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Quicksilver Messenger Service › Happy Trails

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Quicksilver Messenger Service - Happy Trails
Dioneo › lundi 16 novembre 2020 - 17:09  message privé !
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Ben après les Last Poets, au moins à l'époque de This Is Madness (disque où se trouve la référence au Grateful Dead que je mentionnais plus tôt) étaient il me semble dans une optique carrément "séparatiste" - appelant la constitution d'un état noir distinct des états unis, sur place ou par "rapatriement" en Afrique... Dans la "logique" de la Nation of Islam d'Elijah Muhamad plutôt que celle de Malcolm X après qu'il l'ait quittée (et que Muhamad selon certaines versions de l'histoire l'ait fait assassiner ensuite...), sans parler de Luther King et autres partisans d'une conciliation non-violente, d'une "réconciliation", donc bon... Il me semble que même Leroy Jones/Amiri Baraka (avec qui d'ailleurs Shepp a enregistré), pourtant pas toujours des plus modérés, était un peu plus "nuancé" sur ces questions ! (Celles des objectifs "géopolitiques" comme celles culturelles, de "l'appropriation culturelle" etc. ...).

Et oui, perso Dylan qui dit admirer Leadbelly (comme plus Cobain qui le reprendra, tiens - à priori sans intention de "discours", juste parce qu'il aimait), entre mille autres exemples, j'ai du mal à prendre ça comme un coup de faux-cul désireux de "voler la fierté d'un peuple". (Enfin... Ces questions sont pas simples - et oui, sans doute encore plus ou en tout cas autrement "vues de là-bas"... Et tout ça nous a par ailleurs amenés bien loin du propos initial de la chronique, en passant).

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Coltranophile › lundi 16 novembre 2020 - 15:48  message privé !

La problématique raciale, oui, difficile aussi de passer à coté, coté US (même si pas seulement là-bas mais forcément beaucoup plus sensible). Le "Elvis is Dead" de Living Colour date de y'a pas si longtemps. Mais je pense qu'avec les années 60, cette "transgression" faisait partie de l'ensemble de ce que l'on appelait la contre-culture dont une des tendances était d'agréger TOUT ce qui pouvait être libérateur (avec toute la naïveté possible et parfois une trop grand légèreté, sans doute) et non plus juste ramener à la question de la récupération dont Paul Whiteman était un des pires clichés. C'est peut-être cette ambition un peu floue qui a nourri des critiques plus spécifiques comme pour les Last Poets (Shepp s'est pas privé, non plus, et il n'était pas seul). A savoir si cela est un mauvais procès d'intention, à chacun son opinion- Dylan me parait pas odieux ou hypocrite quand il professe son admiration pour Lead Belly. Mais j'avoue trouvé cela un peu plus artificiel que quand Woody Guthrie le fait.

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Dioneo › lundi 16 novembre 2020 - 13:49  message privé !
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Oui, je pense qu'on dit à peu près la même chose (avec des nuances, et même si tu es plus "synthétique", que j'ai tendance à plus étaler...). On est d'accord sur le "conceptuel" - ça l'est certainement chez Fripp, beaucoup moins ou pas du tout dans l'idée pour les groupes de la côte ouest et assimilés. Bon, avec des "questions de couleur" donc tout de même qui se sont posées, dans le discours et la "réception" de ces fusions, peut-être plus que de la part de ceux qui les faisaient - et pas les mêmes ou pas de la même façon que par exemple au début du jazz enregistré, dans toute sa phase "pre-bop" voire "pré-swing" (que l'Original Dixieland Jazz Band, premier groupe de jazz enregistré selon les histoires officielles, ait été un groupe de Blancs du sud, que des orchestres comme ceux de Paul Whiteman (eh...) soient passés à une époque comme "modernistes" alors qu'ils avaient trois ou quatre trains de retard sur les Ellington, Hederson et cie. ... je ne crois pas que ça raconte la même histoire que celle dont on cause ici - même si les LAst Poets, par exemple, ont pu pérorer sur lesdits Grateful Dead par exemple, comme "voleurs du blues" ... ça se discute mais bon, les Last Poets faut dire aussi que c'étaient pas les gars les plus nuancés du monde).

Miles électrique sinon, oui, sans doute... En n'oubliant pas qu'apparemment il était passé, lui, par la case Hendrix pour en ariver là (via Betty, d'après ce qui se raconte abondamment dans une certaine littérature, bis repetitas).

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Coltranophile › lundi 16 novembre 2020 - 13:05  message privé !

Les Anglais ont importé le blues, le jazz, la soul comme des entités indépendantes les unes des autres, à mon sens. J'adore Crimson mais l'influence du Jazz sur la musique de Fripp est avant tout conceptuelle, plus abstraite que réellement attachée à "l'idiome" Jazz. On peut trouver une influence plus nette du coté Canterbury (Hatfield, National Health, Egg, etc....) mais même là, il y a une forme de greffe plus qu'un fondu, comme tu l'entends sur les Grateful que tu cites. Même chose chez Al Kooper ou Bloomfield que cite Dariev et leur façon de jouer le blues- ce n'est pas la même chez Cream ou les Yardbirds (John Mayall à la rigueur serait le plus proche). Soft Machine, c'est l'exemple le plus frappant dans son évolution: c'est un groupe qui se jazzifie à mesure qu'Elton Dean et Hopper prennent plus de place et que Wyatt s'efface. Les Anglais, et les Européens dans leur ensemble, était toujours tout de même d'un coté d'une barrière, s'offrant des escapades. De l'autre coté de l'Atlantique, il n'y a rien de particulièrement étonnant à ce que Janis puisse aller de Kozmic Blues à Mercedes Benz, que naisse un psyché-soul-funk avec Parliament/Funkadelic et tant d'autres exemples. Et quelque part, le Miles électrique fut une étape logique.

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Dioneo › dimanche 15 novembre 2020 - 17:12  message privé !
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Ben le jazz, je l'entends fort chez le Grateful Dead, perso - celui d'Anthem of the Sun et du Live Dead au moins... Ça prend une forme, ça donne une approche sans doute assez différente de celle de Fripp & Co. - je hasarderais presque que chez le Dead comme chez Quicksilver, ils "sacralisent" moins le jazz, parce qu'en tant qu'Américains, c'était un truc plus "proche et trivial" finalement, pas "par défaut" porteur de prestige culturel, comme ça pouvait l'être chez les Anglais ou d'autres Européens, d'ailleurs.

Bien sûr, à cette époque-là - après le bop, le free, et tout ce qui se continuait - le jazz se prenait/était pris sans aucun doute au sérieux par beaucoup de monde mais il n'empêche : dans l'histoire musicale américaine, ça restait sans doute tiraillé entre ces deux "pôles" : d'un côté, c'était une sorte d'Alpha, de point de départ de la musique "proprement américaine", originale au pays, quelques puissent être les racines, les formes classiques européennes, les origines africaines qui ont ensuite été étudiées, mises en avant, décelées, conjecturées... ; d'autre par ça avait aussi dès le départ été toujours considéré comme une musique "fonctionnelle", pour la danse, la picole et d'autres intoxications, comme bande-son des cabarets et des bordels - autant certes que comme "accompagnement" des défunts, des enterrements par exemple (en Louisiane, c'est tellement abondamment renseigné/raconté dans tous les bouquins et autres publications et articles qui traitent du sujet que c'en est devenu un cliché - qui prend peut-être un peu toute la place parfois dans une histoire où il y a bien plus à raconter...).

Tout ça pour dire que oui, à mon avis, et à cette époque là précisément, où toutes ces convergences et paradoxes préoccupaient sans aucun doute une bonne partie de ces jeunes (ou moins jeunes) gens qui œuvraient, dans cette contre-culture - le souci plus ou moins définis de ces jeunes blancs, de se "joindre" aux mouvements sociaux, révolutionnaires des Noirs américains (coucou John Sinclair tiens, en parlant de Detroit et du MC5) ; celui sans doute "plus philosophique et poétique" que politique de ne pas se cantonner aux formes, limites, grilles de la pop des décennies d'avant, sans chercher donc des moyens dans un classicisme qui leur paraissait sans doute "réactionnaire"... Eh bien donc, ça me semble assez logique que ces jeunes Américains en soient venus au jazz, comme "geste artistique", comme pratique - sans en faire un truc purement cérébral et sacré (comme certains du prog européen très peu de temps après - presque en même temps mais presque, donc), et justement parce que ça leur permettait de ne pas faire ça de leur musique, de continuer d'en faire un truc "par et pour le peuple". La question demeure pour autant du biais qu'il pouvait y avoir là-dedans, hein, je ne dis pas - à ce que ces gens pour la plupart issus des classes moyennes blanches se décrètent "le peuple" tout entier... Mais simplement : j'ai l'impression que c'est une différence majeure entre une bonne partie de la scène psyché américaine et une partie de ce que deviendra le prog britannique (peut-être beaucoup plus qu'ailleurs en Europe) : utiliser le jazz, ce n'était pas pour les Américains, je crois, un geste "séparatiste" - ou en tout cas ça marquait la séparation voulue avec un certain académisme mais pas du tout avec la notion de "musique populaire"... Alors que Fripp, par exemple, dira plus tard des trucs du genre (de mémoire, pas à la lettre "on voulait faire la musique la plus bizarre possible, on cherchait toujours les trucs les plus incompréhensibles, les métriques les plus imbitables, à être les plus malins"... Bien sûr, c'est pas aussi binaire et simple que ça - je ne suis pas sûr que des groupes comme Caravan ou Gentle Giant par exemple jouaient dans cet esprit là, ni Soft Machine, qui eux aussi partaient à mon avis plus "spontanément" dans le jazz mais... Bah j'ai l'impression que ça ne dit pas rien, ces différences dans la façon de prendre le bidule.

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Klarinetthor › dimanche 15 novembre 2020 - 15:43  message privé !

Ah oui le Crimson j'y aurais pas pensé comme ça, on est quand même très très proche du Dead plutot que du jazz et des experimentations qui infusent Red. Je l'aime bien ce disque mais il manque juste deux petits quelque chose pour qu'il soit parmi mes disques préférés de ces années. Jam band, c'est bien l'étiquette qui est utilisée pour associer psychédelisme et impro? Parce que là pour le coup ça semble bien coller à la face A. Et pareil que dada, j'ai le pressage bleu vert jaune. Qui sonne pas top sur la face A, forcément...

Enfin moi c'est con mais je pense au MC5 (j'écoutais THunder Express il y a peu) quand ils en laissent sous la pédale, je sais pas quels groupes pouvaient influencer les cowbows urbains de la motor city, mais je trouverais pas ça déconnant qu'ils kiffent QMS.

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Dioneo › samedi 14 novembre 2020 - 19:34  message privé !
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Oui, je voulais dire aussi par là que c'est pas si fréquent d'entendre un tel sens de "l'ensemble" entre les guitares (deux ici donc, oui) et la basse. Ça joue vraiment très serré entre les trois, très à l'écoute (comme dans le jazz, exactement, on est d'accord qu'il y a beaucoup de ça dans l'approche). C'est pas comme dans une grosse partie du blues-rock (beaucoup chez les Anglais - pas tous hein) où la basse appuie juste l'harmonie, souvent, "double" les accords (sur une note, un degrés de chaque) pendant que le gratteux solo se lâche... Là c'est souvent intriqué, ça se répond, en dehors des moments très identifiables comme "moments solistes". Ça "chorus", comme ils disent, parfois de concert, parfois assez subtilement dans la manière dont ça dialogue. (Un truc qui se retrouve aussi chez le Grateful Dead, pour le coup - même si Garcia est plus, est très nettement LE soliste du groupe... Ça n'empêche pas qu'il s'en passe beaucoup entre sa gratte, celle de Bob Weir et la basse de Phil Lesh, entre les "saillies" - et même pendant, parfois, les deux autres ne se foutant pas simplement sur une ligne en boucle quand Jeje la Grosse Barbe se pique de décoller...).

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dariev stands › samedi 14 novembre 2020 - 19:23  message privé !
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au passage , j'aurai pas tilté pour le jeu "entre toutes les cordes", n'étant pas zicos, mais maintenant que tu l'écris, ça parait évident... Il y a autant de suraigus que de raclages dans les graves, là-dedans... Globalement, c'est un jeu pré-hendrixien, qui ne fonce pas comme un dératé vers le climax (coucou 80% des soloistes rock). Je sais que c'est sorti après Hendrix, mais ils sont restés sur Mike Bloomfield, visiblement, et c'est très bien comme ça.

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Dioneo › samedi 14 novembre 2020 - 19:05  message privé !
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Je crois bien aussi, oui, les claquements de langue, à un moment. La magie d'un simple delay sur un micro chant...

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dariev stands › samedi 14 novembre 2020 - 17:44  message privé !
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Chouette chro ! C'est vrai qu'il y a un truc galvanisant dans cette communion de la face A, ces 6 variations sur ce rythme africain dont certaines créditées aux membres du groupe (selon les alternances de solos gratte, basse...). ça transmet une certaine joie, une espèce de tension, de ferveur aussi. C'est un drôle d'animal, ce groupe, complètement rétif à toute séduction. Le peu de vocaux fait que ça a moins vieilli que d'autres groupes de l'école SF, mais en fait c'est tellement jazz que ça reste assez difficile d'accès. Moi aussi, c'est au casque que j'ai vu la lumière, avec le pressage français qui remplaçait le ciel jaune de la pochette par un fond bleu uni un peu dégueu... Alors que la face A c'est un live, donc a priori pas un disque à écouter au casque. Très juste le "musique improvisée" en genre, et la face B injustement dédaignée et ultra ciselée... Un album giga-culte, et à raison, car unique (moi j'entends des clappements de LANGUES vers How You Love), même si absolument tout le monde s'est inspiré de cette frénésie de solos de guitare. Country Joe avaient 2 gratteux aussi, mais c'est beaucoup moins rock, et puis c'est bizarre à dire mais ils ont commencé à sortir des disques 2 ans avant QMS, donc un gouffre les sépare. Effectivement, leur point commun c'est d'être bien peu anglais, mais surtout pour QMS. Country Joe n'étaient pas pop du tout, mais faut pas oublier celui-qu'on-oublie-toujours... Donovan.

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Coltranophile › samedi 14 novembre 2020 - 17:07  message privé !

Subliminal pochette donc. Dont acte "Calvary", bien vu.

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Dioneo › samedi 14 novembre 2020 - 17:05  message privé !
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"CaLVAry" ! (Mais ceci-dit j'avais lu la Cavalerie et pas le Calvaire, moi aussi, au début... Sans doute la faute à la pochette, et au passage chevauchée-western-spaghetti du morceau). Sinon oui, Country Joe, encore plus, il me semble, pour la rootsitude, quand ça les prenait.

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Coltranophile › samedi 14 novembre 2020 - 17:02  message privé !

J'y étais pas plus que vous, je vous rassure (ou pas). Mais j'ai du découvrir ce disque vers 1989, époque où je m'enfournais du psyché Made in England matin, midi et soir. La traversée de l'Atlantique était finalement pas si dépaysante, les Doors des débuts, Love, Jefferson Airplane et Grateful avant "Workingman's Dead" reprenant tous certains codes Mod, à mon sens. Quicksilver et Country Joe and the Fish étaient les plus "Roots/Americana" dès le début, bluegrass/blues en figure de proue (Buffalo Springfield, diront certains mais c'était plus folk dylanesque à mon sens). Il y a bien "Cavalry" ici, me rétorquera-t-on. Pas faux.

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Dioneo › samedi 14 novembre 2020 - 12:09  message privé !
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Ben pareil, hein, j'y étais pas et même pas né. ("Salut, on s'appelle Même Pas Nés, on vient de Gujan-Mestras et on fait de la post-math-trap-in-opposition-de-phase"...). Mais j'aime aussi, même à l'eau claire et en période de sommeil régulier - bien que celui-là je n'ai en vrai pas tout de suite décliqué dessus, et que ça m'est venu en l'écoutant fort au casque tard dans la nuit, dans une période de fumigations assez intensives, il me semble bien. (Le truc étant que j'ai continué à l'aimer en vérifiant de jour et reposé le lendemain, puis toutes les fois suivantes).

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Aladdin_Sane › samedi 14 novembre 2020 - 12:03  message privé !

Moi je n'y étais pas à ces concerts mais ça ne m'empêche pas d'apprécier cet album comme son prédécesseur que j'ai beaucoup écouté à l'époque où je découvrais les glorieuses années 60/70 et notamment la scène de Los Angeles (Love...) et de San Francisco.

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Dioneo › vendredi 13 novembre 2020 - 21:06  message privé !
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Tu ne me feras pas croire que tu étais à ces concerts.

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Coltranophile › vendredi 13 novembre 2020 - 19:29  message privé !

Et me revoilà encore un peu plus vieux grâce à cette chronique. Y'a pas un forum pour pourrir les chroniqueurs qui exhument des tranches de passé qui vous creusent des rides de 6 pieds de large une fois libérées de l'oubli?