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The Dresden Dolls - Interview

par Estëe › mercredi 31 août 2005

The Dresden Dolls, duo atypique révélé en 2004 grâce à son drôle de cabaret, théâtral, enfantin, sombre et émouvant. Pour leur quatrième passage à Paris, le groupe nous offre un concert gratuit mémorable au Nouveau Casino le soir de la fête de la musique, avant de jouer le lendemain en première partie de NIN au Zénith. L'occasion pour moi de discuter avec eux en ce 21 juin 2005, autour d'un verre...

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Photos de l'interview par Robert Gil

1/ Vous avez donné trois concerts à Paris, en un peu plus d’un an, vous jouez ce soir ici pour la fête de la musique et vous assurez la première partie de NIN demain, seriez-vous tombés amoureux de Paris ?

Brian : Absolument ! Je disais justement tout à l’heure que cette ville possède tous les éléments de ma vision personnelle de l’Europe. Tout : les gens, la nourriture, l’architecture, la musique et la culture en général.

Amanda : Oui c’est magnifique. Nous avons des amis ici, nous avons toujours été très bien reçus à Paris donc c’est logique pour nous de revenir ici assez souvent.

2/ Demain vous ouvrez le concert de Nine Inch Nails au Zénith, votre musique est cependant plutôt intimiste...

Brian : Nous avons fait la première partie de la tournée américaine de NIN, à chaque fois devant 3000-5000 personnes minimum. C’est vrai que nous n’avions jamais joué devant autant de gens auparavant. Puis nous avons joué devant environ 12000 personnes à Mexico, ce fut une grande expérience pour nous. C’était vraiment étrange au début, mais au fur et à mesure on s’habitue, et on s’adapte aux différents publics. Ca s’est toujours bien passé.

3/ Cependant, est-ce que vous adaptez votre show lorsque vous jouez devant un public aussi important, qui ne connaît peut-être pas toujours ce que vous faîtes ?

Amanda : Non, nous jouons exactement de la même façon. C’est vrai que notre musique est plutôt intimiste et que nous jouons d’habitude dans de petits clubs, mais nos morceaux ont cependant un côté rock, et ils fonctionnent bien, même dans une grande salle. L’ambiance est forcément différente, mais notre fonctionne dans tous les types de salles finalement.

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4/ Vous définissez votre musique en tant que « Brechtian punk cabaret », quelle part de Brecht attribuez-vous à votre musique ?__

Amanda : Lorsque j’étais adolescente, j’ai découvert la musique de Kurz Weil, et à travers son travail je me suis alors intéressée à Brecht. La période à laquelle il vécut me plaît, l’ère de Weimar. L’idée de réunir musique et de théâtre, mais d’un autre point de vue que le simple divertissement.



Brian : à nos débuts, nous avons eu besoin de trouver une étiquette pour permettre au public de s’imaginer à quoi notre musique pouvait ressembler. Une musique étrange, théâtrale, rock…

Amanda : quant au mot cabaret, nous n’avons pas voulu l’utiliser seul, parce que parler de « cabaret » aux USA peut être dangereux ! Pour les américains, le nouveau cabaret c’est Franck Sinatra…Il faut faire attention, pour ne pas être cataloguer dans ce style-là ou l’opérette dans les médias. C’est pourquoi nous parlons de cabaret punk et brechtien, c’est totalement différent.

5/ D’ailleurs, comment les Dresden Dolls sont-ils nés ?

Brian : Nous nous sommes rencontrés lors d’une fête pour Halloween en 2000, chez Amanda. Elle joua environ six chansons au piano, et j’ai commencé à la regarder jouer avec attention. Et je me suis « Mais où étais-tu donc, je t’ai attendue toute ma vie ! ». Je n’avais jamais rencontré une personne aussi fascinante, qui possède tous les attributs que je cherchais à intégrer à mes projets musicaux. Je lui ai demandé de jouer. On s’est vus quelques jours plus tard, et ce fut tout simplement magique !

Amanda : Oui, nous sommes tombés amoureux. Je cherchais également un groupe. Et du jour au lendemain, on s’est mis à jouer ensemble.

Brian : On n’aurait pas pu se rencontrer à un meilleur moment. Nous recherchions tous deux, une sorte de complément. Ce fut génial, on était comme des gosses, on partageait toutes nos idées, pour les incorporer à la musique. C’était vraiment excitant. Et nous sautons encore partout aujourd’hui !

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6/ Quant à vos personnages, vos costumes, votre maquillage, à quel moment les avez-vous créer ?

Amanda : hmm environ six mois après notre rencontre, nous avons donné un concert, habillés comme nous le sommes au moment où nous te parlons. Mais pour notre second concert, nous avons participé à une soirée « black revival », et nous nous habillés tels que l’on nous voit sur scène désormais, juste pour le fun. Et en fait ça collait parfaitement avec ce que nous faisions ?

7/ Comment composez-vous vos chansons ?

Amanda : J’écris toutes les parties de piano et les paroles, puis Brian rajoute sa batterie.

Brian : Nous sommes complémentaires. Nous fusionnons nos visions, et nous adaptons notre jeu au contenu de la chanson. J’ai un jeu de batterie assez particulier, et je fais en sorte qu’il colle au style de la chanson. Par exemple « Coin Operated Boy », est très imagée, et comporte des passages que l’on peut faire durer, et avec lesquels on peut jouer, et théâtraliser notre jeu. Nous utilisons le théâtre, l’humour, nous blaguons beaucoup sur scène. Nous laissons aller notre imagination. Et pour composer, nous laissons aller notre imagination. Lorsque nous jouons une nouvelle chanson en concert, il y a une sorte d’énergie qui nous pousse à l’interpréter d’une nouvelle façon. Et là encore, il y a une réelle complémentarité, un grande complicité entre nous. Nous nous regardons jouer, et nous jouons la comédie, comme si on répondait à l’autre via nos instruments. Le public adore ça. Ca crée un véritable spectacle, c’est très spontané.

8/ D’où vous vient cette énergie ? Vous vous la donnez mutuellement ?

Amanda : Elle vient également de notre public. Lorsque nous jouons devant un public difficile, qui ne réagit pas trop à ce que nous faisons, c’est plus difficile de trouver cette énergie. L’énergie du public nous aide beaucoup. Ecrire une chanson et la jouer en live est très différent.

9/ Amanda, de quoi t’inspires-tu pour écrire tes textes ?

Amanda : Nous avons des morceaux très différents. Certains textes sont très personnels, presque autobiographiques, d’autres sont des sortes de blagues, ou des textes basés sur des idées un peu folles, qui tiennent donc plus de la fiction. C’est un besoin d’exprimer tout ce qui me vient à l’esprit, puis de laisser ces idées se construire. Je pense que l’idéal c’est de partir de quelque chose de personnel pour aboutir sur une idée universelle, que tout le monde peut comprendre et dans laquelle chacun peut se retrouver : la frustration, l’enfance.

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10/ Quel est votre passé en tant que musiciens ?

Brian : nos parcours sont assez conventionnels. Nous avons commencé à jouer lorsque nous étions petits, nous avons passé énormément de temps seuls, à travailler nos instruments. C’était d’abord une façon de nous distraire et de stimuler notre côté créatif. Nous ne faisions pas partie de l’équipe de baseball et nous ne jouions pas aux Barbie.

Amanda : moi je jouais aux Barbie quand même !

Brian : ce que je veux dire c’est déjà, en tant qu’enfants nous avions envie de créer. Je composais déjà des morceaux. J’ai rencontré d’autres gamins dans mon genre (en 5th grade) avec qui j’ai pu jouer de la batterie. Nous prenions des cours de musique, lisions des bouquins et écoutions beaucoup de groupes que nous essayions d’imiter, tout en développant notre propre style. J’écoutais du jazz, du punk, du heavy metal et je piochais à droite à gauche ce qui me plaisait, et je mélangeais tout ça. Et lorsque nous nous sommes rencontrés, Amanda et moi, nous nous sommes dits que nous étions drôlement chanceux d’avoir trouvé une personne avec un style si personnel se complétant avec l’autre. Je n’avais jamais rencontré quelqu’un qui me complète aussi bien.

11/ Avez-vous d’autres projets en cours ?

Amanda : oui, j’ai un projet solo. En fait avant j’étais très timide, et je n’ai jamais osé jouer ma musique pour les autres. Je pense que je ferai quelques concerts ci et là, peut-être que je sortirai un album. Je n’ai pas d’autres projets de groupe en tout cas.

Brian : moi je voulais faire partie d’un groupe de rock, depuis que j’ai 10 ans, j’ai fait partie de différents groupes au collège, au lycée mais aucun qui me corresponde vraiment. Puis après le lycée, j’ai décidé de quitter ma petite ville pour Boston. Là-bas, j’ai joué de la basse dans un groupe, mais je ne me suis pas épanoui dans ce groupe. Je me suis rendu compte que ça ne me convenait pas, et j’ai commencé à réfléchir à ce que j’aimerais faire. Lorsque j’avais 16 ans, j’ai fait partie d’un groupe qui faisait des reprises de groupes tels que Green Day. J’avais 16 ans et je jouais avec des mecs de 30 ans.

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12/ Qu’écoutez-vous en ce moment ?

Brian : de tout !

Amanda : moi ça fait deux semaines que je n’arrête pas d’écouter Bright Eyes, le groupe de Conor Oberst. C’est un groupe d’émo, indie rock qui marche bien aux USA en ce moment et qui commence à être connu en Europe. J’adore ce groupe ! J’écoute beaucoup de musique qu’auparavant, lorsque nous sommes en tournée je préfère me focaliser sur notre groupe. En général je prends un seul album avec moi, et je l’écoute tous les jours, en ce moment c’est Bright Eyes. La prochaine fois ce sera un autre.



Brian : moi j’écoute du punk, du jazz.

13/ Prévoyez-vous d’enregistrer un album bientôt ?

Brian: Oui, nous allons entrer en studio en septembre, et l’album sortira au printemps.

14/ Si vous voulez ajouter quelque chose...

Amanda : notre site internet est un endroit très important pour nous ! www.dresdendolls.com

Mots clés : The Dresden Dolls et Nouveau Casino

Dernière mise à jour du document : mercredi 31 août 2005

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