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 - aux groupes / artistes Moonsorrow, Primordial, Der Weg Einer Freiheit

Primordial, Paris, Le Trabendo, 14 avr. 2018

par Nicko › lundi 23 avril 2018


Style(s) : metal / metal extrême / metal atmosphérique / black metal

Ce samedi soir, l'affiche était particulièrement alléchante au Trabendo. Les trois groupes présentés auraient très bien pu être tête d'affiche avec chacun un style bien différent des autres, Der Weg Einer Freiheit et son black metal brutal, intense et mélodique, Moonsorrow et son black folk scandinave des années 90 et Primordial et son metal celtique irlandais. C'est donc sans surprise que la salle affichait complet bien avant le jour du concert.

affiche concert

Et il ne fallait pas être en retard ! Moi qui venais en tout premier lieu pour les allemands de Der Weg Einer Freiheit, je ne voulais pas louper le début de la soirée. Avec une ouverture des portes à 18h et un début de set 15 minutes plus tard, mieux valait arriver en avance. Déjà, très vite, je vois que je ne suis pas le seul à avoir eu ce raisonnement parce que la queue est particulièrement longue quand j'arrive sur les lieux. Et même avec une fouille rapide et efficace de la part du service de sécurité, j'arrive dans la salle alors que les allemands viennent de débuter leur premier titre. On rentre direct dans le vif du sujet, la première bière attendra ! Le quatuor est bien en place, il n'y a pas de round d'observation. Le groupe n'aura que 5 titres pour un peu moins de 45 minutes de show, mais ça sera suffisant pour prendre une bonne mandale dans la gueule ! Le son est déjà très bon et clair dès ce début de soirée. La part belle est donnée aux derniers albums du groupe, dont le fabuleux dernier en date "Finisterre", toujours dans cette alternance de black metal ultra brutal et intense avec des parties plus aériennes (parfois même en même temps !). Ces blasts alliés à leur côté mélodique représente la véritable marque de fabrique des allemands et même les parties très calmes, avec juste le son clair de la guitare, passent superbement en concert. Il y a vraiment un côté majestueux dans leur musique, un côté transcendant qui transporte littéralement l'auditeur. C'est en ça aussi que je trouve la présence de ce groupe sur cette affiche judicieuse. Il s'agit d'un point qui les rapproche de Primordial dans un autre registre. Le groupe est de plus en plus à l'aise et professionnel. Tobias à la batterie est tout bonnement époustouflant avec une performance ultra-solide. J'ai juste trouvé que "Requiem" était un poil moins intense que les autres titres. N'empêche, je suis loin d'être déçu et ils confirment tout le bien que je pense d'eux !

set-list Der Weg Einer Freiheit :
  • Einkehr
  • Skepsis, Part I
  • Zeichen
  • Requiem
  • Aufbruch

La salle est maintenant pleine quand les finlandais de Moonsorrow investissent la scène. Je ne connais pour ainsi dire pas du tout la musique du groupe que j'avais juste vu rapidement au Hellfest, mais sa réputation m'avait mis la puce à l'oreille. Moonsorrow est un groupe culte dont la notoriété n'est pas à prouver. Là, on change de décor et de style. Moonsorrow, c'est beaucoup plus joyeux que Der Weg Einer Freiheit. On nage en plein folk/metal. Sur une base black scandinaves (corpse paint inclus), le groupe incorpore des éléments folk aidés en cela par un claviériste qui utilisera une bonne partie de la palette de sonorités disponibles sur son instrument. De ce point de vue, on peut rapprocher leur musique de celle de Finntroll. Ce qui a attiré mon attention, c'est leur capacité à être aussi fédérateur avec le public à l'aide de riffs entraînants et inspirés. Difficile de ne pas adhérer à ces rythmes et mélodies presque dansants. Les titres étaient bien longs et parfois un peu durs à suivre cependant et quand même ce claviers, à la longue, était un peu dur à supporter. Je vois bien ce côté très black metal folklorique des années 90 avec ces sonorités un peu cheap (je vous parlais de Finntroll plus haut). Alors oui, c'est festif, je comprends tout à fait que le public ait été réceptif et j'imagine bien que les fans ont dû adorer tant le groupe était pro, mais personnellement, quand j'ai entendu le claviers balancer de l'accordéon, j'ai lâché l'affaire ! Pas mauvais, mais simplement pas trop mon truc.

set-list Moonsorrow :
  • Pimeä
  • Ruttolehto incl. Päivättömän päivän kansa
  • Suden tunti
  • Kivenkantaja
  • Mimisbrunn
  • Kuolleiden maa

Les choses vraiment sérieuses allaient débuter. Primordial, je les ai découverts sur le tard, en concert. Ça a été une sorte de révélation. Ce groupe, emmené par un chanteur, A.A. Nemtheanga, au charisme impressionnant, prend tout son sens sur scène. Même sans avoir d'album, on ne peut qu'être transporté par leurs morceaux longs hautement intenses. Mais vraiment, rien que la performance sur scène d'A.A. Nemtheanga vaut le coup ! Il est littéralement possédé et habité par sa musique. Il ne fait qu'un avec elle. Toujours avec son hoodie sans manche dont la capuche remonte jusqu'à la moitié de son crane, A.A. Nemtheanga nous mène par le bout du nez, chantant, criant, pleurant, implorant tout au long du set. Son propos est lourd et grave, on sent qu'il livre tout au long du set une véritable bataille et qu'il est prêt à donner sa vie pour son art. Son chant est toujours juste et puissant, sans donner l'impression de forcer. Et quel magnétisme sur scène ! Au niveau set-list, le groupe misera principalement sur son dernier album qui prend à peu près la moitié du set, ce qui est somme toute risqué sachant que ledit disque n'est sorti que depuis quelques jours ! Moi qui ne connais que très peu le groupe en studio, cela m'a peu gêné, j'ai trouvé justement que ces nouveaux morceaux s'intégraient parfaitement dans le set du groupe, un gage de qualité ! Le groupe interprétera quand même quelques classiques de la formation tels que "Gods to the godless", "As Rome burns", "The coffin ships" ou "Empire falls". On en a pris pour près d'une heure et demi et à aucun moment, je n'ai ressenti une quelconque lassitude. Primordial est un groupe de scène et il le prouve à nouveau ici. On est littéralement transporté, comme A.A. Nemtheanga aime à nous le rappeler, en "Republic of Ireland" au gré des rythmes entraînants de leurs complaintes. Primordial propose une musique grandement intense et forte en émotions et ces sentiments sont décuplés sur scène avec la puissance du son live et la personnalité impressionnante de son frontman. A nouveau, je suis subjugué par la performance de cette formation. Même si vous ne les connaissez pas, je ne peux que vous encourager à aller les voir, il y a peu de chances que vous soyez déçus !

set-list Primordial :
  • Nail Their Tongues
  • Gods to the Godless
  • Exile Amongst the Ruins
  • No Grave Deep Enough
  • To Hell or the Hangman
  • As Rome Burns
  • Stolen Years
  • Traitors Gate
  • Upon Our Spiritual Deathbed
  • The Coffin Ships
  • Empire Falls

Pour conclure, ce fut une excellente soirée qu'il ne fallait pas manquer avec trois groupes de qualité dans des styles différents. Voilà le genre d'affiche qui donne envie de se bouger avec un plateau homogène ! Un grand merci à tous ceux qui ont permis le tenue de ce concert !

Mots clés : Paris, concert, black metal, folk, metal, celtic, Primordial et Nicko

Dernière mise à jour du document : lundi 23 avril 2018

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