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Uriah Heep, Paris, La Cigale, 22 janv. 2019

par Nicko › mercredi 23 janvier 2019


Style(s) : rock / hard rock

Dans l'histoire du rock, Uriah Heep se pose là en tant que second couteaux des locomotives que sont Black Sabbath, Led Zeppelin et autres Deep Purple. Ils fêtent en cette année 2019 leurs 50 ans de carrière ! Alors qu'ils viennent de sortir leur 25ème album, "Living the dream", la bande à Mick Box passe par la capitale française pour débuter leur tournée 2019. Sachant que leur précédent passage à Paris datait de 10 ans, il était impossible de louper une telle soirée.

affiche concert

La Cigale n'est pas une salle particulièrement spécialisée en termes de hard rock et metal. Je n'y ai vu qu'une poignée de concerts là-bas, dont Manowar et Black Label Society, mais elle ne fait pas partie des lieux où j'ai l'habitude de me rendre. Pourtant la salle est très belle, plutôt classe, avec un étage, dans un style ancien avec moulures aux balcons. La fosse a la particularité tout à fait appréciable d'être en descente. Donc si on se trouve à l'arrière de la salle, on garde une belle vue sur la scène, sans être trop gêné par les autres spectateurs devant (quand ceux-ci évitent d'utiliser leurs téléphones portables à tout-va.... Mais ça, c'est un autre sujet !). J'arrive dans la salle alors que le groupe de première partie vient de terminer. J'ai juste le temps de voir qu'il s'agit d'un duo mais je n'en sais pas plus dessus, que ce soit leur nom ou leur style musical.

Après une petite pause d'une demi-heure, c'est parti pour le show des vétérans anglais. Enfin je peux les revoir en concert ! Après leur passage au Hellfest il y a quelques années, et sans connaître grand chose de leur répertoire à l'époque, je peux enfin les voir dans d'excellentes conditions pour un show complet. Premier constat, le son est bon même si la guitare reste un peu en retrait (problème qui sera réglé au bout de quelques morceaux) et le groupe est en forme. Ils débutent la deuxième partie de leur tournée européenne suivant la sortie de leur dernier opus "Living the dream", c'est le premier concert de l'année, on sent qu'ils sont prêts à en découdre ! Bernie Shaw, au chant, est particulièrement enthousiaste sur ce début de concert, principalement tourné vers leur dernier album en date. Et ce "Living the dream" passe très bien l'épreuve du live. On sent ce retour à des sonorités années 80 mais avec des compos particulièrement bien pensées et en concert, elles s'intègrent parfaitement bien aux standards du groupe. A ce sujet, notons très vite un "Return to fantasy" bien puissant et que je n'attendais pas là ! "Too scared to run" sera une autre très bonne surprise de leurs années 80 avec surtout avec une interprétation impeccable. D'ailleurs, ce qui m'a particulièrement impressionné sur ce début de concert, ce sont deux choses. Tout d'abord, la classe ultime du groupe. Il n'y a pas à dire, voir un groupe qui a une telle carrière et une telle expérience, au-delà même d'avoir une interprétation nickel, ce qui est génial, c'est de voir un groupe soudé, heureux d'être là, à tout donner avec cette impression de facilité qui fait que ça coule de source. Et ça, c'est magique. Tout s'enchaîne bien, on sent le travail derrière, ces automatismes tout en gardant une fougue et un enthousiasme de tous les instants. Le solo final de "Take away my soul" issu du dernier album résume à merveille ce constat. Mick Box, 71 ans au compteur, est impeccable et ce solo, c'est un véritable archétype dans le genre, à rallonge, enlevé, précis et intense. Mick fait plaisir à voir, à la fois sérieux dans son exécution mais toujours avec ce plaisir de donner un solo qui envoie du bois au public. Du grand art ! Et la deuxième chose qui m'a marqué dans ce début de concert, c'est la puissance développée par Russell Gilbrook. Cela aurait été très facile pour le groupe de tomber dans l'écueil du vieux groupe des années 70 qui continue en mode pépère dans une routine ne faisant pas honneur au passé. On en connait des groupes comme ça et clairement, avec ce schéma, c'est vraiment pas bon de vieillir. Mais là, Uriah Heep est très loin de cela ; et Russell représente pour moi le symbole de cette jeunesse sur cette scène. Le bougre martèle ses fûts avec une énergie communicative (avec son tom basse particulièrement impressionnant, aussi gros que ses deux grosses caisses positionné de biais telle une cymbale sur le côté de son kit !!). Eh bien, quand on a cette rythmique (aidé en cela par un Davey Rimmer efficace à la basse) de cette trempe, ça donne des morceaux surboostés gardant aussi leur spécificité mélodique. Attention, le son bien équilibré permet de ne pas tomber dans le bourrinage pur et simple qui aurait tout ruiné. Aux claviers, nous avons toujours Phil Lanzon qui incarne vraiment la force tranquille. Quelle classe et quelle efficacité dans ses parties de synthés ! La deuxième partie du concert se focalise un peu plus sur les classiques (même si au final, 40% de la set-list seront constitués de morceaux du dernier album) commençant par un très bon "Rainbow demon". Mais c'est définitivement avec "Gypsy" qu'on passe dans la catégorie "best of", après une petite présentation de la génèse du morceau par Mick Box. Et là, c'est caviar, avec un enchaînement aux p'tits oignons avec les incontournables que sont "Look at yoursekf" et "July morning" pour des versions au top super-intenses. Le professionnalisme de la formation n'est plus à démontrer. Niveau chant, certes Bernie Shaw n'est pas David Byron mais quand même ! Même s'il n'a pas les capacités vocales du défunt premier chanteur du groupe, il se donne à fond, avec un énorme sourire du début à la fin, et reste à tout moment dans la justesse et le contrôle de son chant, et ça passe super bien ! Le groupe revient pour un petit rappel sous la forme de "Sunrise", seul extrait du "Magician's birthday" avant de terminer bien évidemment sur l'hymne "Easy living" après 1h40 de shows. L'ovation du public parle d'elle même et on sent le groupe vraiment touché et ému d'un tel accueil. Comme le dit si bien Bernie, le groupe espère bien ne pas avoir à attendre à nouveau dix ans pour revenir fouler les planches d'une scène parisienne ! Et pour être tout à fait honnête, moi non plus ! Une excellente soirée !

set-list Uriah Heep :

  • Grazed by heaven
  • Return to fantasy
  • Living the dream
  • Too scared to run
  • Take away my soul
  • Knocking at my door
  • Rainbow demon
  • Waters flowin'
  • Rocks in the road
  • Gypsy
  • Look at yourself
  • July morning
  • Lady in black
rappels :
  • Sunrise
  • Easy livin'

Mots clés : concert, Nicko, Uriah Heep, hard rock et Paris

Dernière mise à jour du document : mercredi 23 janvier 2019

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