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Tangerine Dream: Le retour du Rêve Mandarin

par Phaedream › dimanche 15 juillet 2012


Style(s) : musique électronique / musique électronique berlin school

L’histoire d’amour entre le public montréalais et Tangerine Dream remonte à un superbe concert, considéré par plusieurs comme étant un classique, donné à la Place des Arts en Avril 1977. Depuis, le groupe de Froese n’est revenu que 2 autres fois; Juin 1986 au Lac des Dauphins (La Ronde) et à cette même Place des Arts en Septembre 1992. Ce qui est trop peu pour un groupe culte qui maintient sa légion de fans au Québec depuis que Stratosfear envahissait les ondes de la radio rock montréalaise CHOM-FM en 1976. C’est donc près de 20 ans plus tard que les fans nostalgiques, comme de tous nouveaux adeptes, attendaient avec impatience la levée du rideau de ce spectacle qui était à des années-lumière du tout premier rendez-vous historique.



Les accords de claviers se perdent avec les lourdes percussions qui martèlent un rythme de plomb et "The Sensational Fall of the Master Builder" éclate avec toute la puissance que l’on lui connait. Le ton est donné. On sait que nous assisterons à tout un concert. Malgré des problèmes de son "Dolphin Dance", "The Cliffs of Sydney" et "Song of the Whale, Part II" défilent avec toute la justesse de leurs approches lyriques. Les interprétations sont superbes. Les synthés sont fluides et harmoniques alors que la portion rythmique, parfois trop forte, ajoute une impressionnante dimension à ces titres forgeurs de souvenirs. Ces rythmes trop puissants enterrent toutes les nuances mélodieuses de "Ayumi's Loom" et "Logos" (que je reconnais à peine) mais rendent justice au superbe "Marmontel Riding on a Clef" ainsi qu’à "Oriental Haze". Après une très longue version de "Love on a Real Train", où Edgar et Thorsten se livrent un beau duel séquences/synthé, "Underwater Twilight" vient boucler la boucle des souvenirs de la tournée 1986 avec une vibrante interprétation. L’interprétation de "Homeless" avec un Bernhard Beibl aussi tranchant que Zlatko Perica avec ses solos de guitares lourds et incisifs. Après un "Going West" assez rock, "One Night in Space" nous conduit à une fumante interprétation de "The Silver Boots of Bartlett Green".



L’intermission d’une vingtaine de minutes me permet de ramasser les sentiments et émotions de la foule à l’égard de cette première partie et tous les personnes interrogées sont unanimes pour dire que nous assistons à une page d’histoire et que c’est un superbe concert. Si certains sont déçus de ne pas entendre plus de grands classiques intemporels, la très grande majorité est subjuguée par "The Silver Boots of Bartlett Green" (quelle interprétation!) et ce titre d’ouverture ("The Sensational Fall of the Master Builder") qui nous a cloués à notre siège.

Edgar revient en solitaire et s’installe à son piano restitué par un logiciel sur son gros écran de télé et les premières notes qui sortent réconfortent l’audience qui reconnait le classique des classiques; "Ricochet". Après "Lady Monk" et "Long Island Sunset", qui mettent plus en évidence Linda Spa à la flûte, "Blue Bridge" vient boucler une autre boucle nostalgique de la tournée 1992 avec un superbe duo Linda Spa et Edgar Froese qui s’échangent des solos de saxophone et guitare. Edgar est aussi touchant que Linda peut être sensuelle. C’est un très bon moment à une magistrale interprétation de "Alchemy of the Heart". Vêtu d’un air mélancolique, Thorsten Quaeschning libère les premières notes de "Warsaw in the Sun". Moi qui aie toujours rêvé de voir une interprétation de ce titre en concert, je suis servi à souhait avec une solide et puissante interprétation qui allie la romance du titre à la fougue des dernières années de TD. Et l’extrait de "Horizon" me visse dans mes rêves avec une autre superbe interprétation. Nous avons droit à un étrange duel violon (Hoshiko Yamane) / percussions (Iris Camaa) avant que White Eagle ne soit restitué dans une interprétation à faire vibrer notre épine dorsale alors que Legend aurait dû rester une légende. "Stratosfear '95" clôture cette 2ième partie avec une interprétation lourde et marteleante qui résonnera dans nos oreilles bien longtemps après le Encore qui comprend une interprétation de Vivaldi et ses 4 saisons, un titre chanté par Thorsten Quaeschning (on me dit que c’est Crystal Ship des Doors, j’aurais pensé à Cry Little Sister) et une foudroyante version de "Phaedra".

C’est près de 200 minutes de musiques, souvenirs et nostalgies qui ont défilées dans mes oreilles en ce soir du 20 Juin 2012 à la Place des Arts. C’est aussi un 4ième concert pour 4 décennies et autant d’époques très différentes qui font le lien entre elles parce qu’il y a toujours un fil conducteur dans la musique de Tangerine Dream qui fait qui même si tout peut-être différent, tout est parallèlement semblable. Et ce fil est Edgar Froese. Fallait voir le vieux renard argenté, les yeux emplies de mélancolie et de fierté, guidé ses 5 musiciens avec une étonnante complicité dans un setlist qui reflète admirablement toute la dimension de Tangerine Dream. Oui j’aurai aimé plus de classiques, mais pas au prix d’exclure des joyaux tels que "The Sensational Fall of the Master Builder", "Marmontel Riding on a Clef" ou encore "The Silver Boots Of Bartlett Green". La solution aurait été que le Dream joue plus de 4 heures, voire même 5 heures, pour satisfaire tous ceux qui sont des inconditionnels de ce groupe qui à su naviguer contre vents et marées depuis plus de 40 ans. Et lorsqu’on est rendu à dire que seul le temps faisait défaut à ce concert, c’est que le rendez-vous avec la magie de Tangerine Dream était plus que réussi!

Mots clés : Tangerine Dream, Edgar Froese, Place des Arts et Thorsten Quaeschning

Dernière mise à jour du document : dimanche 15 juillet 2012

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