es comme le tragique le plus terrible, et sans en faire des tartines.
Toxoplasma, Sabrina Calvo : Difficile de décrocher une fois une fois imprégné de l'imaginaire tissé ! Vraiment très bien conduit, la situation ne manque pas de croustillant : une Commune de Montréal à peine libre et déjà en roue libre, gangrénée de l'intérieur par l'addiction aux 70's/80's. Pas mal de références à une certaine culture de l'époque du coup, ce qui contribue pas mal à l'ambiance du bouquin : de New Order à Coil, de Cronenberg à Bruno Mattei (en venir à refourguer les Rats de Manhattan en VHS pour résister à l'omniprésence de Disney, c'est quand même terrible comme monde !)

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dimegoat › mardi 5 février 2019 - 17:05

Plutôt que de lire la pile de trucs que je DOIS lire et toute celle que je DEVRAIS lire, j'ai commandé deux livres de "ma-vie-est-meilleure-qu'la-tienne" dont je vous dirai des nouvelles. Le Pantera était aussi dispo en français chez Camion Blanc mais je préfère me faire ma propre mauvaise traduction.

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Everlasting › vendredi 8 février 2019 - 14:41

Ce début d'année j'ai lu:
Thomas Mann - Dr. Faustus. Après avoir adoré La Montagne Magique, je n'imaginais pas une oeuvre aussi pénible. Le narrateur est une pièce qui a dû sembler essentielle pour avoir un regard extérieur (Mann est en exil durant la fin de la Deuxième et voit sa chère Allemagne de la culture se changer en monstre haï) mais ce narrateur est affreusement ennuyant, petit, conservateur, obséquieux. Le personnage principal est un Schönberg transposé somme toute assez ordinaire et taciturne, mis à part son génie à lire la musique. Beaucoup d'érudition et de discussion enlevée sur l'identité et la culture, c'est parfois intéressant mais tout ce blabla vieil empire est finalement assez daté et passe volontairement à côté de la politique, de la guerre. C'est long. Les personnages passent souvent en arrière-plan, on en voit de nouveaux mais dans des cercles artistiques similaires qui ne donnent pas vraiment envie de s'impliquer. Et aucun d'entre eux n'arrive à la hauteur de ceux de LMM. On attend le diable pendant près de 300 pages, et son arrivée n'est même pas rafraîchissante, et à vrai dire, la reprise du Faust n'en est pas vraiment une, c'est davantage un motif symbolique qui colle au propos de Mann. Beaucoup de flagellation, assez exténuant, pas du tout agréable. Je ne recommande pas l'expérience.

Volodine - Des Anges Mineurs. Sympa, j'aime la sensibilité et le tableau, mais je commence à me dire que Volodine avait un potentiel qu'il aurait pu exploiter encore bien davantage. M'a beaucoup rappelé Sorokine, qui crée également un monde de saynettes (passablement plus déjantées que Volodine), un immense background à une oeuvre absente.

Rhys - Quatuor / Quartet J'aime beaucoup cette auteure. Histoire autobiographique d'une femme laissée seule dans le Paris des années 20 par son charmant magouilleur emprisonné de mari. Elle est progressivement attirée sous la tutelle d'un couple libre, dont le mari la désire. Beaucoup de faiblesse dans le personnage, beaucoup de force et de clairvoyance dans l'écriture.

Céline - Mort à Crédit Je suis assez abasourdi de constater qu'après tout, ce bouquin colle de près à la biographie de Céline, qui a effectivement rencontré un Courtial. Le bouquin est long, il a ses incalculables scènes de crise reprises encore et encore en crescendos, rythmes et exagérations, Céline ne se fatigue pas, il réinvente, on lui pardonne tant cela reste unique, tant la force de vision est forte, dans l'entêtement, le refus, la méfiance, son personnage est une énigme tant il est immobile et sincère. Grosse division de l'oeuvre lors de l'apparition de Courtial, mais j'ai beaucoup aimé cette deuxième partie.

Boulgakov - Endiablade Je comprends bien l'idée, j'aime beaucoup Boulgakov, mais cette course-poursuite et ces apparitions de diables ne m'ont pas apporté grand-chose en terme de plaisir de lecture.

Shakespeare - Hamlet J'ai relu Hamlet. Dieu que ce personnage est ambivalent et divisé, la suite de ses actions est à la limite du sensé, je le sens quasi schizophrénique. Je me demande comment les gens voient Hamlet, ce qu'ils en retiennent. Aussi: Dieu que cet anglais est dur à suivre (et j'avais une édition bilingue), c'est assez pénible parfois.

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mangetout › vendredi 8 février 2019 - 19:49

Je papillonne :