Portal / Impetuous Ritual / Deathless Void - Le Petit Bain, Paris, 14/09/2025

par avatar Duabiht

En ce dimanche de septembre, un véritable événement à lieu à Paris. Les Australiens de Portal reviennent dix ans après leur dernier passage à Paris, au Divan du Monde, où ils étaient accompagnés de Ritualization, Chaos Echoes et Impetuous Ritual. Une date marquante où Chaos Echoes a manqué de me rendre sourd, et où les prestations des Australiens ont marqué mon esprit à jamais.

Affiche

En dix ans il peut se passer beaucoup de choses: Chaos Echoes n’est plus et le Divan du Monde ne propose plus de concert de Metal. Dans les deux cas c'est bien dommage, mais on peut quand même se réjouir du retour tant attendu de Portal à Paris. Pour une date aussi prestigieuse, les deux associations parisiennes P.N.A. et Heavy Duty ont unis leur force pour proposer ce plateau constitué de Portal, Impetuous Ritual et les Hollandais de Deathless Void. Compte tenu de l’affluence attendue, le choix c’est porté sur la péniche du Petit Bain, sa jauge étant évidemment bien plus adaptée qu’un Backstage by the Mill.

Et cette date est un vrai succès, car c’est dans un Petit Bain bien rempli que Deathless Void ouvre la soirée. En soi, le groupe est plutôt bon. Les Hollandais jouent du Black Metal traditionnel qui rappelle pas mal Mayhem et toute la scène de Nidaros. Un peu trop à mon goût, car il manque juste un petit truc accrocheur pour passer au niveau supérieur, d’autant plus que le son ne leur fait pas vraiment honneur. Le son… ça sera d’ailleurs mon principal reproche vis-à-vis de Impetuous Ritual. Tout droits débarqués du pays de Mad Max, leur tenue de scène consiste simplement de pagnes, de bracelets à clous et de peintures de guerres. De vrais disciples du Lord Humungus ! Leur Death Metal est particulièrement sauvage et brutal, comme la vie dans l’outback. Cette sauvagerie semble si impossible à dompter que tous leurs efforts sont noyés dans une bouillie sonore incompréhensible. Les mains bougent sur les manches, mais les riffs sont indistincts, impossible de reconnaitre quoi que ce soit… Vraiment dommage, mais pas si incohérent avec l’aspect primitif du groupe. Passée cette petite déception, on est surtout là pour voir Portal après tout, et c’est après une bonne pause que les musiciens cagoulés font leur entrée en scène et démarrent le premier morceau. L’arrivée du chanteur se fera sous les acclamations du public et sera l’occasion de découvrir son nouveau masque de scène, absolument magnifique, qui est une sorte de crane aux multiples cornes entremêlées. Cette fois-ci le son est bien meilleur, avec un volume moindre, mais bien plus limpide. On entre vraiment dans l’univers cauchemardesque du groupe : des rythmiques non linéaires assez saccadées, des riffs labyrinthiques, et ce chant guttural quasi susurré qui le rend terrifiant. Death Metal expérimental ? Avant-gardiste ? Peu importe l’étiquette, ce qui compte c’est le rendu sonore et visuel. Il est impossible de regarder ailleurs, l’hypnose est totale et le public sous emprise. C’est une créature Lovecraftienne qui tient un public acquis à sa cause entre ses mains. En une heure le groupe fera le tour de sa discographie, en mettant l’accent sur les titres de leur premier album jusqu’à l’album Avow, en passant par l’incontournable morceau ‘Curtain’. Ça bouge pas mal dans la fosse et la longue attente du public pour les découvrir ou redécouvrir sur scène est largement récompensée.

Une heure de Portal ça passe quand même vite, c’est tellement intense que l’on ne voit pas le temps passer, mais ça marque clairement les esprits. Aucun doute là-dessus, tout le monde s’en rappellera, en espérant une piqure de rappel dans moins de dix ans cette fois-ci.

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