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Prague Death Mass 2025

par Nicko › mardi 25 novembre 2025


Style(s) : metal extrême / black metal / death metal / doom metal / drone / thrash metal

En République Tchèque, il n'y a pas que le Brutal Assault. Cela fait maintenant quelques années que le Prague Death Mass propose une affiche purement metal extrême dans la capitale Tchèque. Cette année, j'ai décidé de sauter le pas et de prendre un avion direction la Bohême. Point de forteresse ici, le festival se déroule dans la ville même de Prague et cette année, il n'y aura pas moins de 3 sites. Une première salle en plein centre ville et lieu des précédentes éditions du festival pour la première journée, les 3 journées suivantes se déroulent dans un grande centre d'exposition avant de terminer par une dernière journée spéciale dans un planétarium similaire à la Géode à Paris avec un écran géant englobant toute la salle. Pour le coup, cette dernière journée coûtait autant que les 4 premières journées avec seulement deux groupes à l'affiche, Vemod, qui est prévu aussi la veille, et les légendes du black metal indus Mysticum, dont je ne suis pas spécialement friand. Je vous l'annonce d'entrée, j'ai fait l'impasse sur cette dernière journée.

Prague Death Mass V

Au programme de cette édition, la première journée se présente comme une sorte de warm-up avec des groupes de moindre notoriété avec en tête d'affiche les légendes locales de Törr. Sur les 3 journées suivantes, les têtes d'affiche seront Blasphemy, Aura Noir et Tormentor et elles seront accompagnées d'une tripotée de groupes plus extrêmes les uns que les autres, tels que Varathron, The Ruins Of Beverast, Death Worhip ou Gaahl's Wyrd. A noter la présence d'une délégation française conséquente avec Sotherion, Sektarism, Malhkebre et Viande. Enfin, en particularité, on peut noter la présence des Belges de Neptunian Maximalism qui auront l'honneur de nous interpréter leur drone expérimental à deux reprises en ouvrant les hostilités des 3ème et 4ème jours de festival. Bref, il y avait de quoi faire et même si l'affiche était clairement orienté black/death metal brutal et à l'ancienne, elle propose une bonne diversité de forces en présence. Vous pouvez aisément comprendre mon choix de faire le déplacement.

Mais avant cela, un peu de tourisme ne fait pas de mal et j'ai bien profité de ces 5 jours pour déambuler au cœur de cette magnifique ville, certainement celle que je considère la plus belle d'Europe avec Paris. Elle propose de nombreux monuments grandioses et magnifiques, traversée par la Vltava et surplombée par un château particulièrement imposant. De plus, la ville possède une architecture sublime avec des détails impressionnants et de superbes couleurs, le tout dans une atmosphère relaxe et aérée dès lors que l'on s'écarte des lieux les plus touristiques (du pont Charles à la Place de la Vieille Ville). J'ai aussi profité de mon séjour pour aller au célèbre ossuaire de Sedlec à Kutna Hora, à une heure de train de Prague. Autant allier l'utile à l'agréable d'autant plus que la bière et la bouffe sont particulièrement bon marché, faisant de Prague une ville qui a tout pour plaire !

Première journée au Futurum

Revenons à nos moutons ! J'atterris en début de soirée du mercredi 29 octobre, premier jour du festival. Le temps de poser mes affaires à l'hôtel et de sauter dans le tramway, j'arrive au niveau du Futurum Music Bar alors que le groupe allemand KVR vient de terminer. Le bâtiment est massif et vieux. La salle est en sous-sol mais est très spacieuse avec des couloirs grands. On se retrouve comme dans une énorme cave reconvertie en salle de concert. Le thème de cette première journée, intitulée Ante Liturgia, est portée sur l'underground pur et dur avec des formations moins connues et/ou cultes.

Le premier groupe que je peux voir, le quatrième de la soirée sur cinq, sont les Néerlandais de Fir qui jouent du black metal à l'ancienne, bien cru, venu directement des années 90 (pourtant la formation est récente), inspiré notamment par le Marduk de la période pré-Legion, pour un résultat bien efficace. Le groupe n'est pas original mais il permet de nous replonger dans une ambiance old-school révolue depuis belle lurette. Une bonne entrée en matière.

La tête d'affiche de cette première journée est une véritable institution tchèque. Törr représente l'un des tout premiers groupes de metal de la république, ayant été formé à la fin des années 70 ! A peine le trio foule-t-il les planches de la scène que le public est tout acquis à sa cause. Et c'est parti pour une heure de thrash/heavy/black metal typique des années 80 directement inspiré par Sodom, Motörhead ou Venom, le metal direct et agressif de l'époque. Pour le raffinement, on repassera mais dans ce style, ce n'est pas ce qui est recherché, c'est au contraire pied au plancher avec de jolis solos. Bref, du metal typique de l'âge d'or du style et qui a façonné la base du genre. L'alchimie est totale, Ota, au chant et à la guitare, est bien énergique et, aidé de Honza à la basse, ne laisse aucun temps mort au public qui lui rend bien. On a même droit à une belle reprise bien sympa du standard de Venom, "Countess Bathory". Un bon début de festival qui promet pour la suite.

Deuxième journée au centre d'exposition

Ce deuxième jour peut être considéré comme le vrai début du festival car il entame le plat de résistance, dans un des complexes du centre des expositions de Prague. Le festival se poursuit dans l'un des pavillons de ce centre, la partie merch, bière et expo se situant dans un autre pavillon accolé à celui où se dérouleront les performances des groupes. Ce choix est particulièrement judicieux car il permet de se poser au calme entre les groupes. On a aussi droit dans cet espace à l'exposition de quelques œuvres du Slovaque David Glomba qui a réalisé des artworks de nombreux artistes comme Ascension, Svartidaudi, Cult Of Fire, Teitanblood, Malokarpatan ou Neptunian Maximalism que l'on retrouvera un peu plus tard sur le festival.

La journée débute avec le trio Ultima Necat qui propose du black metal plutôt atmosphérique et original avec une mise en scène proposant un autel, des bougies, une Vierge Marie et de l'encens pour être complètement dans l'ambiance. Sans être exceptionnel, Ultima Necat n'a pas démérité avec une musique assez intéressante.

Ça enchaîne sur scène avec les Italiens de Vomitvulva (dont on retrouvera les membres dans d'autres formations plus tard…). Sans transition, on se retrouve en plein war metal à la Revenge ou Black Witchery. On reconnait des similitudes avec les Nord-Américains mais il manque chez les Italiens de réelle conviction et d'explosivité. J'ai l'impression que le groupe manque un peu d'expérience sur scène. La base est présente, il leur faut maintenant être plus à l'aise sur scène et se lâcher complètement dans ce style si jusqu'au-boutiste.

C'est maintenant au tour du premier groupe français à l'affiche de ce festival de monter sur scène, à savoir Malhkebre. Le groupe fait partie de la frange la plus crue et dérangeante du black metal actuel. Son chanteur, Eklezjas'Tik Berzerk, est particulièrement habité sur scène (on le verra plus tard aussi avec son autre groupe Sektarism). Il ne fait pas juste que chanter ou interpréter sa partition. Non, il est totalement impliqué dans son rôle et se comporte plus comme un acteur sur des planches qu'un chanteur, en mode blackface avec cravache, costume en cuir et chemise noire. Il éructe, profère, monte à sa tribune tel le dirigeant d'un régime totalitaire à haranguer le public, n'hésitant par exemple pas à utiliser un mégaphone. L'effet est particulièrement réussi sur fond de black metal cru et agressif avec un côté punk dépouillé à la Mütiilation. Que l'on aime ou pas, Malhkebre ne laisse pas indifférent !

Place maintenant aux Islandais de Vafurlogi. Je suis souvent friand de cette scène black metal particulièrement noire et épique. Seulement ici, j'ai trouvé que Vafurlogi manquait d'accroche et surtout le chant desservait la musique. On retrouve bien ce côté épique typiquement islandais avec des touches norvégiennes à la Taake. Mais le point noir ici est clairement le chant, en mode black/death manquant d'agression pure et de profondeur. Je ne connais pas du tout sur album mais à chaque fois que Þórir prenait le micro, ça n'allait pas du tout avec la musique interprétée. Dommage car de son côté, elle possède un vrai potentiel.

Gros changement de style ensuite avec l'une des mes grosses découvertes du festival, les Suédois de Saturnalia Temple. Le trio se démarque du reste de la programmation du jour avec un style plus soft tout en gardant un chant guttural sur la première partie de leur set, chant que je trouve au premier abord un peu trop décalé. En effet, le groupe, au sein duquel on retrouve Gottfrid Ahman d'In Solitude, évolue dans un genre plus space-rock psychédélique moderne avec un gros son bien heavy doom, bref, du gros stoner 70's qui tâche avec une bassssssse mortelle et des guitares bien fuzzy comme il faut. Et franchement, plus le concert avançait plus j'accrochais. Et le chant s'est bien amélioré (ou alors, c'est moi qui m'y suis habitué). Rien à ajouter, le groupe était super pro et à l'aise sur scène. Malgré le décalage de style avec le reste de la programmation, le succès fut au rendez-vous !

Sans transition, on retrouve les Allemands de The Ruins Of Beverast. Cela faisait une bonne douzaine d'années que je ne les avais pas vus. Je ne dirais pas que je les ai "vus" ici sur scène, tellement les lights étaient sombres et la fumée opaque, donnant un effet d'ombres chinoises, mais au moins ils jouaient devant moi ! Il s'agit typiquement du genre de groupe qui va être sympa sur scène avec une véritable ambiance hypnotique, transcendantale et aussi un peu space/aérienne sur fond de black metal, rappelant leurs compatriotes d'Ascension. Je ne suis pas grand fan mais à voir sur scène, ça fait son p'tit effet !

Les choses sérieuses commencent, on se rapproche de la tête d'affiche. Les légendes grecques du black metal investissent la scène, Varathron. Je ne les connaissais bizarrement pas. On retrouve ce black metal à l'ancienne, énergique, plus agressif que véritablement brutal. Ils apportent un vrai côté démoniaque à l'ensemble même dans les parties de blast beats, tout en gardant l'aspect mélodique intact. Les Grecs savent parfaitement garder la base de leurs morceaux sans partir dans un black metal ultra-bourrin. Ils apportent une vraie diversité dans leur jeu avec pas mal de mid-tempos bien sentis. Un bon set !

Et là, c'est au tour des légendes canadiennes de Blasphemy, cartouchières bien en évidence ! Je les avais vus une petite dizaine d'années plus tôt au Fall Of Summer et je n'avais pas trop accroché à l'époque. Mais là, gros changement de décor. On nage en plein war metal forcément, ce n'est pas varié pour un sou. Nocturnal Grave Desecrator And Black Winds au chant ne change pas d'un pouce son registre. A l'image de Black Witchery, la rythmique est quasiment continuellement dans le rouge et c'est tout simplement ultime ! Blasphemy casse la baraque avec un jeu d'une rare intensité où tout s'aligne. En sus de la brutalité primaire du set, le groupe délivre une prestation d'une rare énergie qui défonce tout ! Là, j'ai complètement changé d'avis sur le groupe. Je suis totalement conquis ! Un botage de cul en puissance !

Pour finir la journée, on retrouve les Allemands d'Attic que j'avais déjà eu l'occasion de voir à de multiples reprises lors de leurs tournées en compagnie de Marduk. Attic, c'est pas trop dur. Il s'agit d'un groupe hommage à Mercyful Fate dans un style légèrement plus brutal, avec tout un décorum occulte sur scène (bougies, crucifix inversés, chandeliers, autel, tête de mort - bref, toute la panoplie est de sortie). Au niveau du chant, Meister Cagliostro est bluffant tellement son registre est proche de celui de King Diamond. La partie instrumental n'est pas en reste avec de jolis solos de guitares, parfois même en mode duo bien chiadés. Visuellement c'est intéressant, il n'y a pas à dire, par contre, on ne peut pas dire qu'Attic brille par sa personnalité ! C'est bien foutu mais le mimétisme avec le groupe danois est beaucoup trop important, hélas.

Il est 2h du mat' bien tassé, je rentre à l'hôtel en prévision de la troisième journée du festival.

Black thrash attack!!

Cette journée débute par une véritable curiosité, les Belges de Neptunian Maximalism qui vous nous plonger dans une cérémonie d'une heure mélangeant drone, bruitisme, méditation et musique brutale et hypnotique, le tout dans un cadre totalement maîtrisé. Rarement le groupe n'aura sonné autant metal qu'ici j'ai trouvé. La formation crée un ensemble sonore qui nous permet de partir en voyage littéralement et le résultat est incroyable, difficile à sonder, parfois difficile à suivre mais d'une réelle limpidité. L'ombre d'un Magma n'était pas loin sur cette prestation avec l'enchaînement, sans interruption, de différents tableaux musicaux distincts. Le groupe a accueilli en son sein l'ancien batteur de Necrowretch et Chaos Echoes (entre autres), Ilmar, qu'on sent totalement possédé dans sa quête de sons et de percussions divers. Nous attendions tous cette "messe mortuaire à Prague", Neptunian Maximalism nous l'a apporté !

Le changement est assez radical avec l'arrivée des Italiens de Funest (dont certains membres étaient déjà sur scène hier avec Vomitvulva). Ils restent dans un registre bien brutal et poisseux. Je ne suis pourtant pas un grand fan de death metal à la base mais là, j'ai vraiment trouvé que l'osmose était présente du début à la fin avec un son ample et puissant mettant bien en valeur leur musique si brutale. Ils avaient sur scène une bonne attitude bien à l'ancienne qui n'était pas déplaisante. Une excellente découverte !

On reste dans un registre death metal avec les Néerlandais de Deathless Void. Je les avais déjà vus un mois plus tôt pendant seulement un dizaine de minutes et je voulais avoir un aperçu plus important de leur musique pour juger. J'ai retrouvé ici le même chanteur charismatique sur scène bien énergique. Niveau musical, j'ai par contre trouvé cela un peu trop brouillon avec un son trop confus faisant qu'on ne comprenait pas grand chose à ce qu'il se passait sur scène. Un peu déçu.

Le groupe suivant, Sisyphean, propose un black metal dissonant et moderne mais très mal exploité avec des compositions manquant d'accroche. Le chant n'a pas non plus aidé, totalement à côté de la plaque. Je l'ai détesté. Bref, Sisyphean correspond au groupe que j'ai le moins apprécié depuis le début de ce festival.

Altars Ablaze investit ensuite la scène. Il s'agit du groupe de l'organisateur du festival. La formation évolue dans un style black/death metal assez convenu mais efficace avec quelques effets dissonants appréciables. On ne va pas chercher l'originalité ici mais autant la musique que la performance furent bonnes, énergiques et agressives. Le chanteur est aussi particulièrement charismatique sur scène ce qui aide beaucoup pour rentrer dans leur musique.

Thy Antichrist a enchaîné ensuite mais j'ai zappé leur performance ! Un festival n'est pas simplement qu'une succession de prestation, c'est aussi un moment où on discute avec d'autres festivaliers venant de toute l'Europe et c'est à ce moment-là que j'ai pu apprécier quelques bières et shots de vodka en bonne compagnie !

Je suis revenu pour la performance bien attendue de Death Worship, groupe de l'illustre Ryan Forster de Blasphemy ! Inutile de vous faire un dessin, avec Ryan, ça va forcément taper vite et (très) fort, avec du bon gros war metal destructeur, plus varié que Blasphemy, mais aussi bien moins jouissif. Alors attention, ça reste quand même très bon avec une exécution mortelle et une agression de tous les instants, mais j'ai été moins subjugué qu'avec Blasphemy la veille. Reste quand même une mandale phénoménale !

La soirée est maintenant bien entamée et c'est avec Gaahl's Wyrd qu'elle se prolonge. Les Norvégiens viennent de sortir un nouvel album qui repousse encore plus loin leur éclectisme avec un style moins extrême mais toujours si hanté et lorgnant de plus en plus vers le gothic. J'ai vraiment eu beaucoup de mal au début avec ce "Braiding the stories" mais avec le temps, il commence à s'imposer. Et de toute manière, en concert, c'est une valeur sûre. Gaahl est vraiment unique sur scène. Toujours peinturluré avec son indémodable veste en cuir et son charisme naturel qui en impose. Gaahl marche lentement sur scène, ses gestes sont lents et il fixe du regard entre ses parties de chant qu'il module à la perfection. L'effet est garanti, Gaahl maîtrise la scène. Niveau musical, le groupe assure avec conviction tous les répertoires, que ce soit les titres des deux albums du groupe (dont ceux du dernier album qui passent presque étonnement super bien sur scène !), de Trelldom, God Seed ou de Gorgoroth (même avec juste un titre du dispensable "Ad majorem Sathanas gloriam"). Et justement, ce morceau a été fabuleux ! Plus généralement, dans un registre purement black metal, le groupe est imparable ! Le set est passé super vite et montre qu'il faut toujours compter sur Gaahl's Wyrd !

On continue avec la scène norvégienne avec les revenants d'Aura Noir. Que dire si ce n'est qu'il s'agit d'un groupe (un all-star band même) taillé pour le live ! Quand vous avez en face de vous Apollyon, Blasphemer et Aggressor, vous savez que vous allez vous prendre une mandale bien salée dans la gueule. "We're Aura Noir, the ugliest band in the world" Peut-être, mais en tout cas, ils sont assurément le groupe le plus efficace du black metal norvégien !! Et même après un hiatus de quelques années (en même temps, c'était en plein Covid, ça s'est à peine remarqué !), le groupe est toujours autant en forme et maîtrise à fond leur black/death destructeur. Apollyon communique pas mal avec le public qui aime bien charrier gentiment le groupe en demandant sans cesse le titre "Black thrash attack"... que le groupe a joué en tout premier !! L'ambiance est super sympa avec un public réceptif et des pogos à gogo ! La set-list est une sorte de best of sur scène avec notamment les excellents "Black metal jaw", "Conqueror" ou le final "Condor". Aura Noir aura tout défoncé pour notre plus grand plaisir.

La soirée se termine avec les Italiens de Black Oath (sont certains musiciens sont issus de Funest et Vomitvulva qu'on a pu voir précédemment sur le fest - pour le coup, l'organisateur a bien optimisé les frais de transport de musiciens ici !!). Après le war metal de Vomitvulva et le black/death destructeur de Funest, Black Oath joue plutôt dans la cour du doom metal. Et là, on a un groupe honnête qui suit très bien les règles d'exécution du doom, c'est bien fait, académique mais cela manque de personnalité, de variation, de rythme. Bref, c'est pas mauvais, simplement, à la fin, on n'a rien retenu !

C'est fini pour cette troisième journée, je retourne à l'hôtel pour un repos bien mérité et me préparer pour ma dernière journée de festival.

En attendant Attila…

Et c'est reparti pour un tour ! Comme hier, on commence avec un set des Belges de Neptunian Maximalism. Autant la veille, ils nous avaient proposé un set complètement inédit, autant là, ils nous ont interprété leur dernier album en date, "Le sacre du soleil invaincu", qui sera une découverte pour moi, n'ayant pas encore écouté le disque à ce moment-là. A nouveau on a droit à un set de space rock, encore plus metal que celui de la veille mais toujours aussi aventureux et envoutant. Je m'étais dit que leur performance de la veille correspondait à un show spécial pour coller au style du festival, mais en fait, ce deuxième set reprenant leur dernier album est encore plus orienté "metal" ! C'est toujours prenant de les voir sur scène car on ne sait jamais ce qu'il va se passer et comment le set va s'articuler. A nouveau, j'ai trouvé que c'était une excellent initiative de faire débuter la journée avec un groupe aussi à part que Neptunian Maximalism.

Encore une fois, avec Viande, le grand écart musical s'est poursuivi, les Français jouant dans un death metal blackisant bien brutal et oppressant. Tout cagoulés qu'ils étaient, le groupe a donné un set correct, puissant et profond avec un chanteur bidouillant ses effets à l'image d'un Mike Patton mais ici dans un style beaucoup plus brutal et brut. Derrière, le son fut particulièrement fort et ample avec un véritable mur de son dissonant.

S'ensuit un trio américain assez particulier, Spiter, qui donne plutôt l'impression d'être un groupe de goth horrifique, totalement approprié en cette journée de fête des morts ! Le groupe, avec un son assez minimaliste, évolue dans un style mélangeant vieux black metal années 80 avec du punk épuré. J'ai trouvé l'ensemble assez moyen, beaucoup trop simpliste.

On revient ensuite avec d'autres Français, ceux de Sektarism dont on a vu la majorité des membres du groupe avec Malhkebre la veille. Ici, on a plus affaire à un rituel funeral doom, dans la lenteur mais toujours avec la même approche théâtrale. Eklezjas'Tik Berzerk est tout autant possédé par son art et il se donne corps et âme dans son interprétation. Cela faisait une bonne dizaine d'années que je ne les avais pas vus et je les ai trouvé plus sobre que par le passé, moins grandiloquent mais plus maîtrisés. Il y a moins de bougies sur scènes mais ce qui reste intact, c'est cette atmosphère de mort tel un cortège funéraire ou une messe noire lancinante. Il y a clairement de bonnes idées, c'est peut-être moins jusqu'au-boutiste qu'à l'époque mais la base est toujours là avec des parties bruitistes, décalées, que j'aimerais même encore plus expérimentales et à rebrousse poil du funeral doom traditionnel. En fait, j'aime beaucoup la démarche du groupe et je pense qu'ils gagneraient encore en personnalité en sortant encore plus du carcan metal/funeral doom et, à l'image de Neptunian Maximalism, en se dirigeant vers une musique encore plus abstraite, rituelle et bruitiste occulte.

On enchaîne avec les Français avec les Franciliens de Sotherion. Avec eux, on a droit à un pur revival du black metal norvégien des années 90, agressif, rebutant, crade et tellement bien joué. Le résultat n'est pas original, mais il est authentique et c'est bien cela que l'on recherche avec un tel projet. On pourra simplement noté ici l'utilisation d'un chant plutôt connoté death metal, guttural, en lieu et place du raclement de gorge plus conventionnel du style mais le résultat est tout aussi convaincant ! Sotherion arrive et délivre ce black metal qui défonce avec une atmosphère destructrice qui remet les pendules à l'heure du black metal, exactement comme il se doit d'être joué. Une réussite totale.

On reste dans la destruction en bonne et due forme avec les Suédois de Hild dont il s'agit du premier concert hors de Scandinavie. Ils ont maintenant un line-up stable et nous délivrent à leur tour une leçon de violence, dans un style plus thrash metal à la Aura Noir donc avec une énergie décuplée. L'exécution fut excellente avec des interprétations encore plus rapides que sur les albums. Dommage qu'ils aient eu certainement le plus mauvais son de la journée… Lars, au chant, est particulièrement communicatif avec le public en parlant aussi vite que sa musique afin de ne pas faire chuter la pression. Là encore, on aura eu un set d'une redoutable efficacité pour un groupe et un style complètement taillé pour la scène. Hild est une valeur sûre en concert !

Des Suédois qui succèdent à d'autres Suédois. Mortuus, le groupe, monte sur scène et délivre un set moins énergique que les deux précédents groupes mais tout aussi réussi. Il s'agit clairement d'un groupe que je voulais découvrir à l'occasion de ce festival et je n'ai pas été déçu. On retrouve totalement l'ambiance de ces groupes suédois de black orthodoxe à la Ofermod (Johannes, le chanteur, a fait partie du combo de Mika Hakola), Ondskapt ou Malign. Mortuus évoluait presque dans un style atmosphérique et contemplatif, limite doom, mais avec une base black démoniaque et prenante. Les atmosphères issues de ce set furent parmi les meilleures du festival tout en gardant une sobriété et une efficacité redoutables. Un groupe à découvrir !

Adversarial a la dure tâche de succéder à Mortuus et effectivement, cela n'a pas du tout été ma tasse de thé avec leur death metal brutal que j'ai trouvé particulièrement stérile. Il s'agit typiquement du genre de groupe bœuf, plat et sans personnalité. La caisse claire était beaucoup trop mise en avant rendant les blast beats affreux, ce qui n'aide pas dans ce style si bourrin. Bref, au final, on avait une véritable bouillie sonore avec un gros chant d'outre tombe. Passons…

On se rapproche doucement mais sûrement de la fin de cette journée avec les Norvégiens de Vemod que je découvrais. On retrouve Åsli à la guitare de One Tail, One Head, ici dans un style bien plus contemplatif et moderne. Vemod possède des similitudes dans l'attitude avec Ulver, à jouer du metal extrême mélancolique et atmosphérique. Il y a un côté hypnotique et aérien intéressant. Vemod possède une véritable personnalité et propose une musique bien élaborée et lancinante avec une volonté de proposer des ambiances prenantes et le résultat est bon, autant visuellement que musicalement.

Changement de décor avec les têtes d'affiche du jour, à savoir les voisins hongrois de Tormentor. Attila continue de tourner ponctuellement avec ses potes d'adolescence et le résultat est vraiment sympa. C'est bien plus cru que ce qu'on a vu avant, à l'ancienne, d'autant plus que le groupe se focalise sur ses deux premiers albums des années 80 (même si on a eu l'heureuse surprise de voir débouler "Recipe ferrum!" de l'album du même nom, de 2000, pour mon plus grand plaisir !!). En fait, ce qu'on voit, c'est un groupe qui est resté au niveau amateur à se faire plaisir, à jouer des morceaux de black metal basiques mais d'une redoutable efficacité, avec au milieu, un Attila plus pro que jamais qui nous régale, autant par ses différents types de chant que par sa performance théâtrale. Et perso, j'adore ! Il y a un véritable côté punk dépouillé à l'arrache mais qui est tellement approprié à la musique joué que ça en devient jouissif. Le charisme d'Attila faisant le reste, j'ai été totalement conquis par ce concert !

J'en restera là, retrouvant des amis pour la fin de soirée et donc manquant les Américains de Profanatica qui ont clôturé la soirée.

Comme je vous le disais en intro, il y avait une cinquième journée de prévu dans un planétarium du même style que la Géode dans le parc de la Villette à Paris. Ce concert spécial avait un nombre de places bien plus limité que celui du Pavillon où s'est déroulé la majorité du festival et le prix était particulièrement salé, environ 150€. Seuls deux groupes ont joué dans cette salle à savoir Vemod, que j'avais vu la veille, et les Norvégiens de Mysticum, dont je n'ai jamais été fan et que j'avais déjà eu l'occasion de voir en concert. Tout cela ne m'a pas poussé à acheter un billet pour cette dernière journée. Les vidéos sur les réseaux sociaux ont pu montrer un aspect visuel bien exploité avec quelques effets stroboscopiques sur un écran arrondi à 180°. J'imagine que visuellement, cela devait être une sacrée expérience.

N'empêche, même sans cette dernière journée, j'ai passé un grand week-end génial dans une ville absolument magnifique et super agréable, que je ne peux que vous conseiller de visiter. L'organisation du festival fut parfaite, sans retard ni débordement, dans une ambiance à l'ancienne qui fait du bien. Je reviendrais avec un très grand plaisir à l'avenir pour ce festival.

Mots clés : festival, Nicko, Prague Death Mass, black metal et death metal

Dernière mise à jour du document : jeudi 27 novembre 2025

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