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Black Strobe, le 7 Novembre 2007, au Korova, Liverpool

par Dariev Stands › samedi 26 janvier 2008

Black Strobe, le 7 Novembre 2007, au Korova, Liverpool

Premieres parties :

The Delta Fiasco (manqué)

Black Strobe au Korova, c’était un peu comme un diamant noir dans un écrin de velours blanc, si je puis dire. L’ambiance kitcho/rococo/rétro du lieu allait à merveille avec la musique du trio, leur torpeur vigilante, leur noirceur en sous-couche omniprésente, leur esthétique « gay biker house »… Tiens, en parlant de Bikers gays, Arnaud Rebotini allait parfaitement avec le décorum, avec sa dégaine à mi-chemin entre Lemmy et Mike Patton (pour les cheveux). L’homme était visiblement à l’aise, dans son élément, s’accoudant au retours – qui faute de place sont ici placés au dessus de la tête du groupe, assez bas - apostrophant le public (environ 10 personnes) sous les néons pastels de la minuscule scène du Korova : « Come On !! We Are Black Strobe !! ». Pas la peine de crier, Arnaud, on avait remarqué. Car si le groupe, sans Ivan Smagghe depuis la sortie du premier véritable album du groupe (après une décennie d’existence, rien que ça), semble méconnaissable, ici réduit à un power trio sans basse jouant pied au plancher un rock musclé qu’on imagine bien faire la nique à Placebo dans les stades ; il est impossible de s’y tromper : l’aura malsaine dégagée par la musique de Rebotini est toujours là, impalpable, indéfectible, sous-jacente. Black Strobe, même en mode « gros rock » balourd et pas subtil pour deux sous à faire passer les Queens of the stone age (dont ils disent s’inspirer), pour The Durutti Column, reste une entité très particulière, une sorte d’erreur de la nature mal dégrossie qui tend d’un côté vers la grisaille nacrée des prophètes techno de Detroit, de l’autre vers la chape plombée des artisans du Shoegazing le plus sombre (My Sempiternelle Valentine, Jesus & Mary Chain, et selon Rebotini, Burzum et Darkthrone entrerait tout droit dans cette lignée, ce qui ne manque pas d’interêt et de pertinence si l’on se pose 5 minutes pour réfléchir). Un grand écart musical possible, si l’on en croit ce batteur féroce, accompagné de ce guitariste solide, tous deux rompus à la gymnastique la plus ardue.

Ça cognait dur ce soir-là, dès l’ouverture «Brenn di ega kjerke », tonitruante entrée en matière de l’album, aux relents soi-disant Black Metal (à part la double pédale, euh… la moustache ? pas true, la moustache. Pas très norvegian-aryan.), qui avait le mérite d’être headbangable. On sait d’emblée qu’on est en présence d’un groupe qui joue serré une musique tout simplement rock, mais répétitive, et le côté dansant n’en est que renforcé. Le désormais classique « Chemical Sweet Girl » fait plaisir à tout le monde, le chant renfrogné de Rebotini arrivant une fois le groove « rebotique » bien installé, jetant une ambiance déchaînée sur les 3 pelés qui dansent comme des trippés devant la scène. On pense nottament à une nana d’au moins 25 piges à la limite de l’hystérie, tout devant, au look cheveux courts/jean/chemise sobre tout droit sorti de la période « post-punk » 79/82, qui sautait partout en se déhanchant d’une manière… athtlétique. Le côté EBM de Black Strobe, sans doute. Autre personne visiblement heureuse d’entendre les classiques du groupe : le patron des lieux ! Il était là, adossé à quelques mètres de la scène, dodelinant de la tête en arborant une banane pas possible. Il faut dire que le Korova, dans le communiqué officiel qui le décrit, est un endroit qui se vante de passer « de Black Sabbath à Black Strobe » dans ses playlists. On le sait, Black Strobe a toujours été en bonne place dans les bacs des Dj’s d’ici. Etonnant donc, de ne voir personne ce soir-là. Il préfèraient peut-être s’entasser dans les grands hangars qui font office de clubs electro à Liverpool pour voir des grands noms du style Simian Mobile Disco (l’équivalent d’aller voir Dire Straits dans un stade pour l’electro). Bref, dommage.

La conviction intacte, Black Strobe continua donc sur les très rock’n’roll « Not what you want » et « I’m a man », reprise testostéronée du déjà bien burné « Mannish Boy » de Bo Diddley/Muddy Waters (de toutes façons ce morceau relève quasiment du domaine public), qui fera fuire une amie, peu ragoutée par la ruguosité de la moustache de Rebotini. S’ensuit une longue version assez évoluée d’ « Innerstrings », ou les deux guitaristes se la donnent sur le mode « maximum riffage », tandis que le batteur s’use les poignets à garder ce tempo digne d'un shoot de Nitzer Ebb, le tout fomentant un genre de mélange Sonic Youh/D.A.F. pas piqué des hannetons. La suite gardera ce rythme plus que soutenu, le groupe ayant visiblement atteint ici sa vitesse maximum, turbinant à plein régime. « Shining Bright Star », le single tuant, beau comme du Dave Gahan qui aurait ajouté les santiags et ray-ban aux pantalons de cuir, renvoie les petits rats de studio du type The Film ou Rhinocerose à leurs pro-tools. Meme constar pour l’enlevé « You should be », et pour le reste du concert, mené tambour battant par une formation, qui, il y a quelques années, était parait-il d’une approximation scénique assez déplorable. Ce n’est plus le cas désormais !

Setlist

Brenn di ega kjerke

Chemical sweet girl

Not what you want

I’m a man

Innerstrings

Shining bright star

You should be

Buzz buzz buzz (?)

Et une autre, me souviens plus laquelle

Mots clés : black strobe korova liverpool shoegazing

Dernière mise à jour du document : samedi 26 janvier 2008

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