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Hellfest 2011

par Stéphane › jeudi 23 juin 2011


Style(s) : folk / hardcore / metal / metal extrême / punk / rock / heavy metal / metal atmosphérique / black metal / dark metal / death metal / doom metal / thrash metal / hard rock / stoner

Festival sold out, ça s'annonçait chaud et peuplé. Qu'en a-t-il été ?

Pour des raisons personnelles, ce Hellfest aura eu une saveur particulière. D'abord parce que j'ai dû manquer la première journée qui était à la base celle qui m'intéressait le plus, et d'autre part parce que je l'ai attaqué avec l'envie d'enchaîner beaucoup plus de groupes que l'année dernière et me contraindre à beaucoup moins de pauses.

Vendredi

Actes manqués

Pas de Hellfest pour moi ce jour là, mais la pluie pour ceux qui y étaient. Ca ne me consolera pas d'avoir manqué Dodheimsgard, Mayhem et Rob Zombie, même si des échos obtenus, de ces trois groupes seul DHG aura été à la hauteur de sa réputation. Je prévois d'ores et déjà une séance de rattrapage en novembre sur Paris. Down, Possessed ou Morbid Angel auraient complété cette journée, tant pis...

Samedi

La mise en jambe

Tôt le matin nous arrivons pour Crucified Barbara, un groupe bien rock n' roll composé uniquement de femmes, mais qui envoie bien la sauce. Un show sympathique pour se mettre en jambe. La première vraie surprise de ce festival aura été Hail of bullets que je ne connaissais pas avant ce Hellfest, mais qui compte en son sein deux membres d'Asphyx. Etonné parce que leur Death Metal m'a furieusement fait penser par moment à Bolt Thrower avec une bonne double grosse caisse au taquet et des rythmiques souvent mid tempo plutôt accrocheuses. Et pour l'anecdote, avec son allure élancée, sa barbe et ses longs cheveux blancs, le chanteur m'a fait penser au tueur de Devil's Rejects, le premier film de Rob Zombie. The Haunted est annulé et décalé à 1h du matin sous la tente du metal corner, je ne les verrais pas. Hemoragy les remplace au pied levé avec leur thrash peu intéressant. Leur place d'origine à savoir un show au metal corner était sans doute plus approprié, car je crois qu'il faut avoir déjà ingurgité pas mal de liquide avant d'entrer dans le délire d'un guitariste qui joue de son instrument avec une bouteille de bière. En revanche pour Skyforger, grosse prestation et énorme retour du public. Ce groupe qui n'attire pas nécessairement les foules habituellement aura fait l'unanimité sous la tente Rock hard. Son metal folklorique trouve un bel équilibre entre passages enjoués et moment plus guerriers, tout en nous racontant entre les morceaux l'origine de chacun des titres très ancrés dans l'histoire de leur pays, la Lettonnie.

Thrash attack !!!

Il est maintenant l'heure aux trois plus grands groupes de thrash allemand d'investir successivement la mainstage 2. C'est Destruction qui ouvre le bal et des trois je crois que ce sera celui dont je garde le moins de souvenir. Pourtant, on ne peut pas dire qu'il y ait eu de faute de leur part, puisqu'ils y ont mis énergie et agressivité. Peut-être est-ce simplement le fait que je les apprécie un poil moins que Kreator et surtout Sodom. Sodom qui prend le relais et la première satisfaction est d'enfin les voir. Contrairement à 11 ans plus tôt au Wacken, je suis debout et conscient ! La joie est donc double, une première avec Sodom, et un show parfait, là aussi énergique à souhait. La set list ne laissait rien au hasard et les Agent Orange, Blasphemer ou Remember the fallen auront mis tout le monde à genoux. Du côté de Kreator enfin, aucune grosse surprise pour ma part, puisque je les ai déjà vu un nombre incalculable de fois. Malgré tout, et comme tous les précédents concerts donné de leur part, le set est juste complètement énorme, doublé d'un son excellent alors qu'il pouvait faire légèrement défaut à Sodom (en même temps avec le vent qui soufflait, ce n'était pas forcément évidement et dépendait beaucoup de l'endroit d'où on écoutait le show).
Pour autant, je n'ai pas scotché à la mainstage 2 non stop puisqu'entre chaque thrasher allemand la tente rock hard recevait deux formations à suivre, 1349 et Sceptic Flesh. Si les norvégiens ne m'ont que partiellement convaincu, c'est du fait que leur black ne me touche pas plus que ça. C'est bestial certes, mais pas aussi inspiré que d'autres dans le même genre. Néanmoins sur scène, je leur reconnais une certaine attitude agréable et entre chaque titre un fond plus indus / atmosphérique qui met une bonne ambiance. Du côté de Sceptic Flesh, le show aura été vraiment bon. Pourtant j'ai eu peur au départ avec une double grosse caisse ultra présente et des guitares très en retrait. Défaut corrigé au bout de seulement 4 titres. Le frontman va chercher en permanence le public qui lui rend un bel hommage entre chaque morceau. Grosse ambiance dans la fosse, et grosse ambiance sur scène, bien retranscrites par rapport aux albums. Le show se clôture par Persepolis et Anubis dans une communion parfaite avec leur public.

Une dernière ligne droite chargée

La fin de soirée promet d'être chargée avec Scorpions, Bolt Thrower, Coroner et Tryptikon parmi les groupes qui m'intéressent particulièrement. Il fallait pourtant faire un choix puisque les deux premiers et les deux derniers se chevauchaient. Ainsi j'ai décidé de passer tout le début de Scoprions pour voir l'intégralité de Bolt Thrower et retourner voir les lovers allemands pour leur final. Et grand bien m'en a pris ! Bolt Thrower aura été une fois de plus parfait, même si j'ai préféré leur prestation plus compacte quelques mois plus tôt au trabendo. Quoiqu'il en soit, leur death metal guerrier reste toujours aussi efficace sur scène. Leur show terminé, j'arrive pour le rappel de Scorpions, qui jouent alors leurs trois plus gros tubes, les seuls titres que je connaisse finalement. Bon trip, et surtout content de ne pas avoir eu à me taper 1h30 de morceaux aussi inconnus que chiants (si, si, on peut le dire). D'autant plus qu'à priori les musiciens étaient loin d'être au top de leur forme. En tout cas trois titres m'auront suffit amplement. Le dernier choix se portait sur Tryptikon ou Coroner, et ces derniers n'étant pas forcément ma grosse tasse de thé, j'ai préféré me tourner vers Tryptikon. Et là pour le coup j'ai regretté mon choix. Pourtant la forme y était avec des lumières très sombres sur scène qui plongeait tout de suite dans l'ambiance morbide et dépressive du groupe. L'intention était également la bonne en ouvrant avec "Procreation of the wicked", mais dès les premières notes j'ai eu l'impression de me taper un groupe sous vitaminé et sans énergie. Après trois titres supplémentaires, j'ai préféré abandonner et retourner à l'hôtel où une nuit réparatrice m'attendait.

Dimanche

Ça s'annonce plus calme

Pour être tout à fait honnête, ce dimanche s'annonçait calme de mon point de vue. Les groupes qui me bottaient bien étant souvent séparés par de longues heures d'attente, j'aurais beaucoup erré sur le site entre le metal market, les stands de bouffe et de boisson et les différents amis rencontrés sur place. Ainsi, ce n'est qu'à 13 heure que j'arrive pour voir la fin du show d'Atheist qui m'aura bien tué en 15 minutes, notamment leur bassiste. Non sans intérêt, j'attends Orphaned Land qui délivre alors un show tout en mélodie et en ambiances orientales, danseuse du ventre inclus, drapeaux Israélien et Libanais en option. Efficace et presque planant. Arrive alors le tour de Tsjuder. Grosse baffe dès le départ avec un son bien équilibré, une présence bien remarquable des membres et une musique que nous savons tous totalement in your face. !!Ghost : la très bonne surprise Seulement au bout de 20 minutes je me suis fait chier et j'ai cédé aux appels d'un ami qui m'incitait fortement à aller voir Ghost. Ghost, mais qu'est-ce donc ? Et bien on ne sait pas trop, à priori des blackeux suédois qui ont décidé de faire autre chose musicalement, tout en poussant à son paroxysme l'apparence scénique et les paroles blasphématoires. Et sur scène ça m'a semblé tout simplement énorme à voir. Les musiciens sous leur tunique et capuche en jetaient grave, quant au chanteur grimé en pape de la mort pouvait même en être flippant par sa stature. Musicalement c'est une sorte de pop-rock en opposition totale avec ce qu'on captait des paroles et les looks empruntés. Ce contraste aura beaucoup fait, ainsi que l'effet de surprise. Je ne doute pas que si je suis amené à les revoir un jour, mon jugement sera moins emporté et que lorsque je mettrais la main sur leur album je risque de moins rentrer dans le délire, mais sur l'instant, ça a été le pied. Ghost, la grosse découverte de ce festival.
Un dernier concert avec Cavalera Conspiracy avant un grand moment d'errance. Les frangins brésiliens nous aurons régalé de trois titres de Sepultura (Territory, Refuse / resist et Roots bloody roots), un titre de Nailbomb et tout le reste se partageait de manière assez équilibrée entre leur deux albums. Sur ces titres là, mon avis est mi figue, mis raisin, puisqu'on peut aussi bien avoir du très bon et énergique avec Inflikted que des titres beaucoup plus dispensables. Quoiqu'il en soit, et malgré son look de clochard, Max reste bien charismatique et la fosse lui répond au doigt et à l'oeil lorsqu'il réclame du circle pit. Igor tape toujours aussi fort sur ses fûts, et comme d'habitude on a droit à la petite famille qui monte sur scène pour prendre les instruments de tonton ou papa et s'amuser ensemble.

Vide et déception...

Et ensuite donc, le grand vide. Certes il y aurait bien eu Morgoth, mais on m'a pour ainsi dire forcé à regarder Mr. Big "tu vas voir ça tue!!", chiant à mourir. Doro que j'avais vu en 2002 au Wacken, qui m'avait bien plu à ce moment là, sauf que c'était face à 40 000 fans allemands qui connaissaient tous par coeur ses morceaux et qui communiaient avec elle. Alors face à un par terre majoritairement français, j'ai préféré évité. Et puis arrive alors Judas Priest qui restera comme étant LA déception de ce festival. Alors oui j'ai bien vu vos arguments sur la set-list parfaite, sur l'arrivée de la harley rutilante et ronronnante, mais honnêtement, à part le nouveau guitariste qui avait la pêche sur scène, c'était un groupe de grands pères qui avaient bien du mal à assurer. Aucune énergie des membres "historiques", et surtout un Rob Halford sans arrêt replié sur lui-même, le micro dans le nombril. Quand en prime ses vocaux pêchent très sévèrement dans les montées aigues, et même globalement par manque de hargne, j'avoue que mon coeur de fan à saigner. Et pourtant Judas Priest est un des seuls groupes de heavy que je suis capable de supporter, justement grâce à l'énergie qu'ils ont toujours dégagé. Quand celle-ci est absente, ça redevient pour moi un groupe de heavy on ne peut plus classique, et ce ne sont pas leurs quelques tubes joués sans grande conviction qui m'auront convaincu. Bon, au moins je les aurais vu avant leur retraite. Therion n'était pas de mon gout, j'ai écouté de très loin, sans y prêter attention, mais j'ai été marqué par le contraste vocal avec Halford justement. Alors même s'ils s'y mettent à quatre pour obtenir ce résultat, leurs voix portaient haut et fort là où Rob avait plutôt tendance à s'effondrer.

Le madman dans toute sa splendeur !

On termine ce festival sur Ozzy (oui parce qu'Opeth, Cradle et Kyuss je préfère zapper), et bon sang, la claque du Hellfest ! J'ai limite trouvé ça mieux encore qu'à Bercy l'année dernière, avec un Ozzy qui nous émeut tant par son attitude de grand père victime de rhumatisme, que par la musique qu'il nous envoie en pleine poire. Que du gros tube de A à Z, aucun temps mort, les premiers rangs et les photographes arrosés à coup de mousse à incendie, un Ozzy qui parait tellement heureux d'être sur scène que ça en est contagieux. Des musiciens absolument énormes autour de lui, un batteur qui tape comme une brute, et Gus G. qui nous fait très facilement oublier Zakk Wylde ce qui n'était pas forcément chose gagnée. La set list naviguera en permanence entre ses albums solos et les premiers black sabbath avec un énorme Paranoid pour conclure le show. Alors certes, il y a eu quelques écarts vocaux, mais rien de problématique ou gênant outre mesure, à 63 ans le parrain du metal assure encore comme une bête. Le public répondait présent, je ne vous dis même pas l'ambiance lorsque les premières notes de Warpigs ont sonné...


Au revoir Hellfest !

Il est alors déjà temps de rentrer pour une dernière nuit à l'hôtel. Je garderais en mémoire un Hellfest plus péchu que l'année passée, et surtout beaucoup plus rempli. Il est temps pour le festival de faire peau neuve en réorganisant son espace avec la future configuration de l'année prochaine. Quoiqu'il en soit, ce Hellfest 2011 restera dans ma mémoire grâce à Ozzy Osbourne, Sodom, Skyforger, Ghost et Bolt Thrower qui, chacun à leur manière, m'ont vraiment marqué. See you next year !

Vous pouvez retrouver ce live report sur la radio killer on the loose, dans l'émission du lundi 27 juin.
Les podcasts téléchargeables sont en ligne pour une session de rattrapage :

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Dernière mise à jour du document : mercredi 29 juin 2011

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