Hellfest 2026

par avatar Nicko

Après avoir manqué l'édition 2025, je suis de retour cette année sur le site du Hellfest. Toujours sur 4 jours et 6 scènes, les pass du festival se sont à nouveau arrachés en quelques dizaines de minutes et ce ne sont pas moins de 70.000 personnes qui sont attendues chaque jour dans des conditions dantesques rendant hommage au nom du festival clissonnais.

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En 2026, nous allions connaître l'enfer d'une canicule qui s'annonçait bien plus chaude encore que celle ayant frappé le premier week-end de la double édition de 2022. L'affiche proposait une alternance entre jeunes loups et des formations emblématiques de l'univers metal. Comme souvent, le Hellfest propose des journées thématiques (heavy metal sur la Mainstage 1 du vendredi, punk rock le dimanche, la scène metal stoner de la Nouvelle-Orléans sous la Valley le dimanche, folk metal sous le Temple le jeudi, rap metal le samedi...), bref comme à son habitude, le festival en propose pour tous les goûts et il y a toujours de quoi faire. Les têtes d'affiche des 4 jours sont dans l'ordre, Bring Me The Horizon qui représente une sorte de renouveau de la scène metal avec un aspect bien moderne, Iron Maiden qui se présente comme le groupe fédérateur de cette édition, Limp Bizkit qui apporte le côté rap metal des années 2000, alors que The Offspring, qui clôturera cette édition, arrive avec son punk directement tiré des années 90. Il est à noter un turnover particulièrement important dans les formations qui se produiront. Je n'ai pas réalisé de stats à ce niveau, mais j'ai trouvé que le festival proposait de nombreuses formations récentes dont je n'avais jamais entendu parler. C'est un signe selon moi que le festival est tourné vers l'avenir, sans pour autant occulter les formations emblématiques du genre (on retrouve tout de même Deep Purple et Alice Cooper, directement issus des années 60 !), et je trouve que c'est une très bonne chose.

A nouveau, je décide d'être hébergé sur Nantes et d'utiliser les moyens de transports (trains et navettes disponibles 24h/24) pour me rendre sur le festival chaque jour. Même s'il y a par moment un peu d'attente, les services proposés ont été particulièrement efficaces et m'ont permis de passer un week-end dans d'excellentes conditions. En deux ans, je n'ai pas vu énormément de changements sur le site du festival, à part la fameuse statue d'Ozzy qui accueille les fans à l'entrée du festival. Il s'agit de l'aménagement principal du site depuis 2 ans selon moi. Les brumisateurs sont de sortie, les deux douches au fond des Mainstages sont prises d'assaut. Les nouveaux attirails des métalleux sont les ventilateurs portatifs et les éventails dans ces conditions dantesques. On peut noter de nouveaux partenariats comme avec Picard et sa nouvelle glace signature Hellfest, particulièrement à propos sous la canicule, ainsi que celui avec Decathlon pour la partie camping avec là aussi des articles floqués Hellfest. Je m'étonne même que ce partenariat ne soit pas arrivé plus tôt tant le nombre de festivaliers campeurs est grand. Lorsque j'en faisais partie il y a une bonne dizaine d'années, j'aurais vraiment beaucoup apprécié avoir ce genre de stands pour gérer mes galères de campeur du dimanche. J'étais quand même venu à l'époque avec un simple sac de couchage !! C'est beau la jeunesse ! ha ha

Début des hostilités : hommage à Ozzy et anciennes gloires!

Le festival commence pour moi sur les Mainstages avec le plus grand batteur du rock n' roll au monde, le Suédois Mikkey Dee, qui s'octroie ici une petit pause sympa avec des potes au milieu de sa tournée européenne avec Scorpions. Le Scandinave prend le micro et annonce "We are not Motörhead"... mais qui ne les empêche pas de jouer un best of de Motörhead et honorer la mémoire de ses deux anciens collègues, Lemmy Kilmister et Philip Campbell, avec une formation trio, pour le plus grand plaisir du public qui s'est déjà amassé en nombre. Le but ici est de passer un bon moment en écoutant des standards du groupe anglais avec le batteur légendaire. Toutes les périodes y passent, d'"Ace of spades" à "In the name of tragedy". Cela ne vaudra jamais de revoir la bande à Lemmy mais cela reste toujours un excellent moyen de débuter le festival. En guise de surprises, on a la chance de voir débarquer Chuck Garric, le bassiste d'Alice Cooper (qui jouera au même endroit quelques heures plus tard), pour interpréter "Killed by death" au chant et à la basse. Voilà en tout cas une excellente initiative qu'on voit hélas trop rarement alors que ce genre de festivals permet justement des rencontres entre artistes. Les quarante minutes passent tellement vite que Mikkey aura même le droit de dépasser légèrement son temps de jeu pour finir sur un "Overkill" raccourci mais qui fait toujours son effet.

Après ce petit apéro, je file vers la Valley où il est toujours aussi difficile de s'insérer. C'est dommage que la scène ne soit pas disposée face à la Warzone. J'imagine qu'il doit y avoir des contraintes logistiques ou techniques mais c'est vraiment dommage car il y a toujours beaucoup de personnes agglutinées à l'entrée. J'arrive tout de même à me positionner pour assister à la performance d'Elder. Je n'avais jamais écouté quoi que ce soit de leur musique mais j'étais curieux de les découvrir de par leur collaboration avec les Allemands de Kadavar. Je n'ai pas du tout regretté, le groupe jouant du rock progressif avec un bon côté psychédélique dans une mouvance bien énergique. Les musiciens jouent plutôt sur les ambiances distillées, lorgnant tantôt vers le metal atmosphériques tantôt vers du Samsara Blues Experiment. J'ai aussi trouvé que le chanteur avait un p'tit côté Jon Anderson de Yes vraiment sympa avec un chant bien haut perché. Une très bonne découverte personnelle !

Je reste devant cette même Valley pour découvrir Inspector Cluzo sur les conseils d'amis. Il s'agit d'un duo guitare/chant et batterie de rock/blues. Le chanteur est particulièrement charismatique me rappelant Eddie Vedder. Les morceaux sont bien conçus dans une configuration assez originale. Le chanteur sait comment avoir le public dans sa poche avec une excellente attitude fédératrice. Un set plutôt cool, soft mais bien adaptée à cette scène en plein air.

Je retourne devant la Mainstage 2 pour assister à la performance de véritables dinosaures du rock, Deep Purple dont certains membres atteignent les 80 ans ! Depuis l'arrivée de leur nouveau guitariste, Simon McBride, je trouve que les Anglais retrouvent une petite jeunesse. Leur dernier album en date, "=1" m'avait bien plu et les performances scéniques étaient aussi plus énergiques. Et là, ce constat se répète. Deep Purple retrouve des couleurs et même si Ian Gillan n'a plus la fouge de ses 25 ans, il assure le minimum syndical avec une performance honnête et surtout, on voit qu'il se démène pour assurer la meilleure performance possible. Mais surtout ici, celui qui m'impressionne le plus, c'est Ian Paice aux fûts, à l'aube de ses 78 ans, il assure toujours avec maestria des brûlots comme "Highway star" ou "Hard lovin' man". On aura aussi droit à deux extraits de leur prochain album, "SPLAT!" qui doit sortir quelques semaines plus tard, avec notamment un "Arrogant boy" particulièrement furieux, à la double pédale avec une rythmique intense et pêchue. Cela augure du très bon pour ce nouvel album ! Simon McBride apporte vraiment une nouvelle dynamique à l'ensemble et un son plus cru. Deep Purple n'a pas déçu !

J'enchaîne sur la même scène avec une autre ancienne gloire du rock, Alice Cooper ! On avait déjà pu voir Chuck Garric reprenant du Motörhead, le voici maintenant de retour pour jouer un set super bien huilé d'Alice. Le show est toujours un excellent spectacle mais avec pas mal de changements dans la set-list et les enchainements. Musicalement, il sait toujours s'entourer de musiciens hors pair. La remplaçante de Nita Strauss, en congés maternité, est un véritable clone et assure tout autant avec un excellent solo au milieu de la performance du groupe. On peut aussi noter la présence de Sheryl Cooper, la femme d'Alice, pour une superbe danse au milieu d"Only women bleed" incluant un bisou tout tendre avec son mari. Bien évidemment, Alice finit guillotiné, mais ce coup-ci c'est pendant "Second coming" avant d'enchaîner sur "Going home" (donc pas d'"I love the dead" ce coup-ci !). La fin de la performance, de seulement 55 minutes, est une véritable apothéose avec l'attendu "School's out" allié à l'"Another brick in the wall" des Pink Floyd avant de conclure sur la surprise du chef, à savoir la reprise du "Smells like teen spirit" de Nirvana, dédiée à Kurt ! A nouveau, on aura eu droit à une superbe performance d'Alice Cooper, théâtrale, fun, puissante, avec d'excellents morceaux et une ambiance de feu.

C'est juste après cette performance que nous avons eu droit à un hommage à Ozzy Osbourne, décédé l'été dernier, et qui restera à jamais une icône du metal. Il prendra la forme d'un petit documentaire d'environ 5 minutes avec des morceaux choisis d'interviews et de citations d'Ozzy tout au long de sa carrière avant d'avoir droit à un beau feu d'artifice sur fond de "Bark at the moon". Un bel hommage pour un artiste immense qui nous manquera encore bien longtemps.

Je retourne ensuite devant la Valley pour assister à la performance de Kadavar pour clore cette première journée pour moi. Le groupe est toujours aussi énergique et à l'aise sur scène, même si les deux derniers albums ont emmené la formation vers des contrées plus pop rock. Il n'en reste pas moins un excellent groupe de scène qui électrisera la foule sur leur immense "Total annihilation" issu de leur dernier album. Le groupe, devenu quatuor, allie parfaitement énergie du rock pur et psychédélisme des années 70 pour un résultat convaincant. A nouveau, je ne suis pas déçu par les Allemands !

Cette première journée augure d'un excellent week-end avec de bonnes découvertes et des valeurs sûres. J'ai hâte de revenir le lendemain car ce qui m'attend est particulièrement alléchant !

Le heavy metal à l'honneur !

Cette deuxième journée sera celle du heavy metal pour moi. Mais avant cela, je me dirige vers la tente de l'Altar pour assister à la performance des norvégiens de Blood Red Throne. Au programme, du gros death bien brutal, intense et gouleyant. Sans être fan, je suis directement rentré dans leur death énergique et massif. Sur scène, il n'y a pas à dire mais la formation se débrouille à merveille pour produire un set bien carré et intense. On ne cherche pas ici le raffinement, non, ça bastonne dru avec un très bon son bien ample et massif. Bref, Blood Red Throne, ça défouraille !

Je me dirige ensuite vers la Mainstage principale pour voir pour la première fois Queensrÿche. Bizarrement, ce n'est que récemment que j'ai découvrir ce groupe et je dois avouer avoir beaucoup aimé leurs albums des années 80. Leur chanteur, Todd La Torre, possède des qualités vocales impressionnantes et assez proches de Geoff Tate dont il reprend les parties avec brio. L'interprétation est nickel et les anciens morceaux passent super bien sur scène. Une bonne performance pour un groupe trop rare chez nous.

Je sors brièvement de l'espace des Mainstages pour retourner sous l'Altar et assister à la performance de Sinsaenum, sorte de super groupe comprenant des membres de Kreator et Seth ayant eu aussi le regretté Joey Jordison (ex-Slipknot) aux fûts, ainsi que Stéphane Buriez et Attila Csihar au chant. Le groupe, qui est en tournée avec les Américains de Possessed, propose un death metal assez moderne mais gardant une base brutale à l'ancienne avec surtout une atmosphère bien noire et agressive. Ce qui me plaît particulièrement chez eux, ce sont leurs morceaux énergiques et leur interprétation pleine de dynamisme. Sinsaenum donne envie de bouger et de headbanger avec des titres accrocheurs et catchy. Ils sont assez rares sur scène, il s'agissait d'ailleurs de la première fois que je les voyais depuis le décès de Joey Jordison, et ils ont su garder la hargne qu'on retrouve sur leurs albums.

Je retourne ensuite devant la Mainstage principale pour ne plus la quitter de la journée ! Et pour cause… C'est au tour des Allemands d'Accept d'investir la scène pour fêter dignement leurs 50 ans de carrière. Et au programme, on a droit à un best of en bonne et due forme de leurs meilleurs titres. Ils arrivent en mode quintette avec deux guitares et le résultat est bien efficaces. Ils présentent leur prochain album à sortir en fin d'été et qui consistera en un best of ré-enregistré de leurs plus grands hits avec de nombreux invités prestigieux sur chacun d'eux. Et aujourd'hui, on a droit à quelques-uns des invités de l'album, à savoir Todd La Torre de Queensrÿche qui revient donc sur cette même scène une heure et demi après l'avoir foulée avec son groupe principal pour interpréter un excellent et méconnu "Run if you can" avant qu'un autre invité ne montre sur scène, à savoir le bassiste d'Opeth (qui doit jouer quelques heures plus tard sur l'autre Mainstage), Fredrik Åkesson, pour interpréter un "Fast as a shark" de feu ! Certes, le set est un peu court, le groupe a dû même interpréter un medley de quelques titres emblématiques, avant de terminer sur l'hymne "Balls to the wall" ! Accept reste un grand groupe de heavy metal et l'a à nouveau prouvé !

Ça enchaîne directement sur l'autre Mainstage avec le dernier concert sur le sol français de Sepultura. J'ai assez peu suivi la carrière des Brésiliens et même si je ne suis pas un grand fan, je voulais les voir aujourd'hui, en souvenir de la seule fois où je les avais vus en concert, au siècle dernier avec Slayer où cela avait été une boucherie sans nom ! Autant vous dire que 28 ans plus tard, le résultat n'est pas le même… Clairement, il s'agira de ma déception du festival. Je n'ai pas du tout accroché. J'ai trouvé leur set mou et surtout Derrick n'a absolument plus de voix ! Il n'y a plus de profondeur ni d'agressivité. Et quand ils ont joué un titre de leur tout dernier EP, "The place", ça a été le coup de grâce, un titre vraiment pourri, lent, chiant sans aucune intensité. Ils ont maintenu l'espoir avec un "Attitude" et un "Ratamahata" passables. J'ai bien apprécié aussi le break au milieu du concert avec les membres du collectif Savage Lands (toujours autant présent au Hellfest avec un stand dédié) pour une version originale de "Kaiowas", bienvenue. Ceci dit, cela n'a pas empêché une fin laborieuse sur leur hit, "Roots bloody roots" repris par tout le public. Une vraie déception pour moi.

C'est maintenant au tour d'autres Allemands de fouler la Mainstage principale, à savoir Helloween. Et là, comme à leur habitude, on a eu droit à une performance de haute volée et d'une rare intensité. Sur plus d'une heure et quart, ils vont enchaîner leurs hits pour le plus grand bonheur des fans. Et quelle puissance de feu ! Cette nouvelle formation à trois chanteurs et trois guitaristes marche du tonnerre avec des interprétations exceptionnelles. Et à nouveau, la set-list, c'est du caviar avec tellement de morceaux légendaires. La petite surprise du chef sera ce soir-là, la version complète de "Ride the sky" avec Kai au chant, tellement magique et folle. Helloween nous régale avec son style toujours si intense et mélodique et ses musiciens talentueux. En guise de rappel, on a droit aux énormes "Eagle fly free" et " Dr. Stein", toujours dans une atmosphère fun et d'une efficacité diabolique. Helloween est un groupe exceptionnel qui nous l'a encore prouvé.

Là, je me rends compte que je suis dans les premiers rangs alors qu'Iron Maiden doit jouer une bonne heure plus tard au même endroit. Une telle opportunité ne se loupe pas. Je reste donc sagement dans les 10 premiers rangs pour assister de côté à la performance d'Opeth qui joue sur la deuxième Mainstage. Je n'ai jamais été fan du groupe suédois et cette expérience ne m'aura pas fait changer d'avis. Je n'ai pas du tout réussi à rentrer dans leur style, un mélange que je trouve trop hasardeux entre rock/metal progressif et death metal. Je reste vraiment hermétique. Michael Åkerfeld envoie des blagues en mode autodérision pince sans rire avec un côté bien nonchalant entre chaque (long) morceau. Et ce fut un long moment pour moi. Je n'attendais qu'une chose, qu'ils quittent la scène pour que les Anglais investissent la Mainstage 1.

C'est donc vers 21h, plus de quatre heures après être revenu sur la Mainstage, qu'Iron Maiden monte sur scène. Et c'est parti pour plus de deux heures d'enchaînements de hits de la période 1980-1992. Il s'agit grosso-modo du même set que celui de l'année dernière à Nanterre, la tournée "Run for your lives" avec une première partie sur les brûlots des débuts, la période Di'Anno, pleine d'énergie et de folie punk et il n'y a pas à dire mais il n'y a rien de tel pour débuter un concert d'Iron Maiden. Le groupe est en forme, Bruce Dickinson chante toujours aussi bien même s'il a perdu en agressivité brute. Mais franchement, cela ne gêne pas du tout tant l'énergie est présente. L'ambiance est chaude dans le pit avec de nombreux pogos et slams. Iron Maiden reste toujours ce grand groupe de heavy metal, quoi qu'il arrive. "The number of the beast" arrive peut-être un peu tôt, mais cela permet de ne pas descendre en intensité. La surprise du chef et de cette deuxième partie de tournée vient de l'ajout du fameux "Inifine dreams" qui n'avait plus été joué en concert depuis les années 80. La montée en puissance est parfaitement bien restituée et montre bien que le groupe a encore et toujours plus des trésors cachés qui n'attendent que d'être joués sur scène ! L'album "Powerslave" est à l'honneur avec en point d'orgue une version dantesque de "Rime of the ancient mariner" avec une vidéo racontant l'histoire de ce poème de Samuel Taylor Coleridge. L'effet est garanti ! Un autre grand morceau est interprété avec le majestueux et grandiose "Seventh son of a seventh son" trop rare en concert mais tellement jouissif avec des parties bien distinctes et des solos finaux monumentaux. Voilà un morceau qui fait partie des monuments de la Vierge de Fer. La fin du concert est plus traditionnelle avec un enchaînement indécent de standards du heavy metal qui ne peuvent que mettre à genou un public déjà acquis à la cause des Anglais. Comment lutter contre des titres aussi emblématiques que "The trooper", "Aces High", "Hallowed be thy name" (et sa scénographie super bien sentie avec un Dickinson très théâtral) ou "Fear of the dark" ? Iron Maiden a une nouvelle fois conquis le Hellfest avec un set solide, une set-list de rêve et toujours une interprétation aux p'tits oignons. J'étais très impatient de les retrouver 3 jours plus tard pour ce qui aurait dû être l'enregistrement de la vidéo de la tournée… #jepréfèrebercy

Après cet enchaînement de folie devant les Mainstages, pendant 6h30 sans manger ni boire et avec la fatigue et les émotions accumulées, je décide de rentrer pour me préparer aux deux derniers jours du festival.

La messe polonaise

Depuis le début de cette édition, je n'avais étonnement pas encore foulé la Temple. C'est avec les Allemands de Non Est Deus que j'inaugure cette scène sur cette édition. Il s'agit d'un projet du leader de Kanonenfieber. Là, point de concept sur la première guerre mondiale. Ici, le propos est purement religieux mais à l'instar de son autre formation, la mise en scène est tout aussi recherchée avec toges, sceptres, autel pour une messe noire collective. Le propos est bien haineux et intense avec des relents de la scène polonaise, Mgla en tête, incluant des compositions directes et catchy. Le chanteur se donne et se comporte comme un véritable acteur sur scène à haranguer le public. J'ai vraiment été happé par leur set et il s'agit d'une nouvelle belle découverte de cette édition.

Je reviens moins d'une heure plus tard pour le set des Ukrainiens de 1914. Maintes fois annulés à cause de la guerre dans le pays, les Européens foulent enfin la scène du Hellfest pour un set intense et engagé. Le groupe utilise les atrocités de la première guerre mondiale pour dénoncer les guerres, rappelant pour la même que la guerre en Ukraine venait de dépasser en durée celle du premier conflit mondial. Bien évidemment, leur set prend une toute autre ampleur avec ce qu'ils vivent chez eux, les transcendant pour donner une prestation de haute volée. Quelle intensité et quelle brutalité ! Je ne connaissais pas du tout, je suis ressorti absolument conquis. Il s'agit très certainement de ma plus belle découverte de ce festival. Peut-être que les événements actuels se déroulant en Ukraine ont joué mais il est indéniable que leur prestation fut d'une rare authenticité. Leur black metal est ultra-dynamique avec d'excellents riffs prenants et une atmosphère à l'ancienne avec un côté mélodique bien prononcé, rappelant les années 90. Impressionnant !

Je reste sous cette même tente pour les Portugais de Gaerea. Là aussi, je ne connaissais que par réputation et je voulais voir ce que cela donnait sur scène. Il s'agit d'un mélange entre black metal et screamo/emo à la Envy avec un chanteur/hurleur possédé, longiligne jouant de son physique avec des effets visuels intéressants. J'ai cependant eu du mal à accrocher, trouvant que le mix entre black et screamo était mal équilibré. Je peux comprendre l'engouement vu que ça joue sur la corde sensible de l'émotionnel à tout va, mais ça ne m'a pas du tout transcendé. J'ai trouvé qu'il y avait trop de blancs et de passages monotones cassant complètement la dynamique. Je n'ai pas réussi à rentrer dedans.

Après un passage au merch pour alourdir mes valises, je retourne sous la Temple (je rattrape mon retard des deux premiers jours !) pour Aura Noir. Là, pas de surprises, la classe incarnée du black/thrash avec une efficacité redoutable pour un set spécial où les Norvégiens nous auront joué leur premier album "Black thrash attack" de A à Z. Les légendes que sont Blasphemer, Apollyon et Aggressor ne déçoivent pas avec une performance de premier choix, intense, rapide et précise. L'ugliest band in the world a fait le taff avec efficacité et sobriété, comme à leur habitude et c'est exactement ce pour quoi on est venu ! Ils nous achèveront avec une version dantesque de leur hit "Condor" pour bien mettre d'accord le public !

J'enchaîne pour voir Carcass, mais seulement pour la première partie de leur set pour cause de clash avec Megadeth. Mais déjà, avec ces 20 minutes, je me suis bien rendu compte qu'on avait affaire à un excellent Carcass, piochant allégrement dans leur répertoire de la fin des années 80 et début 90 avec classe et touché. Bill Steer est toujours aussi virtuose et la base rythmique est solide comme un rock pour un mélange death/grind classe aidé par un son optimal et puissant.

Je les laisse pour retrouver Megadeth sur la Mainstage vu qu'il s'agit des derniers concerts du groupe californien, Dave Mustaine ayant de plus en plus de soucis de santé, l'empêchant notamment de bien utiliser ses mains sur son manche de guitare. Pour l'instant, il arrive encore très bien à assurer, sa dextérité est toujours présente et musicalement, on a affaire à un line-up de rêve. Par contre, le chant de Dave est vraiment poussif et fatigué, c'est vraiment à ce niveau-là que cela a pêché. Son chant n'a plus aucune puissance et bien souvent le public l'a aidé à chanter certains refrains. La set-list a proposé un peu trop de remplissage mais avec la petite surprise de "The mechanix" là où on aurait pu s'attendre à un "Ride the Lightning" (repris sur leur dernier album). Le set se termine par un "Holy wars" magnifique qui montre bien que Megadeth fait partie des grands groupes de thrash mais qu'il fait bien de s'arrêter prochainement. Dave donne tout ce qu'il peut à son public, on le sent très reconnaissant mais ses capacités physiques commencent vraiment à régresser dangereusement.

Je décide d'aller voir ensuite les Suédois de Cult Of Luna devant la Valley. Cela fait plus de 10 ans que je ne les avais pas vus et depuis, j'ai complètement zappé leur évolution. Je n'ai pas réussi à accrocher, j'ai trouvé qu'ils en faisaient trop dans les atmosphères aériennes et plus modernes, avec même quelques pointes d'électro, là où j'appréciais l'aspect lourd allié aux déflagrations sonores Neurosiennes de leurs débuts. Je comprends bien qu'un groupe cherche à évoluer et à proposer quelque chose de différent mais là, j'ai bien eu du mal à accrocher. On en perd en hardcore lourd et apocalyptique, ce qui faisait pour moi la réussite de ce groupe.

Je termine ma journée devant la Mainstage pour voir la performance des Polonais de Behemoth. Initialement prévue sous la tente de la Temple, leur performance a été déplacée sur la Mainstage suite à l'annulation de Volbeat. Et honnêtement, je trouve que la place de Behemoth est maintenant sur les Mainstage. La mise en scène est devenue au fil du temps de plus en plus grandiose et propice à ces grandes scènes. C'est là, selon moi, que le rendu prend toute son ampleur. Le groupe est à l'aise dans cette configuration et Nergal est un véritable showman. Il est fait pour ce genre d'ambiance avec un public large à conquérir. On a de plus en plus affaire à une messe religieuse grandiose et impressionnante avec une set-list portée sur les morceaux des 15 dernières années qui sont particulièrement propice pour ce genre de mise en scène. Et quelle performance, maîtrisée, puissante, épique, Behemoth est définitivement parti dans une autre catégorie. Le son massif, les effets pyrotechniques, la chorégraphie, le charisme et la confiance des musiciens, tout est réuni pour un set de Behemoth mémorable. On est loin de l'ambiance death metal des années 90, les Polonais ont ajouté un aspect épique et majestueux qui leur va, selon moi, à merveille. Behemoth propose dorénavant un énorme spectacle blasphématoire totalement réussi. Quelle fin de journée en apothéose.

Retour de la canicule XXL

Après une première journée extrêmement chaude, nous avions eu par la suite deux journées d'été avec des températures malgré tout supportables. Là, pour terminer, on est dans le dur. Tellement qu'on a un moment craint que cette dernière journée ne soit annulée. Les températures flirtent sous abris avec les 40 degrés. Des mesures sont prises afin de limiter les risques pour les festivaliers, notamment au niveau des alcools (plus d'alcools forts servis et limitations de ventes de bières à 25cl). Une chose est sûre, nous allions souffrir pour voir nos groupes favoris. Cette journée, j'avais de toute manière prévu de la passer presque intégralement sous les tentes. Je ne sais pas s'il s'agit d'une bonne stratégie d'un point de vue climatique mais au moins j'aurais évité le soleil et puis tout simplement, ma seule stratégie a toujours été de suivre mon planning de groupes à voir, quelles que soient les conditions !

J'arrive sur site à l'heure du déjeuner et clairement, la chaleur est accablante, bien plus forte qu'en 2022 et lors du premier jour de cette édition. Mais la passion est plus forte et ma journée se déroulera sans encombres et ne souffrira d'aucun changement lié aux conditions climatiques. On est dévoué ou on ne l'est pas ! Bref, j'arrive sous l'Altar pour voir la performance de Sublime Cadaveric Decomposition. J'ai toujours apprécié ce groupe de grind en concert, de vrais passionnés qui tournent depuis une trentaine d'années avec la même volonté de tout défoncer et avec un professionnalisme qui force le respect. Le groupe, qui a connu tant de changements de line-up et de configurations différentes, possède un son plus massif avec l'arrivée d'un bassiste (alors qu'ils s'en sont passés pendant une vingtaine d'années !) donnant plus d'ampleur à leur grind énergique et agressif. Sublime a toujours suivi son chemin et a réussi à créer sa propre personnalité dans ce style si jusqu'au-boutiste et les voir avec autant de hargne après toutes ces années fait du bien. Dommage qu'ils aient connu de gros problèmes de son liés… à la chaleur ! Je dois avouer avoir un peu appréhender la suite de la journée, d'autant plus que sous les tentes, l'atmosphère est quand même suffocante avec peu de ventilation et une chaleur écrasante.

Après une pause rafraîchissante à boire une pinte d'eau, je reviens au même endroit pour les Italiens de Fulci. J'ai décidé d'aller les voir par curiosité étant donné que le groupe joue du death metal inspiré par les films d'horreur, comme son nom l'indique ! Et effectivement, on ressent bien ce côté cinématographique dans les ambiances macabres proposées par le groupe. Le chanteur prend de la place sur scène. Il y a un vrai aspect latin qui se dégage de leur présence sur scène. Les solos de guitares sont aussi sympas et mettent bien en valeur la musique du groupe. J'aurais aimé qu'ils aillent un peu plus loin dans le lien avec les films d'horreur, sans peut-être aller jusqu'à du Mortician mais des ambiances vintage à la Necrophagia n'auraient pas dénaturer leur musique. J'ai trouvé que la fin du show tournait un peu en rond mais il faut dire que je découvrais leur style ce jour-là.

J'enchaîne sous la Temple avec Phil Anselmo qui se rôde avec ses potes de Scour avant d'enflammer la Valley le soir même. Là, l'ambiance est fun, Anselmo est tout sourire et s'amuse avec le public qui est beaucoup là pour voir l'Américain éructer dans un registre éloigné de Down ou de Pantera. C'est clair que jouer avec Scour génère un peu plus de proximité que sur la Mainstage avec Pantera devant 40.000 personnes. On ne peut pas dire que le style soit particulièrement recherché ou original mais clairement, l'intérêt n'est pas là. Tout le monde est venu pour Anselmo, qui fait surtout guest-star dans ce groupe de potes. Truc fun, entre chaque morceau, Phil balançait une boule de papiers reprenant les paroles de chacun des titres interprétés. J'ai trouvé la performance bien meilleure que la précédente fois où je les avais vus au même endroit avant le Covid. Le son était bien saignant comme il faut et Anselmo était particulièrement loquace et drôle, en mode vrai fan de black metal.

Je retourne sous l'Altar pour voir la performance des thrasheux grecs de Suicidal Angels. Je les avais déjà vu au Hellfest il y a une quinzaine d'années alors qu'ils ouvraient les hostilités sur l'une des Mainstages. Ils sont restés dans ce genre si énergique et direct, taillé pour le live. Pas de grande surprises ici, on est un peu en pilotage automatique. On sent l'influence de tous les pontes du genre et cela montre qu'ils n'ont jamais vraiment réussi à développer leur propre style. Il s'agit pour moi clairement d'un groupe qu'on va voir en concert ou en fest pour passer un bon moment de thrash mais sans aller chercher plus loin.

Je continue mon va et vient entre les deux scènes extrême pour me retrouver devant les Norvégiens de Gehenna. Du vieux black metal atmosphérique à l'ancienne, directement issu des années 90. Gehenna fait vraiment partie de ces groupes de deuxième zone qui ont leur petite réputation mais qui n'arriveront jamais à concurrencer les grands noms du black norvégien, et on comprend pourquoi. Vraiment, j'ai trouvé leur set approximatif et redondant. Il s'agit de black metal mid-tempos sans rythme, avec très peu de blasts. Ils jouent du black de manière très académique sans que la passion ne transpire et sans génie. Typiquement le genre de groupe où tu te dis que ce n'est pas mauvais, simplement, ils n'apportent rien, les compos ne sont pas transcendantes, il n'y a rien de tranchant, juste une bonne atmosphère liée à la présence d'une claviériste assez discrète.

Je fais une petite pause pour reprendre des forces et continuer à me réhydrater régulièrement. Je termine mes achats et revient toujours sous l'Altar pour les pionniers du death metal, à savoir Possessed ! Je n'avais encore jamais vu le groupe sur scène et j'ai été plutôt agréablement surpris. Certes le style manque de diversité et les breaks sont toujours un peu les mêmes mais on a des morceaux qui donnent la patate et Jeff Becerra s'époumone particulièrement bien. Il garde un grand sourire durant toute la durée du set montrant qu'il est content de faire partie de cette belle fête. La set-list est focalisé aux trois quarts sur les deux albums des années 80, "Seven churches" et "Beyond the gates" pour le plaisir de tous. Le groupe assure, il n'y a pas à dire, c'est carré et puissant. Même diminué sur son fauteuil roulant, Jeff reste un excellent frontman charismatique.

Sans transition, j'enchaîne avec un autre chanteur charismatique, Daniel Rostén. Vous l'avez compris, il s'agit de Marduk qui investit la scène avec une nouvelle scénographie basée sur leur dernier album, "Memento mori". Je ne vais pas vous faire un dessin après ces dizaines de concerts auxquels j'ai assisté, les Suédois ont à nouveau confirmé leur niveau de forme. Les années passent et ils restent au sommet. Quelle énergie, quelle brutalité et quelle intensité, sachant varier leurs morceaux avec brio. Contrairement à leur dernier passage sur cette scène 4 ans plus tôt, le son est ici excellent et sans problèmes techniques. Le nouveau venu, Simon Wizén, a su s'imposer à la basse et passe même parfois au chant, ici pour une version en duo avec Daniel sur "Cold mouth prayer" du meilleur effet, en espérant qu'ils créeront à l'avenir d'autres morceaux sur ce format. Daniel a ressorti son calice rempli de sang pendant "Throne of rats", arrosant copieusement les premiers rangs (dommage pour mon t-shirt…). A nouveau, les Suédois ont répondu présent avec un set d'une rare intensité.

La fin de journée approche, je me retrouve sous l'Altar avec les vétérans du grind que sont Napalm Death. Les Anglais répondent toujours et encore présent malgré la défection de Shane Embury. Barney reste fidèle au poste et grade toujours un dévouement sans borne avec un chant toujours aussi impressionnant et gras. Il éructe tout en se dodelinant dans tous les sens, à son habitude. Mais à chaque fois, quand il prend le micro, c'est pour une vraie leçon de chant grind/death caverneux et énergique. Sans être fan du quatuor, j'ai toujours pris un grand plaisir à les voir sur scène, quelques mois après leur passage remarqué au Mondial du Tatouage. Hélas, la fin du set sera écourtée d'une quinzaine de minutes, le guitariste John Cooke étant tombé malade. Barney essayera de meubler comme il peut, et après être parti vomir quelques minutes, John est revenu pour interpréter deux derniers morceaux, la reprise des Dead Kennedys "Nazi punks fuck off" et l'illustre "You suffer" (et ses 13 dixièmes de secondes…) avant que le groupe ne quitte définitivement la scène.

Alors que la nuit s'est définitivement invitée sur le site du Hellfest, je me rends devant la Mainstage pour assister à la performance de la tête d'affiche du jour, à savoir The Offspring. Les Américains clôturent une journée placée sous le signe du punk rock sur la Mainstage. Avec eux, c'est l'assurance d'avoir un enchaînement de hits des années 90 et de passer un bon moment nostalgique. Alors oui, les hits, on en aura eu, et le groupe a de la bouteille donc ça sait jouer du punk. Sauf que voilà, au milieu, Noodles et Dexter Holland n'ont pas arrêté de se charrier, pendant des dizaines de minutes, cassant complètement le rythme du concert. Je veux bien qu'un peu d'humour sans prise de tête est sympa, ça apporte une proximité avec le groupe, surtout devant 50.000 personnes (au bas mot) mais là, ce fut trop. Avec des bouts de reprises de Taylor Swift (!), de Black Sabbath et d'Ozzy (où on a pu s'apercevoir que les musiciens sont loin d'être des manchots ! Cette reprise du "Crazy train" était vraiment top, même écourtée.) au milieu de toutes ces parlottes, ça devenait frustrant de ne pas véritablement partir alors que je n'attendais que ça. De plus, les morceaux le plus récents, des 20 dernières années, ne sont pas aussi flamboyants que ceux des années 90, loin de là. C'est vraiment dommage parce que des "Bad habit", "Staring at the sun", "The kids aren't alright" (meilleure moment de la soirée !) ou le final "Self esteem" en apothéose, on en a eu aussi. Donc, je suis un peu embêté. The Offspring aurait pu tout faire péter, comme les précédentes fois où ils étaient venus, mais ce coup-ci, je suis sorti de là un peu mitigé, peut-être aussi essoré par ces 4 jours de folie et cette chaleur étouffante. Je ne dirais pas que j'ai été déçu, le groupe a quand même bien assuré, mais un peu frustré. J'en attendais un peu plus…

Voilà, 0H30, fin de cette dernière journée. Pour cause de canicule, le feu d'artifice a été annulé, ce qui ne m'a pas spécialement dérangé. Quelques minutes plus tard, on reçoit la nouvelle de ce qui va nous attendre pour 2027 avec l'un des plus gros changements depuis 15 ans, à savoir le passage de 6 à 10 scènes (!), donc j'imagine 5 groupes qui jouent en même temps, avec la bagatelle de pas moins de 300 groupes ! Plus de choix, plus de scènes pour la même jauge, à savoir 70.000 personnes par jour. A voir dans le concret ce que cela donnera. Aura-t-on plus d'espace hors des scènes ou plus d'embouteillage au moment des changements de scène ? Aura-t-on moins de monde par scène ? Y'aura-t-il plus de dilemmes à gérer ? La programmation s'ouvrira-t-elle encore plus à d'autres genres ? Nous aurons des débuts de réponses ces prochains mois avant de voir dans le dur ce que cela donnera l'année prochaine. Je suis en tout cas enthousiaste et j'ai hâte de voir ce que le Hellfest pourra nous proposer l'année prochaine comme affiche et expérience.

Bilan

Pour revenir sur cette édition 2026, j'ai encore passé un excellent week-end, bien meilleur que ce à quoi je m'imaginais en arrivant. Il n'y a pas à dire mais les conditions d'accueil pour un festival rassemblant 70.000 personnes par jour sont quand même impressionnantes. Même si bien évidemment, on ne peut pas toujours être devant, je n'ai jamais eu aucun problème pour profiter pleinement de tous les concerts auxquels j'ai voulu assister. Certes, les changements de scènes sont parfois longs du fait de la forte densité de festivaliers, mais avec un peu de patience, on arrive sans problème à se frayer un chemin vers la scène suivante. Le point le plus problématique à ce niveau se situe à la Valley comme je le disais plus haut. A voir comment cela se gérera avec un site à 10 scènes. Je n'ose même pas imaginer la logistique derrière cette mise en place !

Niveau programmation, on ne peut bien évidemment pas tout faire et ce n'est pas le but. Comme vous l'avez certainement remarqué, je n'ai pas mis les pieds devant la Warzone. De plus, j'ai remarqué depuis quelques années un renouvellement important des artistes avec de nombreuses formations plus récentes dans des scènes qui me touchent beaucoup moins. Et je trouve cela super que cette programmation évolue en incluant pleins de nouveaux noms qui parlent aux plus jeunes générations (sans pour autant oublier les pères fondateurs). L'avantage avec le Hellfest, c'est de pouvoir construire son propre festival à partir d'une base solide.

Je garderai principalement en tête cette année la performance ahurissante (et complète ! hé hé) d'Iron Maiden, mais je n'oublierai pas non plus Helloween, Behemoth, ni Alice Cooper (Marduk restant hors concours pour moi bien évidemment !). J'ai été agréablement surpris par Deep Purple et Kadavar. Au niveau des découvertes, je mettrai principalement Elder et 1914 qui m'ont bien donné envie d'y revenir et de découvrir leur univers respectif. Quoi qu'on en dise, le Hellfest reste une incroyable expérience de par sa programmation de qualité et éclectique.

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