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 - aux groupes / artistes Vomitory, 1349, Hild, Marduk, Taake

December Darkness 2025

par Nicko › jeudi 1 janvier 2026


Style(s) : metal extrême / black metal / death metal

En ce dernier week-end avant Noël, Guts Of Darkness est sur tous les fronts ! Alors que certains vont voir des légendes du death metal dans le quartier de Pigalle, d'autres n'hésitent pas à voyager sur plus de 2.500 km pour expérimenter les journées les plus courtes de l'année en Scandinavie. En effet, en Suède, dans la petite ville de Norrköping, depuis un peu plus d'une dizaine d'année, la deuxième quinzaine de décembre est synonyme de festival black metal, premièrement avec le Black Christmass puis maintenant avec le December Darkness. Et comme pratiquement à chaque fois, Marduk, les régionaux de l'étape, sont en tête d'affiche, c'est tout naturellement que je me suis empressé d'aller y faire un tour.

December Darkness 2025

Le temps est assez clément cette année, sans neige, et avec des températures largement positives. Norrköping est une petite ville agréable où tout est accessible à pied. Alors que j'avais eu l'habitude de voir ce festival au Flygeln (très grande salle bien classe du centre ville) ou dans la petite salle du Dynamo, cette année, on a droit à une salle intermédiaire très belle avec un balcon, Arbis, rappelant le Divan du Monde parisien en beaucoup plus grand.

1er jour - Taake, la course contre la montre

Les hostilités commencent en fin d'après-midi alors que la nuit est déjà bien installée avec Hild dont je vous ai déjà conté leurs aventures tchèques il y a quelques semaines. On les retrouve ici dans la même configuration à balancer leur thrash metal ultra rapide et violent, toujours autant teinté d'Aura Noir, avec des morceaux courts et incisifs, sans temps morts, mais avec du cœur à l'ouvrage et une volonté de piquer à vif le public dès les premières secondes. Lars, que l'on avait pu voir il y a une quinzaine d'années derrière la batterie de Marduk, se révèle ici un parfait frontman, torse nu avec musculature saillante. Leur dernière recrue, l'Australien Wally aux fûts, fait des merveilles et s'impose comme un cogneur de grande classe. Il n'y aurait rien eu de mieux pour commencer sur les chapeaux de roue cette nouvelle édition du festival.

Les Norvégiens d'Alfahanne enchaînent et pour moi, il s'agira d'une pure découverte. J'avais beaucoup entendu parler de la formation et j'étais très curieux de les découvrir sur scène ce jour-là. Le groupe joue un mélange entre du vieux rock bien froid des années 80 avec des atmosphères bien noires et du chant black et franchement, le résultat n'est vraiment pas mauvais. Ils arrivent parfaitement bien à jouer sur les deux genres avec des riffs bien catchy et entrainants tout en intégrant des atmosphères bien dark et un chant incisif. Le groupe bouge aussi pas mal sur scène avec des postures bien personnelles où chaque musicien possède sa propre personnalité. Taake étant prévu ce soir-là et sachant qu'Hoest avait collaboré avec Alfahanne, j'attendais qu'il fasse une apparition sur scène mais les compagnies aériennes en auront voulu autrement comme on le verra plus tard… car effectivement, cette apparition était bien prévue sur la set-list. Dommage…

La suite propose un tout nouveau groupe, Eldfödd, composé de membres éminents de la scène metal extrême underground suédoise des 35 dernières années (Necrophobic, Interment, Witchery, Firespawn, Nominon...) et dont il s'agit du baptême du feu. Je suis surpris de voir débouler sur scène à la basse Simon Wizén, actuel bassiste de Marduk et de Valkyrja, que l'on reverra donc quelques heures plus tard au même endroit. La formation ne dispose pas encore d'un répertoire bien fourni et il inclura quelques reprises dans son set dont la dernière d'Autopsy vraiment pas mauvaise. Le groupe propose un death metal à l'ancienne, purement suédois, dans un style assez mélodique me rappelant les débuts d'Amon Amarth, le chanteur ayant notamment un souffle et une profondeur proches de ceux de Johann Hegg.

Place maintenant à un longue attente… L'un des organisateurs monte alors sur scène pour nous annoncer que suite au retard de l'avion de Taake, le groupe va monter sur scène avec un retard d'environ 45 minutes. Et effectivement, peu de temps après cette annonce, on voit les techniciens s'affairer sur scène pour préparer en vitesse le show des Norvégiens. Pas de round d'observation, on voit le groupe s'installer, faire quelques balances rapides et quelques minutes plus tard, c'est parti ! Et le groupe est bien énervé ! Hoest monte sur scène avec hoodie et capuche sur le dos et la performance dès le départ est électrique et surtout ultra-énergique. On sent le stress qu'a eu le groupe depuis son arrivée sur le sol suédois. Les morceaux sont joués légèrement plus vite, juste ce qu'il faut, avec une rare énergie et intensité. Hoest est en forme, sans trop en faire, mais on le sent s'extérioriser pour évacuer toute cette tension accumulée. Les morceaux de "Doedskvad" sont évidemment les plus impressionnants avec une rare furie avant de finir sur un "Myr" attendu par tous avec son traditionnel solo de banjo si bien pensé. Le concert s'arrête au bout d'une quarantaine de minutes alors qu'un morceau restait à jouer mais compte tenu du retard accumulé, il faudra se contenter de cela. Malgré tout, on aura eu un Taake de gala en mode turbo-compresseur avec une set-list de best of. Merci à eux d'avoir assuré un show aussi intense malgré les conditions difficiles.

C'est maintenant au tour des têtes d'affiche traditionnelles de ce festival, à savoir Marduk pour le premier des deux sets prévus. Inutile de vous faire un dessin, Marduk en live reste une machine de guerre même après 35 ans de carrière. Il s'agit d'ailleurs des deux seuls shows suédois de leur tournée anniversaire pour fêter l'événement. Le début du concert est d'une rare puissance avec un Simon Schilling encore plus époustouflant qu'à l'habitude avec une dextérité ahurissante. Mais où s'arrêtera-t-il ? Ce début de concert est super intense avec un "Steel inferno" directement enchaîné au "On darkened wings" inaugural. Effet garanti ! Daniel se troue complètement sur "Beast of prey" avant de revenir à la charge avec un "Wartheland" bienvenu. La deuxième partie du concert sera cependant moins intense, avec de nombreux mid-tempos pouvant casser le rythme (malgré un "Womb of perishableness" bien lourd) mais on sent que le groupe n'est pas à son meilleur niveau sur cette deuxième partie de show. Il était prévu sur ce festival l'interprétation complète de la démo du groupe, "Fuck me Jesus" de 1991, interprété par le line-up d'origine, comme ils l'avaient fait dix ans plus tôt lors du Black Christmass de l'époque. C'est donc avec étonnement qu'on entend "The black…" retentir… par la formation actuelle ! Il faudra donc attendre le lendemain pour avoir cette performance spéciale. On va dire que ce premier show aura été un échauffement avant celui prévu au même endroit 24 heures plus tard.

Taake aura été le groupe le plus impressionnant de la soirée sachant tourner une situation hasardeuse en opportunité pour proposer un set particulièrement furieux !

2ème jour - Marduk impérial

Cette deuxième journée propose le même schéma que le premier jour, à savoir un début à 17h30 avec 4 groupes scandinaves avant que Marduk ne conclut à nouveau les hostilités. Cela permet de bien profiter de la ville en début d'après-midi, autour de la rivière ou au disquaire Vaxkupan.

Aujourd'hui, c'est au tour de Lömsk d'avoir la lourde tâche de débuter la journée. Ils portent tous un masque futuriste avec des tubes encerclant la tête des musiciens. Le propos se veut justement assez spatial et froid, jouant sur l'atmosphère pesante, dans un style proche des Polonais de Mgla, alliant intensité, présence statique et répétition. Même si la base est bien présente, je trouve le résultat un peu trop propret et académique, le tout manquant d'explosivité.

Kryptan investit la scène juste après. Je les avais loupés la dernière fois que j'étais venu en Suède, j'étais donc assez impatient de les découvrir. Le groupe propose du black 90's de bonne facture avec de bonnes variations des compositions accrocheuses. Il leur manque juste une bonne personnalité car pour le reste tout est bien assimilé et interprété. Leur style est agressif et énergique et rend hommage au black metal des débuts tout en ayant une bonne présence sur scène. Il s'agit pour moi d'une bonne découverte de ce festival.

Place maintenant aux vétérans suédois de death metal, Vomitory, le plus américain des groupes de death du pays ! Clairement, il ne s'agit pas du tout de ce que j'aime. Je trouve ce style trop stérile même si on ne peut que reconnaître leur savoir faire et leur puissance de feu. Le groupe a de la bouteille et sait jouer du death metal brutal et technique avec brio. Le résultat est particulièrement bœuf, sans aucune finesse, toujours pied au plancher, même dans les plans mid-tempos bien lourds. Cela manque pour moi de diversité mais on ne peut que reconnaître leur professionnalisme et leur efficacité dans le genre. Par contre, je ne les trouve pas du tout à leur place dans ce festival.

On rentre dans une autre catégorie avec l'arrivée des Norvégiens de 1349. Pour le coup, et contrairement aux autres groupes du festival, ils apportent leur propre batterie. En même temps, ici, on a droit au maître norvégien es-fûts, à savoir le légendaire Frost. Et là, on sait qu'on va avoir droit à une déflagration sonore d'une rare intensité. J'ai toujours trouvé que 1349 jouait trop sur cette intensité au détriment de compositions accrocheuses, qui manquent cruellement de relief. C'est un peu le même constat que j'ai fait ce soir, mais en reconnaissant tout de même une puissance hors du commun et une réelle force de frappe qui fait son p'tit effet. J'ai vu plusieurs fois la formation ces 20 dernières années et il s'agit de l'une des meilleures fois où je les ai vus, avec leur passage parisien dans la Petite Loco en 2003 (cela ne nous rajeunit pas !). A noter aussi ici une prestation particulièrement convaincante et pleine de charisme du chanteur, Ravn.

Et comme pour la veille et pour 90% de chaque journée de ce festival année après année, Marduk est de retour sur scène, ce coup-ci pour un set plus court, une dizaine de titres, avant de laisser la place, comme prévu, au line-up d'origine qui interprétera la démo "Fuck me Jesus" de 1991. Et là, contrairement à la veille, le groupe est dans une forme légendaire et surtout en parfaite osmose. Et le résultat est tout bonnement ahurissant ! Je les ai vus plusieurs dizaines de fois ces 25 dernières années, mais là, ce soir, ils ont été démentiels. Je ne les ai jamais vus avec une telle intensité. Simon, aux fûts, a franchi un nouveau cap avec une vitesse d'exécution telle qu'il est difficile à suivre ! Je suis littéralement resté bouche bée devant un tel déferlement de folie tout en restant cohérent et sans impression de fourre-tout. Les 4 musiciens sont totalement en rythme et montrent un professionnalisme à toute épreuve. Les morceaux s'enchaînent à une vitesse de feu et nous laissent littéralement tous sans souffle ! Là, vraiment, le groupe était déchainé et a absolument tout détruit. Je reste interloqué de voir un groupe avec une telle longévité garder une telle puissance et une telle énergie ! Après cette performance fulgurante de 45-50 minutes et une petite entracte, le line-up originel du groupe, à savoir Morgan, Andreas Axelsson, Joakim Av Gravf et Rickard Kalm, monte sur scène sous les cris de Linda Blair du film "L'exorciste" utilisés comme intro de la démo. Puis, c'est parti pour les 3 titres de cet enregistrement culte, dans un style plus porté sur l'atmosphère démoniaque que la brutalité de la suite de la carrière du groupe. "Departure from the mortals" et "Within the abyss" sont plus rares sur scène de nos jours et font bien plaisir à ré-entendre. "The black…", qui a d'ailleurs été joué la veille, est plus fréquente encore actuellement et est proposée ici dans sa version longue avec l'outro que le groupe actuel zappe systématiquement. On sent que les musiciens sont moins aguerris et ont moins l'habitude de jouer (à part Morgan bien évidemment) mais cela donne un côté vintage 90's de la scène black metal vraiment intéressant. Cela nous replonge instantanément à cette époque où l'atmosphère était ce que tout le monde recherchait avant la précision technique.

C'en est fini pour cette nouvelle édition de ce festival qui marque traditionnellement la fin de la saison des concerts. A nouveau, ce fut une réussite en tout point avec une organisation parfaite, ayant su gérer avec brio les aléas, pour proposer des performances de grandes qualités. Je n'en ai pas parlé mais le son était parfait pour toutes les performances. La Suède ne déçoit définitivement jamais lorsqu'il s'agit de metal extrême. En espérant pouvoir être de retour l'année prochaine !

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Mots clés : Nicko, festival, Suède et December Darkness

Dernière mise à jour du document : jeudi 1 janvier 2026

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