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 - au groupe / artiste Animal Collective

Animal Collective, Pig Out, Caribou, Rusty Santos, Jane, Robin Guthrie, Radio Dept..MIDI FESTIVAL, villa de noailles, Hyères, du 27 au 29 Juillet 2007

par Dariev Stands › vendredi 13 juin 2008


Style(s) : ambient / electro / musique électronique / ovni inclassable / pop / rock / techno / electroclash / electronica / indie rock

Certains parmis vous, nottament les amateurs d’electro (je sais que vous vous cachez, petits canaillous), se rappellent peut-être avec nostalgie du festival AquaPlanning de Hyères, qui s’était éteint de triste manière en 2004 pour cause de "manque de soutien financier et logistique de la municipalité", ce qui n’a rien d’étonnant vu que le maire de la ville n’a pas changé en plus de vingt ans… C’était un festival fièrement orienté electro, se déroulant à la fois sur la plage et sur le site de la Villa de Noailles - lieu enchanteur sur lequel j’aurai l’occasion de revenir – et ayant eu la chance d’acceuillir depuis 99 la crème de la crème. Aphex Twin, Plaid, Mu-Ziq, Herbert, Air, M83 lorsqu’ils étaient encore tout bourgeonnants, Chicks on speed, Rapture, LCD Soundsystem, Fad gadget, Bertrand burgalat, I-F, The Hacker, To Rococo Rot… Excusez du peu.

MIDI FESTIVAL, villa de noailles, Hyères, du 27 au 29 Juillet 2007.

Ayant raté ce festival à l’époque, je fus surpris d’apprendre qu’un « successeur » avait été lancé, courageusement, en 2006, et dont j’avais raté la précédente édition. Il faut dire que le budget étant surement restreint, la promotion du festival a été réduite comme peau de chagrin, et si cette année on a pu voir quelques affiches (très classe au passage), c’est bien le bouche à oreille qui a fonctionné en ce qui me concerne… C’est bien simple, j’ai trouvé en tout et pour tout une seule affiche en dehors de Hyères. Les temps sont durs. Alors avant même de rentrer dans une appréciation critique, positive ou négative, d’un tel évènement, saluons le courage et le bon gout des organisateurs, qui rempilaient donc cette année, avec en tête d’affiche Animal Collective, alors même que leurs comparses de Gang Gang Dance avaient tenu ce rôle lors de la première édition l’an dernier.

Ce fut donc avec l’espoir de dégoter une interview du groupe d’azimutés new-yorkais d’adoption, que je me ruai sur ce festival. Le résultat est ici:

http://www.gutsofdarkness.com/god/document.php?doc=3a32b43d5c7ed8faf296f14ff2bcebbd

Mais ce n’était pas là le seul attrait de l’évènement, loin de là. Premièrement, le Midi Festival est un festival intimiste… Ce qui signifie scène minuscule, ambiance chaleureuse à souhait, calage sur la pelouse, absence de bousculade, total panard, quoi. Ensuite, la villa de noailles est un site magnifique. Pas vraiment pour la villa en elle-même (un vieux bunker carré archi-moche dans le style années 50), mais pour ses jardins, paradisiaques et répartis verticalement… Si la scène n’était pas placée exactement à cet endroit, nous étions bel et bien au milieu de la nature, et ça, ça n’a pas de prix. C’est donc à l’ombre de pins parasols, confortablement installés sur des nattes gracieusement prêtées par l’organisation, que nous attaquons la première journée, qui fait la part belle à notre Panda Bear fraîchement interviewé (à 19h, soit moins d’une heure avant de monter sur scène pour deux groupes differents), puisqu’il joue à la fois dans Animal Collective et dans Jane.

Vendredi 27 Juillet

18.00 Le Mow Mow

18.50 Eglantine Gouzy

19.50 Animal Collective

20.50 Jane

Oui, je sais, il y aurait pu y avoir un concert de Panda Bear en solo pour le même prix, mais il est logique quelque part que l’artiste veuille mettre en avant ses projets les plus actuels et surtout les moins médiatisés (comparé à sa carrière solo), plutot que de faire simplement fructifier un engouement déraisonnable tel que « Person Pitch », son dernier album, en connaît. Il suffit de lire les critiques, qui ne tarissent pas d’éloges ! Ok, mais pourquoi ne pas parler de Jane, à ce compte-là, projet complètement passé à la trappe monté avec Scott Mou, DJ et ex-collègue de travail de Panda Bear au disquaire Other Music à NY ? S’il est difficile de trouver leurs disques pour juger de leur travail, en revanche, succomber à leur performance ce soir-là relevait de l’évidence… Bref, arrivé sur les lieux à l’ouverture, je n’eut qu’un bref apercu (interview en meme temps oblige) des concerts du Mow Mow et d’Eglantine Gouzy. Les premiers, groupe de Toulon caché derrière des masques d’animaux, avaient des allures de happening radical et jouaient une electro sympathique, deconstruite et inspirant une sorte d’exaspération, ce qu’on comprend en même temps pour un groupe de Toulon… A ne pas confondre avec les très attendus Animal Collective, donc, même si ces-derniers se rendirent célèbres à une époque (la période Sung Tongs si ma mémoire est bonne) pour porter des masques d’animaux… Mais les leurs avaient des poils. Après cet interlude « Slipknot du bois de quat’sous », abordons le cas d’Eglantine Gouzy… vite fait appréhendée au retour de l’interview. Une formation electro-pop en français (mais installés en Angleterre…) assez classique de prime abord, mais au rendu suffisament frais pour faire patienter agréablement en attendant nos animaux préférés. Le fait qu’elles soient fort jolies dans leurs jupes à la Pipettes (sans avoir l’air de cruches comme ces dernières), n’était pas étranger à cette impression, j’en conviens. Alors que le soleil commence lascivement à rougeoyer derrière les branches des pins parasols, les 3 gusses d’animal collective (Deakin ayant jeté l’éponge temporairement, cf itw) débarquent et installent eux-mêmes leur matos, aidés par Olivier (salut Olivier), et se lancent enfin dans une version défoncée aux champis de « Loch Raven », le morceau le plus abstrait de « Feels » ! Merveille ! Panda Bear hulule paisiblement en tambourinant de temps à autre sa grosse caisse (avec une cymbale qui y est accrochée, le seul « vrai » instrument du concert) . Le son est parfait, les samples crépitent comme des braises, et le public, massé autour de la minuscule estrade, commence doucement à entrer dans une transe qui ne finira qu’une heure plus tard, laissant la foule hébetée, voire exsangue. « Loch Raven », me direz-vous, n’est pas tout à fait l’entrée en matière la plus accessible pour un concert. Mais ce n’est rien comparé à la suite, mélange de morceaux de Sung Tongs, Strawberry Jam, voire de son futur successeur, et d’improvisations subites. Si certains ont soi disant réussi à reconnaître des chansons, ce ne fut pas mon cas ! On est perdu, et c’est ça qui est bon. Animal Collective demande une écoute active, peut-être plus encore sur scène qu’en studio, et leur refus catégorique de créer des ponts entre les deux expériences illustre à la perfection ce que Panda Bear déclare dans l’interview au sujet de l’impossibilité de signer sur une major company. Au fur et à mesure du concert, les battements se font de plus en plus frénétiques, Panda Bear devient écarlate à force de yodeler comme un panda tibétain dans son micro et Avey Tare impressionne de part sa bestialité, se déhanchant comme un beau diable tandis que Geologist se trémousse dans son T-shirt tye dye, sa sempiternelle lampe de Speleologist (cherchez l’erreur) vissée sur le front, clignotant. On retiendra le sublime titre « Brother Sport », futur grand moment du prochain album, à n’en point douter, déjà culte pour les amateurs du groupe (cf lien). Le tout finira en apothéose avec un titre aux fulgurances presque effrayantes, déchaînement de violence primitive sur des instruments electroniques (paradoxe ? ça change des groupes emmerdants avec instruments traditionnels), cris, puis chuchotements, et enfin déflagration intense de beats maltraités – Panda Bear n’ayant aucune pitié pour sa batterie electronique. Arrivé en retard sur les lieux du crime, Scott Mou prend donc les commandes en dernier (ce qui n'était pas prévu, la tête d'affiche devant toujours etre la dernière à passer, normalement) aux cotés d’un Panda Bear qui vient à peine de finir de remballer l’arsenal de son groupe, histoire de cloturer la soirée en beauté. Nos deux autistes, casques rivés sur le crane, auront réussi à transformer la pinède en nightclub, et à passer après l’ouragan Animal Collective, ce qui n’a rien de simple, on s’en doute. Un des coups de cœur de ce festival, sans nul doute : un mix de plusieurs travaux du groupe qui s’apparentait plutot à un voyage dans le temps vers une house délicieusement rétro aux accents early-nineties, du genre à vous rendre nostalgique de l’époque « dance machine », voire des glorieuses années Acid House (que nous autres français n’avons pas connues). Le clou du spectacle sera assuré par un petit garçon d’à peine 8 ans à vue de nez, qui passera toute la fin du concert à smurfer comme un beau diable sur l’estrade, sous le regard hilare de Scott Mou, qui, au passage, est un type fort sympathique.

Samedi 28 Juillet

18.00 Alps of new south wales

18.50 Robin Guthrie

19.50 Thieves like us

20.50 Pig out

La chaleur aidant, je traînai un peu plus sur le chemin lors de ce deuxième jour, arrivant pour les derniers morceaux d'Alps of new south wales, sorte de slowcore/cold wave timide et complètement décalée dans ce décor de pinède ensoleillée. Pas convaincu plus que ça. Robin Guthrie, en revanche, ex-moitié du très culte duo dreampop Cocteau Twins, faut-il le rappeler, se fond tout à fait dans l'ambiance (qu'on aurait pu qualifier de "paresseuse"), avec son jeu de guitare aquatique, qui constituait d'ailleurs, avec quelques effets sur la gratte, la seule source sonore de ce live. L'homme étant concentré, et le spectacle inexistant, c'était l'occasion idéale pour se caler sur les épines de pin jonchant le sol, prendre deux ou trois photos de reflets interessants, et discutailler en sirotant des oreilles l'ambient généré par les arpèges purs comme du cristal de Robin, très très loin de ses sons de l'époque Cocteau... Ici, on pense peut-être plus à Durutti Column, mais cette musique douce et bleue nuit n'a depuis longtemps plus aucun élément rock, ni même pop. De l'ambient, et du bon. Thieves Like Us, le groupe suivant, tire son patronyme d'un single du même nom bien connu de New Order. Pas de surprise donc si leur musique y ressemble, en plus électronique, bien évidemment. L'inexpressivité et la froideur du chant pourra irriter certains, pourtant c'est justement ce facteur qui différencie le groupe de la foultitude de groupes qui jouent sur le même terrain. A vrai dire, le seul qui ne soit pas de marbre durant ce court set de chansons dépressives-mais-dansantes, c'est le batteur. Norvégien comme le reste du groupe, il avait vraiment une tronche impayable avec son mulet de footballeur danois, ses lunettes noires disproportionnées et surtout ses petits bras roses maltraitant les tambours electroniques avec force grimaces comme s'il était Hellhammer ! On pense aussi à Europe, ce qui vous laisse imaginer mon hilarité. Mais malgré ce détail qui donnait du piment au set, l'uniformité de l'ensemble qui les rendra bien pâlichons au vu de la suite. Car Pig Out, s'ils ont fait tout le chemin de Nouvelle Zélande, c'est pas pour rigoler. "We came to Pig Out!" annonce d'emblée le frontman, d'une voix pleine d'écho digne du mec qui dit "merci d'être avec nous ce soir" dans "Je danse le mia" d'IAM, pour vous donner une idée précise. Là aussi, on sourit tout de suite en voyant qui monte sur scène, vu qu'on avait bien été forcé de le repérer, lui et sa claviériste/bidouilleuse, en arrivant sur le site. C'est que des "nu-rave kids" en jean slims et en vestes fluo des années 80, si à Londres, y'a que ça, ça se remarque rapidement, en France. Les pauvres devaient crever dans leurs jeans slims noirs. C'était donc la surprise de voir débouler ces mecs, qui à 20 ans (je leur donne pas plus) faisaient la tête d'affiche de cette soirée, se permettant de jouer presque une heure et demie... Et provoquant une hystérie générale comme j'en ai rarement vu ! C'est bien simple, Pig Out, c'est les Happy Mondays néo-zélandais, qu'est ce que vous voulez que je vous dise de plus ? Même voix, même attitude, même pas de danse que Bez, même aspect "impro permanente à la bas les couilles", alors que - encore une fois - vu que tous les instruments étaient éléctroniques, l'affaire était sans doute bien calculée. Ce fut donc une grande liesse, le chanteur haranguant très vite la foule à coups de "It's nice tu meet chuuuuuuuuu", et descendant dans le public au cours du dernier morceau, qui aura constitué facile les 2 tiers du concerts. Si musicalement, ça n'invente rien (pas dit que je chronique du Pig Out un jour par exemple), diantre que c'est bon de voir un concert electro avec un VRAI maître de cérémonie comme ça, chauffant le public jusqu'à incandescence. Malgré l'absence de guitares, basse, vraie batterie, ou même choristes, tout cela exsudait le Madchester à plein tubes, et je le repète, le chanteur est la réincarnation de Shaun Ryder, donc à ne pas rater sur scène ! Le grand moment du festoche après Animal Collective.

Dimanche 29 Juillet

18.00 Kpt Michigan

18.50 Caribou

19.50 Rusty Santos

20.50 The Radio Dept.

Sur le 3ème et dernier jour, j'aurai moins de choses à dire... Vu que je trainai encore plus que la veille pour arriver, je ratai même le début de Caribou, ce qui est quand même con quand on sait que Caribou, c'est génial. J'étais assez curieux de voir ce que ça aller donner sur scène, le groupe ayant plus une réputation de sorciers de studio qu'autre chose... Eh bien ça tuait ! Le batteur, au jeu quasiment math, se faisait entendre dans toute la ville, depuis les hauteurs de la villa de noailles, qui surplombe Hyères un peu comme un chateau fort. Autant dire que c'était nerveux, ce qui m'a pas mal surpris au demaurant. Difficile à classer, le groupe n'en était pas moins ce soir-là pourvoyeur de mélodies intelligentes, distillant une mélancolie et une nostalgie troublantes, surtout quand elle est proposée par des nerds canadiens déguisés en haillons violets et roses. Un genre d'accouplement entre le Fugazi de The Argument, Of Montreal, et quelque chose de plus pastoral comme Sparklehorse. Tout cela me fait penser que je vais bien ramer pour trouver des comparaisons quand je vais me décider à chroniquer le groupe (et surtout son incarnation précédente : Manitoba !). Si Rusty Santos était au moins aussi envoûtant, la différence, c'est qu'eux, personne ne les connaissait avant le festival ! A priori des protégés d'Animal Collective, ces américains sortis d'on ne sait où jouaient un rock très intense et expérimental, difficile à étiqueter également, peut-être pour la bonne et simple raison que leur musique est en grande partie totalement nouvelle, et libre de toute référence pré-machée. Ce fut donc une petite claque, qui aura enthousiasmé pas mal de monde d'ailleurs, voyant ce petit groupe visiblement encore très underground propulsé in extremis "la" révélation du festival. Ayant pris le temps d'écouter les enregistrements studio du groupe - d'ailleurs étonnemment nombreux - je ne partage pas forcément cet avis. Une bonne partie de la fureur de jouer et de l'intensité du groupe (on pense à Jeff Buckley, mais en beaucoup plus lo-fi et beefheartien) semble disparaitre en studio, ce qui n'est pas forcément gênant, si les chansons sont bonnes. On tient peut-être là un Menomena en devenir, encore un peu juvénile et fougueux... A suivre... Le festival se terminait donc sur The Radio Dept., qui cloturèrent cette soirée en mode "shoegaze dépressif", avec effets de voix un peu surjoués qui, perso, m'auront un peu fait ricaner, sauf que cette fois-ci, vu le serieux monacal et les fringues grises du groupe, ce n'était pas du tout censé être l'esprit. Bref, inutile de s'éterniser, encore un groupe qui arrive malheuresement pour lui à la mauvaise époque; c'est bien foutu, ça joue bien, mais ça ne dégage pratiquement aucune spontaneïté. Je me suis barré avant la fin, non sans saluer au passage les quelques personnes rencontrées lors de ces 3 jours, dont un disquaire bien cool basé à Barcelone, dont j'ai oublié le nom, et surtout les gens de l'organisation, qu'on ne peut que remercier pour leur gentillesse et surtout, pour donner un peu d'air à une région où malheuresement, l'eau n'est pas la seule pénurie... Voilà, le festival est bien sur reconduit cette année, mêmes dates, même endroit. J'y serai, et franchement, vu l'ambiance et le cadre totalement inhabituels et excellents, j'espère ne pas être le seul gutsien ! C'est 8 euros par soir, 15 pour les 3 si je ne m'abuse, et les têtes d'affiche 2008 s'appellent Glass Candy, Why, James Chance (lui-même!) et Zombie Zombie.

Animal Collective - Brother Sport (amen)

http://www.youtube.com/v/wEIhXPK0TSM&hl=fr

http://midi-festival.com/

Mots clés : animal collective jane rusty santos robin guthrie midi festival panda bear radio dept pig out thieves like us caribou hyeres villa noailles var paca toulon electro

Dernière mise à jour du document : vendredi 13 juin 2008

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