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Monolithe, Paris, Backstage By The Mill, 12 avr. 2019

par Nicko › samedi 27 avril 2019


Style(s) : metal extrême / doom metal

Un peu plus de deux ans après leur précédent passage parisien, je retrouve Monolithe dans la même salle, le Backstage by the Mill, à l'arrière du bar O'Sullivan à Pigalle, voisin de la Machine du Moulin Rouge. Ce qui change, c'est qu'en 2017, pour leur première scène à Paris, ils étaient en première partie de The Old Dead Tree, alors que là, ils sont la tête d'affiche ! Ils sont accompagnés pour l'occasion par Abyssic et Lux Incerta, pour le coup totalement inconnus au bataillon, pour une soirée marquée sous le signe du funeral doom !

Quand j'arrive sur les lieux du concert, les Français de Lux Incerta viennent hélas tout juste de sortir de scène. C'est donc au tour des Norvégiens d'Abyssic d'investir la scène. Alors pour le coup, niveau visuel, ça en jette. Ce qu'on remarque en premier, c'est le chanteur, accompagné d'une énorme contrebasse. Dernière lui a été installée une petite table avec des bougeoirs et bougies noires allumées, de l'encens, une bouteille de vin rouge et quelques verres. Autour de lui sont placés un guitariste et une bassiste, tous encapuchonnés. Les norvégiens savent se mettre bien en alliant apéro et concert (manquait juste le sauciflard et ç’aurait été parfait !). En même temps, pourquoi se gêner ! Musicalement, le quatuor (complété derrière les fûts par Tjodalv, ancien batteur de Dimmu Borgir et d'Old Man's Child entre autres...) propose une musique plutôt originale, alliant doom/death mélodique typique des années 90 avec quelques passages lorgnant vers le black metal lui aussi typé années 90 mais toujours avec cette atmosphère grandiloquente parois baroque. En ce sens, l'utilisation de la contrebasse est vraiment sympa et bien équilibrée, elle apporte un filet de noirceur à l'image de l'orgue de Skepticism par exemple, mais en restant discret et pas systématique. La démarche m'a rappelé les anglais d'Ebonylake, en beaucoup moins décousu cependant. Abyssic reste quand même bien plus ancré dans le doom désespéré à la Shape Of Despair, mais ils proposent vraiment quelque chose d'original et de personnel. Sans aller jusqu'à dire que c'est avant-gardiste, ils utilisent beaucoup d'éléments des années 90 qu'ils mélangent et intègrent à leur univers pour un résultat vraiment intéressant. J'ai franchement bien apprécié leur set. Un groupe a suivre.

Place maintenant à Monolithe. Les français n'ont pas chômé dernièrement avec un nouvel album l'année dernière et leur premier album live sorti plus tôt dans l'année. Deux ans après leur premier passage, ce sont pour eux que le public s'est déplacé ce soir et même s'il n'atteint pas la foule de 2017, ce fût quand même bien rempli. Il y a quand même eu un sacré changement depuis la dernière fois que je les ai vus en concert, Richard Loudin, leur chanteur emblématique depuis leurs débuts a laissé sa place à un nouveau nouveau chanteur (et aussi guitariste pour le coup), Rémi Brochard. J'étais donc impatient de voir comment ce nouveau line-up allait se débrouiller sur scène. Déjà, ce qu'on remarque très vite, c'est que maintenant, le groupe est bien rôdé. Il y a deux ans, on sentait que le groupe tâtonnait encore un peu avec surtout des set-lists intégrant plus de passages des premiers albums, pas forcément taillés pour le live à l'origine. Parce qu'il faut bien le signaler, Monolithe a bien évolué en plus de 15 ans, leurs compositions sont devenues des morceaux je dirais "classiques" de funeral doom et que même s'ils gardent cette atmosphère aérienne et spatiale moderne, il ne s'agit plus de voyages progressifs sur des dizaines de minutes. Et même si j'aimais bien ce côté jusqu'au-boutiste de leurs débuts (c'était quand même à l'époque leur marque de fabrique), je trouve qu'ils ont bien su évoluer durant leur carrière. Parce qu'il faut quand même avouer, continuer à sortir des morceaux d'une heure, ça aurait facilement pu engendrer de la redondance et de la lassitude. Là, en concert, on sent le groupe bien plus énergique, que ce soit dans leur manière d'être sur scène que dans leurs compositions plus rentre-dedans. Alors certes, cela reste du funeral doom, on retrouve toujours ce son de guitare lead si reconnaissable, amenant directement l'auditeur loin, très loin, un peu comme s'il s'agissait d'une bande son d'un film de Kubrick en mode à la fois désespéré et moderne. Ils ont toujours ce chant d'outre-tombe bien puissant (en tout cas, le nouveau-venu remplit à merveille son rôle derrière le micro), ample et extrêmement grave, et le tout est secondé par une rythmique particulièrement lourde et massive. Les compos plus courtes amènent une dynamique qui n'était selon moi pas présente par le passé. Allié à une aisance particulière des musiciens qui, comme je le disais plus haut, ne sont plus en phase de rodage, cela nous donne un concert particulièrement fort. J'ai même d'ailleurs été étonné de voir le public si présent et manifester énergiquement son enthousiaste, chose plutôt rare pour un concert de funeral doom. Je trouve que Monolithe passe maintenant dans une autre galaxie. Il ne s'agit plus d'un projet annexe, d'un laboratoire expérimentant les sons et les structures alambiquées. Le groupe a su peaufiner son style années après années avec un son et des atmosphères reconnaissables, ils commencent maintenant à avoir une bonne expérience de la scène et le rendu est très bon. Monolithe est un groupe à part sur la scène doom avec une véritable identité, et ce soir, j'ai été conquis par leur performance et leur évolution.

Merci à Garmonbozia et à Black Speech Booking pour cette excellente soirée !

Mots clés : Paris, concert, funeral doom, Monolithe et Nicko

Dernière mise à jour du document : samedi 27 avril 2019

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