Absu /Ancient / Trivax – Backstage by the Mill, Paris, 01/12/2025

par avatar Duabiht

On le savait déjà depuis longtemps, mais là c’est plus que confirmé : le Metal est une musique de vieux. Les tournées célébrant les dix, quinze ou vingt ans d’un album c’est déjà fini, maintenant on fête les trente ans de nos albums d’adolescence en grande pompe, entre rendez-vous pour contrôler sa prostate et correction d’une presbytie croissante. Le temps passe, mais la flamme reste, et l’annonce d’une tournée célébrant l’album ‘The Sun of Tiphareth’ d’Absu ne pouvait qu’être accueillie avec fort enthousiasme !

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C’est le groupe Irano-Britannique Trivax qui est en charge de démarrer la soirée sur toute la tournée. Un groupe actuellement en plein ascension, surtout pour son discours fortement engagé contre le pouvoir religieux en place en Iran (et c’est tout à son honneur, même si c’est fait à distance depuis Londres) que pour ses qualités musicales. Cela dit si l’écoute de quelques morceaux studios ont eu peine à me convaincre, les reléguant au statut de sous-Behemoth. Finalement, si ce grief n’est pas totalement faux, le chant étant très similaire à celui de Nergal, la musique se veut un peu plus diversifiée, avec des petites touches moyen-orientales assez bienvenues. Il est juste dommage que la puissance sonore soit proportionnellement inverse au jeu de scène du groupe qui en fait un peu des caisses. Reste un morceau final assez épique avec un excellent solo de guitare !

Qui aurait cru, vingt-cinq ans après avoir raillé un camarade de lycée pour son t-shirt qu’un jour je verrai Ancient en live ?! Déjà à l’époque je trouvais l’imagerie du groupe au summum du kitsch, et aujourd’hui, voir le chanteur/guitariste clouté de partout me donne l’impression d’être tombé dans une faille temporelle. Surtout quand celui-ci entame son set par un ‘Bonsoir Paariiiiiiiiiiiis’ avec sa plus belle voix de corbeau. Si j’en crois les retours des amateurs du groupe, c’était un très bon set centré majoritairement sur leur premier album ‘Svartalvheim’. J’ai plutôt subit 50 minutes d’une version ramollie du premier album d’Immortal, avec un groupe statique qui semble s’ennuyer avec ses propres compos. D’ailleurs à l’annonce d’un hommage à Quorthon, on pouvait s’attendre à un sursaut d’énergie. Non, tout aussi bon que soit le morceau ‘13 Candles’ de Bathory, ça ne sauvera pas l’impression globale qu’ils m’auront laissé.

Bon, rien de dramatique dans tout ça, après tout, on est surtout là pour voir Absu ! Absu ou plutôt Zemial en compagnie de Proscriptor Mc Govern, car c’est bien le trio grec au complet qui sert de backing-band à la figure emblématique du groupe texan. Ici libéré du poste de batteur, Proscritor débarque donc de manière tonitruante avec un maquillage complet du visage qui lui donne des allures de chauve-souris ! Comme prévu, c’est l’intégralité de l’album ‘The Sun of Tiphareth’ qui est joué dans l’ordre. La collaboration Zemial/Absu est en place depuis un peu plus d’un an, mais les musiciens donnent l’impression de se connaître depuis toujours tant ils sont en parfaite symbiose, d’autant plus que le son leur fait vraiment honneur. Mais soyons honnêtes, le principal attrait d’Absu, c’est le grain de folie de son leader qui va se donner à fond durant toute la prestation en empruntant le jeu de scène très théâtral de King Diamond. L’album prend alors une dimension différente. Ce n’est plus un simple élément de la discographie du groupe, mais une œuvre qui prend vie sous nous yeux. Il va sans dire que l’ensemble du public se prend au jeu et que les assauts Black/Thrash épiques provoquent moults remous dans la fosse. Evidemment le voyage ne s’arrête pas là car la suite immédiate de l’album est jouée, à savoir le morceau ‘...and Shineth unto the Cold Cometh’ tiré de l’EP du même nom puis ‘Never Blow Out the Eastern Candle’ connu des possesseurs de la compilation ‘World Domination’ de chez Osmose Production.

Il est assez rassurant de voir Proscriptor sortir un peu de son personnage et incapable de réprimer un fou rire au moment où il présente ses musiciens avec un peu trop d’entrain, on voit qu’il y prend autant de plaisir que son audience. Il aurait été dommage d’avoir Zemial au complet sans profiter de son répertoire, et donc en guise de bonus, ce sont deux de leurs titres qui nous sont offerts tel un bouquet final. Tout d’abord ‘The Tears That Wet Gethsemane’, puis le génial et entêtant ‘Full Moon Necrophilia’ où le batteur va pouvoir chanter en duo avec Proscriptor offrant au morceau une toute nouvelle dynamique.

Une fin tellement efficace qu’elle reste collée en tête tout du long du trajet du retour en métro. Il est 22h30, les anciens peuvent rentrer sans crainte de réveil difficile le lendemain, c’est parfait !

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