Berry Metal Fest – Brasserie Bos, Bourges, 17 & 18/04/2026
par
Ultimex
Bourges, début avril. Que faire le soir dans une ville de taille moyenne perdue dans la diagonale du vide, où les opportunités de concerts sont limitées ? Aller faire un tour au Printemps de Bourges prévu pour le milieu du mois ? Soyons honnêtes, la réponse est non, le festival ayant perdu de son intérêt depuis quelques années car préférant miser sur des têtes d’affiche peu susceptibles d’appâter le gutsien moyen. Alors, quand un petit festival propose deux contre-soirées axées metal extrême les 17 et 18 avril durant ce même Printemps, qu’importe si notre connaissance des groupes invités se limite à leur nom… On n’hésite pas longtemps, on prend ses billets.

La première édition du Berry Metal Fest l’année dernière avait été plutôt plaisante, l’occasion de découvrir quelques groupes sympathiques originaires de la région comme Sans Roi ou Miasmes. Pour cette deuxième édition, les organisateurs ont souhaité être plus ambitieux, en invitant des groupes de toute la France répartis sur deux jours.
1er soir :
A peine le temps d’abandonner mes KPI, de desserrer la cravate, de faire tomber le costume 3 pièces et d’enfiler un t-shirt Love.Laugh.Live de Revenge pour me rendre à la Brasserie Bos, aménagée avec une petite scène pour le festival, que, déjà, le premier set démarre. Kymris donc, un groupe de death mélo de Besançon avec quelques touches de claviers un peu « fête du village ». Pas vraiment ma tasse de thé normalement. Mais le groupe semble content d’être là et, du fait du style musical pratiqué, je me retrouve 20 ans en arrière à découvrir la musique gutsienne. Nostalgie oblige, le moment est sympathique.
On continue avec Infamie, groupe régional axé black/death mais dont la prestation est malheureusement gâchée par un son exécrable où la double pédale écrase tout le reste. Dommage.
Vient ensuite une petite gloire locale, aux fans venus en nombre, les Orléanais des Bâtards du Roi. Le nom du groupe revenant souvent à mes oreilles de manière laudative, j’espérais donc beaucoup de leur set pour découvrir leur musique. Malheureusement le black mélodique avec de nombreux passages au chant clair ne s’avère pas vraiment fait pour moi malgré un set carré, un public acquis à la cause du groupe et quelques riffs prenants. Un peu trop mélodique à mes oreilles peut-être et, à leur décharge, un son de guitare bien faiblard.
La salle se vide à moitié une fois la prestation des Bâtards du Roi terminée. Regrettable, car voilà Exhauster qui débarque. D’autant plus regrettable que ces vétérans de la scène (dont certains sont actifs au sein du groupe depuis 1989) nous ont offert un excellent concert. Rien de novateur, du thrash au sens large, parfait pour porter la salle à ébullition et déclencher un joyeux chaos dans le pit, mais varié et capable de passer d’une ambiance urbaine crossover au thrash/death frontal avec quelques touches black par moment. Ajoutons un groupe communicatif, visiblement heureux d’être là, une manière parfaite donc de clore ce premier soir.
2ème soir :
J’arrive en retard et rate donc le passage des Lédoniens d’Obsession. A peine le temps de me poser, de constater qu’il y a plus de monde que la veille dans la petite salle, que débarquent les sudistes black metalleux de Supplices. Mon constat ? Le même que pour les Bâtards du Roi : bien fait, quelques riffs sympathiques mais résultat gâché par un son un peu faiblard et un aspect mélodique qui me parle peu (notamment ce chant clair).
Le temps de se rafraichir un peu le gosier en extérieur et voilà qu’un riff death se fait entendre dans la petite salle : le set des Rouannais de Stabwound commence. Du death/thrash classique, certes, mais, la température monte rapidement dans la salle, quelle ambiance ! Comme Exhauster la veille, le groupe est heureux d’être là, Jérémy, le chanteur, se démène pour chauffer le public. On alterne donc riffs brise-nuque parfaits pour headbanger, passages frontaux pour pogoter et un petit wall of death pour clôturer le set. Restent donc quelques contusions et un excellent souvenir du passage du groupe.
Un dernier concert pour clôturer le festival avec les vétérans de Gorgon. Nos Antibois ne s’embarrassent pas de fioritures et proposent un black metal frontal, alternant passages punk, crust, thrash, parfois rock’n’roll et surtout diablement entraînant. Un set primaire et hystérique, sans temps mort, à l’esprit bien Hara-Kiri à savoir 100% bête et méchant. Parfaite clôture pour ces deux jours du Berry Metal Fest dont on espère voir d’autres éditions.
Si vous étiez membre, vous pourriez réagir à cet article sur notre forum : devenez membre