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Fury Fest 2004, Le Mans, les 25, 26 et 27 juin 2004

par Saïmone › lundi 5 septembre 2005

Le Fury Fest était bel et bien LE festival qu'il ne fallait pas louper, pour peu que vous soyez fan de musique extrême. Une affiche de malade, un prix presque raisonnable, une organisation bien foutue, étant donnée l'affluence incroyable (environ 25 000 personnes en 3 jours !), une équipe cool, bref, il FALLAIT être au Fury cette année. Après deux heures de route en partant de Nantes (je remercie au passage Sam, Bud et les autres pour le co-voiturage fun), on arrive sur le site. Il y a déjà une file d'attente incroyable (il est 14h30), le site est déjà dégueulasse (bouteille de bière cassée par terre, détritus, papier, etc…), pas de doute, il y a du metalleux dans la place. C'est d'autant plus révoltant qu'il y a des poubelles partout. Une fois sur le site, première constatation: c'est énorme ! L'extrem market, la restauration, sur une bonne longueur, tout ça sur fond de bitume (dommage qu'il n'y ai pas plus de verdure, parce que le béton, à la fin, ça fait mal au cul). Les groupes ont déjà commencé (je loupe FTX et Gronibard… pas grave, déjà vu), j'arrive pour 8 Control, moyen, hardcore classique, je ne suis pas trop fan. Direction Mainstage pour Banane Metalik, du punk'n'roll mauvais mais marrant: en effet, les musiciens sont déguisés en boucher, vampire, avec du sang partout, et surtout, un contrebassiste hilarant !

Je ne reste pas jusqu'à la fin, pour la simple et bonne raison que Comity va envahir la Velvet Stage pour un live mémorable !! J'avais déjà vu le groupe en première partie de Converge, en janvier, et j'avais pris une énorme claque. Rebelote, le groupe déchire, le son est excellent, sur scène c'est l'orgie, les mecs sautent dans tout les sens, se jettent par terre, convulsent, Thomas a fait de gros progrès au chant, il hurle à mourir ! Le groupe joue les 3 derniers titre de son premier album, soit un peu plus d'une demi-heure de hardcore metal barré ultra brutal, torturé et intelligent. Durant les parties calmes, le groupe se colle par terre, à la limite de l'orgasme, et durant les parties les plus frénétiques, il se déchaîne, un véritable torrent brutal se déverse sur scène. Assurément un groupe qui vit sa musique au plus profond de son être.

Après cette branlée qu'était Comity, direction Mainstage pour se reposer un peu avec Blood for Blood. Old school hardcore en vue. Je regarde le set de loin, je vais m'acheter un sandwich, et quand je reviens, Ignite est sur scène. Hardcore old school mélodique, ce n'est pas pour moi ça. Du coup, je me casse vers la Velvet où Curl up and Die va jouer. Le groupe est puissant, hardcore arraché, torturé, avec quelques relents rock'n'roll virulent, le groupe déchire pas mal. Mais il me faut partir avant la fin, histoire d'être prêt pour The Haunted. Depuis le temps que j'attends de voir ce groupe en live… Le groupe déboule sur scène avec un son excellent, très audible, un Peter Dolving fraîchement revenu, très charismatique, très "hardcore" dans l'attitude (la manière d'haranguer la foule, de bouger, et puis sa voix aussi). Les nouveaux titres sont encore meilleurs avec sa voix (reconnaissons que Marco n'était pas extraordinaire), le groupe n'enchaîne que des bombes ("Dark Intentions", "Bury your dead", "Hollow Ground", "In Vein", "Three Times", "Shattered", etc…). Les musiciens sont assez stoïques, ils headbangent juste à souhait. En fait, c'est Dolving qui fait le show, et il le fait très bien. Vu de la scène, le public est assez ahurissant, tout les fans sont au premier rang, et il est carrément hallucinant de voir 500 chevelus headbanger en même temps, suivant le rythme de la musique. Après une quarantaine de minutes, le groupe nous quitte sur un "Hate Song" d'anthologie, d'une puissance hors du commun, qui n'a pas à rougir face à un Reign in Blood ou un Angel of Death. Grosse, grosse baffe.

Direction Velvet pour se reposer avec un peu de Tough guy, Born from Pain, encore… Old school hardcore, ultra classique, déjà vu 2 fois... je n'ai plus qu'à attendre The Hope Conspiracy, qui crée un peu la surprise. La musique du groupe, habile mélange entre du hardcore, du metal, et de l'émo écorché vif, défouraille bien les oreilles, le chanteur est très bon, ses hurlements font très "Suédois" (comprenne qui peu), les musiciens débordent d'énergie, bref je prend mon pied. A la fin de leur set, c'est Hatebreed qui entre sur la Main, tough guy à tous les étages, bourrinage de gueule, mosh à ne plus savoir quoi en foutre… Bref, c'est Hatebreed, la grosse machine hardcore qui débarque et qui fait un malheur. Je repars (que d'aller-retour…) vers la Velvet pour assister au set de Give up the Ghosts. Old school hardcore punk, beurk, je reste 5 min, et je repars sur la Main pour Testament, la légende du Thrash ! Malheureusement, le groupe va souffrir d'un très mauvais son, d'une ambiance plombée (les fans d'old school thrash ont l'air assez peu nombreux), et d'un Chuck en petite forme (mais très en voix !). Bref, une petite déception pour ce groupe culte dont je ne suis de toute façon pas très fan... Et on repart vers la Velvet, assister au dernier show de Shai Hulud, avant leur split annoncé. Hardcore screamo en perspective, puissant, hurlé, violent (ici et là quelques relents metal). Sur scène, les mecs se dépensent, ils donnent tout, une énergie incroyable se dégage de la Velvet.

Gros contraste avec les très décevants Soulfly. Max a visiblement pris de la bouteille, sans aucun doute. Je n'aime pas Soulfly, c'est un fait. Pourtant, je suis un fan de Sepultura. J'aurais du être aux anges, puisque l'ami Cavalera, en compagnie de nouveau musiciens (on est habitué maintenant), passera la moitié du set à jouer du Sepltura. Et pas n'importe quoi: Roots Bloody Roots, Refuse/Resist, Troops of Doom, Inner Self... Malheureusement pour nous, ses nouveaux amis ne sont pas du tout à la hauteur, le guitariste (sorti d'Ill Nino... bah oui, il a un sac à dos) est assez mauvais quand il s'agit de reprendre les solos de Kisser... quand au batteur, je ne préfère même pas en parler: il massacre littéralement les parties de batterie... ridicule... quand aux morceaux de Soulfly, dois-je vraiment vous en parler ? Du mauvais neo-metal, avec de temps en temps des passages reggae (si vous saviez comme je déteste le reggae !), un Max aussi charismatique qu'un camionneur... Une grosse déception, moi qui rêvais de voir Max en live depuis ma plus tendre enfance... on ne m'y reprendra plus !

2h du matin. Après cette bonne journée assez épuisante, direction le camping, où un gros con bourré atterri sur ma tante, et nique une tige de soutien. Une peu énervé, je décide d'aller au Camping presse, où il n'y a presque personne, avec mon pote. Enfin tranquille. On va pouvoir essayer de dormir un peu. Bonne nuit... Rfffllll...

On est samedi, réveil difficile. Direction l'autre camping pour casser la croûte avec les mecs qui m'ont emmené en bagnole. Petit déjeuner à base de bière, salade en boîte, pain dur et autre (que je ne nommerais pas pour des raisons légales). Je ne prend même pas la peine de "digérer", car Transmission 0 va envahir la Main (oui, j'ai loupé Korum...). Le post-hardcore doom du combos est très bon, quoique inégal. En effet, les purs morceaux doomy se succèdent à d'autres presque "heavy" relativement moyen. On notera l'absence totale de charisme des musiciens (et leur chanteur au look de boys band), et pour ce genre de musique, c'est indispensable ! On passe un agréable moment tout de même, et direction la Velvet pour assister au show ultra brutal de Morgue, combos grind qui ne fait pas du tout dans la finesse. C'est un peu rébarbatif, mais on s'en fout, après il y a Defdump !

Defdump qui éclate bien le public, avec son hardcore brutal teinté d'émo, dans une veine assez proche d'un Glassjaw, en plus metal. Esprit bon enfant (un chanteur assez fun dans le genre), musique bien groovy, idéal pour se mettre en forme et faire bouger notre p'tit cul (et nos cervicales aussi), d'autant plus qu'il est l'heure d'aller manger (14h). Direction la restauration (assez chère... 4 euros le mini sandwich au steak... mais nous reviendrons là dessus plus tard), puis la Main avec Caliban, du bon tough guy comme on en fait plein au Fury (l'année 2003 en était bondée !). Crâne rasé, mosh, moulinet, on ne peut pas se tromper, c'est du hardcore, du pur et dur ! Pourtant, le public reste assez mou.... celui-ci attend Dying Fetus, et Dying Fetus il aura. Le groupe est super carré, très brutal, très pro, trop peut être ? En effet, malgré que leur set soit une véritable leçon de death brutal à tendance moshisante, le groupe manque assurément de folie. Il ne se passe pas grand chose sur scène, et les lights verts extra-terrestre auront vite fait de nous saouler. De plus, le son n'est pas excellent, mais cela n'empêche pas les fans d'en prendre plein la gueule ! Pour ma part, je suis parti avant la fin, afin assister au début de Walls of Jericho, avec la fameuse Candance (hum...). Le groupe est scéniquement très en verve, surtout la donzelle qui se dépense sans compter, qui hurle comme une folle dans un style hardcore assez original. Un poil d'émo, beaucoup de gros riffs, et une voix originale et très puissante, Walls of Jericho aura réussi à remplir la Velvet en un clin d'oeil ! Une bonne claque comme il faut, du plaisir pour les oreilles et pour les yeux, que demander de plus ?

Direction la Main où vont jouer les excellents Funeral For A Friend. Screamo en perspective. Le groupe jouit d'une présence scénique assez incroyable, le chanteur est très charismatique, sa voix est touchante (tout comme sa coupe de cheveux ultra-cliché, ras les yeux, la mèche de côté...), les musiciens ont l'air habité par leur musique. Dans un style assez proche d'Envy (version anglaise), le groupe assure carrément: hurlements désespéré, arpèges simple et efficace, chant plaintif, titres de chansons qui n'en finissent pas (genre "All The Footprints You've Ever Left And The Fear Expecting Ahead"... héhé !), bref, pur screamo style !

On reste près de la Main, car Skinless va entrer sur scène, les vétérans du grind en personne ! Mais avant, petit tour au stand presse, histoire de caler une interview avec Thomas Haake (batteur de Meshuggah)... c'est le bordel, j'aurais le droit à 10 min (dix minutes !!!). Tant pis, on va faire avec. Skinless donc. Son crade, musique ultra répétitive, bordel scénique, oui, c'est bel et bien du grind old school, qui défouraille mais qui saoule un peu (qui a dit beaucoup ?). Pour être franc, je trépigne d'impatience pour Dillinger Escape Plan, qui ne va pas tarder.

Dillinger Escape Plan, ou tout simplement LE meilleur groupe de ce festival, LE groupe qui aura tué les 3 jours, LE groupe qu'il ne fallait pas louper. Le groupe déboule sur scène avec "Hollywood Squares", dans un bordel scénique ahurissant, les mecs se jettent partout, et arrivent à jouer parfaitement les morceaux !! Totalement fou !! Contrairement au live que l'on peut admirer sur le DVD Relapse Contamination Tour 2003, Greg Capucio est très en voix aujourd'hui, il n'a pas à rougir face à Mike Patton, et assure carrément dans les passages mélodiques. Quand aux passages hurlés, ils sont carrément déments, hystérique, furieux, limite Yamatsuka Eye pour les passages les plus barrés ! Le groupe propose 2 nouveaux titres, "Baby's First Coffin" que l'on connaît déjà (excellentissime), et un autre super brutal et barré, genre Irony is a Dead Scene meet Calculating Infinity. Excellent. Vivement l'album ! Greg est impressionnant, très charismatique, pourtant son look boys band bodybuildé ne jouait pas en sa faveur ! A le voir se déchaîner sur scène, on dirait un 2be3 qui aurait trop abusé de la coke et des LSD ! Le groupe enchaîne les bombes, "When Good Dogs do bad things" (avec un Greg excellent), "Sugar Coated Sour" incroyable, "43% Burnt" anthologique, "The Mullet Burden" et "The Running Board" avec le cris de la femme repris en choeur par le public chaud, chaud, chaud. Il est d'ailleurs amusant de voir la fosse plutôt calme pour ce genre de musique, mais comment bouger sur du Dillinger ? Le groupe déchire, tue, défonce, mettez l'adjectif que vous voulez, je peux juste vous dire que je suis ressorti de leur set extenué avec des crampes aux jambes et de la sueur partout sur moi. Dillinger n'est définitivement pas un groupe comme les autres. Absolument énorme.

Hop, à peine remis de mes émotions, direction le "village des stars", pour choper Thomas Haake. On y croise les mecs de Dying Fetus, Raymond Herrera (qui fait mine de ne pas me reconnaître), etc... Une fois l'interview finie, retour à la Main pour assister au début de Killswitch Engage. Du bon nu thrash comme je l'aime, même si ça manque un peu d'audace et de brutalité. Le chanteur est très bon dans le style, le son aussi, mais il manque un je ne sais quoi qu'il fait que je préfère allez m'acheter à manger plutôt que d'attendre leur set. Je zappe volontairement Aborted (que j'ai déjà vu au Rennes in Blood), mais malheureusement pour moi, je loupe Suffocation. Hé oui, je me suis endormi, la fatigue est arrivé à me mettre à bout. A mon réveil, la tête dans le cul (évidemment), j'assiste, amorphe, au très bon set de E Town Concrete, qui dessert son hip hip hardcore brutal de la meilleure des manières, avec grosse voix virile, une touche de tough guy (attention le jeu de mot...uh uh uh...). Je ne connais que "F$ck the World" du groupe, pourtant je prend mon pied... mais calmement. Je zappe Chimaira (que je n'aime pas), pour assister à Malevolent Creation, qui nous donne une bonne leçon de death puissant, tantôt lourd, tantôt rapide, emmené par un excellent chanteur, qui évite les growl classique de ce style en les remplaçants par une voix tout simplement arrachée et surpuissante. Excellent.

Je me retire avant la fin car il y a Meshuggah qui va entrer en scène, et quelle entrée !! La scène est jonchée de drapeau et panneau à l'effigie de Nothing, le dernier joujou de ces fous suédois. Le groupe sort les 8 cordes pour l'occasion, le son est étrange, ultra lourd, mais pas trop fort au niveau du volume (ça change !). Les lights sont ultra sobres, le groupe assez stoïque, sauf Kidman (non, pas Nicole, Jens !) qui est intenable, et qui fait ses mimiques de serial killer. De toute façon, le groupe n'a pas besoin de ça, sa musique est déjà assez... hum... démente ? Les "bombes" s'enchaînent (ça fait tout drôle de dire que Meshuggah a des bombes dans son répertoire, tant sa musique est inaccessible), l'ultra lourd "Stengah", le puissant "Rational Gaze", le terrifiant "Organic Shadow", l'excellent "New Millennium Cyanide Christ", et surtout, surtout, l'incomparable "Soulburn", ultra puissant. Je pensais que la musique du groupe allait mal passer en live, que ça serait un peu chiant... Non, pas du tout, c'est même carrément une grosse claque pour peu qu'on connaisse la musique du groupe. En tant que fan, je prends littéralement mon pied. Haake est ahurissant derrière ses fûts, ce mec est une pieuvre, il arrive à faire fonctionner ses quatre membres indépendamment les uns des autres, carrément incroyable ! Thordental balance ses solos en improvisant, très étrange, tout en headbangant avec sa grosse chevelure. En ce samedi soir, Meshuggah a tué.

Cela va être très dur pour Fear Factory d'assurer après un tel set. Et le groupe se rétame d'une force... Burton chante faux (même quand il hurle, c'est dire...), Herrera est inconstant, surtout au niveau de la double pédale... Christian (qui remplace Dino à la gratte) est très pro, tandis que le petit nouveau Byron Stroud (mon héros, bassiste de Strapping Young Lad pour ceux qui ne suivent pas) est toujours aussi hilarant. Mais quand on a assisté à un concert de SYL, on se dit que le pauvre doit terriblement se faire chier ! Mais qu'est-il allé faire dans cette galère ? J'aurais attendu les titres d'Obselete, et après le très bon "Shock" et l'excellent "Edgecrusher" (tout deux presque massacrés par Burton), je me suis cassé, direction la tente. Ça fait mal au coeur de voir un groupe que l'on a tant aimé se ridiculiser à ce point... même syndrome qu'avec Soulfly... Les gars, faut savoir s'arrêter à tant...

Dimanche matin. Encore une courte nuit. Début de matinée comme samedi, déjeuner au melon, tomate, pain de mie sec, jambon avarié, et hop ! Direction le site pour assister au set de Tantrum... je crois arriver trop tard, car il est déjà 12h... pourtant, ce n'est que Disturb qui joue, avec leur hardcore tough guy made in marseille cong ! Que se passe-t-il ? Direction l'organisation pour plus de renseignement: Slipknot a absolument voulu faire ses balances en matinée, ce qui a retardé les groupes du matin d'1h30, les obligeant à raccourcir leur set. Du coup, les groupes de la Main et la Velvet se chevauchent. Conséquence, tout les groupes du début d'après midi vont jouer moins longtemps. Heureusement que Deicide a annulé, les répercussions n'en sont donc pas très grave. Tantrum arrive donc sur scène, avec son post hardcore noise du meilleur effet, efficace, sombre, torturé, manquant tout de même un poil de charisme. Les titres sont tous issus du dernier album du groupe, "The Frontier Burst into view", chroniqué sur ces mêmes pages. Une petite (très petite) demi-heure de musique, et Scarve envahit la scène. Le son est mauvais, ce qui dessert vraiment la musique très carrée des Nancéens. Dirk est incroyable derrière ses fûts, malheureusement il n'y a que lui que l'on entend ! Le reste, c'est de la bouillie ! Le groupe en est d'ailleurs désolé, et quitte la scène au bout d'une très petite demi-heure, sans avoir convaincu. Dommage. A revoir dans de meilleures condition, surtout que sur disque, Scarve défouraille sévère.

Dew Scented entre en scène, mais c'est l'heure de la conférence de presse par l'organisateur du Fury, histoire de faire un point sur le Fest. Âgé de 22 ans, l'ami nous fait un résumé de ce qui se passe "undeground". Malgré la réussite du festival (celui-ci est complet: 25 000 personnes !), l'organisation impeccable, la musique excellente et la bonne entente entre les différents styles hardcore-metal-grind-crust, les gars sont dans le caca financièrement. Ceux qui pensaient que le Fury était devenu trop gros, une usine à fric comme en Allemagne par exemple avec le Wacken, et bien ils se sont trompés. Aucun subvention des administrations (Le Mans a été LA SEULE ville a accepter le Fury... remercions le maire qui s'est même lancé dans le pit, incognito (!!!!)), un rejet des autorités (sous prétexte que c'est de la musique de sataniste... non ne riez pas, ce n'est pas une blague ! C'est encore une remarque que l'on fait en 2004... pauvre france...), bref les mecs se sont débrouillés à l'arrache, Do It Yourself quoi... Tant que les élus n'y verront pas d'intérêt pécunier, on se heurtera à se genre de problème (les mecs sont endettés), et c'est assez incompréhensible étant donné la réussite de l'édition 2004. Engager un service de sécurité, le samu, Slipknot, etc... ça fait mal. C'est pourquoi les consos étaient hors de prix, c'est pourquoi les bénévoles ont travaillé d'arrache pied (grosse grosse dédicace aux bénévoles... merci les gars, sans vous, pas de Fest... merci mille fois). Ce qui fait qu'il n'y aura peut être pas d'édition 2005... C'est dommage, surtout qu'il ne s'agit qu'une histoire de fric...

Après cette mise au clair, direction Velvet pour assister au début de Burst. Le groupe a des problèmes de matos, un ampli a décidé de ne pas marcher, c'est donc avec 20 min de retard que le groupe commence son set, avec seulement une guitare (au lieu de deux...). Hardcore noise torturé, voici le programme. Malheureusement, je ne puis assister qu'à deux morceaux (sur les 5...) car Nasum va jouer sur la Main. Dommage pour moi, le groupe a commencé avant, et j'arrive au milieu du concert... je suis un peu vert, le groupe aussi d'ailleurs (il fera une dédicace à Slipknot... uh uh uh...). On va faire avec. Surtout qu'on va avoir droit au meilleur de Nasum, c'est à dire "Shadow", "Corrosion", "Inhale/exhale", "This is...", "Scoop", etc... Pur nu grindcore, Miezko est très charismatique, avec sa gratte, les lights verts, et surtout l'utra violence de sa musique. Dommage que ce soit si court (une quinzaine de minute pour moi), j'en aurais bien pris le double, ou le triple ! Je ne peux plus prendre de photos, car mon appareil est plein... argh...

Je reste près de la Main, un peu frustré, mais je trépigne... je trépigne... en effet, Unsane ne va pas tarder. Et quand le groupe déboule, c'est la folie... Tout du moins pour moi. La salle est presque vide, peu de gens semblent connaître Unsane, c'est bien dommage. Surtout que le groupe va déchirer grave, l'une des tueries du dimanche. Le son est excellent (ultra noisy et rugueux), Chris est en pleine forme (il enlèvera même le haut, exhibant un énorme tatouage sur sa poitrine, en forme de croix... mais pas une croix chrétienne, hein !), Dave Carran est carrément à fond dans le trip (et son tatouage de mitraillette à l'intérieur de l'avant bras... putain les mecs de la rue, j'vous jure !), quand à Vinny, sa maîtrise des fûts est impressionnante. Le mec est trop à l'aise, c'est limite s'il peut jouer à la playstation en même temps ! La classe... Et les morceaux... trop bon... c'est un best-of que nous sort le groupe, voyez-plutôt: "Over me", "Committed", "Wait to lose", "Sick", "Hazmat", "Lead", "Scrape", "Body Bomb" (où Chris sort l'harmonica de rigueur), etc… Pas besoin de light, ou de décor pour Unsane. Le groupe se suffit largement à lui-même. Ceux qui ont loupé le groupe peuvent s'en mordre les doigts. Le groupe joue une quarantaine de minute, c'est court… En partant, Unsane remercie ironiquement Slipknot… uh uh uh… Moi, je ressors le sourire jusqu'au oreille: j'ai vu Unsane dans ma vie, et je me suis pris une grosse branlée. Et vu la fréquence de passage du groupe en France, je ne peux que m'en réjouir !

Après toutes ces émotions, rendez-vous avec Thomas de Comity pour l'interview de rigueur… J'enchaîne direct avec Tantrum, et direction la Velvet pour voir les sympathiques Carnal Forge. Thrash à la The Haunted, ça défouraille bien, mais j'arrive à la fin. Pas grave, moi, j'attends Jr Ewing. Grand bien m'en fasse, l'un des concerts de la journée ! Rock'n'roll à tout les étages, morceaux sauvages, chanteur charismatique, et surtout bien plus talentueux que sur album. En effet, ce dernier pousse des cris assez inhumains, alternant avec des passages chantés du meilleur effet. La musique du groupe rappelle évidemment le Refused des débuts, la rage, la puissance. Trop excitant. Les morceaux sont tirés pour la plupart du dernier album, "Ride Paranoia". On a le droit à du " Repetition is failure", l'excellent " Midnight Episode", "Naked Pavements", le sensationnel très emo "Laughing with daggers", qui fait des ravages au premier rang, tout comme l'ultra speed "4:00 AM". Le groupe donne l'un des concerts les plus excitants et Rock'n'roll du Fest. Trop bon. Et puis, comment résister au look ringard de son chanteur, habillé comme un majordome ! Andreas harangue la foule, lui demande de chanter… Quel frontman !

Toute ces émotions… ouch… je me dirige d'un pas lent vers la Main pour voir les fameux Dicharge… la salle est vide, apparemment il n'y a pas beaucoup de fan de punk crust dans le coin ! Il faut dire que le groupe a prit de la bouteille, 20 ans de punk, ça marque, et surtout le discours du groupe n'est plus trop d'actualité… Passons et allons à la Velvet pour Stampin Ground, du gros hardcore metal tough guy violent et sans compromis. Ça dépote ! Je fatigue, j'attend dehors pour Zeke et leur rock'n'roll influencé par Motorhead et Nashville Pussy. Look immonde (grosse patte, mulet, lunette fumée de camionneur, casquette), leader ultra speed (il parle tellement vite qu'on a du mal à distinguer le "one-two-three-four" au début des chansons !), son gras et compos binaire, pas de doute, Zeke, c'est Sex, drugs & rock'n'roll !! Un peu de gras, ça passe toujours bien, surtout que là on attaque le gros: Morbid Angel.

Morbid débarque avec un grand drapeau à son effigie, un son très bon, et un Tucker en excellente forme. Les chevelus sont aux anges, Azagtoth attire tout les regards durant ses solos totalement fous, quand à Pete Sandoval, ce mec est carrément inhumains. La double supersonique à fond les manettes, et vas-y que j'te fais des roulements, et vas-y que j'blaste un coup… hallucinant. Niveau set-list, je tire un peu la grimace: aucun titre de "Gateway to Annihilation", mon préféré de Morbid… Tant pis… Par contre, du "Heretic", ça, on va en avoir… malheureusement… Notons tout de même l'anthologique "God of Emptiness" et l'incroyable "Immortal Rites". J'ai un peu de mal à me souvenir de la set-list, car d'une je ne suis pas trop fan de Morbid (sauf Gateway que j'adore), et de deux, je suis sur les rotules… je n'ai même pas la force d'headbanger…

Il n'y a plus qu'à attendre Slipknot… Le cas Slipknot… on pourrait en parler longuement ! Le groupe n'est même pas encore sur scène que la moitié du public (ce qui fait environ 5 000 personnes) scande en chœur "Slipknot, enculé", doigts d'honneur en l'air. Quand le groupe arrive, il se fait huer, et ce sera comme ça entre chaque morceau. Sifflets, doigts d'honneur, bouteille de pisse, bouteille tout court, bout de bois (!), lapin mort (!!!!!!), voilà ce que va se prendre le groupe dans la gueule. Apparemment, le public n'a pas digéré le coup de ce matin, et le fait comprendre au groupe. Au Fury, pas de place pour les flambeurs. Pourtant, nombreux sont ceux qui chient sur le groupe, gratuitement, jusque parce qu'il est célèbre. Dommage, d'autant plus que le groupe a vraiment déchiré. Je ne suis pas fan de Slipknot, loin de là. Pourtant, force est de reconnaître qu'il avait tout à fait sa place sur l'affiche, leur musique étant très brutal, sauvage, sur scène c'est l'orgie (moins que d'habitude… mais bon, normal, quand les mecs te balancent des bouteilles de pisses, ça donne pas trop envie). Dommage pour les fans qui se prendront aussi de la pisse sur la gueule, les gamins de 15 ans tout tremblants de se faire cogner par les metalleux et les coreux en colère… Pourtant, le groupe déchire. Vraiment. Mais il ne jouera qu'une petite heure au lien d'1h30… Dommage. Attitude certes compréhensible, mais totalement débile. Ce soir, c'est pas le groupe qui s'en est prit plein la gueule, c'est le public. Ce soir, les metalleux et les coreux m'ont démontré que je n'avais pas totalement tort en ce qui concerne leur mentalité très "limite"… Ceci va les décrédibiliser encore plus… le meilleur moyen de montrer à un groupe qu'on ne l'aime pas, c'est de quitter la salle. Si Slipknot avait joué devant 500 gamins, ça l'aurait calmé… J'avoue qu'il m'est quand même arrivé de rire en voyant toutes ces bouteilles arriver sur la gueule de Corey Taylor, qui, dans l'après midi, se la donnait auprès des journalistes. Slipknot a payé la rançon de son succès, et ça fait mal, très mal. Ce qu'il faut quand même savoir, c'est que sans Slipknot, pas de Meshuggah, pas de Soulfly, pas de Fear Factory… Dommage, encore une fois. M'enfin, je ne vais pas tergiverser pendant des heures sur le cas Slipknot, je crois que le débat est déjà suffisamment fournit pour qu'il se passe de mes commentaires…

2h du matin donc. Fin du festival. Pour ma part, rentrage en stop jusqu'à la roche sur yon (à environ 250 km). Je remercie au passage Fred, Joe et les autres pour m'avoir pris avec eux !! C'est cool les mecs !! Histoire de raconter ma vie, une fois arrivé à la Roche, vers 5h du mat', panne de téléphone, plus de batterie. Argh. J'habite à 20 bornes d'où je suis. Je tente le stop, mais à cette heure, il n'y a personne, et personne ne te prend. Resultat, j'ai marché pendant 15 km, de 5h à 8h du matin, pour être pris en stop, avec un sac à dos de 15kg, après 3 jours super intense de festival extrême, quasiment 3 nuits blanches, pas lavé depuis 4 jours, a jeun depuis l'après midi la veille, bref la patate quoi. Au bord de la syncope, le mec me prend, j'lui taxe son téléphone et on vient me chercher. Je suis à la limite de tomber dans les pommes. Ouf, j'arrive chez moi, sain et sauf, une bonne douche et au lit !

Au final, le Fury aura été un putain de festival sensationnel, des souvenirs pleins la tête, une aventure humaine enrichissante (se lier avec des journaleux d'un peu partout, les mecs en stop et en co-voiturage que je ne remercierais jamais assez !), de l'excellente musique, un retour mémorable, une ambiance cool (sauf le dernier groupe…uh uh uh…), bref, un week end de malade que je ne suis pas prêt d'oublier !

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Dernière mise à jour du document : mardi 6 septembre 2005

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