Rock In Bourlon 2026 , 27/06/2026
par
Duabiht
La semaine caniculaire fut éprouvante… très éprouvante, avec des pointes à 39 °C et des nuits à peine plus rafraîchissantes. Autant dire que les 33 ou 34 °C annoncés ce samedi à Bourlon sonnent presque comme un jeu d’enfant ! Après l’expérience de l’année dernière, un retour en terres nordistes s’imposait de lui-même.

À peine arrivé dans le charmant village et après avoir trouvé plutôt facilement où me garer, c’est avec une facilité déconcertante que le bracelet est posé et que les jetons pour s’hydrater et manger sont récupérés.
Pas de grand changement par rapport à l’an dernier : la configuration du site est la même, toujours aussi agréable avec ses scènes qui se tournent le dos, ses coins ombragés et les bars ainsi que le market ceinturant les lieux. Ah si ! Une petite nouveauté bienvenue avec ce couloir humidifié grâce à des brumisateurs qui transforment rapidement le sol en gadoue, mais qui reste particulièrement agréable.
Enfin bon, on ne va pas se répéter tous les ans, mais le festival est vraiment très plaisant à vivre, même en affichant complet ce samedi. On circule facilement, il y a très peu d’attente où que ce soit… Un petit goût de vacances qui pointent déjà le bout de leur nez, en somme !
Mortal Scepter est déjà en train de jouer lors de mon arrivée. Le groupe lillois nous propose bien plus qu’un simple échauffement avec son thrash brûlant d’inspiration germanique. Ça joue vite, le chant est vicieux, les solos généreux : rien ne les arrête malgré quelques soucis techniques qui leur grignoteront un peu de temps de jeu. Avec les déjà confirmés Hexecutor, ils représentent un sacré vent de fraîcheur pour la scène française. M’est avis qu’on n’a pas fini d’en entendre parler !
L’enchaînement avec Tons ne se fait pas attendre. Dès les premiers riffs, on comprend mieux le nom du groupe : aucune tromperie sur la marchandise, c’est lourd, très lourd. Puis vient ce chant hurlé, écorché, qui rappelle Eyehategod ou Bongzilla. De la musique de barbecue en provenance de La Nouvelle-Orléans ? Non, ce sont bien des Italiens, ce qui sera confirmé par la musique délicieusement kitsch balancée en fin de set.
La grosse surprise du jour se nomme Stress Position, un groupe tout droit venu de Portland avec une chanteuse particulièrement remontée et revendicative. Franchement, leur hardcore ultra-speed fait très rapidement effet sur tout le public. Pas un temps mort, ils enchaînent, et ce chant ultra-puissant résonne dans toute la ville. Vraiment impressionnant.
Pas de chance pour Xiao, qui joue ensuite dans un registre assez similaire. Non pas que le groupe soit mauvais, loin de là, mais la comparaison ne tient pas, notamment au niveau du chant. Ajoutons à cela le procédé très artificiel des bass drop balancés à tout va, et le tout fait un peu pâle figure. C’est d’ailleurs dommage que la programmation ne répartisse pas davantage les styles, comme l’année dernière, afin d’éviter ces blocs de groupes appartenant au même registre.
Witch Fever est un trio féminin un peu difficile à cerner musicalement tant les morceaux se suivent sans se ressembler. Ce n’est absolument pas un reproche, d’autant plus que, malgré leur jeune âge, les musiciennes dégagent un vrai parfum des années 90, avec même une reprise de « My Own Summer » de Deftones pour clore le set.
Je passerai très rapidement sur Bombardement, groupe bordelais de D-beat qui me parle un peu moins et qui joue sous un soleil de plomb. Décidément, ce n’aura pas été le set de la journée pour moi.
Il en est de même pour Poison Ruïn, dont les visuels d’inspiration médiévale sont en total décalage avec un punk rock qui me paraît bien mou en cette fin d’après-midi.
Denial of Life m’aura nettement plus emballé en chassant sur les terres de Power Trip, avec un crossover thrash/hardcore porté par une chanteuse extrêmement charismatique. Musicalement, le décalque est assez poussé, le chant constituant la principale différence. Leur medley de Sepultura époque Beneath the Remains / Arise aura le don de faire remuer toutes les têtes de l’audience : efficacité dans le pit garantie !
Voilà déjà le moment où le premier gros groupe de l’affiche prend possession de la scène de l’Abreuvoir. Le succès actuel de Conjurer semble évident quand on voit la puissance dégagée par les Anglais sur scène. Le groupe a digéré de nombreuses influences post-metal, post-hardcore et metal extrême qui nous ramènent tout droit au début des années 2000. On pourrait chipoter sur les chants clairs, qui manquent parfois un peu de justesse, mais cela reste anecdotique au sein d’un set particulièrement violent. Certes, j’ai du mal à y voir une relève de Neurosis et consorts, mais l’efficacité est bien là, tout comme l’excellente réception du public.
L’enchaînement avec le mathcore revisité à la sauce 2026 de Frontierer semble tout naturel. Oui, on pense forcément à Botch ou à The Dillinger Escape Plan, auxquels viennent s’ajouter des éléments djent hérités de Meshuggah, dont ils reprendront l’emblématique « Bleed » en fin de set. Les musiciens semblent vraiment s’amuser sur scène. On assistera même à l’ascension d’un pylône de la scène par le guitariste à un moment du concert, tandis que le batteur, dans un français parfait, invitera le public à célébrer l’anniversaire de l’autre guitariste. En restant très objectif, c’est carré, très professionnel, mais il manque encore ce petit quelque chose qui ferait totalement la différence à mes yeux.
La Grande-Bretagne est décidément à l’honneur, car après les Écossais de Frontierer, ce sont les Anglais de Conan qui débarquent sur scène de manière conquérante ! Trois musiciens qui ne paient pas de mine sur une grande scène comme celle-là, cela paraît presque vide… et pourtant ! À eux trois, ils parviennent parfaitement à évoquer une invasion belliqueuse de toute la région. Le son est réellement massif, leur doom metal est taillé pour en découdre ; c’est une armée de soldats lourdement armés à laquelle il faut faire face. On ne s’ennuie jamais, et les quelques accélérations viennent rapidement nous saisir au colback pour rappeler qui sont les patrons. Difficile de se relever après ça.
Malheureusement, Cryptic Shift n’arrivera pas à rivaliser avec ses compatriotes. Le tech death n’est vraiment pas ma tasse de thé et, ici, on pense à un Nocturnus qui aurait troqué ses parties de clavier contre une guitare lead. Dommage, mais l’approche d’un orage motivera un retour anticipé. Effectivement, les conditions météo obligeront l’organisation à interrompre les concerts après le passage du groupe afin de mettre tout le monde en sécurité.
On soulignera le professionnalisme de l’équipe, qui a su gérer la situation sans le moindre incident.
Encore une fois, ce fut une excellente journée passée dans le Nord, avec une programmation riche en découvertes et en pépites. Vivement l’an prochain !
Si vous étiez membre, vous pourriez réagir à cet article sur notre forum : devenez membre