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 - aux groupes / artistes Necrowretch, Nifelheim, Marduk, Hell Militia, Blacklodge, The Stone, Necroblood, Mgła

Deathkult Open Air 2013

par Nicko › dimanche 9 juin 2013


Style(s) : metal extrême / black metal / death metal

Un p'tit festival de black metal en plein milieu de la campagne allemande ! N'est-ce pas un programme alléchant ? Et il faut quand même avouer, il n'y en a pas tant que ça des festivals vraiment axés black metal. Le Deathkult Open Air se pose quand même un peu là dans le paysage du metal extrême. Au programme, 3 jours de festival, 23 groupes qui s’enchaînent sur la petite scène du festival dans une ambiance plutôt sympa au milieu des champs.

Déjà, rien que le trajet, c'est un périple de près de 10 heures à partir de Paris. N'étant pas véhiculé, tout se passe en train. Le festival commence donc pour moi la veille du premier jour à 9h du mat' Gare de l'Est. 3 trains et 8h30 plus tard, me voici dans une toute petite bourgade à 100 bornes de la frontière tchèque qui s'appelle Schmölln. Je retrouve quelques amis avec qui je passerai le week-end, direction l'hôtel. Comme le lieu du festival est un peu le bout du monde, il n'y a pas d'hôtel à moins de 10 bornes, ce qui posera quelques soucis d'organisation pour revenir tous les soirs à l'hôtel ! Mais bon, c'est tout le côté bien rock n' roll des festivals !!

Jour 1

L'un des bons côtés de ce festival, c'est de pouvoir prendre son temps, les groupes ne commencent pas aux aurores, mais plutôt en milieu d'après-midi. Ça laisse tranquillement le temps d'émerger le matin. Tout commence donc le vendredi vers 17h et après quelques soucis d'accréditations vite réglés, le festival peut commencer. Comme les stands de merchandising présents sont, comme souvent en Allemagne, bien hallucinants, je reste pas mal de temps à en profiter ! Le bon côté est de pouvoir profiter des groupes même en faisant son marché. J'aurais totalement loupé Thornesbreed, le premier groupe, et Paria ne m'a pas laissé un souvenir impérissable je dois bien l'avouer. Les choses sérieuses commencent véritablement avec le groupe serbe The Stone. Les gars ne sont pas là pour amuser la galerie, le chanteur a un charisme assez impressionnant avec un chant très agressif. Pas que le groupe soit particulièrement original, mais comme souvent dans le black metal, ce qui fait la différence, c'est l'authenticité et l'interprétation que tu mets dans ta musique. La performance du groupe fut convaincante, avec une ambiance de mort présente du début à la fin. Pour moi, le festival commençait véritablement là.

La suite baissait d'un ton avec Dies Ater dont le set m'a complètement laissé de marbre. J'entendais plutôt Vulcano avant la déflagration suédoise.... Alors, Vulcano, ce sont des vieux de la vieille, 30 ans de carrière, les pionniers du metal extrême en Amérique du Sud, bien avant Sepultura. Sauf que eux n'ont pas réussi à percer. Alors même si je ne connaissais pas, il faut avouer que niveau intensité, les brésiliens savent y faire, ça tape vite et bien, du thrash/death bien primaire avec des riffs imparables, manquant peut-être d'originalité encore, mais pour passer un bon concert d'une heure, c'est top. Ce n'est pas recherché, mais c'est efficace comme pas deux, alors en festival quand on ne connait pas tous les groupes, c'est le genre de set bien sympa. Pas le genre de groupes que je vais écouter tous les jours, mais en concert, ça le fait !

Bon, et puis là, c'est un peu le clou de cette première journée, LE groupe que tout le monde attendait, j'ai nommé Nifelheim ! Alors voilà, moi, je ne connaissais pas, j'en avais énormément entendu parlé et donc j'attendais avec impatience cette performance. Eh bien, je ne fus pas du tout déçu, mais alors pas du tout ! Je me suis même précipiter au merch' après leur performance pour combler la lacune ! Nifelheim, c'est 2 frères suédois metal-heads jusqu'au bout des dents avec une calvitie ultra-développée, mais le reste de cheveux longs... Leur accoutrement, c'est vestes à patchs, cuirs, clous, etc. Bref, tous les clichés du metal concentrés dans ce groupe, des fans ultimes du metal old-school 80's, et donc forcément, leur musique présente tous les clichés du genre aussi. On pourrait trouver ça ridicule tellement on est proche du Spinal Tap du metal extrême, mais c'est tellement bon et assumé que c'est tout simplement énorme en concert ! Voilà, Nifelheim joue une sorte d'Iron Maiden en version thrash/black metal old-school directement tiré des 80's avec une énergie et une conviction imparables. Le chanteur, Hellbutcher, arrangue le public comme jamais, tout le temps, il pointe son auditeur, il gueule, il balance tout ce qu'il a et cette énergie est tout simplement communicative. Et le style est tellement fait pour le live que Nifelheim est une expérience à vivre en concert ! Le style n'est pas si primaire que cela, les riffs sont géniaux et les enchaînements sont tout simplement parfaits. A noter la présence derrière les fûts du batteur d'Ondskapt avec une force de frappe bien puissante ! LA découverte de ce festival pour moi !

Difficile après d’enchaîner et c'est pourtant ce que les grecs d'Acherontas vont faire. Le problème ici, c'est que ça ne passait pas. Peut-être n'étais-je pas encore remis de mon expérience "Nifelheim", mais je n'ai jamais réussi à rentrer dans la musique d'Acherontas. Après une trentaine de musique de leur set, je me décidais à rentrer à l'hôtel avant de revenir pour le deuxième jour.

Jour 2

Après une bonne nuit, je suis de retour sur les coups de 17h après avoir loupé Deathcult (ça ne s'invente pas !) et en me préparant pour les 4h "Frenchies". Parce qu'il y a une chose dont je n'ai pas encore parlé, c'est la présence imposante des français dans ce fest, un peu comme si la France était le deuxième pays de ce festival. Déjà, le soundcheck était assuré en grande partie par des français et puis niveau public, il faut bien l'admettre, ceux qui mettait l'ambiance, c'était les plus bourrés des Franzose ! Et alors quand Necrowetch commence ce "quart d'heure" français, on les voit arriver presque en masse. Le groupe est un peu la révélation française black/death de ce début d'année avec un album, "Putrid death sorcery", qui, à défaut d'être original, est bien efficace. Le trio balance la sauce pendant 45 minutes, et ça défouraille sévère ! Le chanteur est vraiment à fond et l'ensemble sonne vraiment bien. Ca fleure bond le début des 90's. Il leur manque par contre une deuxième guitare pour donner plus d'ampleur et de relief au rendu global. Le son de basse manquait de distorsion notamment au moment des solos de guitare. Pour le reste, rien à ajouter, une très bonne performance.

Ça enchaîne avec Blacklodge, les invités de dernière minute. On peut directement dire qu'ils auront eu la palme du groupe le plus bruyant du week-end. Après, leur techno-black ultra-agressif ne m'a jamais branché. Je ne suis tout simplement pas fan de ce genre de sonorité. Dans un style déviant comme celui-ci, je préfère largement Diapsiquir. Là, c'est beaucoup trop technoïde pour moi. Et sur scène, comme pour la première fois où je les avais vus, je me suis bien fait chier. Tout simplement pas mon truc.

La suite me convient bien mieux avec les parisiens d'Hell Militia. Quand on parle de black metal français, on ne place pas souvent ce groupe dans les premiers noms qu'on citerait. Et pourtant... C'est peut-être dû au fait que la plupart des membres de ce groupe faisait déjà partie d'autres formations déjà réputées. N'empêche, les 3 albums qu'ils ont sortis sont tout simplement grandioses, du black metal malsain, urbain, cru, noir, dépravé, violent et surtout ultra-efficace. Et ce jour-là, ce fut bien le meilleur concert que j'ai pu voir de leur part. Le nouveau chanteur possède un charisme incroyable qui fait oublier Meynach en 5 minutes. Le set fut nickel, poisseux à souhait, les nouveaux morceaux du dernier album passent super bien sur scène avec une mention toute particulière à "Death worship" vraiment incroyable. L'intensité n'a jamais baissé et ce malgré quelques soucis techniques rencontrés par le bassiste. Le groupe termina sa performance avec le fameux "Shoot knife strangle beat & crucify" de GG Allin avec tous leurs potes présents en backstage ! Bien punk comme il faut ! Un super set !

Ensuite, on a droit à The Ruins Of Beverast, que je ne connaissais pas du tout. Le groupe joue du black metal atmosphérique, limite doom. Ça joue entièrement sur les atmosphères avec des morceaux très longs à se mettre en place et des parties répétitives. C'est typiquement le genre de groupe, soit tu rentres dedans et tu es transporté dans leur univers, soit tu te fais chier grandement. Perso, je suis à placer dans la deuxième catégorie. Je n'ai jamais réussi à rentrer dedans, le son était atroce, beaucoup trop fort, surtout au niveau de la basse qui, selon moi, couvrait tout le reste. Bref, ça a été un calvaire pour moi.

La journée a pris un retard conséquent et c'est une heure et demi après l'heure prévue que Marduk investit la scène. Je ne vais pas vous faire un dessin, j'étais conquis d'avance. Le groupe fait le boulot même s'ils ont connu quelques problèmes techniques eux aussi, cette fois avec la guitare de Morgan. Le point positif du show fut le son ultra-puissant qui faisait défaut une semaine plus tôt lors du Throne Fest. Pour le reste, le groupe est simplement une machine de guerre sur scène, ultra-efficace et ultra-carrée. Je n'ai pas du tout été déçu, toutes les périodes de la carrière du groupe y sont passées avec notamment un "The black..." impressionnant. Il s'agissait du seul groupe non-underground du festival, leur présence m'avait un peu surpris, mais je n'allais pas bouder mon plaisir de retrouver les suédois sur scène. Un set explosif et destructeur comme à leur habitude !

Les polonais de Mgla ont clôturé la soirée de très belle manière. Je ne connaissais pas énormément de choses de leur part, mais le peu m'avait déjà bien intéressé. Et je ne fus pas déçu par leur performance. Une nouvelle fois, ce groupe ne joue pas sur son originalité, mais plutôt sa capacité à sortir des atmosphères noires et agressives. Les morceaux sont longs mais très convaincants et intenses. Une très bonne manière de terminer cette deuxième journée, assurément la meilleure du festival.

Jour 3

Pour le dernier jour, je voulais absolument arriver pour la performance des parisiens de Necroblood. Je les avais découvert à Paris la semaine précédente et je voulais les retrouver ici. Et je ne fus pas déçu ! A Paris, le son avait été trop confus pour véritablement apprécier (surtout sans les connaitre). Là, le son fut juste très bon ce qui a permis de mieux cerner leur musique. Parce que bon, là, Necroblood, c'est du primitif de chez primitif, une sorte de Revenge plus axé death metal. Inutile de faire une description ultra-poussée pour ce genre de groupe. Ça envoit du bois, c'est lourd et puissant avec une basse bien en avant et un chant ultra-guttural. Ce qui fait la réussite de ce genre de groupe, ce sont les ambiances. Ce qu'il faut éviter, c'est le bourrinage stérile avec un son froid. Ici, c'est tout l'inverse, le son est bien gras avec des enchaînements propice au headbanging. Et quand ça part en mid-tempo, dans le genre c'est de manière bien pachydermique. Ce sera pour moi, et de loin, le concert de ce dernier jour. Parce qu'il faut bien l'avouer, la suite fut moins réjouissante pour tout un tas de raisons.

Je ne pense pas avoir été le seul à trouver la programmation du dernier jour moins intéressante que celle des autres jours. Ce dimanche, il y avait déjà beaucoup moins de monde dans le public et puis, après Necroblood, il faut bien avouer que Weltbrand n'a pas été plus convaincant que cela. J'ai trouvé leur style très lambda, sans aucune originalité. Le genre de set insipide au cours duquel il ne se passe rien.

Chaos Invocation a enchaîné et là encore, j'ai trouvé le set très moyen, du black metal sans génie avec tous les ingrédients du genre, mais simplement sans inspiration, sans présence, sans atmosphère. On a pu noter une petite reprise du "Children of the grave" de Black Sabbath qui n'a finalement servi qu'à une chose, faire retomber le peu de pression que le groupe avait réussi à apporter sur leurs morceaux plus pêchus.

Au moment où Pentacle se prépare à jouer, des rumeurs concernant la météo se font entendre. Jusque là, à part une petite pluie fine en fin de journée vendredi, les conditions climatiques furent optimales pour un mois de mai. Les organisateurs commencent à ranger certaines installations sur le site à cause de la possible arrivée d'une tempête dans la soirée... Pendant le set des hollandais tout se déroule sans soucis. Leur black/death est plutôt basique et même s'il n'y a rien de particulier à signaler, ça s'écoute bien. Le trio est bien énergique et même si je ne suis pas spécialement fan, c'était appréciable en concert, à la fois puissant et avec de bons riffs. On sent que le groupe a de l'expérience, c'est limpide et professionnel. Pas le concert de la journée cependant.

Et puis là, c'est le drame, ou presque. Alors que les techniciens commençaient à installer l'équipement pour Secrets Of The Moon, il se mit à pleuvoir suffisamment pour que la scène et les instruments soit trempés (aidé en cela par le vent). Et bien que la tempête ne se soit jamais véritablement installé sur le site, les organisateurs ont préféré attendre pour reprendre le festival pour être sûr que tout se passe bien. Et l'attente fut longue, mais longue... tellement longue que je décidais de rentrer prématurément à l'hôtel. J'ai eu échos par la suite que Secrets Of The Moon a joué avec près de 4 heures de retard, aux alentours de minuit et demi avant que les brésiliens de Goatpenis ne terminent le festival (les tchèques de Cult Of Fire ont semble-t-il dû annuler à cause de ces conditions climatiques).

Au final, on peut dire que le festival fut très sympa, dans une atmosphère assez relax sans trop de monde (600-700 personnes à tout casser). Dommage que la dernière journée ait été moins intéressante et que les conditions météorologiques ne se soient pas maintenu jusqu'au bout de cette dernière journée. Je retiendrai principalement les performances de Nifelheim, Marduk, Hell Militia et Necroblood. A voir l'année prochaine si l'affiche est bonne, mais dans ce cas, j'irai au camping tant le festival est au milieu de nulle part !!

Mots clés : Festival, black metal, Allemagne, Nicko, Marduk et Nifelheim

Dernière mise à jour du document : dimanche 9 juin 2013

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