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José & The Buttsluggers à la Quincaillerie, Venarey-Les-Laumes, le 22 Juillet 2014

par Dariev Stands › mercredi 27 août 2014


Style(s) : jazz / noise / ovni inclassable / punk / rock / free jazz / no wave / post punk

« Holé l’glaude. J’m’en aillions-t-y voir l’José à la Quincaillerie, à Venarey-les Laumes » pourrais-je lancer en introduction de ce live-report, me moquant ainsi de l’accent Bourguignon, qui touche parfois les membres parmi les plus respectables de ce site (ceux qui vivent en Bourgogne, en fait). Mais je ne le ferai pas. D’abord parce que « La Soupe aux Choux » ne se passe pas en Boul’gogne mais dans l’Bourbonnais. Ensuite parce que de la campagne d’où je viens (beaucoup plus méridionale, avec d’autres clichés rassurez-vous), voire ce genre de lieu et de concert au milieu de la pampa relèverait de l’hallucination pure et simple, de l’oasis mirage sous le soleil de midi.

Et enfin parce que ces 3 éléments « José & The Buttsluggers, Quincaillerie, Venarey-les Laumes » vous sont probablement plus familiers qu’ils en ont l’air, derrière leurs airs de composants d’une affiche confidentielle dans un lieu alternatif a priori under the radar puisque venant d’ouvrir tout récemment.

José & The Buttsluggers d’abord, est un groupe de post-punk inlassablement vrillé chroniqué en ces pages, dont je me bornerai à dire que le line-up m’assure d’avance le chiffre mirobolant de 6 lecteurs sur ce site ! (sans blague, vous êtes nombreux à les lire, mes live-report ?). La Quincaillerie, ensuite (pas celle de tonton Hervé, donc) est effectivement une ancienne Quincaillerie reconvertie en lieu de concerts/théâtre/expos/résidences d’artistes par un certain Alexis (pas seul), membre du duo les Endimanchés, figure du rock alternatif des années 80 cité au vol dans le fameux « Salut à Toi » de Berurier Noir ! Qui n’a jamais entendu Fanfan scander « Salut à toi l’Endimanché » en se demandant à qui était adressée la chose… Eh bien l’Endimanché is alive and well and living in Venarey-les-Laumes. Commune située non loin du site d’Alésia, ce qui la rend tout de suite moins inconnue.

La Quincaillerie est ce genre de lieu fragile et quasi-utopique qui survit de moins en moins dans les grands centres urbains, et qu’on retrouve donc au bord d’une rivière, dans un énorme bâtiment en cours de reconversion… Pas de séparation entre les arts : l’exposition d’œuvres d’André Robillard est dans la même salle où se déroule le concert des Buttsluggers, seul groupe à l’affiche ce soir-là. Logique, en fait, d’assister à concert de ces types dans leurs chemises hawaïennes et lunettes de pilote entouré de reproductions de kalachnikov réalisées avec des bouts de ficelles et de carton, sans oublier les « sputnik » à base de bonbonnes de gaz accrochés au plafond. Difficile de dissocier public, artistes et bénévoles de la Quincaillerie dans le public, étonnamment nombreux (vu la taille des communes du coin), qui se presse devant la scène.

Les hostilités démarrent fièrement avec les titres les plus punchy et rentre dans le lard des José, soit les trois du single chroniqué ici, Jason’s Toothpaste (un peu trop salopé par le mégaphone pour qui ne connaît pas la chanson… ce qui fait à peu près tout le monde ce soir-là), Loose Yr Cravats et L’Abus, les deux derniers étant ce qu’on peut considérer comme des tubes de post-punk siphonné, barré et enrichi en cuivres… Le public suit immédiatement et capte l’essence du groove rockabilly de l’Abus en dansant la gigue, envahissant l’espace de quelques pas de danses qui, c’est bateau de le dire mais c’est vrai, mettent toujours plus d’ambiance et d’adrénaline au groupe que des mecs qui dégainent leur portable au premier rang.

Clairement, vu ce qui se déroule sous nos yeux, on est en face d’un groupe de Zolo garanti AOF - appellation d’origine fumeuse, utilisée par les amateurs devant l’énorme quantité de bons groupes post-punk des années 80, pour désigner les plus colorés, acides, claudicants et… inspirés de Devo, quoi. C’est un vrai style musical et non seulement visuel, encore que l’accoutrement des Buttsluggers vient confirmer cette filiation. Et l’étrange mélange d’aisance technique et d’un certain goût du chaos ne fait que renforcer l’impression. Zolo music tendance bruyante, avec de vrais grumeaux d’impro et d’échange d’instruments dedans ! On n’ira pas jusqu’à mentionner la passion du bassiste pour une certaine micro-scène de groupes frappadingues britons (encore que, avec un t-shirt Cardiacs, il donne le ton), et puis en fait si, puisque « Loose Yr Cravats » est un hommage survitaminé aux Cravats… Plus proches de nous et de 2014, on pourrait penser, avec leur look improbable, que les José usent du même humour teinté d’autodérision que ces très bons groupes français Bungliens actuels, Pryapisme, Vladimir Bozar, Mucho Tapioca & co… Sauf qu’un titre comme « Le Mal », au texte pour le moins dénué d’ironie et de rire, vient refermer aussi sec le couvercle de la boîte à farces.

Et c’est un peu ça un concert de José : un coup ça danse, ça groove (pas droit certes, mais ça groove), un coup ça bascule dans l’agression crade et bruyamment punk, forcément coloré d’étranges teintes par la clarinette et le saxo, encore que… Personne ne joue straight, à certains moments, de toute façon. Le public garde si bien le fil qu’il en redemande, poussant le groupe à se lancer dans deux rappels et autant d’impros, dont on retiendra surtout la deuxième, qui démarre façon « Silver Machine » d’Hawkwind, avec phasing et piste de décollage binaire ! … Bien vite salopé par les cuivres free et les effets, ce qui n’empêche guère les gens de continuer à danser. En clair, pas besoin d’avoir 25 chansons à son répertoire pour tenir une salle en haleine sans première partie, pendant une bonne heure et demie, quand on a le Mojo !

Mots clés : José, Buttsluggers, Quincaillerie, Venarey, Laumes et Klarinnethor

Dernière mise à jour du document : lundi 6 avril 2015

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