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LES LIVRES QUE VOUS AVEZ LU.

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mangetout › dimanche 17 avril 2016 - 13:20

Je suis en plein dans ça :



735 pages, denses, très bien écrites et qui fouillent dans les moindre recoins de l'histoire musicale de ce genre. Pour l'instant, et je goute mon plaisir, je suis dans les années 60, dans le Kent, en Angleterre et je suis les pérégrinations de jeunes gens qui ignorent leurs destinées...

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WZX › dimanche 17 avril 2016 - 14:28



Le Parti Pris des Choses, Ponge

Attachante, cette sorte d'anthologie poétique, ce petit manuel de la nature, qui examine les choses avec à la fois le parti pris du poète et une fausse rigueur de scientifique. Et puis cet aspect naïf, un peu enfantin, fait du bien aussi. Ca détend, on s'amuse, on regarde le monde depuis un autre point de vue.

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dimegoat › mercredi 20 avril 2016 - 12:13

Après le Limonov d'E. Carrère, plutôt divertissant, je me lance dans la vulgarisation scientifique d'Etienne Klein (Discours sur l'origine de l'Univers et je vais entamer Le facteur temps ne sonne jamais deux fois).

C'est tout à fait excellent et compréhensible quoique assez exigeant par moments (les supercordes, argh!).

La démarche et l'argumentation, mêlant physique, mathématiques et philosophie, me paraissent tout à fait honnêtes intellectuellement et il ne cède jamais à la facilité du fatras métaphysique.

Le ton est volontairement léger sur la forme, histoire de rendre le tout un peu sexy pour les gros noobs comme moi, mais sur le fond, on est loin des Bogdanov, c'est du sérieux.

Il pose beaucoup de questions, présente l'état des recherches et les perspectives, résout certaines questions lorsque cela est possible et laisse ouverte les autres sans convoquer Dieu à la première impasse.

En somme, une lecture stimulante et finalement assez universelle sur le mythe des origines, pas aussi éloignée de ce sur quoi je travaille moi-même (le Moyen Âge me paraît bien proche, maintenant, par rapport au mur de Planck, ah ah!)

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Melas_Khole › vendredi 6 mai 2016 - 02:07

Je me suis avancé dans ma lecture de la Compagnie des Glaces et je trouve toujours ça bien. Le côté feuilletonnesque a autant d'avantages que d'inconvénients dans le sens où ça va aussi bien à l'essentiel que ça se répète. Une narration néanmoins fluide malgré des rebondissements parfois tirés par les cheveux. Mais l'univers reste toujours aussi dingue malgré son apparent monolithisme sans compter une galerie de personnages qui n'ont plus désormais une fonction utilitaire comme dans les premiers romans. Ils prennent de l'épaisseur et désormais une mythologie avec délirante (aussi géniale que confuse et maladroite, oui...) se dessine. Mais surtout, plus ça avance, plus le décor planté devient obsédant et sombre. "Terminus Amertume" ou encore "Les éboueurs de la vie éternelle" sont bien sales, tandis que "Sun Company" nous balance du manthra tibétain et du yacht en plein univers glacé apocalyptique métallique. C'est pas une Véda ou de la grande littérature, mais c'est quand même une saga feuilletonnesque très addictive.

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Everlasting › dimanche 8 mai 2016 - 21:34

Depuis la page précédente du coup

Malone meurt (Beckett)
Crónica de una muerte anunciada (Garcia-Marquez)
Solibo Magnifique (Chamoiseau)
The Windup Girl (Bacigalupi)
La Conférence des Oiseaux (Attar)
Les Fleurs Bleues (Queneau)
Le Livre des Nuits (Germain)
Childhood's End (Clarke)
My Life in the Bush of Ghosts (Tutuola)
Arrive à la fin de Voyage au bout de la nuit (Céline)

En vrac: Malone meurt continue sur la lancée de Molloy, c'est solide. Le G-M est pas mal mais pas marquant (gracia mise à part). Le Chamoiseau est un peu quelconque malgré l'écriture, avec une enquête Vianesque qui écrase le reste. La fille automate bien, bonne atmosphère et univers détaillés, bien tenu, un peu lent toutefois. La Conférence est juste frappant, surtout pour un texte de mille ans. Fleurs Bleues, ouais, bon, ben ça va. Le Livre des Nuits est très particulier, sombre et terrible, esthétique, débordant de trop de symbolique. Le Clarke au final est plutôt bon et ingénieux, c'est l'idée finale qui donne le poids. Le Tutuola est surprenant et frais, sans être génial. Le Céline est juste incroyable.

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mangetout › jeudi 2 juin 2016 - 11:35

J'ai commencé ça, alléché par le programme (pas commun à l'époque en 1981) :



Venant d'un philosophe du PCF, ça ne fait qu'en renforcer le propos...

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Raven › jeudi 2 juin 2016 - 12:12
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Envoie-le à Fryer une fois fini.

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mangetout › jeudi 2 juin 2016 - 16:33

@Raven : Merci du conseil, mais je ne veux surtout pas avoir un suicide sur la conscience...

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Dioneo › vendredi 3 juin 2016 - 01:28
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Lu sans déferrer serait-ce le temps d'un paragraphe, d'une ligne, les quatre-cent pages de celui-ci :

Les rajahs blancs, de Gabrielle Wittkop. Soit l'histoire de l'État indépendant de Sarawak, sur l'île de Bornéo (et actuellement rattaché à la Malaisie), depuis sa fondation - en fait totalement illégitime aux yeux des puissances européennes d'alors à commencer par le Royaume - vers le milieu du XIXème siècle, par un certain James Brooke, employé démissionnaire de l'East India Company, jusqu'au lendemain de la deuxième guerre mondiale.

Sans doute le meilleur des bouquins de Wittkop que j'ai pu lire à ce jour - Le Nécrophile compris (le seul pour lequel son nom soit un peu connu... et c'est bien dommage, au vrai, vue la variété d'une œuvre qui par ailleurs coure sur plus de vingt ans). Style à la fois fleuri - même délibérément précieux dans le choix, le goût des mots rares, ici nourri par toutes les terminologies "exotiques" des faune, flore, usages... - et une syntaxe toujours extrêmement précise, occasionnellement concise, tranchante. Un sens peu commun du rythme, à vrai dire, dans ces alternances de périodes longues, ornées, déroulées en guirlandes, et des conclusions de chapitres, d'apparentes digressions, de passages comme cloués, des incidentes presque en cassures, surgissement concrets de faits - traits tirés brusquement sur un épisode, annonce d'une péripétie, d'un changement d'aire encore à venir... d'une toute-logique qu'ils énoncent soudain, d'une clairvoyance tout à coup incontestable quant à ce qui devra suivre à l'un ou l'autre point d'un récit qui pourtant ne se ferme pas, alors.

Des analyses - historiques, économiques, quant aux rapports entre les "forces en présences", les peuples et leurs mouvements ; autant que de caractères, psychologies, motifs, conformations affectives, aspirations spirituelles et enchaînement pragmatiques qui en découlent... - toujours limpides et fines. On tient souvent l'écriture, l'œuvre de Wittkop - qu'on confond volontiers avec la légende personnelle de la femme (mariée avec un Allemand déserteur et homosexuel à la fin de la guerre, elle-même lesbienne déclarée ; ayant de son propre aveu encouragé ce mari au suicide devant quoi il hésitait, atteint de la maladie de Parkinson, afin qu'il parte dignement ; mettant fin à ses jour des décennies plus tard elle-même, malade, pour "mourir comme {elle} avait vécu : en homme libre")....- pour froide, cynique. Ce n'est pas ça, à mon avis. Dénuée de sentimentalisme, certes, soucieuse d'une lucidité parfois cruelle. Mais pour autant - ici et pas seulement - pas dédaigneuse de son objet. Montrés avec leurs tares, leurs mécaniques exposées, les personnages - la dynastie des Brooke, ces Rajahs qui donnent le titre au livre ; leur entourage ; les Grands d'Angleterre ; les chefs locaux de tribus rebelles, les marchands chinois... - ne sont pas là, jamais, de simples pantins d'un destin qui au fond ne serait que piètre accident, hasards, à-côté d'une histoire elle-même simple inertie, morne continuation. Il y a parfois cette étonnante impartialité qui rappellerait Conrad dans la description des intentions, des conflits, guerres, alliances nouées, des logiques qui s'opposent ou se rencontrent ; mais jamais, ici, doublé de cette omniprésente hantise si souvent présente chez l'autre, qui planait en attendant de tout détruire ; et c'est bien, là, l'incriminée "froideur" du ton, du trait qui dresse contours et portraits, les emplissent de nuances et de zones tranchées, qui finalement donnent une profondeur véritable au roman - et véritablement humaine, avec tout ce que le mot contient de grandeur et de sordide et de... tout ce qui n'est ni ceci ni cela, qu'on appellera si l'on veut "chair".

Oui... J'ai aimé, beaucoup.

...

Il faudra que je vous parle de Là Bas de Huysmans, aussi, à l'occase, qui m'a fait une sorte de choc. Mais alors là... Je risque de devenir pour de bon intarissable.

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WZX › vendredi 3 juin 2016 - 11:19

Même pas peur ! (l'intérêt piqué au vi, plutôt, pour tout dire !)

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Klarinetthor › samedi 4 juin 2016 - 14:42
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Ah ces pochettes d'apres-guerre, incroyables. Lu cette premiere nouvelle dans le recueil (la plus celebre) de Flannery O'Connor, sur cette grand-mere assez banale et insupportable qui va causer la perte de sa famille (pas plus supportable) par betise, par manque de chance aussi, au cours de leur petit periple dans le sud des Etats-Unis. La chute arrive froidement, de facon assez ineluctable. Le style sec et simple colle au contexte social de la famille.

Plus qu'a continuer ces nouvelles southern

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Chris › samedi 4 juin 2016 - 15:07
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Petit manuel de collapsologie à l'usage des générations présentes

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Everlasting › samedi 4 juin 2016 - 15:21

Irisches Tagebuch (Böll)
Substance mort / A scanner darkly (Dick)
Le procès (Kafka)
Sur la route (Kerouac)
Alcools (Apollinaire)

Le petit journal de Böll est un judicieux portrait de l'Irlande d'avant sa modernisation, fait d'impressions, relevant des activités toutes symboliques de l'esprit du pays. Substance Mort j'ai détesté, Dick n'y a jamais été aussi incohérent et décousu, avec une histoire foireuse. Le Procès, bouarf, pas aussi bien que le Château: plus absurde, mal mené quelque part, avec un personnage malsain. Sur la Route, après un départ poussif, et le temps de s'immerger dans le style, évolue de mieux en mieux, jusqu'à un final énorme; j'aime bien cette quête fondamentale d'énergie vitale à trouver et à maintenir. Apollinaire, il y a à boire et à manger, et parfois il devient cryptique; je crois que je ne suis pas fait pour la poésie.

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DesignToKill › lundi 6 juin 2016 - 20:11

Samuel Auguste Tissot - L'onanisme

Ce petit livre est très intéressant. C'est une étude sur les dangers de l'onanisme (masturbation). Le livre est sortie en 1760 et est donc intéressant pour ce fait. C'est donc avec des relents religieux que ce médecin suisse traite son sujet. Sans compter son snobisme (masturbation intellectuelle) qui lui fait placer des locutions latines à tire-larigot, en s'excusant par avance dans sa préface: les non initiés pourront sauter ces locutions sans que le texte en pâtissent. Son point de vue est essentiellement machiniste, dans le sens où le corps est pour lui mathématique, avec équilibre des fluides, etc. Petit phrase d'extrait: « La trop grande perte de semence produit la lassitude, la débilité, l'immobilité, des convulsions, la maigreur, le dessèchement, des douleurs dans les membranes du cerveau ; émousse le sens, et surtout la vue ; donne lieu à la consomption dorsale, à l'indolence et à diverses maladies qui ont de la liaison avec celles-là. »

Bref, une bonne petite curiosité que je trouve intéressante en plus d'être vraiment hilarante par moment ! On peut trouver des copies sans trop de difficultés (j'ai trouvé une belle édition de 1820 pour 10€).

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Klarinetthor › mardi 7 juin 2016 - 01:53
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Ca fait penser au Psychopathia Sexualis de Kraft-Ebbing (de la fin du XIX eme siecle), pareillement ca cogito latino sum des que ca devient un peu graphic; de facon systematique, Deleuze releve ca. C'est la gene de parler de choses choquantes qui induit l'apparition du latin.

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mangetout › mardi 7 juin 2016 - 13:56



Un des instigateurs, à l'instar de Sorel, Barrès, Proudhon, Peguy, Maurras, Bergson, Valois et d'autres, d'un fascisme à la française selon BHL dans son livre "L'idéologie française", matrice de tous les autres fascismes qui plus est.
Quel con ce gusse quand même, Berth fasciste (il rejoindra le PCF dans les années 30 et animera une tendance syndicaliste révolutionnaire dans celui-ci) ?
Est-ce parce qu'il discute (dans des échanges critiques) avec des membres de l'Action Française à cette époque (1913-14) ?
Est-ce parce qu'il aborde les questions de l'Etat (démocratique/pacifiste vs héroïque/guerrier, ouah ça colle les miquettes), des relations entre la tradition et la révolution, du mythe (au sens sorelien de la chose) de la grève générale et du devenir héroïque/guerrier de la classe ouvirère, des relations entre le socialisme et les patries... les pages critiques ultra mordantes contre la caste intellectuelle pourraient quasiment être appliquées à l'identique concernant BHL et sa clique (et même élargie à d'autres chapelles).

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DesignToKill › vendredi 10 juin 2016 - 20:00

Klarinetthor -> Oui, c'est exactement ça, il se protège bien dans la préface le petit filou (d'ailleurs sa première edition etait en latin car il voulait pas dire de vilains mots)

J'ai reussi à trouver un original du IXXeme de Psychopathia Sexualis, il est vraiment intéressant ce bouquin

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Phantom › samedi 11 juin 2016 - 09:44

@mangetout

le programme commun c'est un moyen , la solution c'est la révolution.

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Klarinetthor › samedi 11 juin 2016 - 23:54
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et si on lit de travers ca fait Alain Sorel,... coincidence? je ne crois pas.

S'attaquer au sacré de l'intellectuel, pourquoi pas, meme aujourd'hui. Mais prendre un "nouveau philosophe" comme exemple d'intellectuel c'est peut-etre se tromper dans les premisses.

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Klarinetthor › samedi 11 juin 2016 - 23:55
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@Design : j'ai mis la main sur un pdf XXIeme siecle de kraft-ebbing, seulement. Tu aurais des pathologies, des parties a conseiller si tu l'as deja parcouru?